Livres

L’empoisonneuse, Peter Meer et Barbara Yelin

lempoisonneuse-peer-meterPourquoi ce livre ?

L’empoisonneuse est une bande dessinée type roman graphique, que j’ai depuis quelques années dans ma bibliothèque. Déjà lue lors de son achat, j’ai eu envie de me replonger dedans.

De quoi ça parle ?

L’histoire se passe au XIXe siècle, à Brême (Allemagne). Une jeune auteur arrive dans la ville pour faire un compte-rendu touristique du lieu. Par hasard, elle découvre qu’une femme va bientôt être exécutée sur la place publique, pour avoir assassiné par empoisonnement sa famille et ses amis durant quinze ans, avant d’être démasquée. Curieuse, l’héroïne va donc mener l’enquête sur les pulsions de la meurtrière et sur son jugement, non sans provoquer la méfiance des habitants.

Mon avis

Précisons avant tout que cette histoire s’inspire d’un drame qui s’est réellement passé au XIXe siècle. Quand on sait cela, on lit cette BD différemment. Tout comme l’héroïne, on est très curieux d’apprendre ce qui a poussé Gesche Margarethe Gottfried, l’empoisonneuse, a agir ainsi… Car elle a volontairement donné du “beurre à souris” (saindoux à l’arsenic) tartiné sur du pain à ses enfants, ses différents maris, ses amis, ses parents, ses voisins… tout en en soignant certains, pour atténuer leurs souffrances. Une véritable contradiction qui interpelle. Avant de la juger, on aimerait la comprendre.

La BD suit donc l’enquête de la narratrice, qui discute avec plusieurs personnages (le pasteur, l’avocat…) et se promène dans Brême pour en savoir plus. Très vite, les habitants la regarde d’un mauvais œil : qui est cette étrangère qui vient fouiner et veut ruiner la réputation de la ville ? Le lieu, rongé par cette histoire d’empoisonnement trop longtemps dissimulée, n’est pas du tout paisible. On le sent dans les ombres et les regards furtifs, les chuchotements et les confidences… Etonnamment, on finit par s’attacher à l’accusée, qui n’a pu s’exprimer que par le meurtre.

Une histoire très intrigante, donc, qui mérite d’être plus connue et surtout, qui donne envie d’en savoir plus. Quant aux dessins en noir et blanc, ils sont très joliment crayonnés. On se croirait presque dans un songe. Les coups de crayon de Barbara Yelin ne sont pas dissimulés, au contraire. Ils sont mis en avant et apportent une poésie au récit. Pour vous montrer, voici deux planches de la BD :

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Si vous avez envie d’une BD qui sort du commun et que l’histoire de l’empoisonneuse vous intrigue, n’hésitez pas !

MEER Peter et YELIN Barbara, L’empoisonneuse, Editions Actes Sud, collection l’An 2, 2010, 199 pages

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