Blabla

Mes péripéties du mois de juin

Je suis de retour, après un mois d’absence. Cette fois-ci, l’excuse n’est pas liée au travail ni au manque de temps. Du temps, j’en ai eu. Un stock pas possible ! En revanche, j’étais fortement handicapée et n’ai pas pu me servir de mes bras. Et pour cause ! Une tendinite carabinée, de nature inconnue, m’a immobilisée. Pendant deux semaines, je suis donc restée droite comme un I (j’exagère à peine), à regarder des films au cinéma ou en DVD. J’ai aussi feuilleté un grand nombre de revues. Par contre, je n’ai pas vraiment lu de romans… Les tenir ouverts et tourner les pages me tirait sur les bras, c’est dire.

rouge-gorgeJ’ai quand même trouvé le courage de lire Rouge-Gorge, de Steban, un petit livre léger qui ne m’a pas demandé trop d’efforts. Ce roman, qui me fut offert par Laytchatcha, a été une très bonne surprise ! Il raconte l’histoire de Pierre, un ancien flic à la retraite qui perd la mémoire depuis la mort de sa femme. Il perd un peu aussi la boule et passe son temps à chercher Rouge-Gorge, son chien. Résultat : notre héros vit dans une maison de vieux fous. Un jour, une petite infirmière exécrable est retrouvée morte. Qui est donc le meurtrier ? Pierre, qui a oublié l’avoir commis ? Les autres pensionnaires ? Le kiné, amant de la victime ? Un inconnu venu de l’extérieur ? Mystère et boule de gomme.

Une enquête commence alors. Mais Pierre n’est pas complètement fou : il voit bien que quelque chose de bizarre se passe dans ce lieu sinistre. Il va alors venir en aide à l’enquêteur chargé de l’affaire.

Ecrit à la première personne, ce petit roman interpelle par son style original. Les pensées du héros s’entremêlent avec la réalité, et le résultat, embrouillé, sert parfaitement l’intrigue. Malgré ce charabia mental, on comprend tout à fait de quoi il s’agit et l’on suit impatiemment la trame de l’histoire, qui finit de manière étonnante. L’humour est aussi au rendez-vous, bref, je valide ce bouquin !

Autrement, je vous avais parlé de la remise des prix de la Critique Littéraire de Puteaux : évidemment, je n’ai pas pu y assister. Elle a eu lieu dans un restaurant, donc forcément, sans bras fonctionnels, ça aurait été compliqué. J’étais triste de ne pas pouvoir y participer, c’est toujours agréable de rencontrer des gens qui ont lu les mêmes livres que vous, d’en débattre avec eux.IMG_1301

Grosse surprise, néanmoins. Avant-hier, une dame m’appelle pour m’annoncer qu’un paquet m’attend à la médiathèque. Ni une ni deux, j’y vais, et je découvre trois petits cadeaux. Ils ont été distribués à tous les participants du Prix de la Critique Littéraire, et l’équipe m’a gardé un sac. Voici donc son contenu :

– une boite remplie du Thé des Ecrivains Français, aux fleurs de bleuet ;

– une bougie Comédie Française ;

– un bloc-notes en papier recyclé, Thé des Ecrivains & Comédie Française.

 

Une bien belle consolation, n’est-ce pas ? Je réitère l’expérience l’année prochaine, en espérant assister à la remise des prix, cette fois.

Sinon, maintenant que mes bras sont guéris, j’ai repris le travail. J’écris à nouveau, je vais lire à nouveau. J’ai entamé le dernier tome des Hunger Games. Ensuite, je me lancerai dans la trilogie 1Q84.

Livres

Les lectures des otages, Yôko Ogawa

yoko-ogawa-les-lectures-des-otagesTrès bien. Vous allez me dire : “Encore ??!”. Eh bien, oui. Encore. Si vous avez un tant soit peu suivi mes péripéties littéraires, vous savez que je me suis offert deux livres de Yôko Ogawa au Salon du Livre 2012.

Je les ai presque lus à la suite. Entre temps, j’ai apprécié le deuxième tome de Hunger Games… mais je vous en parlerai plus tard, quand la trilogie sera digérée (me reste le dessert).

Les lectures des otages n’est pas un recueil de nouvelles mais il aurait pu l’être. Disons qu’on peut même le voir de cette façon. L’histoire ? Huit touristes étrangers sont pris en otages on ne sait pas trop où ni quand. Durant leur captivité, ils vont, l’un après l’autre, faire le récit d’un moment de leur vie et tout enregistrer.

Chaque chapitre est donc une fausse transcription d’un témoignage oral. Et encore une fois, les personnages semblent doux, émerveillés par le monde qui les entoure. Une femme passe une journée à admirer un lanceur de javelots ; un enfant accueille une drôle de dame-sorcière dans sa cuisine ; une jeune fille ressemble à la grand-mère morte de plein d’inconnus… les portraits sont variés. La mort rôde toujours quelque part, mais elle n’est pas dangereuse ni effrayante. Plutôt paisible, elle s’immisce dans la vie de chaque personnage.

Mon témoignage préféré est celui d’un homme qui s’amuse à participer à des réunions étranges : sauvegarde de langues régionales en voie de disparition, dessinateurs d’animaux imaginaires, amateurs de toiles d’araignée, parents ayant perdu leur enfant… Même s’il n’a rien à y faire, il y participe et s’émeut des inconnus qui l’accompagnent.

Très poétiques, ces récits se lisent facilement et appellent au rêve. Finalement, on se fiche un peu du contexte, de la prise d’otages. Yôko Ogawa en parle brièvement dans les premières pages et se concentre surtout sur les histoires de chacun. Une forme peu commune, donc, pour un roman.

Mon expérience japonaise s’arrête là pour l’instant. Bientôt, très bientôt, j’attaquerai la fameuse trilogie 1Q84, d’Haruki Murakami. Le pays du soleil levant fera donc son retour sur le blog un de ces jours.

Et autre super info qui va vous laisser bouche bée, j’en suis sûre : la remise des prix de la Critique Littéraire de Puteaux, c’est la semaine prochaine ! Pour la troisième année consécutive, je saurai si mes critiques ont été appréciées par le jury. Je vous en reparle !

OGAWA Yôko, Les lectures des otages, Editions Acte Sud, traduction de Martin Vergne, 2012 (2011 pour la version originale), 190 pages.

Livres

Les paupières, Yôko Ogawa

lespaupieres Yoko OgawaJe ne connais rien de Yôko Ogawa. Seulement qu’elle est japonaise. Je me suis offert deux livres de poche de cet auteur au dernier Salon du Livre parisien, car comme vous le savez, le Japon était à l’honneur pour cette édition 2012. Impossible, donc, de repartir sans un ou deux bouquins japonais dans la poche. Surtout que je suis ignare en matière de littérature japonaise.

J’ai choisi Les Paupières parce que le titre et la couverture étaient doux. Eh oui. Je ne suis pas du tout violente ou brusque, malgré ma maladresse constante. J’aime les choses légères, même si mon cœur balance en général pour les romans noirs et les thrillers meurtriers. Allez comprendre.

Je disais donc que j’avais choisi ce livre pour la douceur qu’il dégage. Cette fleur à peine éclose n’est-elle pas sublime ?

Eh bien, elle résume parfaitement l’écriture de Yôko Ogawa. Légère, fragile, sensible, secrète. Ce livre rassemble en fait 8 nouvelles, relativement courtes. Chacune parfaite pour un aller en transport en commun.

Toutes ces histoires sont empreintes de nostalgie, de souvenirs. On y retrouve des personnages curieux mais discrets, qui écoutent ou observent d’autres personnages, souvent plus vieux qu’eux, qui ont quelque chose à raconter. La vie et la mort sont des thèmes largement abordés.

Je crois que j’ai préféré “Backstroke” (“dos crawlé”). Cette nouvelle raconte l’histoire d’un jeune homme parfaitement doué pour la natation, voué à un brillant avenir sportif. Un jour, comme ça, peu de temps avant les Jeux Olympiques, son bras gauche reste figé en l’air, collé contre son oreille. La famille s’agace, le jeune homme ne dit rien. Alors la mère, si admirative de son fils, devient folle peu à peu ; le père boit.

Le fait-il exprès ? Pourquoi ? On ne le saura pas. Mais je suis restée scotchée par ce personnage mutique qui, du jour au lendemain, abandonne son corps (ou est-ce son corps qui l’abandonne ?) et, par la même occasion, sa passion qu’est la natation.

J’ai compris que chez Yôko Ogawa, il ne fallait pas s’attendre à une fin retentissante ou surprenante, comme on peut en trouver chez Didier Daeninckx ou Roald Dahl. L’histoire s’arrête simplement. Un peu déroutant, au début, mais l’on s’y fait.

Bien sûr, si vous cherchez un petit livre rapide à lire, mais dynamique, avec de l’action, des rebondissements, de l’humour ou des meurtres, laissez tomber Les Paupières (ouaah, super blague !). Considérez plutôt ces nouvelles comme des parenthèses, comme des mini-bains chauds silencieux, à lire de temps en temps pour souffler et s’émerveiller des plus petites choses.

OGAWA Yôko, Les Paupières, Editions Acte Sud (collection Babel), traduction de Rose-Marie Makino-Fayolle, 2007 (2001 pour l’édition originale du recueil), 206 pages. 

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La révélation du jour

Bon, ça y est, on commence à bien se connaitre. Vous savez maintenant qu’à certains moments de l’année, je suis peu présente sur ce blog, que je lis au ralenti, qu’aucun livre ne me motive ; qu’à d’autres moments, je suis accro aux bouquins, que je les enchaine, que je les chéris, que je vous les conseille.

Justement. Comme on se connait bien, je vous fais aujourd’hui une révélation du tonnerre, un truc tout foufou.

En plus d’aimer les livres et le cinéma, je suis…


…une folldingue des jeux vidéos d’aventure.


Attention, pas n’importe lesquels. Des “point’ n’ click”, comme on dit. Mais pas des “point’ n’ click” au pif. En fait, il y a 3 conditions majeures pour qu’un jeu fasse battre mon cœur à vive allure  :

1. La beauté des graphismes. C’est la base. Si les images sont moches, les voix décalées par rapport à l’image, les visages des personnages super moches… ça va pas être possible.

2. La performance et la qualité. En gros, si le jeu plante tout le temps, je l’abandonne. Pour un jeu de bonne qualité, il faut que la “logistique” soit impeccable. Donc qu’on puisse enregistrer à l’infini, que les parties soient facilement récupérables, que tout ça se fasse facilement pour mieux profiter du jeu en lui-même.

3. L’originalité de l’histoire. Si vous me dites “humour”, “effrayant”, “décalé”, “surprenant”, j’adhère. Si l’histoire est toute simple, toute nulle, que les personnages ne sont pas un peu bizarres, avec des réflexions rigolotes, je risque d’être déçue.


Mon site de référence : http://planete-aventure.net/


Découvrez maintenant ma collection :

Collection jeux vidéos Critéïne

Ma collec’ tout en bazar sur mon lit.

Collection jeux vidéos Critéïne 2

Ma collec’ en pile pour qu’on voit bien les titres. Sourire

Pour ceux et celles qui n’y connaissent rien, en gros, il y a des classiques. Un peu comme en littérature ou en peinture. A mon avis, pour ce type de jeux, il s’agit de :

Les Chevaliers de Baphomet
Syberia
Runaway

Mon top chouchous, le voici :

So Blonde (hiiii)
Runaway (les 3 évidemment)
Gray Matter (des graphismes super beaux…).

Si parmi vous, par hasard, il y a des amateurs, je tiens à connaitre votre avis et vos goûts. Et vos suggestions ! Les 3 Black Mirror m’attendent tout sagement, je me lance bientôt dans l’aventure.

Livres

Quand Eve raconte la terre du bon dieu à Adam, Malateste

Quand Eve...Quand Eve raconte la terre du bon dieu à Adam aurait pu plaire. Disons-le tout net : l’idée du livre est plutôt bonne, malgré une affreuse couverture. Malateste a en effet choisi de réinventer le mythe d’Adam et Eve, de manière humoristique et farfelue.

La première femme accueille donc son compagnon dans une sorte de paradis céleste et lui présente tous ses locataires, des centaines de personnalités historiques ou de personnages de fiction célèbres, rassemblés ici pour une raison inconnue. Hercule Poirot circule ça-et-là, Marie-Antoinette raconte son histoire, Napoléon se promène avec une boite à outils, Darwin, Casanova, Maurice Chevalier, Sacha Guitry, Caïn et François 1er, parmi tant d’autres, ont aussi leur mot à dire… Bref, ce méli-mélo promettait d’être drôle.

Oui mais… déjà, au bout de quelques pages, on commence à prendre peur. Les noms propres envahissent la page, les références bibliques et anecdotes historiques prennent le dessus et les blagues ne prennent pas.

A quoi sert tout ce tohu-bohu ? En vérité, il ne se passe rien. Adam découvre cet endroit si bizarre, divisé en plusieurs « étages », où sont répartis tous les locataires selon leur mérite. Certains sont mécontents et demandent que leur jugement soit révisé. D’autres se terrent chez eux. D’autres encore racontent leur vie à un Adam innocent, voire stupide. On attend impatiemment qu’un événement vienne nous secouer, qu’une véritable guerre civile se déclare… en vain. Certes, une petite révolte vient poser problème au couple biblique, qui tente alors de la réprimer, épaulé par son fidèle serviteur Hercule Poirot. Mais l’ennui pointe progressivement le bout de son nez, tel un nuage orageux venant assombrir le ciel.

Finalement, la lourdeur est de mise. L’auteur, en omettant d’être clair et limpide, assomme le lecteur et l’achève. A moins de 100 pages de la fin, chaque mot, chaque phrase épuise… Démotivé, on finit par lâcher ce livre long et sans intérêt qui fait plus perdre de temps qu’il amuse. Avec regret, bien sûr, mais aussi avec soulagement.

MALATESTE, Quand Eve raconte la terre du bon dieu à Adam, Editions Baudelaire, 2011, 277 pages

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Qu’est-ce… qu’une lectrice ?

Voilà. J’ai envie d’une sorte de nouvelle rubrique, d’un nouveau rendez-vous (sans aucune périodicité évidemment). En marchant l’autre jour, j’ai pensé à cette fabuleuse question : “Qu’est-ce qu’une lectrice ?”. Et là, mon cerveau s’est mis à me sortir plein de réponses trop marrantes. Sauf qu’il n’avait pas bien compris que je marchais, que j’étais un peu pressée de rentrer chez moi donc que je n’allais pas m’arrêter en si bon chemin pour noter toutes ses fabuleuses idées et que bien sûr, je ne m’en souviendrais pas.

DONC. Maintenant, là, je vais tenter de vous répondre quand même.

Je vous parle là de la Lectrice, quoi. Celle qui, nom d’une pipe, aime quand même bien s’évader régulièrement dans les pages d’un livre. DONC.

Messieurs, ne m’en voulez pas. Tout ceci va quand même vous parler je pense, si vous êtes Lecteur. C’est juste que…. oh pis hein ! Je n’ai pas à me justifier, c’est comme ça, c’est ainsi. DONC.

Une lectrice, il me semble, c’est…

… une fille qui, si elle est passionnée par un livre, va rentrer chez elle le fameux bouquin à la main et en arrivant, se poser sur son lit et continuer sa lecture (voire la finir), ses chaussures aux pieds.

… une fille qui aime bien lire dans un coin douillet, sans personne autour pour la déranger, sauf un chat, à la rigueur.

… une fille qui est capable, même si elle déteste ça, de lire dans un espace ridiculement petit, bondé de gens nauséabonds et maussades. C’est un peu sa manière à elle de s’éloigner de toute cette foule désagréab’.

… une fille qui trimballe TOUJOURS un livre dans son sac, quoi qu’il arrive : entretien d’embauche, examen, promenade, cinéma, rendez-vous quelconque, journée de travail, départ en vacances, voyage en train… TOU-JOURS !

… une fille qui a un grand sac ou un sac magique qui engloutit tous ses livres même si ça ne se voit pas. Même elle s’en émerveille.

… une fille qui culpabilise quand elle ne finit pas immédiatement-là-tout-de-suite-c’est-maintenant son livre du moment et préfère s’étaler devant la télé, ou même pire, ne rien faire. [Suis-je la seule dans ce cas ?]

… une fille qui range précautionneusement ses livres adorés ET détestés qu’elle garde quand même parce que ça fait une très jolie étagère et que c’est quand même un souvenir de lecture, non-mais.

… une fille qui, si elle le peut, va au Salon du Livre voir ce qu’on raconte sur le livre numérique. Si elle est malchanceuse, elle n’a pas le temps d’y aller avant la dernière heure d’ouverture du Salon. Ce qui est fort ennuyeux et l’oblige à courir partout pour espérer voir 1/1000e des trucs à voir qui sont déjà à moitié rangés et/ou finis. Snif. [j’ai l’impression de dire n’importe quoi, non ? Vous suivez ?]

Je viendrai peut-être compléter tout ça. Si vous avez des idées, aidez-moi, on va faire une magnifique rubrique de la mort qui tue. Hum.

Bon, allez, je vous laisse, je ne vais pas lire. Sourire

Livres

L’homme à la carabine, Patrick Pécherot

L'homme à la carabineMais, mais, mais… serais-je DEJA de retour ? Sourire Oui, je l’avoue, le soir, en rentrant d’une journée d’écriture, je ne me sens pas vraiment d’attaque pour rédiger des chroniques de blog. Mais bon, aujourd’hui, c’est dimanche, alors je suis généreuse.

J’ai donc lu récemment L’homme à la carabine, de Patrick Pécherot.

L’homme à la carabine n’est pas un roman. Ce n’est pas un essai non plus. Plutôt une sorte de méli-mélo de textes, d’impressions, de photos, de commentaires et de dialogues… Le héros ? André Soudy, membre de la fameuse « bande à Bonnot », groupe anarchiste à l’origine de plusieurs braquages et meurtres, au début du XXe siècle.

Pour suivre le fil, il faut donc d’abord connaître l’histoire. Ou l’avoir étudiée avant sa lecture. Malheur à celui ou celle qui ne le fait pas. Les textes, parfois romancés, journalistiques ou même scénaristiques, s’entremêlent à chaque page ou presque. Lorsque l’on parvient enfin à comprendre un dialogue ou une situation, le point de vue, les personnages et l’écriture diffèrent. Difficile, donc, de s’accrocher.

Certes, les détails sont nombreux, l’émotion est vive et l’on perçoit le point de vue de Patrick Pécherot, fasciné par ce jeune anarchiste qu’est André Soudy. Il est le plus jeune, le anti-héros de la bande. Celui qui ne tue pas, qui ne conduit pas. On l’imagine un peu à la traîne, caché dans son trop grand pardessus et son chapeau melon à la Magritte. Rien à voir avec Bonnot, agité, téméraire et casse-cou qui n’en fait qu’à sa tête.

Certes, la bande est révoltée, pauvre, malheureuse, trompée, déçue par le monde dans lequel elle vit. Oui, les portraits en noir et blanc de Soudy, parsemés ici ou là, dégagent une certaine mélancolie et sont un peu mystérieux.

Bien sûr, on aime les conversations entre Soudy et la petite Léa, sur la plage de Berck. La poésie et l’humour de l’adulte émerveillent l’enfant et rendent le récit plus léger.

Mais la lecture est trop compliquée. Décousue, on ne parvient pas à l’apprécier. Qui est qui ? Qui fait quoi ? Qui parle ? On n’est pas sûr de tout bien comprendre… En revanche, on supporte mieux la fin : plus sinistre, elle est aussi plus simple. Les souffrances des héros s’achèvent, malheureusement, en même temps que la nôtre.

PECHEROT Patrick, L’homme à la carabine, Editions Gallimard, 2011, 272 pages


Sinon, j’ai aussi lu le fameux
Hunger Games, de Suzanne Collins, pour ne pas rester à côté de la plaque. Bon, c’est écrit au présent, et comme vous me connaissez bien, vous savez que j’ai du mal avec les livres écrits au présent, c’est-comme-ça-c’est-ainsi. Mais sinon, je pense que ça peut donner une bonne trilogie fantastique/science-fiction pour les ados.

Maintenant, je lis Le livre des choses perdues de John Connolly, et je dois dire que pour le moment, je suis heureuse de ma lecture. Un roman jeunesse, paraît-il. La couverture est si belle que j’ai craqué. Je vous en parlerez en temps voulu.

Adios amigos !

Livres

Les Monologues du vagin, Eve Ensler

monologues du vaginPour fêter mon mois d’absence, je reviens avec le magnifique bouquin d’Eve Ensler sur le vagin. Vous avez tous entendu parler de ces Monologues, lus à travers le monde entier, joué par de nombreuses comédiennes à Paris et ailleurs, au succès phénoménal et intersidéral (eh oui).

Mais alors pourquoi, pourquoi, vous demandez-vous, POURQUOI un tel chambardement pour un petit livre de 135 pages exactement, noir avec une grosse bouche dessus ? Parce que le vagin, messieurs, mesdames, ce n’est pas n’importe quoi.

Le vagin parle à tout le monde, les femmes comme les hommes. Déstabilisés par cet endroit si discret et dissimulé, les hommes sont en fait, je pense, très intrigués par le vagin de ces dames.

Le vagin inspire des témoignages touchants, violents, affreux, tristes, joyeux aussi mais surtout, surtout… TRES drôles ! Et ça, vous me connaissez maintenant, j’adore ! Quand c’est drôle, je suis toujours de la partie.

Je ne sais pas trop ce que c’est que ce livre, en réalité. Du théâtre ? Non, ou alors très contemporain. Un essai ? Non plus, trop décousu. Un rassemblement de témoignages ? Un peu, mais l’auteur s’exprime aussi, insère dans quelques pages des extraits de livres, d’articles journalistiques, des définitions.

Je crois qu’en fait, Les Monologues du vagin représente un peu la Bible du vagin. Tout le plaisir, la joie et les victoires qu’il peut provoquer. Toutes les souffrances et les blessures qu’il peut subir.

J’ai assisté à une représentation de ces Monologues à Paris, l’année dernière ou celle d’avant, je ne sais plus. J’ai aussi oublié les comédiennes qui jouaient ce soir-là. Je me souviens avoir beaucoup ri, tout comme les autres spectateurs qui m’entouraient. Je me souviens avoir été touchée, émue même, par certains témoignages.

Aujourd’hui, j’ai lu les Monologues dans le tramway. Un vieil homme était assis à mes côtés et lorgnait de temps en temps sur mes pages. Le mot “vagin”, tant de fois écrit, avait sans doute attiré son regard. Je vous l’avais dit, que le vagin parlait à tout le monde !

Bon allez, hop ! Si vous n’avez pas lu le livre ni vu sa mise en scène dans un théâtre, il va falloir se bouger un peu ! A Paris, vous pouvez vous renseigner auprès du Théâtre Michel, à partir du mois d’avril. Vous me donnerez votre avis !

ENSLER Eve, Les Monologues du vagin, Editions Denoël & D’ailleurs, 2005, 1998 pour la version originale, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Dominique Deschamps, 135 pages

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Bilan lillois

Vous allez me dire : “mais c’est qu’elle aime les bilans, cette petite !”. Vous aurez tout faux : je suis grande. Ha-ha. En tout cas, après le bilan littéraire, voici le bilan lillois. J’ai en effet fait une petite halte de 3 mois et demi à Lille pour mes études et c’était pas du gâteau, je peux vous l’dire !!

J’ai désormais rejoins la capitale pour un nouveau stage de rédaction dans le secteur de la presse spécialisée dans la famille, les enfants, les nouveaux-nés… bref, un nouveau défi que j’ai hâte de relever ! Mon premier jour (aujourd’hui !) s’est bien passé, c’est le principal.

Lille, donc… qu’en retiendrai-je ?!

– une recherche et une visite d’appartement, un état des lieux et une remise des clefs EXPRESS (tout ça en un jour, qui dit mieux !?) ;

– une fac complètement tordue, avec parfois une allure de clinique médicale ;

– une tripotée de rédacteurs et rédactrices bien sympathiques, qui ont bien voulu m’inclure à leur groupe (et ça, c’est super gentil) ;

– des briques, des briques, des briques ! Et au-dessus, très souvent, des nuages ;

– une période où la SNCF ne m’a jamais autant vue dans ses gares et ses TGV. Je mériterai une médaille et une carte 12-25 offerte à vie, tiens ;

– des profs originaux, sympas, bizarres, agaçants… bref, des profs dont je me souviendrai, même en ne les ayant connu que 3 mois ;

– un déménagement, un état des lieux, une remise des clefs super-EXPRESS (tout ça en 2h30, incroyable !) ;

– une écharde un peu infectée, humble souvenir de Lille planté dans mon doigt, comme si la ville m’en voulait de m’échapper si vite.

D'accord, cette fois, il faisait beau.

Place à l’écriture, désormais !

Au fait, je lis Millénium 2 en ce moment,  je suis complètement accro. C’est fou comme c’est prenant, cette histoire !

Livres

Jeanne, Jacqueline de Romilly

JeanneJeanne, c’est un hommage vibrant, mais timide, de Jacqueline de Romilly à sa mère. C’est le récit de la vie de cette femme libre, indécente, gracieuse et habile. C’est le point de vue d’une enfant, d’une adulte si bien entourée et aimée. C’est un texte absolument tendre, touchant, humain.

L’auteur raconte les événements et les rencontres qui ont ponctués la vie de Jeanne d’une manière si douce que l’on se croirait confident. Parfois indécise, parfois confuse, Jacqueline de Romilly montre à voir ses propres regrets et remords à l’égard de sa mère maintenant perdue. Parce qu’elle n’a pas toujours tout réussi, la mère. Parce qu’elle n’a pas toujours tout compris, la fille. Et elle ne se le pardonne pas vraiment. Néanmoins, grâce à son écriture fine, riche d’amour et de mots tendres, nous la pardonnons. On aime tant l’entendre parler de sa mère brisée par la guerre mais toujours forte, solide, profondément vivante.Jacqueline de Romilly

Jeanne est une mère douce, discrète, jolie et amusante. C’est une mère passionnée, écrivain, apprentie comédienne. C’est une mère aimante, qui ne vit que pour sa fille chérie, vestige d’un homme tant aimé et trop tôt parti… C’est une femme appréciée, entourée, courtisée, mais aussi une dame libre, indépendante, indocile.

Jacqueline de Romilly dresse donc un très beau portrait de cette fameuse Jeanne. On aurait presque envie de lire ses romans inconnus aujourd’hui. On est touché par les troubles de l’auteur, qui mêle les époques et les gens qui l’ont entourée autrefois et ne cesse de s’en excuser. On la comprend si bien aussi lorsqu’elle constate tristement qu’elle n’a pas été assez présente ou bienveillante à l’égard de sa vieille mère.

Jeanne est un livre personnel, intime, qui nous plonge au cœur de l’amour qui unit Jacqueline et sa maman. Publié après la mort de l’auteur, on se sent terriblement ému par ce récit tenu secret et l’on ne peut alors qu’admirer les deux femmes.

ROMILLY (de) Jacqueline, Jeanne, Editions de Fallois, 2011 (écrit en 1977), 245 pages