Films·Musique et concerts·Spectacles

Bilan culturel d’octobre 2016

Coucou !

En ce début de saison, vous pouvez constater que les sorties au spectacle reprennent. C’est un beau programme qui m’attend jusqu’à l’été 2017, et je compte bien partager mes impressions avec vous. C’est parti pour octobre !

Spectacles

Le souper, de Jean-Claude Brisville, mis en scène par Daniel Benoin

le-souperJe n’avais pas d’attente particulière en allant voir « Le souper », n’ayant jamais entendu parler de cette pièce. Pourtant, elle m’a fait une forte impression, et après m’être renseignée, j’ai constaté qu’elle avait fait un peu de bruit (dans les JT…).

Il s’agit une pièce « classique », dans le sens où elle respecte la règle des trois unités (de lieu, de temps et d’action). Le lieu : chez Talleyrant, ministre des Affaires extérieures. Le temps : le 6 juillet 1815, durant un dîner. L’action : un dîner, une conversation entre deux hommes, qui va déterminer l’avenir de la France.

Il s’agit donc de suivre les échanges entre Talleyrant, royaliste proche de Louis XVIII, et Fouchet, Président du gouvernement provisoire, républicain jusqu’au bout des ongles. Suite à la défaite de Waterloo et la chute de Napoléon, la France hésite entre république ou monarchie. Les deux camps s’affrontent avec intelligence lors de ce repas auquel on assiste de l’entrée au dessert.

C’est un texte raffiné que nous ont livré là les deux comédiens, excellents par ailleurs, puisqu’il s’agissait de Patrick Chesnais et François Marthouret. Deux pointures, deux hommes d’expérience, pour une conversation haut-de-gamme, des bons mots bien choisis. Un régal pour les oreilles plus que pour les yeux, car finalement, il n’y a que très peu d’action scénique (si ce n’est que les acteurs mangent et boivent réellement).

J’ai bien envie de lire le texte original de Brisville datant de 1989 pour savourer toutes les subtilités de langage. Un texte que je vous conseille si l’histoire, la politique et les jeux de pouvoir vous intéressent !

Fabrice Luchini et moi, d’Olivier Sauton

fabrice-luchini-et-moiTrois choses ont fait que j’ai sauté sur les billets pour aller voir ce spectacle : les avis dithyrambiques, les mentions « coup de cœur du festival des humoristes de Tournon 2014 » et « Prix du public Avignon 2015 » et le titre comprenant « Fabrice Luchini », que j’aime beaucoup.

Ohlalalalala ! L’un des MEILLEURS spectacles de l’année ! Un vrai coup de cœur pour moi aussi ! Olivier Sauton, seul en scène, propose une « conversation » avec Fabrice Luchini, qu’il interprète aussi. Génie des mots, personnage théâtral, caricature à lui tout seul, Luchini « apparaît » alors et nous livre des conseils de lecture et d’attitude, sa vision du monde. Sauton, lui, boit ses paroles et réagit aux propos de l’artiste. C’est donc une joute verbale qui se joue devant nous, le tout avec un seul comédien.

Pas d’imitation caricaturale ou moqueuse, une véritable interprétation – bluffante. On retrouve Fabrice Luchini dans les mots et la manière de se tenir et de parler d’Olivier Sauton, et c’est avec finesse et intelligence. Un hommage à Luchini plein de tendresse qui est aussi truffé de taquineries très amusantes. Une ode à la littérature et au théâtre, aussi.

Il est clair que vous DEVEZ aller voir cette pièce ! Elle est au Théâtre de l’Archipel quatre fois par semaine jusqu’au 31 décembre 2016. Parisiens, Franciliens ou touristes de passage, courez-y !

Dernier coup de ciseaux, de Paul Pörtner

dernier-coup-de-ciseauxEncore une magnifique découverte théâtrale ! Cette fois-ci, c’est l’étonnant concept de « théâtre interactif » qui m’a intriguée. Et quel bonheur ! Effectivement, le public joue une part très importante dans la résolution de cette enquête policière. Les faits se déroulent sous nos yeux (mis à part le meurtre, hors champ), et nous devons participer à la reconstitution des faits (en criant « non, il n’a pas fait ça » ou « attendez, il a pris un objet à cet instant « ), puis à la désignation du coupable. Pas de fin établie, donc, puisqu’elle change selon le public et ses décisions.

Au-delà de cette interaction très riche, très drôle aussi, on peut saluer les comédiens doués pour l’improvisation. Ils sont capables de réagir et d’argumenter lorsque le public les interpelle ou modifie l’ordre des événements, sans que cela semble les déstabiliser.

Une ambiance incroyable est née lors de cette soirée : on a l’impression de participer à un jeu grandeur nature et d’être tous dans la même équipe. Tout un théâtre ! Imaginez la liesse, la rigolade ! Du grand délire façon Cluedo qui fait du bien.

Cette pièce a reçu le Molière de la comédie en 2014. Elle a été créée par Paul Pörtner, dramaturge allemand, en 1963 ! Reprise au Etats-Unis, elle figure dans le Guiness des Records en tant que pièce de théâtre jouée le plus longtemps (plus de 30 ans). Elle tourne depuis plusieurs années en France.

Musique

Trois sorties CD dont j’avais envie de vous parler.

So What, Dub Inc

so-what-dub-incDub Inc, vous le savez peut-être déjà, c’est l’un de mes groupes chouchous, l’un de ceux que je suis depuis des années et que j’écoute en cas de coup de mou.

Ce nouveau album, sorti en septembre 2016, rassemble tout ce que j’aime dans leur musique : rythme, joie de vivre, voix qui me colle des frissons, mélange des langues et des cultures. L’arabe côtoie l’anglais et le français, la voix grave de Komlan s’entoure des notes dansantes de Bouchkour, la musique festive colore des textes parfois en colère, parfois déçus, parfois aimants. On a une fois de plus envie de danser et de chanter à tue-tête ! Une belle découverte.

Vent Debout, Tryo

vent-debout-tryoTryo est aussi l’un de mes groupes chouchous. Un groupe que j’ai vu de nombreuses fois en concert, qui m’enrichit et me rappelle de regarder un peu plus loin que mon nez.

J’attendais avec impatience ce nouvel album, car le précédent était un ensemble de reprises, et l’autre encore avant, un album live. Je voulais des nouvelles chansons, je les ai enfin !

Je suis très heureuse de cet album citoyen, plein d’espoir mais aussi plein d’amertume. Les causes qui tiennent à cœur à Tryo sont de la partie (l’environnement, le monde animal, l’amitié), les voix de Manu, Mali et Guizmo sont unies une fois de plus, sur les rythmes toujours aussi fabuleux de Daniel. On retrouve aussi quelques petites pépites de vieux albums : jeux de mots et de voix entre les chanteurs, humour et cynisme. A découvrir de toute urgence !

Décibels et des silences, Lynda Lemay

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Lynda Lemay, je vous en ai déjà parlé. C’est une femme que j’admire vraiment beaucoup, une poètesse des temps modernes, qui a le chic pour vous mettre la larme à l’œil et le cœur en miettes.

Cet album ne déroge pas à la règle : il parle de la vie, des bonheurs, des tristesses, des frustrations, des déceptions. Mais il est aussi un peu plus joyeux que d’autres et contient quelques pointes de légèreté et d’humour qui sont comme de belles parenthèses.

La musique y est sans doute pour quelque chose : un peu plus enrichie, plus symphonique, elle accompagne la voix d’ange de Lynda Lemay et lui donne de la consistance. Un bel ensemble qui mérite d’être écouté attentivement en admirant les jolies photos du cahier de paroles.

Cinéma

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L’odyssée, de Jérôme Salle

J’ai eu la chance d’être invitée à une avant-première, où étaient présents le réalisateur, Audrey Tautou et Lambert Wilson. Ca a bien entendu rendu le film encore plus magique qu’il ne l’est déjà ! Ce film biographique raconte l’histoire du commandant Jacques-Yves Cousteau et de sa relation avec sa famille, à travers ses nombreuses expéditions à travers le monde. Comme vous vous en doutez, c’est un film beau, qui met en valeur le monde sous-marin et ses merveilles. C’est aussi un film qui pointe du doigt les désastres écologiques causés par l’homme. C’est enfin l’histoire d’un homme ambitieux et de ses proches, d’une famille unie malgré les mensonges et les absences. J’étais vraiment conquise par ces images et par le discours global du film. Les échanges avec les acteurs à la fin de la séance ont enrichi l’expérience. J’ai trouvé Audrey Tautou vraiment très très cool et sympathique ! Un film que je vous conseille donc, si vous souhaitez en savoir plus sur le fameux Cousteau et si vous aimez les belles expériences ciné.

La fille du train, de Tate Taylor

C’est un film que je ne voulais pas manquer, après avoir adoré le roman de Paula Hawkins dont il est tiré. Un thriller psychologique bien adapté selon moi (par le réalisateur de « La couleur des sentiments » par ailleurs). On retrouve les points de vue de trois femmes, Rachel, Megan et Anna, liées par un événement dramatique. Rachel, alcoolique et sans repères, est la clef de tout. Parfaitement interprétée par Emily Blunt, c’est  elle que l’on suit le plus, elle qui va démêler le vrai du faux, en lutte contre elle-même et contre ses détracteurs. Quelques différences avec le livre (action qui se passe aux Etats-Unis et non pas au Royaume-Uni, absence de la mère de l’héroïne…), mais au final, le cœur de l’intrigue est bien là. Le tout est sublimé par la musique inquiétante de Danny Elfman. On est happé par l’ensemble tout comme dans le roman. Une belle adaptation.

Voilà pour octobre ! Rendez-vous le mois prochain pour d’autres découvertes (au moins deux spectacles déjà prévus !).

Livres

Chanson douce, Leïla Slimani

[J’ai reçu ce livre dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire 2016 organisés par Price Minister. Le principe ? Un livre de la rentrée littéraire au choix en échange d’une chronique. Comme l’année dernière, il était demandé un avis créatif/original, j’ai donc opté pour la forme « chanson », compte tenu du titre du roman que j’ai choisi.

Sur l’air d’« Une chanson douce » d’Henri Salvador, à réécouter ici pour avoir l’air dans la tête.]

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Une chanson douce
Raconte Leïla Slimani,
Comme une secousse
Des premiers mots bien choisis.

Regard extérieur
Ecriture si précise,
C’est avec froideur
Que l’on suit l’étrange Louise.

Parfaite et indispensable
Elle est la nouvelle nounou,
Ouh, ouh, ouh, ouh !
Myriam et Paul trouvent formidable
Qu’elle dirige toute la smala
La, la, la, la.

Pourtant le malaise
S’installe petit à petit,
L’ambiance nous pèse
Louise nous cause du souci.

Elle est mystérieuse
Et parfois trop impulsive,
Un jour cajoleuse
Le lendemain agressive.

Même si l’on connaît déjà la fin,
On veut comprendre le pourquoi,
La, la, la, la
Difficile de lâcher ce refrain,
On a le cœur dans l’estomac,
Et on aime ça

Un récit étrange,
Un style glacial et tranchant,
Slimani dérange
Un incroyable roman

Moi je vous conseille
Cette histoire qui tourne court
Cette petite merveille
Peut-être finira Goncourt

#MRL16 #PriceMinister

Livres

Songe à la douceur, Clémentine Beauvais

songe-a-la-douceur_clementine-beauvaisPourquoi ce livre ?

Suite à l’article de Laura sur Mille vies en une, j’ai eu très envie de me lancer dans ce roman jeunesse original, qui promettait une lecture doudou dont j’avais justement besoin. Le livre étant très joli, je me le suis offert, comme ça.

De quoi ça parle ?

Eugène et Tatiana se sont connus à l’adolescence, le temps d’un été, puis se sont perdus de vue. Dix ans plus tard, ils se croisent par hasard dans le métro parisien. Une rencontre qui va chambouler leur quotidien…

Mon avis

Comme beaucoup d’autres lecteurs, j’ai adoré ce roman ! C’est ce que j’appelle une véritable œuvre, parfaitement conçue pour faire passer un savoureux moment de lecture.

Vous le savez peut-être déjà, mais Songe à la douceur (vers tiré de « L’invitation au voyage » de Baudelaire) est écrit en vers libres (c’est-à-dire sans aucune règle de strophes ou de rimes). La mise en page joue avec les mots, l’ensemble est aéré, destructuré, inattendu. Même si elle peut décontenancer, la forme de ce roman joue un rôle fondamental dans l’histoire et l’expérience de lecture. C’est évidemment ce qui m’a le plus touchée… Moi qui suis une amatrice d’Apollinaire, j’étais comblée par le calligramme de la fin.

Voilà à quoi ressemble tout le roman :

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On pourrait très bien imaginer une lecture à voix haute de ce roman : il est conçu comme un conte, directement formulé par l’auteure, qui s’amuse avec notre curiosité. C’est un regard extérieur que porte Clémentine Beauvais sur l’histoire d’amour d’Eugène et Tatiana, mais elle en sait tout de même plus que nous. Les retours en arrière pour mieux comprendre le présent créent le suspense et pimentent la lecture.

On se sent de suite touchés par nos deux héros, timides, déboussolés, mignons et joueurs ; aussi par l’acte manqué qui détermine toute l’évolution de leur relation.

C’est un véritable roman doudou, un bouquin qui fait du bien, aussi doux que son titre le laisse entendre, magnifiquement créatif et original. Craquez pour ce livre !

Blabla

Swap littéraire de Mille vies en une

Bonjour à tous !

Après un petit temps d’absence, je reviens pour vous présenter le colis que j’ai reçu dans le cadre du swap littéraire organisé par Mille vies en une cet été, et qui a pris fin en septembre.

Laura, l’organisatrice, m’a associée à Cynthia, qui tient le blog 1001 projets, en tenant compte des réponses données à un questionnaire envoyé préalablement. Nous ne nous connaissions pas du tout et au-delà du swap, j’ai découvert un blog vraiment très chouette que je suis désormais assidûment.

Le colis, donc, devait contenir un livre, une surprise gourmande et un petit mot. On a un peu pris nos aises avec Cynthia, car nous avons toutes les deux envoyé deux livres et plusieurs surprises gourmandes.

Voici donc ce que j’ai reçu :

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  • Mr Mercedes, de Stephen King : génial ! Je n’ai pas lu beaucoup de Stephen King mais pourtant, j’adore ! C’était un choix parfait.
  • Charlotte, de David Foenkinos : comme Cynthia, j’en ai entendu beaucoup de bien ; et comme j’avais beaucoup aimé La délicatesse, ça devrait très bien me convenir.
  • de la moutarde de Meaux, puisque c’est le coin où vit Cynthia : très heureuse de ce cadeau, car je suis très friande des spécialités locales !
  • du thé Twinings mangue-litchi et des mini-Kinder Bueno : le combo parfait ! Il n’y a déjà plus de trace des chocolats…
  • de l’encens au jasmin : une odeur très douce qui va bientôt embaumer mon salon.

Vous le voyez, j’ai été gâtée ! C’était un colis gourmand et généreux. Merci à toi, Cynthia ! Pour un premier swap, tu t’en sors comme une reine !

Merci également à Laura, organisatrice en or.

Si vous voulez découvrir le contenu du colis que j’ai envoyé, jetez un œil à l’article de ma binôme.

A très vite !

Expositions et visites·Films

Bilan culturel de septembre 2016

Exposition / visite

L’art de Blue Sky Studios, Art Ludique

affiche-expo-blue-sky-art-ludiqueAu début du mois de septembre, j’ai eu l’occasion d’aller découvrir l’exposition consacrée aux studios Blue Sky, connus pour leurs films d’animation tels que « L’âge de glace », « Horton », « Robots », « Epic » ou « Rio ». Comme l’expo sur l’art dans le jeu vidéo, le musée de l’Art Ludique présentait de nombreux croquis, scénarios ou peintures « numériques » des différents films. On y retraçait à la fois l’évolution des studios mais aussi le développement des films, de la naissance de l’idée jusqu’aux sculptures finales des personnages principaux.

L’expo faisait évidemment un focus sur la saga « L’âge de glace » – un peu trop insistant peut-être, et permettait de s’immerger dans le travail préparatoire et les coulisses de la création. Même si cela m’a beaucoup plu, j’ai tout de même regretté l’absence d’interactions, de mises en scène ludiques… J’ai surtout été touchée et intriguée par les deux courts-métrages diffusés dans deux petites salles le long de l’exposition. Cela varie des dessins et peintures et rend les choses plus concrètes. A développer sans doute !

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Escape game : Lock Academy

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Mon amie A. a organisé pour son anniversaire une petite virée à la Lock Academy, un « live escape game » parmi tous ceux qui existent désormais à Paris. Le concept : par équipe, nous devons résoudre une enquête en 1h, enfermés dans une pièce.

Je faisais partie d’un groupe de novices et nous avions comme mission, suite à un meurtre, de découvrir le tueur, son mobile et l’arme du crime. Un Cluedo grandeur nature ! Pour une première fois, j’ai tout simplement adoré ! Pour 24 € par personne, c’est une belle sortie à faire entre amis.

Nous n’avons pas réussi à tout résoudre avant la fin du chronomètre, mais ce fut une heure d’enquête très amusante, rythmée, inattendue et vraiment drôle ! Notre équipe de quatre a très bien fonctionné, nous manquions seulement d’expérience et de rapidité.

J’en referai sûrement ! Et si vous avez l’âme d’un Sherlock Holmes ou que vous aimeriez retourner tous les objets d’une pièce sans vous soucier du bazar (ce n’est pas mon cas, j’ai commencé à ranger…), les escape games sont faits pour vous !

Cinéma

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Dans le noir, de David F. Sandberg

Excellent ! Un nouveau film d’horreur parfaitement rythmé, qui joue sur l’une des peurs les plus communes et irrationnelles : la peur du noir. J’ai sursauté en voyant la bande-annonce, j’ai transpiré durant tout le film. L’histoire d’une mère de famille un peu folle qui parle avec une créature de la nuit tapie dans la maison ; de ses deux enfants qui vont devoir affronter cette chose qui n’apparaît que dans le noir (et qui n’hésite pas à éteindre la lumière). Evidemment, c’est un film conçu pour les amateurs du genre, mais il a réussi à me filer les chocottes avec peu de choses. Belle découverte !

Eternité, de Trần Anh Hùng

OHLALALALA !!! Je crois que j’ai trouvé le film le plus incroyablement chiant de l’année 2016. C’est une belle perle de platitude que cette « Eternité » ! Une ode à la maternité qui contient très peu d’actions et de dialogues, souvent filmée au ralenti sur fond de piano, racontée par une voix off monotone. Trois générations de femmes qui vivent pour pondre, au cœur d’un jardin toujours ravissant, d’une magnifique maison, de maris aimants et dévoués. Pas de noirceur, pas de colère, pas d’orage, pas de problème de couples. Les seuls points noirs dans cette nature morte sont les décès qui ponctuent le temps. Tout le monde est beau, les enfants sont sages, propres et bien élevés, ils sautillent dans le jardin tels de gentils cabris, tandis que les parents amoureux les regardent tendrement… Mon dieu, quelle lenteur, quel manque de vie ! Je ne me souviens pas de m’être AUTANT ennuyée au cinéma. Et le propos global du film qui valorise la femme à travers son rôle de mère, très peu pour moi… A éviter !

Livres

L’assassin royal, Robin Hobb

l-assassin-royal_premiere-epoque_1_robin-hobbPourquoi ce livre ?

L’assassin royal est une de ces sagas cultes que je veux lire en intégralité, car je suis friande des histoires fantastiques et des grandes aventures. J’ai comme projet de lire la saga entière petit à petit, alors j’ai commencé par cette intégrale « Première époque, 1 » publiée par J’ai Lu, qui rassemble les trois premiers tomes de l’histoire.

De quoi ça parle ?

Ces trois premiers tomes suivent le début de l’aventure du jeune Fitz, bâtard du prince Chevalerie, qui a du mal à trouver sa place à Castelcerf, le château royal. Choisi par le vieux roi Subtil pour être son assassin, il va être mêlé à de nombreux complots et renversements politiques. Un rôle discret qu’il va devoir apprendre à jouer dans l’ombre, dès son plus jeune âge.

Mon avis

Je comprends pourquoi L’assassin royal est devenue une saga culte : cette histoire rassemble tous les ingrédients nécessaires à une grande aventure littéraire. De l’action, du complot, de l’amour, de la haine, de la tromperie, un château royal, des pouvoirs magiques, un vrai méchant, des vrais gentils… Nous voilà plongés dans une nouvelle époque médiévale, aux côtés d’un jeune héros maladroit mais courageux. Personnage principal et narrateur, il partage avec le lecteur toutes ses pensées et souvenirs. Très vite, on est touchés par ce jeune Fitz qui n’a rien demandé à personne mais qui va avoir un rôle crucial dans cette histoire.

Au-delà du personnage, j’ai particulièrement aimé la présence constante d’animaux. Chevaux, chiens, oiseaux, loups… La nature a un rôle très important dans cette saga. Fitz détient d’ailleurs un pouvoir rare et interdit, appelé le Vif, qui permet de connecter son esprit aux animaux. Il noue une très belle relation fusionnelle avec le loup Œil-de-Nuit, qui va ponctuer son quotidien et changer son destin…

Si vous aimez les grandes histoires fantastiques et les rebondissements politiques, ce livre est pour vous ! Toutefois, il vous faudra prévoir du temps de lecture, car cette première intégrale poche de 1100 pages ne se lit pas en quelques jours. Je m’en vais lire d’autres romans avant de continuer avec la deuxième intégrale, car j’avoue qu’enchaîner trois tomes m’a un peu lassé par moments.

Pour les novices en matière d’Assassin royal, voici la construction de la saga chez J’ai Lu :

PREMIER CYCLE

Intégrale Première Epoque, 1

1) L’apprenti assassin
2) L’assassin du roi
3) La nef du crépuscule

Intégrale Première Epoque, 2

4) Le poison de la vengeance
5) La voie magique
6) La reine solitaire

SECOND CYCLE

Intégrale Deuxième Epoque, 1

7) Le Prophète Blanc
8) La Secte maudite
9) Les secrets de Castelcerf

Intégrale Deuxième Epoque, 2

10) Serments et deuils
11) Le dragon des glaces
12) L’homme noir
13) Adieux et retrouvailles

Il est apparemment conseillé de lire la saga Les aventuriers de la mer (3 intégrales, 9 tomes) entre le premier et le second cycle, car cela suit l’ordre de publication originale (différent de l’ordre de publication française). A voir si j’ai le courage de le faire, je n’ai pas encore pris ma décision… Quel est votre conseil ?

Livres

Les Contes d’Eva Luna, Isabel Allende

les-contes-d-eva-luna_isabel-allendePourquoi ce livre ?

Il m’a été offert par Myrtille lors du Swap Portrait chinois que j’avais organisé en novembre 2015 et patientait depuis sur mes étagères.

De quoi ça parle ?

Ce recueil rassemble 23 nouvelles d’Amérique Latine, racontées par le personnage d’Eva Luna, héroïne d’un autre roman de l’auteur.

Mon avis

Je ne connaissais rien d’Isabel Allende ni de son personnage Eva Luna. Je me suis donc lancée à l’aveugle dans ce recueil d’histoires. Assez courtes, ces nouvelles mettent en scène les aventures de couples, de femmes ou d’hommes de petits villages d’Amérique Latine. Une pauvre femme qui fait le choix de donner son enfant pour qu’il soit placé en famille d’accueil, à ses risques et périls ; un mari stupide qui ne se doute pas qu’en hébergeant ses deux femmes sous le même toit, il va lui arriver des bricoles…

L’ensemble de ce recueil m’a semblé assez mélancolique et triste. Les fins arrivent souvent comme un cheveu sur la soupe, sans espoir, sans retournement de situation. Les pauvres, les riches, les hommes, les femmes sont dans le même bateau. Je ne me suis pas particulièrement sentie touchée ou surprise par des personnages ou leurs décisions.

Peut-être faut-il connaître Isabel Allende et son œuvre pour mieux apprécier ces histoires… Je me suis sentie triste et désabusée après avoir refermé le livre. Dommage !

Livres

Shutter Island, Dennis Lehane

shutter-island_dennis-lehanePourquoi ce livre ?

J’avais adoré le film lors de sa sortie au cinéma, mais je n’avais jamais pris le temps de lire le roman à l’origine de cette histoire. J’ai finalement acheté le livre il y a peu et je me suis jetée dessus. Tout à fait logique.

De quoi ça parle ?

Dans les années 50, au large de Boston, se dresse Shutter Island, une île qui abrite un hôpital psychiatrique pour assassins. Le marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule sont chargés d’y enquêter pour retrouver la patiente Rachel Salando, qui a réussi à disparaître de sa cellule malgré une porte fermée à clef de l’extérieur. Au fur et à mesure de l’enquête, Teddy Daniels va devoir démêler le vrai du faux, le réel du fictif, le passé du présent…

Mon avis

Evidemment, évidemment, c’est un coup de cœur ! L’une des lectures qui marqueront mon année 2016, sans aucun doute. Si ce roman est déjà culte, ce n’est pas pour rien. Dennis Lehane mène le lecteur par le bout du nez jusqu’à la dernière page. Le suspense est omniprésent, grâce à une écriture à double tranchant : tout peut être interprété de deux façons. Comme le héros Teddy Daniels, on se sent perdu, manipulé. On finit par soupçonner tout le monde, jusqu’aux derniers chapitres, où la réalité prend une autre dimension.

C’est un véritable coup de maître, un grand classique du thriller psychologique ! Si vous souhaitez vous lancer dans le genre, ou que vous avez besoin d’un bon coup de fouet littéraire pour mieux repartir, choisissez Shutter Island ! Une valeur sûre.

Livres

La Lune est blanche, François et Emmanuel Lepage

la-lune-est-blanche_francois-et-emmanuel-lepagePourquoi ce livre ?

Il m’a tapé dans l’œil dans la très chouette vidéo de Florence Porcel, « Conseil BD », parue cette été. Je suis absolument tout ce que fait cette jeune femme, que j’admire vraiment beaucoup. Alors quand elle s’est mise à parler BD, c’était l’apothéose ! J’ai vite trouvé la BD à la bibli et j’ai pris le temps de la déguster.

De quoi ça parle ?

La Lune est blanche est une « bd-reportage », qui relate le voyage des deux auteurs en Antarctique, en tant qu’artistes passionnés, aux côtés des scientifiques. Sa particularité ? Elle mélange le dessin d’Emmanuel et la photo de François pour mieux représenter l’Antarctique et ses paysages lunaires.

Mon avis

Je n’ai absolument rien d’une scientifique, si ce n’est la curiosité. Tout sujet peut donc m’embarquer s’il est couvert de manière jolie/artistique/curieuse/étonnante/inhabituelle. C’est le cas dans cette bande-dessinée, qui va suivre le quotidien hors-norme de scientifiques chargés d’étudier l’Antarctique et ses spécificités. C’est un endroit lointain, presque abstrait, nu, blanc et silencieux. Un endroit, donc, qui a tout d’une autre planète, dans lequel il faut lutter pour survivre, même très bien arnaché. Un lieu hostile que l’on va découvrir sous les traits d’Emmanuel Lepage et les photos de son frère François. De sublimes images ponctuent cette BD, qu’on a envie d’encadrer un peu partout chez soi…

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Au-delà du visuel, cette grande et lourde bande-dessinée raconte l’aventure des deux frères, peu proches l’un de l’autre, qui vont avoir l’occasion unique d’embarquer ensemble sur L’Astrolabe et de partir fendre la glace pour rejoindre la base française antarctique Dumont d’Urville. C’est aussi l’histoire de ces lieux majestueux que nous racontent les auteurs, en revenant sur les découvertes des explorateurs.

C’est une magnifique BD que je vous conseille fortement si vous êtes tentés par les grands espaces, la dureté et la beauté de ces lieux, les splendides dessins et les incroyables photos des artistes… Ils mériteraient de jolies expos !

Livres

A l’orée du verger, Tracy Chevalier

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Mais parce que Tracy Chevalier fait partie de mes auteurs préférés ! Je ne rate aucune de ses parutions, que j’achète toujours dans les éditions Quai Voltaire.

De quoi ça parle ?

Nous sommes en 1838, dans l’Ohio. La famille Goodenough vient de s’installer sur des terres marécageuses et tente d’y cultiver un verger. James, le père, doit sans cesse défendre ses pommiers chéris de la mère, Sadie, qui s’entête à vouloir transformer les pommes en eau de vie. Au milieu vivent les enfants Goodenough, qui n’ont pas leur mot à dire. C’est l’histoire de cette famille de pionniers qui va s’entre-déchirer et faire fuir le jeune Robert et sa soeur Martha à travers les Etats-Unis.

Mon avis

Au-delà de la très jolie photo de couverture, ce roman est une nouvelle fois une réussite ! Une fois de plus, Tracy Chevalier met en lumière une période historique (19e siècle aux Etats-Unis) et un savoir-faire peu connu (la culture de pommes) à travers l’histoire d’une famille. On est rapidement confrontés à la dureté du quotidien de ces personnages qui tentent de survivre tant bien que mal, entourés de leurs pommes. On découvre à quel point la culture de ces fruits fut importante, mais aussi l’ampleur que prit le commerce des arbres et des graines, des Etats-Unis à l’Europe.

Comme dans tous ses romans, l’auteure dresse une fresque familiale au cœur de la fresque historique. On la sent documentée, passionnée. Le vocabulaire de la culture d’arbres est omniprésent, les gestes des connaisseurs sont décrits, les métiers sont représentés. Quant aux personnages, ils ont tous une forte personnalité et des caractères marqués. On ne s’emmêle jamais les pinceaux dans les noms, malgré la profusion de personnages.

En refermant le livre, on se sent touché, ému par la vie de ces héros du quotidien, mais aussi affamé, prêt à dévorer une corbeille de pommes. A lire dès que possible !