Livres

Les âmes perdues, Michael Collins


michaelcollins-amesperduesPourquoi ce livre ?

Il m’a été conseillé par Natalia, blogueuse et lectrice, spécialiste des conseils de lecture. Vous le savez, quand on me présente un polar, j’accoure.

De quoi ça parle ?

L’histoire se passe dans une petite ville américaine un peu paumée. Le soir d’Halloween, une petite fille âgée de 3 ans est retrouvée morte, écrasée par un véhicule. Lawrence, flic dépressif et solitaire, est prié par le maire et le commissaire de mener l’enquête. Mais le plus discrètement possible ! On soupçonne en effet Kyle Johnson, la star de l’équipe de foot locale. Le désigner publiquement coupable serait terrible pour l’avenir de la petite ville. Mais l’officier de police ne l’entend pas de cette oreille. Décidé à connaître la vérité, il dérange assez vite ceux qui l’entourent… et devra le payer, d’une manière ou d’une autre.

Mon avis

L’histoire est sombre, sans aucun doute. Dès les premières pages, une ambiance triste et morose est perceptible. La ville semble fantomatique, Lawrence, anti-héros par excellence, est défait par son divorce, bref, ça ne respire pas la joie de vivre ! Ce flic noie son chagrin dans l’alcool et déambule lentement dans les rues, enquêtant sur la mort de l’enfant. Solitaire, il n’a pas de famille ni d’amis. Il n’a que Lois, collègue et amante, qui le comprend plus ou moins.

Il ne s’agit pas seulement d’une enquête policière. Derrière se joue aussi la réputation de la ville et de ses habitants. Tout le monde sait mais personne ne dit rien. Certains sont trop frileux, trop honteux, d’autres trop impliqués… Lawrence, un peu trop curieux, va apprendre à ses dépends qu’il vaut mieux se mêler de ses affaires.

Même si l’histoire me semblait au début trop classique, déjà vue mille fois, j’ai été plusieurs fois surprise par la tournure des événements. Sans que l’on s’y attende, des éléments viennent perturber le récit et redonner un coup de fouet à l’intrigue. J’ai à plusieurs reprises émis des hypothèses qui se sont révélées fausses… et tant mieux ! L’auteur a donc su me surprendre et me donner tort.

Quelques critiques tout de même. D’abord, l’emploi du passé composé m’a beaucoup gênée ! Je suis une véritable adepte du passé simple dans les romans. Sans cela, je ne parviens pas vraiment à me plonger dans le récit. L’écriture de Collins m’a semblée bien trop descriptive, c’est sans doute le passé composé qui en est la cause…

Autre reproche : le méli-mélo. Soit je suis complètement à la ramasse, soit en effet, on ne sait pas, au final, qui a fait quoi. Je pense notamment à deux éléments dans l’histoire (je ne peux les révéler ici)… J’ignore toujours qui est l’auteur de ces actes, ce qui m’embête un peu.

A part cela, Les âmes perdues est un point de vue intéressant sur l’Amérique profonde et ses travers. On pourrait sans doute en faire un bon film noir.

COLLINS Michael, Les âmes perdues, Editions Christian Bourgeois, 2004 (2003 pour l’édition originale), 335 pages

Spectacles

Les derniers jours de Stefan Zweig, au Théâtre Antoine

derniersjoursStefanZweig-theatrePourquoi cette pièce de théâtre ?

J’ai reçu deux places à Noël pour y assister. Aimant l’écriture de Stefan Zweig, le théâtre et Patrick Timsit, ça tombait pile poil !

De quoi ça parle ?

Il s’agit d’une adaptation théâtrale d’un roman éponyme de Laurent Seksik. L’histoire raconte les derniers mois du célèbre auteur autrichien. Il les a passés au Mexique avec sa seconde femme, Lotte, avant de se donner la mort, déprimé et écœuré par la nature humaine.

Mon avis

Quand on connaît un peu Stefan Zweig, on sait d’avance que la pièce ne sera ni drôle ni légère. Mieux vaut être prévenu en tout cas, car les plus déprimés risquent d’être déçus. Cela étant dit, le drame n’empêche pas la réussite et l’émotion ! Le metteur en scène, Gérard Gélas, et les acteurs ont parfaitement relevé le défi : rendre compte des états d’âme de Zweig, cloîtré dans son appartement mexicain, et de son épouse Lotte, joyeuse et pleine de vie.

Les deux acteurs principaux incarnent parfaitement ce couple dépareillé. Patrick Timsit campe un auteur défait, sombre et absent, quand Elsa Zylberstein sautille, chante, rit et supplie l’amour de sa vie de lui sourire, ne serait-ce qu’une minute. Difficile entreprise… Car les Allemands nazis tuent des milliers de juifs, là-bas, en Europe, c’est la radio qui le dit.

Même si les Américains nous viennent en aide, qu’importe, le genre humain est mauvais, l’avenir est noir, la vie inutile… voilà comment raisonne Zweig. C’est pourquoi, terriblement conscient du malheur des autres, il décide de se suicider. Une affreuse décision pour nous, spectateurs du 21e siècle, qui savons ce qui s’est ensuite passé. La libération, la chute d’Hitler… Finalement, le bien a combattu le mal. Zweig s’est donc trompé et on le regrette. On a alors envie de lui crier “non, vis, vis ! Tu verras !”, mais on ne le peut pas. Une très belle et néanmoins cruelle manière d’interpeller le spectateur, donc, de lui montrer qu’il a raison, que le personnage a tort, mais que le destin est ainsi fait.

Le personnage de Lotte, quant à lui, est parfaitement interprété par Elsa Zylberstein. Torturée entre son envie de vivre et son amour immense pour Zweig, elle ne sait sur quel pied danser. Pourtant, il lui faudra prendre une décision. Laquelle, je ne vous le dis pas !

timsit-zylberstein-photode-BernardRichebePhoto de Bernard Richebe, tirée du site Agoravox.fr

Stefan-ZweigUn petit salut amical pour Jacky Nercessian, qui joue le rôle d’Ernst Feder, ami intime du personnage principal. Il apporte quelques pointes d’humour au triste spectacle qui se joue devant nous, essaye tant bien que mal de remonter le moral de Zweig en lui lançant des piques et en se passionnant pour son écriture.

Un jeu d’acteur impeccable, donc, pour un texte très émouvant. La mise en scène, lumineuse et simpliste, traduit le contraste permanent qui existe entre Zweig et sa femme. Quand Lotte ouvre la fenêtre pour respirer, Zweig la referme aussitôt. Lui, exilé et favorisé, il ne s’autorisera pas la vie !

Le seul point négatif de cette soirée : le Théâtre Antoine. Etriqué et étouffant, il mériterait un bon dépoussiérage et un aménagement digne de notre époque, c’est-à-dire plus de place pour les jambes. Tous les spectateurs se sentaient vraiment écrasés entre les fauteuils, chacun se tordait dans tous les sens en essayant de maintenir ses genoux en vie… C’est un fait, être mal installé nuit au bon déroulement d’un spectacle ! Cher M. Ruquier, enlevez quelques rangs, pitié.

Quand à la pièce et à la mise en scène, je ne peux que vous les conseiller, même si j’ai assisté à la dernière date. Ils la rejoueront peut-être, qui sait !

Les derniers jours de Stefan Zweig, écrit par Laurent Seksik, mise en scène de Gérard Gélas au Théâtre Antoine, avec Patrick Timsit, Elsa Zylberstein, Jacky Nercessian, Bernadette Rollin et Gyselle Soares.

Blabla

Qu’est-ce… qu’une rédactrice web ?

redactricewebJ’avais déjà répondu à la question Qu’est-ce… qu’une lectrice ? et certains d’entre vous avaient rajouté quelques éléments de réponse en commentaire. Aujourd’hui, je me disais qu’il serait bon d’éclaircir la définition d’une rédactrice web. Car elle n’est pas si évidente que ça…

Souvent, lorsque je réponds à la question fatidique “tu fais quoi dans la vie ?” ou “des études pour faire quoi, alors ?”, les termes “rédactrice web” restent en suspens et je me sens obligée de préciser. Car si on ouvre bien les yeux, il est facile de constater que le web est truffé d’écrits. Sur tous les sites, il y a forcément du contenu rédactionnel. Sans ça, on ne comprendrait rien, c’est évident. Bien sûr, il est assez courant que des sites n’aient pas besoin d’un rédacteur pour faire ce travail quand il n’est pas très développé. Mais pour d’autres, cela devient un job à part entière.

La rédactrice web, ou le rédacteur web, s’apparente le plus souvent au journaliste web. Comme lui, il ou elle doit chercher de l’info, rédiger vite et bien, connaître un minimum le fonctionnement d’Internet. L’écriture doit être concise, elle doit répondre à une question, attirer le lecteur.

Mais mais mais ! La rédaction web n’est pas forcément journalistique. Elle peut aussi être de l’ordre de la communication d’entreprise, de collectivité ou d’association, être interne ou externe. Elle peut aussi tirer vers le marketing de temps en temps.

C’est donc un travail précis et paradoxalement assez ouvert. Une rédactrice web peut travailler pour toute sorte d’entreprise, et c’est ce qui fait son charme !

Livres

Je vais passer pour un vieux con, Philippe Delerm

roman-delermPourquoi ce livre ?

Je vais passer pour un vieux con fait partie de la sélection 2012-2013 du Prix de la Critique Littéraire de Puteaux, auquel je participe.

De quoi ça parle ?

Comme le sous-titre l’indique (Je vais passer pour un vieux con et autres petites phrases qui en disent long), l’auteur revient dans cet ouvrage sur 42 petites phrases que l’on dit ou entend souvent, à propos de tout et n’importe quoi : la météo, les habitudes, les compliments, les formules toutes faites et autres fantaisies.

Mon avis

On peut abhorrer la voix de Vincent Delerm et se délecter de l’écriture du père. Car Philippe Delerm sait écrire, incontestablement. C’est avec un humour parfois piquant, parfois tendre, qu’il explique des petites phrases du quotidien. En 124 pages, le voilà qui décortique chaque mot, chaque intention, qui remet en cause la véracité des propos. L’auteur s’enflamme pour un hautain “Tout d’abord, bonjour !” venu d’un vendeur impoli, puis il se moque des écrivains commerçants lâchant à tout-va un splendide “J’en parle dans le livre”. Il soupçonne le vantard déçu qui ne peut s’empêcher de préciser qu’il a “fait cinq ans de piano” et pointe du doigt l’hypocrite cuisinière lançant un “C’est vraiment par gourmandise” avant de manger son dessert gras et sucré.philippe-delerm

Le ton n’est pas moqueur, ou si peu. Philippe Delerm préfère répertorier avec malice ce qu’il a sans doute entendu, ce que nous entendons tous en vérité. Ces petites phrases toutes faites qui semblent si banales et révèlent finalement bien plus que cela… Le coup porté au fameux “J’étais pas né” est un délice : comment ne pas s’énerver devant une telle réplique ? La plume est aiguisée, précise, argumentée et drôle, très drôle !

On reconnait l’homme politique, la mère de famille dépassée par les événements, l’oncle ou le cousin, la sœur ou la grand-mère, l’ami et l’amoureux. On se souvient des phrases que l’on a soi-même prononcé. Les situations sont d’ailleurs si réelles qu’on imagine facilement la mise en scène théâtrale de ce drôle d’inventaire.

Il faut en tenir compte, Je vais passer pour un vieux con se goûte et se savoure. Les lecteurs les plus patients sauront piocher quelques pages par-ci par là, en prenant le temps de découvrir l’intégralité du livre. Les autres, curieux et gourmands, engloutiront l’ouvrage en moins d’une demi-heure. Et pourront, sans conteste, s’écrier alors “c’est déjà fini ?”

DELERM Philippe, Je vais passer pour un vieux con, Editions du Seuil, 2012, 124 pages

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Tag Bye-bye 2012, Hello 2013

Grande première sur De Ma Plume A Vos Oreilles, j’ai l’envie subite de répondre au tag repris sur le blog littéraire Le Château de Gaby. Pour les novices, en quoi cela consiste ? Un tag est un questionnaire qui aborde un thème précis, souvent repris de blog en blog. Celui-ci concerne l’année 2012 et l’année 2013. Hop, je me lance !

Le livre qui aura marqué ton année 2012 ? Je crois que ça sera Jane Eyre, de Charlotte Brontë. D’accord, cette lecture est récente mais je l’ai tellement aimée qu’elle mérite cet hommage.

Le livre que tu auras le plus attendu en 2012 ? Pas vraiment d’attente… Peut-être La Vérité sur l’Affaire Harry Québert, de Joël Dicker, découvert à l’occasion du Goncourt et reçu en cadeau de Noël.

Le livre le plus décevant en 2012 ? Sans hésiter, 1Q84, Livre 1 (avril-juin) de Haruki Murakami ! Une lecture longue et fastidieuse.

L’auteur qui aura marqué ton année 2012 ? Je n’ai pas lu deux œuvres du même auteur en 2012. Difficile de répondre, donc… Peut-être bien Jacqueline de Romilly, dont j’ai admiré l’écriture.

La maison d’édition/collection qui aura marqué ton année 2012 ? Les Editions Albin Michel. Le hasard a fait que j’ai lu plusieurs ouvrages édités par cette maison, notamment le très beau Alice, de Judith Hermann, ou le décevant Barbe Bleue, d’Amélie Nothomb.

Le film qui aura marqué ton année 2012 ? Amour, de Michael Haneke. J’y repense encore parfois, c’est vous dire.

Le film que tu auras le plus attendu en 2012 ? Le Hobbit, de Peter Jackson. Etant fan de la saga du Seigneur des Anneaux, je ne pouvais qu’attendre impatiemment ce début de préquel. Détrompez-vous, je n’ai pas été déçue !

L’acteur/actrice qui aura marqué ton année 2012 ? Aucune idée !

Le couple de star qui aura marqué ton année 2012 ? Je passe aussi mon tour pour cette question car je ne suis pas du tout les aventures people !

La série qui aura marqué ton année 2012 ? Scènes de ménages, que j’ai aimé regarder par-ci par là, en DVD, quand le soleil ne brille pas dehors.

Une nouvelle série découverte en 2012 qui aura marqué l’année ? Non, aucune série marquante découverte en 2012.

La série qui t’aura le plus déçue en 2012 ? Maintenant, ça suffit avec les séries !

L’événement médiatique mondial qui aura marqué ton année 2012 ? Les élections présidentielles américaines. On en a parlé toute l’année jusqu’au moment fatidique, alors…

L’événement médiatique national qui aura marqué ton année 2012 ? Les élections présidentielles françaises, bien sûr ! L’année 2012 fut politique, que voulez-vous.

Le livre le plus attendu en 2013 ? Pour le moment, le tome 3 de Millénium, en poche, collection Babel noir chez Actes Sud. Sortie prévue en janvier 2013, bientôt, il va arriver sur mon étagère !

Le film le plus attendu en 2013 ? L’adaptation de L’écume des jours. Prions pour que Boris Vian ne se retourne pas dans sa tombe. Romain Duris, je compte sur toi !

Une série (saison) la plus attendue en 2013 ? La sortie française du DVD de The Big Bang Theory, saison 5.

Un évènement (national et/ou international) attendu en 2013 ? Le Salon du Livre 2013 et mon été festivalier !

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Je vous laisse avec la belle affiche du Salon du Livre 2013. N’hésitez pas à répondre à ce questionnaire si le cœur vous en dit !

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Livres

Jane Eyre, Charlotte Brontë

janeeyrePourquoi ce livre ?

Après avoir demandé sur Twitter quel classique des sœurs Brontë je pouvais lire les yeux fermés (j’ai un don), j’ai constaté que Jane Eyre faisait partie des favoris. Aussitôt dit aussitôt emprunté à la médiathèque. Il attendait simplement d’être lu sur son étagère. Ce fut chose faite durant la semaine des réveillons de fin d’année.

De quoi ça parle ?

Le roman retrace la moitié de la vie de son héroïne, Jane Eyre. C’est d’ailleurs elle qui nous la raconte. On la rencontre enfant, orpheline éduquée par une méchante tante, tyrannique et brutale. Puis on la suit à Lowood, école hyper-stricte où elle passe plusieurs années de sa vie à lutter contre la faim, la violence, l’injustice et la maladie. Mais la majeure partie de l’ouvrage s’intéresse à l’âge adulte de Jane. Devenue institutrice, elle intègre une noble demeure un peu à l’abandon, pour éduquer la petite Adèle. C’est là qu’elle va faire la rencontre de Mr Rochester, celui qui deviendra l’amour de sa vie.

Mon avis

J’ai terminé l’année 2012 avec un livre superbe ! Eh oui, je crois qu’on peut parler de coup de cœur littéraire. Serais-je finalement faite pour les classiques ? Après Les liaisons dangereuses, voilà que je tombe sous le charme de Jane Eyre. Même si le roman est assez long (environ 450 pages), il se lit de manière très fluide. Les états d’âme, la curiosité et la passion qui animent l’héroïne nous tiennent en haleine. Si fragile et courageuse à la fois, Jane étonne, émeut, surprend.

charlotte-bronte-par-evert-augustus-duyckinck-1873Ne croyez pas que l’on assiste à d’infinies conversations de salon. Jane Eyre est plutôt le récit d’une vie, la narration de plusieurs aventures. Car Jane ne se laisse pas faire. Elle ne se morfond pas dans son fauteuil. Elle prend les choses en main, fuit ce qui peut la briser, revient quand cela est à nouveau possible, résiste et lutte, donne son avis, regarde dans les yeux et tient tête. C’est une héroïne comme je les aime. Ni dure ou froide, ni victime.

L’écriture de Charlotte Brontë est belle et majestueuse. Les personnages s’expriment bien, ils se taquinent avec subtilité, déclarent leurs flammes avec passion, se respectent avec tact.

Le petit plus : les chapitres sont courts et efficaces. Ils s’enchaînent si vite que Jane, en quelques dizaines de pages, a déjà grandi et mûri. L’histoire avance, rien ne stagne, de nouveaux personnages apparaissent… bref, on ne s’ennuie pas !

La dévotion de Jane pour son maître (puis son amant), Mr Rochester, force le respect. Malgré tout ce qui sépare ces deux êtres, ils parviennent à s’aimer de la manière la plus pure. On ne peut qu’admirer cette belle histoire d’amour.

Infos complémentaires

Jane Eyre est sans aucun doute inspiré de la vie de Charlotte Brontë, qui, elle aussi, connut une éduction stricte et fut institutrice. En lisant la bio de l’auteur, on est touché par ces similitudes.

Le livre a été adapté au cinéma de nombreuses fois, notamment en 2011, avec Mia Wasikowska et Michael Fassbender. Maintenant que j’ai lu le roman, je serais tentée par cette adaptation. Me la conseillez-vous ?

Jane-Eyre-affichejane-eyre-filmJane-Eyre_film2011

BRONTË Charlotte, Jane Eyre, Editions Flammarion, 1990 (1847 pour l’édition originale), 476 pages (avec préface, notes et éléments biographiques)

Blabla

Résolutions 2013 pour le blog

Avant toute chose, je tenais à vous remercier pour votre venue ici, pour les échanges que j’ai parfois avec vous, pour vos commentaires. Je sais bien que mes articles sont longs, que je ne publie pas assez et que je poste rarement des commentaires sur vos blogs, c’est pourquoi vous méritez d’autant plus mes remerciements. Ils ne sont pas là pour faire joli, vraiment, grâce à vous, je trouve encore du plaisir à donner mon avis sur certaines lectures. Bien sûr, vous n’êtes pas encore des milliers à passer par ici, mais durant l’année 2012, les chiffres se sont un peu étoffés, sans doute grâce à mes publications plus régulières.

Pour la première fois, je vais m’obliger à respecter trois résolutions bloguesques pour l’année 2013 :

1. Ecrire des chroniques plus courtes et plus dynamiques.

2. Publier plus souvent encore, pourquoi pas tenir une chronique par semaine (c’est déjà bien non ?).

3. Prendre le temps de commenter vos écrits, au lieu d’y répondre par la pensée.

Si cela vous va, c’est parti ! Et si vous avez des suggestions, des choses qui vous gênent dans ma manière d’écrire, si vous trouvez mes articles trop pénibles ou lourdingues… dites-le moi !

Blabla

Bilan de lecture 2012

Bonjour à tous ! Avant de vous raconter un peu mon année 2012, je vous souhaite une superbe année 2013 ! J’espère que vous avez passé de belles fêtes de fin d’année, que les lectures au coin du feu ont été bonnes et que les chocolats ne sont pas déjà tous dévorés. Pour les 12 mois à venir, je croise les doigts pour que vous réalisiez vos rêves et que vous découvriez LE livre qui changera votre vie (si ce n’est encore fait).

Regardons un peu l’année qui vient de se terminer… BON. J’ai lu un peu plus que l’année dernière (chômage oblige), mais comparé à certains d’entre vous, je pâlis… J’ai constaté que certaines blogueuses littéraires lisaient plus de 100 bouquins par an. J’ai l’air complètement tartignolle avec mes 39 livres.

Comme vous pouvez le voir, ils ne sont pas tous chroniqués ici. Idem pour la quarantaine de films que j’ai vus au ciné. Sinon on ne s’en sortirait pas. Faut bien que je vive, aussi. Non mais.

Let’s go pour le bilan annuel.

– Bilan annuel –

janvier 2012

Début de l’année, j’ai trouvé mon stage de fin d’études dans un groupe de presse, j’ai encore quelques cours mais quand même du temps pour lire. Je jubile donc devant Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire et découvre la formidable écriture de Jacqueline de Romilly. Le plus : je quitte Lille, toujours pluvieuse et morose.

février 2012

Ca y est, je suis journaliste web pour 6 mois. Pas trop le temps de lire le soir… Je profite quand même du tome 2 de Millénium sorti en poche (d’ailleurs, que fait le tome 3 ?). Je suis constamment aux côtés de deux rencontres lilloises qui me changent la vie. Elles deviendront de super-copines parisiennes.

mars 2012

Je bosse, encore et toujours. J’aime ça. Je passe en coup de vent au Salon du Livre dédié au Japon et achète des romans inconnus au bataillon. Je me motive aussi pour lire Hunger Games (tome 1), afin de comprendre quel est ce nouveau phénomène. Sur un coup de tête, je m’achète quelques livres et me délecte des Monologues du vagin. C’est drôle, touchant et très aéré, j’adhère.

avril 2012

J’ai 23 ans. Ca ne me change pas fondamentalement la vie. Avril… l’un des trois mois les plus intersidéralement vides niveau lecture. Le livre des choses perdues parvient tout de même à se frayer un chemin dans mon emploi du temps journalistique. Mais je passe surtout du temps à courir dans tous les sens, en vue de préparer mon rapport de stage. Récolter des informations sur l’entreprise devient un vrai casse-tête.

mai 2012

Que se passe-t-il en mai ? Alors que je me noie sous les notes, anciens rapports, courriers, mails et sites web pour construire mon rapport de stage, je lis. Eh oui messieurs dames, le tome 2 des Hunger Games me ravit, Les paupières de Yoko Ogawa m’apaise et le roman de Malateste me crispe. Plein d’émotions pour ce printemps.

juin 2012

Mes bras me piquent, me brûlent, me tirent. Trop de clavier tue les bras. Je reste immobile sur mon lit pendant 2 semaines. Le stress est total : le rapport de stage n’est pas mis en page et la soutenance, c’est ce mois-ci ! HELP. Du coup, je lis surtout des magazines, faciles à feuilleter. Et deux petits livres : Rouge-Gorge de Steban et un autre roman de Yoko Ogawa.

juillet 2012

Ouf. Ma soutenance a été décalée ce mois-ci. Mes bras reprennent vie, mon oral se passe merveilleusement bien (détente et conversation au menu). Ce n’est pas pour ça que je lis… Deuxième mois de l’année quasi-vide. Clôture de la série Hunger Games avec le tome 3. Un peu déçue par la fin mais globalement heureuse de ces lectures.

août 2012

Le stage est fini, c’est les vacances. Pas mal de lectures, tandis que je profite de mes proches. Alice et La liste de mes envies marqueront notamment mon esprit. A la fin du mois, retour à la réalité. Je ne suis plus étudiante, je suis chômeuse.

septembre 2012

Inscription officielle à Pôle Emploi, comme une bonne tripotée de moins de 25 ans selon les derniers chiffres. Envoi de CV à gogo, quelques entretiens mais aucune issue. Quelques jours de vacances dans le Sud et à Amsterdam, parfaits pour se ressourcer. Troisième mois sans lecture, ou presque. Je ne lis pas, je pense. 1Q84 m’achève…

octobre 2012

Je lis, je lis, je lis. Le chômage a du bon, parfois. J’ai plus de temps pour fureter sur les blogs livresques et échanger sur Twitter. Je rencontre certains d’entre vous (pas en vrai, hein, mais en ligne), je suis plus motivée à lire et à parler de mes lectures. Selon les conseils de mon papa, j’emprunte le célèbre Malavita à la médiathèque : j’adore ! Très drôle et bien foutu. Mon super coup de cœur reste Les liaisons dangereuses, tellement moderne encore aujourd’hui.

novembre 2012

Toujours au chômage, toujours sur le net et dans les bouquins. Une envie pressante de lire des BDs surgit d’on ne sait où. Je file à la médiathèque et j’enchaîne les lectures de bandes-dessinées. Je frissonne aussi dans les pages du Chuchoteur de Carrisi, un bon thriller psycho.

décembre 2012

Je suis officiellement diplômée d’un Master Métiers de la rédaction. Ca y est, les amis, je suis lâchée dans le grand bain, mon papier doré à la main. Pour fêter ça, je dévore des kilos de livres ! La semaine de Noël, je tombe encore sous le charme d’un grand classique, le fameux Jane Eyre. Je profite de ma famille, disparaît quelques temps sous les branches du sapin, entourée de mes chats.

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Voili voilou ! Une bonne année livresque, malgré tout. Espérons que 2013 soit encore plus riche en découvertes !

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Livres

Elizabeth II, dans l’intimité du règne, Isabelle Rivère

elizabeth2Quand elle apparaît à la télévision, la reine Elizabeth II semble froide, impassible. Elle ne réagit pas à l’agitation qui l’entoure, ou si peu. Elégamment vêtue de tissus colorés et de bijoux précieux, la souveraine n’inspire pas d’emblée la sympathie. Pourtant, elle est aussi femme et épouse. Elle a été enfant, amie ou cousine. Elle est devenue mère et grand-mère. Bientôt, elle sera aussi arrière-grand-mère.

C’est sous cet angle qu’Isabelle Rivère dresse le portrait de l’actuelle reine du Royaume-Uni. Dès le début, on y découvre une personnalité, des qualités et des défauts. On y apprend qu’Elizabeth, si jeune alors à la mort de son père George VI, ne voyait pas forcément d’un bon œil son couronnement soudain. Déjà petite, elle savait ce qui l’attendait et ne s’en réjouissait pas.

C’est un soulagement : le chef du Commonwealth fut une petite fille (presque) comme les autres ! Lilibeth, comme la nomme ses proches, a joué avec sa sœur, s’est ennuyée aux repas officiels, s’est passionnée pour l’équitation. Bien sûr, elle a aussi connu le luxe, les grands espaces, les vêtements resplendissants et les cadeaux rares. Elle a croisé du beau monde, voyagé dans le monde entier, goûté aux meilleurs plats. Mais cette magie-là, au lieu de la desservir, la rend charismatique. Elle a eu tout ce qu’elle voulait, excepté une vie normale, et c’est ce qui fait sa richesse.

Admirable personnage qui, malgré ses premières réticences, a accepté son destin et joué son rôle à merveille. Proche des gens, curieuse de tout, compréhensive et à l’écoute, Elizabeth a notamment séduit tous les chefs d’Etat français. L’auteur consacre d’ailleurs un chapitre à cette relation franco-britannique, avant tout politique mais aussi sincèrement amicale.

Quel plaisir donc, de découvrir ce parcours flamboyant. Mais l’écriture d’Isabelle Rivère n’y est pas… Les citations et les arbres généalogiques alourdissent le récit. Les informations factuelles, inintéressantes, allongent les chapitres inutilement. On aurait préféré plus d’anecdotes et surtout, quelques documents, quelques photos de jeunesse de la reine, parsemées entre les pages. Présentées sous forme de portraits, dessins et photographies, les grandes familles royales et aristocratiques décrites ici ou là auraient sans aucun doute plus attiré l’attention. Sans cela, leurs parcours n’ont que peu d’intérêt. Les longues descriptions achèvent le lecteur, qui sursaute quand enfin une phrase ou une exclamation viennent le réveiller.

Néanmoins, le livre d’Isabelle Rivère a le mérite de faire connaître la souveraine et de changer le regard qu’on lui portait auparavant. Désormais, aux yeux du lecteur, Elizabeth n’est plus seulement reine, elle est humaine.

RIVERE Isabelle, Elizabeth II, Dans l’intimité du règne, Editions Fayard, 2012, 359 pages

Livres

La femme du Lac Rouge, Aurélie Airoude

couv-femmedulacrougeIl y a quelques temps, Aurélie Airoude, qui passait par là un bon matin, a eu la gentillesse de m’envoyer son roman, La femme du Lac Rouge. Non-propriétaire d’une liseuse, je me suis empressée de transférer ce texte numérique dans mon smartphone, en me promettant de le lire dans les transports. Un lieu hyper adapté à la lecture sur (petit) écran, puisque l’on y est souvent comprimé.

J’ai commencé ma lecture sans aucun avis, aucun apriori. Seulement un peu déçue par la bande-annonce du bouquin, très énigmatique et construite avec trop peu de moyens…

La femme du Lac Rouge raconte donc l’histoire d’Hoai, écrivain d’origine vietnamienne vivant aux Etats-Unis. Cet auteur de best-seller mène une vie morne et tranquille : depuis son dernier succès, “La femme du Lac Rouge”, il est en manque d’inspiration et erre dans son grand appartement new-yorkais, sous le regard médusé de sa femme Lisa. Active et déterminée à fonder une famille, elle propose à son époux de partir quelques temps au Viet Nam, retrouver ses racines. Elle restera à Manhattan quand lui retrouvera le goût d’écrire, auprès de ses parents, dans son village natal.

Hoai accepte rapidement : le Viet Nam lui rappelle surtout son premier amour, Mai, une mystérieuse jeune femme assassinée sous ses yeux des années auparavant. C’est d’ailleurs cette aventure qui lui a inspiré son œuvre. Le voilà donc parti retrouver sa terre d’origine. Mais il ignore encore qu’il va faire une rencontre bouleversante, qui va remettre ses choix et sa vie en question.

L’histoire, si elle n’est pas originale au début, devient plus surprenante par la suite. L’exotisme du Viet Nam et le brouhaha citadin de New-York sont perceptibles : ces deux lieux opposés illustrent bien les états d’âme du personnage d’Hoai. Lui aussi prend d’ailleurs de l’ampleur au fil des pages. On l’imagine très bien, calme, doux et pensif, très observateur, solitaire et sensible. Plein de bonté, il est aussi très égoïste et exécrable avec sa femme. Tout le long du récit, on ne peut s’empêcher de se mettre à sa place à elle : si préoccupée par son mari, elle ne reçoit en échange que de l’ignorance, de la mollesse, de la contradiction.

Durant le voyage d’Hoai, plusieurs meurtres de jeune vietnamiennes sont commis à New-York. Ils sont “signés” par un portrait du romancier, dessiné à la main. L’auteur, contre sa volonté, va donc devoir comprendre qui est ce tueur fan et fou pour mettre fin à cette série meurtrière. Cet élément attise notre curiosité et provoque le suspense.

La fin, bien que précipitée, est haletante : on a envie de savoir ! Impossible alors de lâcher le roman sans avoir parcouru les dernières pages. Seul regret : que l’enquête ne soit pas plus longue. Il manque peut-être quelques rebondissements, quelques fausses pistes, conçues pour frustrer le lecteur et faire des dernières pages un feu d’artifice.

Hormis cela, La femme du Lac Rouge reste un bon thriller : les personnages existent sous nos yeux, ils ont une allure, un visage, un caractère. L’intrigue est bien orchestrée, l’écriture est fluide et sensuelle. Amateurs d’enquêtes policières, de voyages et d’histoires d’amour, ce roman vous plaira, sans aucun doute.

AIROUDE Aurélie, La femme du Lac Rouge, iPagination éditions, 2012