Films

Zero Dark Thirty, ou la traque de Ben Laden

affiche-Zero-Dark-ThirtyPourquoi ce film ?

Sorti au cinéma il y a presque un mois, j’avais envie de découvrir le dernier film de Kathryn Bigelow, réalisatrice du très beau Démineurs. J’ai mis du temps à y aller, mais ce fut enfin chose faite vendredi soir.

De quoi ça parle ?

Le film raconte la traque de Ben Laden et de ses acolytes par la CIA, depuis le 11 septembre 2001 jusqu’au 2 mai 2011, date de l’exécution du leader extrémiste. Durant 2h30, on suit les méthodes d’investigation et d’interrogation de quelques agents de la CIA, principalement Maya, interprétée par Jessica Chastain (qui a notamment joué dans le sublime Take Shelter), qui ne lâche pas le morceau et tient tête à ses supérieurs et collègues.

Mon avis

Bien qu’un peu long, ce film relatant la traque de Ben Laden est impeccablement réalisé. Petit à petit, le stress se fait sentir et on le partage avec les personnages. Ensemble, Maya et les spectateurs se passionnent pour le sujet, s’inquiètent, s’énervent de ne pas trouver de réponse, s’impatientent devant les longues décisions venant d’en haut, se tiennent en alerte… Progressivement, en remontant de témoignages en témoignages, la CIA parvient à l’un des proches de Ben Laden, Abou Ahmed. Toute l’intrigue va se tisser autour de ce personnage, que l’on croit d’abord inventé, puis mort, puis si proche, tout à coup. Sa traque est la partie la plus jouissive du film. On se croirait dans un film d’espionnage !

Plongé dans l’histoire, le spectateur fait entièrement partie de l’équipe et cela n’est pas toujours réjouissant. Ainsi, sans tabou, la réalisatrice nous invite au cœur des tortures infligées par la CIA à quelques islamistes radicaux, afin de leur soutirer des informations. Humiliations et rapport de force sont de mise, dans ces pièces noires et sales, dans lesquelles croupissent des hommes abattus. Un visage de l’Amérique qui ne plaît pas vraiment… mais qui prend fin lorsque le Président le décide.

Enfin, notons l’incroyable scène finale, qui dure pas loin de 45 minutes : il s’agit bien sûr de la prise d’assaut de la maison où se cache Ben Laden, située à Abottabad, au Pakistan. Efficaces, les quelques soldats d’élite qui participent au raid n’ont qu’un but, tuer OBL et ses compères. A cet instant, le suspense est à son comble, même si l’on connaît déjà la fin de l’histoire pour l’avoir vécue il y a deux ans via les médias.

Une fois le film terminé, on souffle un bon coup, tout comme Maya, soulagée d’avoir réussi sa mission. Elle, si féroce et déterminée, convaincue de suivre la bonne piste tout le long du film, qui n’a pas flanché dans cet univers 100 % masculin. Et qui mérite des applaudissements.

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Pour info, “Zero Dark Thirty” fait référence à un jargon militaire qui indique les trente minutes après minuit. Il me semble que c’est aussi le moment durant lequel Ben Laden a été exécuté.

Le film a été nominé pour 5 Oscars en 2013, notamment celui du meilleur film et de la meilleure actrice. Confirmation ou non dans quelques jours, le 24 février.

Livres

L’empoisonneuse, Peter Meer et Barbara Yelin

lempoisonneuse-peer-meterPourquoi ce livre ?

L’empoisonneuse est une bande dessinée type roman graphique, que j’ai depuis quelques années dans ma bibliothèque. Déjà lue lors de son achat, j’ai eu envie de me replonger dedans.

De quoi ça parle ?

L’histoire se passe au XIXe siècle, à Brême (Allemagne). Une jeune auteur arrive dans la ville pour faire un compte-rendu touristique du lieu. Par hasard, elle découvre qu’une femme va bientôt être exécutée sur la place publique, pour avoir assassiné par empoisonnement sa famille et ses amis durant quinze ans, avant d’être démasquée. Curieuse, l’héroïne va donc mener l’enquête sur les pulsions de la meurtrière et sur son jugement, non sans provoquer la méfiance des habitants.

Mon avis

Précisons avant tout que cette histoire s’inspire d’un drame qui s’est réellement passé au XIXe siècle. Quand on sait cela, on lit cette BD différemment. Tout comme l’héroïne, on est très curieux d’apprendre ce qui a poussé Gesche Margarethe Gottfried, l’empoisonneuse, a agir ainsi… Car elle a volontairement donné du “beurre à souris” (saindoux à l’arsenic) tartiné sur du pain à ses enfants, ses différents maris, ses amis, ses parents, ses voisins… tout en en soignant certains, pour atténuer leurs souffrances. Une véritable contradiction qui interpelle. Avant de la juger, on aimerait la comprendre.

La BD suit donc l’enquête de la narratrice, qui discute avec plusieurs personnages (le pasteur, l’avocat…) et se promène dans Brême pour en savoir plus. Très vite, les habitants la regarde d’un mauvais œil : qui est cette étrangère qui vient fouiner et veut ruiner la réputation de la ville ? Le lieu, rongé par cette histoire d’empoisonnement trop longtemps dissimulée, n’est pas du tout paisible. On le sent dans les ombres et les regards furtifs, les chuchotements et les confidences… Etonnamment, on finit par s’attacher à l’accusée, qui n’a pu s’exprimer que par le meurtre.

Une histoire très intrigante, donc, qui mérite d’être plus connue et surtout, qui donne envie d’en savoir plus. Quant aux dessins en noir et blanc, ils sont très joliment crayonnés. On se croirait presque dans un songe. Les coups de crayon de Barbara Yelin ne sont pas dissimulés, au contraire. Ils sont mis en avant et apportent une poésie au récit. Pour vous montrer, voici deux planches de la BD :

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Si vous avez envie d’une BD qui sort du commun et que l’histoire de l’empoisonneuse vous intrigue, n’hésitez pas !

MEER Peter et YELIN Barbara, L’empoisonneuse, Editions Actes Sud, collection l’An 2, 2010, 199 pages

Livres

Walking Dead, 1. Passé décomposé, Robert Kirkman, Tony Moore et Charlie Adlard

walkingdead-tome1Ca, c’est du titre d’article. Mais bon, soyons sérieux, j’allais pas laisser un auteur de côté ou réduire le titre pour le plaisir des yeux. Clignement d'œil

Pourquoi ce livre ?

C’est de la faute d’Aniouchka, blogueuse littéraire particulièrement douée pour parler de ce qu’elle aime lire. Du coup, à force de la regarder baver devant ces comics, j’ai craqué. J’ai acheté le tome 1, juste pour essayer. Avant de pouvoir le feuilleter, j’avoue que j’avais peur des dessins. Qu’ils soient effrayants et surtout, qu’ils soient moches (disons-le tout net). En fait, à peine ouvert, j’étais agréablement surprise alors je l’ai pris.

De quoi ça parle ?

Il s’agit donc d’un comic américain en noir et blanc, qui raconte l’histoire d’un groupe de survivants dans un monde peuplé de zombies baveux et décomposés (miam miam). Tout commence avec Rick, un jeune policier qui sort du coma à l’hôpital, après s’être fait tirer dessus. Il comprend rapidement que le lieu est infesté de zombies… Que s’est-il passé pendant son “absence” !? Avant d’éclaircir tout ça, sa priorité est de retrouver sa femme et son fils. Le voilà qui erre donc de maisons en maisons, avant de tomber sur un groupe d’humains survivants.

Mon avis

Vous en dire plus serait très vilain. Je dévoilerais toute l’intrigue du tome 1 qui, je dois bien l’avouer, n’est pas très riche en rebondissements mais a le mérite d’introduire toute la série en expliquant bien dans quel monde se trouvent les personnages principaux. On se sent nous aussi pris au piège, perdus au milieu de ces zombies repoussants, sans comprendre comment on en est arrivé là. Aucune explication sur ces mutations éclair, donc, mais un suspense très agréable. A peine lu, ce premier tome donne évidemment envie d’en savoir plus… et de lire le tome 2 [RHA].

Quant aux dessins, j’étais vraiment surprise. Réalistes et très détaillés, ils alimentent le suspense et l’addiction. Les hordes de zombies sont particulièrement effrayantes, je ne les ai donc pas minutieusement observées… Toujours est-il que rien n’est caché. On voit tout, les morsures, les yeux qui pendouillent, les artères et muscles mâchouillés, les cris à peine esquissés, les larmes des personnages, les flocons de neige, les étoiles…

Bien sûr, la joie de vivre n’est pas au rendez-vous. Les personnages ont peur, leurs craintes et leurs regrets les envahissent et provoquent des tensions au sein du groupe. Plus qu’une description banale de zombies, Walking Dead est une réflexion sur la survie en groupe.

Pour vous faire une petite idée, on retrouve la même angoisse que dans 28 jours plus tard et 28 semaines plus tard. Je ne connais pas la série télé mais vu son succès, il doit s’agir d’une bonne adaptation. A voir plus tard, donc. En attendant, je vais sans doute me pencher sur la suite. Je ne suis pas sûre de vous en reparler ici car tout cela serait sans doute redondant. Rendez-vous sur Twitter, les amis !

KIRKMAN Robert, MOORE Tony, ADLARD Charlie, Walking Dead, tome 1 “Passé Décomposé”, Editions Delcourt, 2007, 136 pages

Blabla

Etre une lectrice exigeante… la poisse !

Dit comme ça, ça peut paraître génial. “Quoi, tu es une lectrice exigeante ? Mais tu ne dois lire que des trucs géniaux !” Raté, les amis. J’ai AU CONTRAIRE l’impression de ne lire que des trucs chiants, c’est-à-dire qui ne me tiennent pas en haleine ni éveillée à pas d’heure.

Car voici ma définition de la lecture géniale, agréable, incroyable, formidable. Elle se doit d’être :

surprenante : si je sens la fin (du livre ou du chapitre) poindre, vous pouvez être sûr que je dors la ligne d’après ;

originale : les histoires mille fois écrites ne m’intéressent pas ;

bien écrite : voire très bien (à la rigueur, je peux déroger à la règle si le reste est parfait) ;

prenante : non, non, ça ne doit pas forcément être un thriller sanglant, la preuve, Jane Eyre était plein de suspense. Cela dit, les meurtriers en série ont bien sûr le pouvoir de tenir éveillé en toutes circonstances, ce que j’adore (eh oui, je l’avoue) ;

CELA EST-IL COMPLIQUÉ ? Si ça l’est pour un auteur talentueux, je ne réponds plus de rien… C’est une certitude : je suis une lectrice exigeante et je le vis mal.

Livres

Qu’avons-nous fait de nos rêves ?, Jennifer Egan

JenniferEganPourquoi ce livre ?

Il fait partie de la sélection du Prix de la Critique Littéraire de ma ville, auquel je participe.

De quoi ça parle ?

Très éclaté, le roman nous immerge, à chaque chapitre, dans la vie d’un personnage, à un moment donné de sa vie. Qu’ils soient enfant, parent, adolescent, jeune désabusé, ex-producteur de musique, journaliste au fond du trou, kleptomane, suicidaire, femme trompée, tous errent parmi les pages, ne se rencontrent pas forcément et ont un regard plus ou moins heureux sur le passé et l’avenir.

Mon avis

Déconstruit. Décousu. Mélancolique. Qu’avons-nous fait de nos rêves ? est un roman étrange, si étrange qu’on a du mal à s’y plonger. Alternant entre passé, présent et futur, mais aussi entre une bonne dizaine de personnages, on ne sait plus trop où donner de la tête. Qui est qui, à quelle époque sommes-nous… Ces questions sont constamment présentes dans l’esprit du lecteur. Loin d’être une lecture détente, c’est une lecture prise de tête qui l’attend à chaque chapitre. Les vies de ces personnages se recoupent : ils se croisent, se retrouvent des années plus tard, se séparent, se perdent de vue. Tous ne se connaissent pas mais ils ont un lien.

Unis par la nostalgie du temps passé, les regrets et les remords, les héros de ces pages ne nous touchent pas vraiment. Ils défilent devant nos yeux, sans qu’on ait le temps de s’y attacher. Sasha, jeune kleptomane, ouvre et ferme le récit. Elle apparaît, de temps en temps, dans les vies des autres personnages, et l’on parvient petit à petit à placer les pièces du puzzle pour comprendre sa vie. Mais sans plus d’intérêt…

En réalité, les destins de ces gens ne nous passionnent pas. Ils ne font pas grand chose, finalement, et préfèrent ressasser les souvenirs qui nous sont inconnus. Imaginez alors le désarroi dans lequel se trouve le lecteur, se sentant incompris, tout comme ceux qu’il heurte à chaque page.

Une cohérence, toutefois, qui mérite d’être soulignée : l’écriture de Jennifer Egan, tout autant déconstruite que le fond de l’histoire, nous plonge avec brio dans un flou triste et morose. Une fois la dernière page tournée, on se sent déprimé. Par chance, cela ne durera pas : sitôt lu, Qu’avons-nous fait de nos rêves ? est oublié.

EGAN Jennifer, Qu’avons-nous fait de nos rêves ?, Editions Stock, 2012 (2010 pour la version originale), 374 pages

Livres

Longues peines, Jean Teulé

longuespeines-jeanteuléPourquoi ce livre ?

J’aime particulièrement la plume de Jean Teulé. L’autre jour, en faisant mes courses, j’ai eu envie de quelques livres de poche, rapides à lire et faciles à transporter. Parmi ceux choisis au hasard se trouvait donc Longues peines.

De quoi ça parle ?

L’auteur dresse un portrait très réaliste des détenus et des surveillants d’une prison (on ignore laquelle mais peu importe). Ecrit à la manière d’un témoignage, en alternance avec des chapitres plus romancés, ce livre donne à voir l’ambiance de ce lieu morne et triste, où déambulent des personnages cruels et attachants, fatigués et détruits par la vie.

Mon avis

En achetant ce petit livre coloré, je ne pensais pas tomber sur une lecture assez dure. Non pas qu’elle soit difficile, mais elle met en scène des situations brutales ou saisissantes, provoquées par des êtres désespérés. Bien évidemment, cela ne m’a pas laissée indifférente. On rencontre donc Cyril, le nouveau surveillant maladroit et amoureux d’une toxico ; on observe Popineau, pédophile tabassé et violé par ses codétenus, enfermé avec deux autres types fous d’amour pour des femmes qu’ils ne connaissent pas ; on s’attache au directeur de l’établissement, marié à une femme détruite par trois fausses couches…

L’amour est au coin de chaque couloir, dans la cour, dans chaque cellule. Chacun s’accroche au peu d’espoir qui lui reste. Les longues peines de prison vont de paire avec les peines de cœur. Ce qu’ils veulent tous, au final, c’est être aimé, malgré les malheurs qu’ils ont engendré, les horreurs qu’ils ont commises. On ne les pardonne pas mais on les comprend. Jean Teulé parvient, en moins de 200 pages, à créer chez le lecteur une empathie pour les pires malfrats.

J’ignore si l’auteur a vraiment rencontré des surveillants de prison et s’est inspiré de leurs témoignages, mais cela serait tout à fait plausible. Un beau roman sur l’espoir et l’humanité en général.

TEULÉ Jean, Longues peines, Editions Pocket, 2011 (2001 pour la première publication chez Julliard), 185 pages

Livres

L’amitié selon Prévert, Carole Aurouet

lamitieselonprevertPourquoi ce livre ?

Mes parents me l’ont offert pour Noël et un mois plus tard, il est enfin lu !

De quoi ça parle ?

Il s’agit d’un recueil d’éphémérides conçues par Prévert. Comme cela est expliqué au début de l’ouvrage, le poète s’amusait, chaque jour, à dessiner une fleur colorée sur une page blanche, en indiquant à côté les rendez-vous qu’il avait avec ses amis. Cela a duré plus de 10 ans. Bien sûr, nous n’avons pas accès à l’intégralité des fleurs de Prévert, mais un aperçu assez touchant, en alternance avec de courts textes présentant ses amis les plus proches et fidèles.

Mon avis

Jacques Prévert, tout comme Boris Vian, est un auteur et une personnalité qui me touche depuis longtemps. Ses poèmes, simples, drôles et émouvants, ont toujours su me faire sourire. Même si je ne le connais pas très bien, je pense que cet homme ne se prenait pas au sérieux et défendait les choses les plus simples. Et c’est cela qui me touche chez lui.

J’ai découvert, par le biais de cet ouvrage, qu’il était entouré d’amis tous plus connus les uns que les autres. A travers les textes de Carole Aurouet, on ressent une atmosphère propre au début du 20e siècle qui fait vraiment envie. Un peu jemenfoutistes, défenseurs de l’art sous toutes ses formes et de la beauté de la nature, toutes ces personnes ont le don de me rendre nostalgique d’une période que je n’ai pas vécue.

Qui étaient les amis de Prévert ? Boris Vian, bien sûr, son voisin complice ; Robert Doisneau, alors jeune photographe ; Pablo Picasso, admiratif du coup de crayon de Prévert ; Pierre, frère et coéquipier… Les déclarations d’amitié de Prévert sont légion. On envie ses rendez-vous, secrets et furtifs, avec chacun de ses proches. Comme j’aurais aimé avoir un entretien avec lui !

Les éphémérides, quant à elles, sont bien curieuses et mystérieuses. Ces fleurs très colorées, toujours différentes, témoignent de la tendresse de l’auteur. Un seul regret : ne pas toujours pouvoir lire les annotations du poète, écrites en pattes de mouche ou gribouillées. Il aurait peut-être fallu les retranscrire à côté… Mais le charme aurait alors été rompu.

Petit et court, ce bel ouvrage donne surtout envie d’en savoir plus sur Jacques Prévert, ce drôle de bonhomme qu’on a envie de bisouiller. Si, si, regardez cette photo de Doisneau (1955) :

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J’ai déjà prévu, un jour, de m’offrir Rue Jacques Prévert, un recueil conçu par Robert Doisneau, rassemblant des photos et des textes des deux compères. En tout cas, si vous aimez Prévert, offrez-vous le livre de Carole Aurouet, qui agira comme une parenthèse dans votre emploi du temps.

AUROUET Carole, L’amitié selon Prévert, Editions Textuel, 2012

Livres

Tu mourras moins bête, tome 1, Marion Montaigne

tumourrasmoinsbete-1-montaigneCa fait peut-être aussi partie des nouveautés 2013, mais là, tout de suite, j’ai envie de vous parler d’une bande-dessinée. Eh oui, d’habitude, je les lis dans mon coin sans les chroniquer mais bon… Le changement, c’est maintenant !

Comme vous pouvez le voir, je m’apprête à blablater sur Tu mourras moins bête de Marion Montaigne, une bd tirée du blog Tu mourras moins bête (du même nom, oui oui). Première information capitale : j’ai découvert ce blog il y a à peu près… 3 jours. Hum. Je me sens [comment dire..?] légèrement en retard, car oui, c’est une réalité, le blog existe depuis… 2008 !

Heureusement, la bd est sortie en 2011, donc ça me fait un retard de 2 ans. Ca va (hum).

Bref ! Tout ça pour introduire mon passionnant avis sur la chose.

Pourquoi ce livre ?

Pour une fois, je n’ai pas de raison. Je l’ai vu en librairie et j’ai décidé de l’acheter, comme ça, subitement. Parce que ça avait l’air drôle et que Lolita n’arrivait pas à me distraire correctement.

De quoi ça parle ?

L’auteur s’amuse à répondre à des questions un peu farfelues, en démontrant bien que ce qu’on voit au cinéma ou à la télé n’est pas du tout réel/possible/imaginable. Les démonstrations sont basées sur des études scientifiques et sont surtout très drôles !

Mon avis

Vous avez envie de passer un bon moment en apprenant des choses et en vous marrant comme une baleine (il paraît que ça rigole bien ces bêtes-là) ? N’hésitez plus, lisez Tu mourras moins bête ou promenez-vous sur le blog de Marion Montaigne. Vous saurez ainsi pourquoi on ne donne pas de parachutes aux passagers d’un avion, mais aussi pourquoi les séries d’enquêtes policières ou médicales sont complètement à côté de la plaque. Entre autres.

Les dessins, assez simples, ont un aspect gribouillis mais sont très expressifs. Ne vous attendez donc pas à de magnifiques dessins parfaitement tracés. Ils sont surtout là pour illustrer le propos de manière ludique.

Notez bien que la bd est assez longue (255 pages), ce qui permet d’en avoir pour son argent. Le tome 2 est déjà sorti, j’ai bien envie de le lire mais je vais attendre un peu pour l’acheter. Pour patienter, rendez-vous sur le blog !

MONTAIGNE Marion, Tu mourras moins bête, La science, c’est pas du cinéma, tome 1, Editions Ankama, 2011, 255 pages

Livres

Lolita, Vladimir Nabokov

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Pourquoi ce livre ?

Je l’ai choisi il y a quelques temps à la médiathèque, un peu par hasard, mais surtout parce qu’il s’agit d’un classique. Et puis, j’avais aimé le film de Kubrick, alors…

De quoi ça parle ?

L’histoire relate une large partie de la vie de Humbert Humbert, un homme franchement attiré par les petites filles. Après avoir cerné le personnage, on entre vraiment dans le cœur du récit, où notre “héros” rencontre Lolita, une “nymphette” âgée de 12 ans, qui va le rendre fou. Afin de parvenir à ses fins (c’est-à-dire avoir des relations sexuelles avec l’enfant), Humbert va prévoir tout un stratagème, notamment en épousant la mère de la jeune fille.

Mon avis

Vladimir Nabokov écrit superbement, je l’affirme haut et fort. Les formules sont parfois audacieuses, parfois drôles. Les états d’âme du narrateur (qui n’est autre que Humbert Humbert le pédophile pervers et vicieux) sont parfaitement rendus : on hait ce personnage dès le début, pour finir par s’y attacher (mais si). Quel paradoxe ! On préfèrerait le détester, le montrer du doigt et applaudir ceux qui font échouer ses plans. Mais Nabokov parvient à le rendre sympathique. On a même pitié de lui dans la deuxième partie du roman… et on en a honte ! C’est donc un coup de maître de réussir à créer ce sentiment contradictoire.

En dehors de l’écriture, il est malheureusement difficile de s’accrocher. Le récit est souvent long et fastidieux… On alterne les passages ennuyeux où il ne se passe rien avec des chapitres plus énergiques, où l’intrigue se développe et où les personnages prennent vie. Mais ces moments-là sont trop peu nombreux. Difficile alors de se plonger dans l’histoire.

La rencontre entre Lolita et Humbert Humbert et ce qui s’ensuit est sans doute ce qu’il y a de plus savoureux dans ce roman. La mère de la jeune fille est en alerte, le héros est sur les nerfs, l’enfant est maligne et profiteuse. Ce trio créerait presque du suspense. Jusqu’à la deuxième partie du livre, où nos deux compères partent en road-trip à travers les Etats-Unis. Les descriptions sans fin de paysages, de villes et d’hôtels m’ont achevée…

J’ai sans conteste préféré le film de Kubrick, bien plus dynamique. Il me semble qu’il s’agit d’une bonne adaptation, même si la relation entre Lolita et son père adoptif est beaucoup moins développée que dans le roman.

Pour résumer, je dirais que Lolita est en effet un classique à lire, rien que pour l’écriture de l’auteur. Esprits sensibles, attention toutefois : on y parle clairement de pédophilie, du point de vue du pédophile bien sûr. Un livre impolitiquement correct, donc, qui malgré ses longueurs, marque son lecteur.

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James Mason et Sue Lyon interprétant Humbert Humbert et Lolita dans le film de Stanley Kubrick, en 1962.

NABOKOV Vladimir, Lolita, Editions Gallimard Folio, 1977 (1955 pour l’édition originale), 502 pages

Expositions et visites

Cheveux chéris, exposition au Quai Branly

cheveuxcheris-expo-quaibranly-afficheIl y a quelques mois, en écrivant sur le film d’animation Rebelle, je vous avais parlé de cette expo chevelue proposée par le Musée du Quai Branly. Ca y est, je l’ai vue ! C’est avec Elise, du blog Les soirées de Lily, que j’ai découvert ce que cache cette affiche mystérieuse.

L’avantage d’avoir moins de 25 ans et d’être au chômage, c’est qu’on accède souvent gratuitement aux musées et expos. Ce fut le cas pour Cheveux chéris.

Cachée quelque part entre les collections permanentes du musée, l’exposition est assez courte (mais c’est parfait ainsi) et très hétéroclite. Photos, peintures, statues, vidéos, objets divers… tous ces supports se mélangent et se complètent. Le parcours est organisé par thématique : les cheveux comme moyen d’expression, objet de désir, souvenir, traumatisme, trophée, marque de richesse, marque du temps qui passe… Les œuvres exposées ne tiennent donc pas compte de l’époque de leur création, de leur origine géographique, de leur contexte artistique. Ainsi, la blondeur érotique de Brigitte Bardot côtoie Sainte Marie Madeleine, enveloppée dans sa chevelure ; un scalp asiatique précède les têtes réduites et poilues des Jivaros.

Au début, on est perturbé par ce mélange étonnant, mais on l’apprécie finalement. Les thématiques sont cohérentes et retracent très bien le rôle et la symbolique des cheveux.

Ce que j’ai préféré : le tableau de Jean-Jacques Henner, intitulé La liseuse (1883), les têtes momifiées toujours chevelues, les têtes réduites des Jivaros.

Ce que j’ai le moins aimé : les objets créés à base de cheveux (trop nombreux peut-être) : chapeau, coiffes, colliers, tenues, ceintures…

Ce qui m’a le plus émue : la vidéo montrant les femmes tondues durant la Seconde Guerre Mondiale pour avoir eu des relations avec des Allemands, mais aussi le médaillon contenant une mèche de cheveux de Marie-Antoinette (reine que j’aime particulièrement).

En conclusion, une belle expo, variée et étonnante. Profitez-en, vous avez jusqu’au 14 juillet 2013 pour y faire un tour. Si plus est, vous êtes pauvre et jeune, n’hésitez plus !

laliseusejeanjacqueshennerLa liseuse, Jean-Jacques Henner, 1883