Blabla

Maladroite, moi ?

On peut dire que je suis quelqu’un de maladroit. On peut même dire que j’ai la poisse et que je ne sais pas me mouvoir dans un environnement. J’ai aussi parfois tendance à faire des choses très bizarres, comme si mon cerveau s’était mis en veille et que le reste tentait (en croyant au miracle) d’agir de manière autonome.

Le mois de juin me fournit d’excellents exemples :

1. J’ai tenté d’ouvrir ma porte avec ma carte de transport. PRESQUE pareil que mes clefs.

2. J’ai naturellement attrapé un coton pour me moucher. Le paquet de mouchoirs était à 1 millimètre environ du paquet de cotons.

3. J’ai attendu le métro sur le quai pendant 5 minutes. A l’intérieur, je me suis assise dans un coin tranquille. J’ai attendu deux stations. C’était le mauvais métro. Mais alors, vraiment rien à voir avec celui que j’aurais dû prendre !

4. J’ai lancé une lessive avec un mouchoir en papier dedans. TRES mauvaise idée. Le carnaval avait l’air d’être passé par mon appart’. Une œuvre d’art.

5. Je suis pleine de bleus car je me cogne à tout ce qui se trouve sur mon chemin. Pourtant, j’ai des lunettes.

6. Je m’arrache mes colliers sans faire exprès.

Ces exemples ne valent vraiment rien du tout face à la chose bizarre NUMERO 1 :

J’ai oublié mon numéro de rue.

A cet instant, j’ai cru que j’étais devenue folle. Impossible de me souvenir de mon numéro de rue. Je suis encore choquée, pourtant, le fait date de quelques années.

Qu’est-ce qui ne tourne pas rond avec moi ? Je crois sincèrement que cela est lié à ma grande taille. Mais ça, c’est une autre histoire. 🙂

Livres

Troubles et Conséquences, Jean-François Legrand

troubles-et-consequences_jean-francois-legrandPourquoi ce livre ?

C’est Jean-François Legrand lui-même qui m’a proposé la lecture de son roman. Deux arguments de taille m’ont convaincue : sa taille (roman court, j’accours) et son envoi papier (lire des pdf sur l’ordi, très peu pour moi). A peine commandé, déjà reçu ! Ca c’est de l’efficacité !

De quoi ça parle ?

Adrien vit avec Laure et leur fils David. Leur vie de famille semble normale, pourtant, elle va être bouleversée par la fragilité et la paranoïa du héros, qui ne supporte pas que ses projets prennent l’eau…

Mon avis

On applaudit fort ce roman et son auteur ! Efficace, original, passionnant, voilà comment je le résumerais.

Efficace, puisqu’il est court et bien écrit. J’aime beaucoup lire avec autant de rapidité et d’énergie. L’ennui et la lassitude n’ont pas leur place ici et ça fait beaucoup de bien de tourner les pages sans jamais ralentir le rythme. L’écriture, fluide et nette, loin d’être énigmatique ou « conceptuelle » (comme j’ai déjà pu le lire dans des premiers romans), laisse la place à l’action et la pensée du narrateur, bref, pas d’accrochage ou d’interrogation de la part du lecteur.

Original, car le narrateur ne s’exprime pas de manière habituelle (je ne peux pas vous en dire plus car je risquerais de dévoiler ce qui fait la saveur de ce texte…). Pourquoi Adrien n’agit jamais ? Pourquoi décrit-il ses proches de façon si distante ? On comprend au fur et à mesure ce qu’il est devenu, à l’heure où il s’exprime, mais cela est distillé de manière délicate. Cette ambiance brumeuse et énigmatique apporte un plus à cette histoire de famille.

Passionnant, car j’ai lu ce roman en un aller-retour en RER, et 30 minutes en arrivant chez moi. Ayant deviné ce qui se tramait pour le personnage principal, j’avais toutefois très envie de savoir comment l’auteur allait amener la fin. Résultat : je suis convaincue ! Et en plus, la couverture est jolie !

Si vous hésitez encore, sachez que l’auteur est très accessible (@Djeffbyjeff) et saura sans doute vous convaincre. Un vrai plaisir de lire ce premier roman.

Merci à Jean-François Legrand pour la proposition de lecture et à Books on Demand GmbH pour l’envoi postal rapide.

LEGRAND Jean-François, Troubles et Conséquences, éditions Books on Demand Gmbh, 2014, 119 pages

Livres

Entre chiens et loups, Malorie Blackman

entre-chiens-et-loups-malorie-blackmanPourquoi ce livre ?

J’en ai entendu parler à plusieurs reprises sur la blogosphère, avant de le croiser par hasard sur les étagères, chez mes parents. Je l’ai immédiatement rangé dans ma valise !

De quoi ça parle ?

Callum et Sephy sont deux adolescents que tout sépare, pourtant, ils sont meilleurs amis. Le premier est un Nihil : il est blanc, sa famille est pauvre et révoltée. La seconde est une Prima : elle est noire, fille du Premier ministre et issue d’une famille riche. Dans ce monde, les deux peuples s’affrontent. Il n’y a pas de place pour l’amitié, l’amour et la paix… Comment les deux héros vont-ils pouvoir évoluer ensemble ?

Mon avis

J’ai appris hier que Entre chiens et loups n’est que le premier tome d’une série de 4 romans : il va falloir que je lise la suite, car j’ai tout simplement adoré cette lecture ! L’impossible histoire d’amitié puis d’amour entre les deux personnages principaux est un sujet vieux comme le monde. Pourtant, l’auteur a eu la riche idée d’inverser le contexte par rapport à la réalité historique : cette fois, ce sont les Blancs qui sont méprisés et soumis aux Noirs. Ce simple changement apporte à l’histoire un regard nouveau et lui donne une forme d’originalité. Il fallait y penser !

Le plus étrange, c’est qu’en tant que lectrice, il a parfois fallu que je me rappelle qu’effectivement, Callum était blanc et Sephy noire. Comme si inconsciemment, mon cerveau associait les privilèges aux Blancs et l’oppression aux Noirs. Quand l’Histoire prend le pas sur l’imagination…

En plus de cela, j’ai beaucoup apprécié suivre les héros durant une longue période (4 ans je crois). Adolescents, ils évoluent très vite, prennent position, en fonction de ce qu’ils constatent autour d’eux. Influençables, toujours en plein doute, ils restent instinctivement attirés l’un vers l’autre. Sephy doit lutter contre les préjugés et sa famille qui se déchire, quand Callum apprend à détester ceux qui oppriment son peuple et tuent ses proches.

Le style, plutôt jeunesse, aurait pu me faire fuir : pourtant, il apporte une certaine insouciance au récit. Cela se justifie par l’alternance des points de vue des deux personnages à chaque chapitre, qui sont, rappelons-le, jeunes et pleins d’incertitudes.

La fin, quant à elle, balaye tout sur son passage : inattendue, osée, bluffante, radicale. Comment faire évoluer l’histoire après cela ? On n’a plus qu’une envie : le découvrir en lisant le tome 2.

BLACKMAN Malorie, Entre chiens et loups, éditions Milan, collection Macadam, 2005 (édition originale en 2001), traduit par Amélie Sarn, 397 pages

Livres

Au bonheur des ogres, Daniel Pennac

au-bonheur-des-ogres-pennacPourquoi ce livre ?

Depuis bien longtemps sur mon étagère (parmi les livres déjà lus d’ailleurs, mais je n’en avais aucun souvenir), j’ai fini par le sortir de là ces derniers jours, suite au conseil de ma copine Camille, du blog Le Cri du Bonsaï. Et puis après Thérèse Raquin, j’avais besoin d’un peu de légèreté !

De quoi ça parle ?

Benjamin Malaussène est un grand frère aimant, qui s’occupe de toute une ribambelle d’enfants alors que la mère est partie en vadrouille. Son métier ? Bouc émissaire dans un grand magasin parisien. Son rôle ? Faire pitié au client mécontent pour que celui-ci retire sa plainte. Une série d’explosions de bombes vont bousculer sa vie… Pourquoi cela a-t-il toujours lieu lorsqu’il est dans les parages ?

Mon avis

Je ne sais pas pourquoi je n’ai aucun souvenir de ce livre (alors que selon son classement dans ma bibliothèque, il était censé être lu. En effet, je suis maniaque, et alors ?). Très aéré, plein d’humour, je l’ai lu en quelques jours dans les transports en commun.

Je dois avouer qu’au début, j’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’histoire : les phrases courtes, le rythme rapide, le parallèle entre l’action du récit et les pensées du narrateur demandent en effet un peu de concentration. Pas facile entre deux RER et quelques dizaines de voyageurs écrasés les uns aux autres (ah Paris !).

Puis je me suis prise d’affection pour la famille Malaussène, tous un peu fous ou bizarres. Du Petit au chien épileptique, en passant par la jolie Clara ou la mystique Thérèse. Tous ces personnages ont une personnalité propre, et même si on les fréquente finalement assez peu, on les distingue rapidement les uns des autres.

L’histoire, très farfelue, est un hommage à la malchance et à la maladresse : c’est d’ailleurs ce qu’incarne Benjamin, le narrateur, qui se trouve toujours au mauvais endroit au mauvais moment. Soupçonné d’être lié aux explosions, il n’a aucun moyen de démontrer son innocence car effectivement, cela arrive toujours lorsqu’il est dans le coin. Le dénouement est très foufou, mais cela n’a finalement pas trop d’importance. C’est plutôt Benjamin et sa famille qui font la saveur de ce roman.

Une bonne lecture pour qui aime les histoires abracadabrantes, le style humoristique et les aventures familiales ! Je dois maintenant lire la suite de la saga Malaussène et voir le film de Nicolas Bary sorti en 2013 au cinéma. Si vous l’avez vu, vous en avez pensé quoi ?

PENNAC Daniel, Au bonheur des ogres, éditions Gallimard, collection Folio, 1985, 287 pages

Blabla

Swap « Born in the USA »

Bonjour ! Aujourd’hui, un article un peu différent… J’ai participé au swap « Born in the USA » organisé par Mélanie du blog Lis moi si tu veux et Guillaume, de Tribulations d’une vie. L’objectif ? Concevoir un colis sur le thème des Etats-Unis, et en recevoir un en échange.

J’ai hésité à m’inscrire car je n’ai pas un goût prononcé pour les USA, mais Mélanie, avec qui j’étais en binôme dans le précédent swap, m’a fortement invitée à le faire. Je n’ai pas su refuser… Il faut dire que j’aime beaucoup offrir et recevoir des cadeaux !

Pour un montant total de 30€, le colis devait donc être constitué des éléments suivants :

– un livre d’un auteur américain
– un livre ayant pour thème ou cadre les Etats-Unis
– une gourmandise typiquement américaine
– une carte
– une surprise en rapport avec le thème

Après un échange de questionnaires permettant de mieux cerner la personnalité de son binôme attribué par les organisateurs, il était temps de se lancer ! J’ai pris le temps de choisir les cadeaux à offrir à Anna, du blog The Mademoiselle A Show, en respectant son goût pour le sucré, le rose et la romance. Vous pourrez découvrir le colis que j’ai concocté sur son blog.

En échange, voici le joli colis que j’ai reçu de sa part.

colis-swap-usa-1

A l’ouverture du colis : c’est coloré et bien rempli !

colis-swap-usa-2

Une très jolie carte cupcakes qui brille (je vous le jure) et que j’aime beaucoup beaucoup ; une petite trousse à l’effigie des taxis new-yorkais (la surprise) ; DEUX Stephen King très tentants (les histoires qui ont lieu aux Etats-Unis) ; « Super triste histoire d’amour » de Gary Shteyngart, auteur américain.

J’avais très envie de ces trois romans, je suis gâtée car il n’en fallait que deux selon la « consigne ». MERCI Anna !

colis-swap-usa-3

Deux gourmandises américaines : un mélange pour préparer un gâteau à la citrouille et un paquet de mini-chamallows trop mignons ! J’ai bien envie de m’en servir dans une tasse de chocolat chaud. Le colis contenait aussi une deuxième surprise (décidément !), un joli sac rouge.

Comme vous le voyez, c’est un peu Noël chez moi aujourd’hui. C’est évident : j’adore les swaps ! Anna, je te remercie mille fois pour ces beaux cadeaux. Je te souhaite aussi un prochain voyage à New-York puisque c’est ton rêve, et de bonnes lectures en attendant !

Merci à Mélanie et Guillaume pour l’organisation et le suivi. Une belle expérience !

Livres

Thérèse Raquin, Emile Zola

therese-raquin-zolaPourquoi ce livre ?

Il y a quelques mois, j’avais avoué sur Twitter n’avoir jamais lu Zola et avais demandé par quel roman commencer. Plusieurs lecteurs m’avaient conseillé Thérèse Raquin, que j’avais acheté quelques semaines plus tard, afin d’être sûre de le lire prochainement. C’est chose faite !

De quoi ça parle ?

Elevée par sa tante, Thérèse Raquin vit recluse dans une petite mercerie parisienne, mariée à son cousin Camille, triste et mou. Elle découvre la passion dans les bras de Laurent, peintre raté et ami de la petite famille. Les deux amants entreprennent un sinistre projet : tuer Camille pour vivre leur amour librement. Mais cette décision va les mener à leur perte…

Mon avis

Avant toute chose, je tiens à signaler aux éditions Pocket, si elles passent par là, que cette couverture de livre est tout bonnement affreuse. C’est bien parce que Zola est l’auteur de ce roman que j’ai eu le courage de le lire, sinon, il n’avait aucune chance.

Ceci étant dit, revenons à l’histoire ! Thérèse Raquin est donc un court roman, noir et pessimiste, qu’il n’est pas bon de lire lorsque le moral est bas. Les héros ne sont que désespoir et tristesse. Telle une tragédie, leur destin est noué, aucune issue n’est possible. L’entreprise meurtrière de Laurent et Thérèse n’apporte pas le bonheur espéré : c’est plutôt un lot de remords, de frayeurs et de dégoût qui envahit les deux amants, hantés par le spectre du mari noyé.

L’ambiance est poisseuse, crasseuse, l’histoire est sordide. Les décors sont gris, sales. Les espoirs vains, les amours mortes. Zola, talentueux écrivain, parvient à rendre ce désespoir total et le voilà qui traverse les lignes, les pages. La deuxième moitié du roman souffre d’un manque d’action, mais ce n’est que pour mettre la fin en valeur… On glisse lentement vers la fatalité. Brillante fin, pas forcément inattendue, mais tout à fait logique et théâtrale.

Une bonne lecture, donc, qui met en scène la tragédie humaine et le cercle vicieux. A lire une fois dans sa vie, tout de même.

ZOLA Emile, Thérèse Raquin, éditions Pocket, 2004 (initialement publié en 1867), 287 pages

Livres

La théorie des cordes, José Carlos Somoza

theorie-des-cordes-somozaPourquoi ce livre ?

C’est ma copine A., avec qui j’échange beaucoup à propos de lecture, qui m’a conseillé ce roman. A peine prêté, déjà commencé !

De quoi ça parle ?

Elisa Robledo est une physicienne émerite espagnole. Alors qu’elle termine un cours à l’université, elle lit un article dans le journal et reçoit un coup de téléphone qui vont remettre sa vie en question… L’occasion de se confier à son ami et collègue Victor et de revenir sur son passé. Retour sur une île de l’Océan Indien, où, des années plus tôt, Elisa et une équipe de scientifiques tentaient de comprendre la fameuse théorie des cordes…

Mon avis

Avis à tous les incultes en physique, les non-initiés, non-passionnés, non-intéressés, ceux qui ne veulent justement pas se creuser la tête à comprendre ce qu’est la théorie des cordes, je suis comme vous ! J’ai bien essayé, mais non (d’ailleurs, si vous pouvez me l’expliquer avec des mots simples, je suis preneuse !). C’est pourquoi à la lecture du résumé de ce roman, j’avais un certain nombre d’appréhensions : vais-je comprendre quelque chose ? Et si l’intrigue est basée sur la physique, je vais faire comment ? [petit couinement de stress]

Puisque l’on m’avait conseillé ce roman, je n’avais plus qu’à m’y mettre. Surprise ! Les 50 premières pages me tiennent en haleine. On fait connaissance avec l’héroïne et son environnement, tout se passe bien. Puis le retour en arrière ajoute du piment : la voilà poursuivie par des hommes bien mystérieux, puis recrutée dans une équipe de scientifiques un peu tordus.

Tous ensemble vont parvenir à visionner des images du passé grâce à la théorie des cordes, et vont libérer une chose horrible qui va les poursuivre durant des années… C’est là que tout se détraque, que le suspense explose, que l’horreur prend le pas sur les sciences. C’est donc tout à fait abordable pour qui n’y comprend rien. Car ce roman est avant tout un thriller horrifique. On frissonne, on s’impatiente, on fronce les sourcils puis l’on écarquille les yeux…

Le style de Somoza, riche et fluide, ne complique pas l’environnement scientifique complexe dans lequel on se trouve déjà. Il l’explique plutôt, doucement mais sûrement. Saluons donc le travail de recherche de l’auteur, qui a tout l’air d’un pro !Même si quelques zones d’ombre persistent encore pour ma part, j’ai tout compris à l’intrigue ! Youhou !

Vous avez envie d’apprendre un peu la physique ? Vous aimez les thrillers, les histoires de « cause à effet » dans le temps, les éléments surnaturels ? Vous cherchez une bonne plume ? La théorie des cordes est pour vous.

SOMOZA José Carlos, La théorie des cordes, éditions Actes Sud, collection Babel, 2010 (première édition en 2006), traduit par Marianne Million, 514 pages

Spectacles

Julie Ferrier, Théâtre de la Gaîté Montparnasse

en-mai-c-est-ferrier-ah-la-gaiteComédienne talentueuse, géniale et loufoque, capable d’incarner de multiples personnages en un instant, Julie Ferrier est l’humoriste à ne pas rater ! Disparue de la scène pendant plusieurs années, elle revient en 2014 avec un spectacle tout nouveau tout beau, accompagnée d’une petite troupe de comédiens.

« En mai c’est Ferrier » est un spectacle singulier : il ne commence pas après le lever du rideau, mais dans la rue, déjà, alors que le public fait la queue pour entrer. Julie Ferrier et ses acolytes déambulent le long du trottoir, prient les spectateurs de se presser, de vérifier leurs billets… Habillés en jaune fluo, rouge mémère et violet scintillant, ils attirent le regard. Comédiens ? Energumènes ? La foule s’interroge.

Le préambule au spectacle scénique continue dans la salle puis dans les rangées, entre le public déjà bien installé. Tout est susceptible d’être théâtre. On en vient à soupçonner son voisin.

Le spectacle, parfaitement orchestré, commence alors : Julie Ferrier, au top de sa forme, incarne à nouveau son personnage fétiche, Martha, l’artiste évaporée. Elle présente aussi de nouveaux énergumènes : une Barbie plus vraie que nature, une pouf à rollers aussi drôle qu’indécente, une dresseuse d’animaux « postillonneuse »… Les autres comédiens l’accompagnent formidablement et ponctuent le spectacle de notes touchantes, humoristiques ou critiques. On aime particulièrement la mémé fan des Daft Punk ou la baigneuse au ventre flasque.julie-ferrier

Vivant et très travaillé, ce spectacle s’adapte aussi beaucoup au public : les comédiens jouent avec lui, réagissent à ses réflexions, le provoquent… Loin d’être passifs, les spectateurs participent amplement à l’ambiance festive de la soirée.

Si vous ne connaissez pas Julie Ferrier, IL EST GRAND TEMPS ! Folle à lier, très douée, pleine de surprises, elle est 1000 personnes en une. Les tics et les grimaces font partie d’elle : même immobile, son corps raconte quelque chose. Un talent à applaudir !

Les dates pour le Théâtre de la Gaîté Montparnasse sont passées mais surveillez les salles près de chez vous, une tournée devrait voir le jour très prochainement.

Livres

Fleur de tonnerre, Jean Teulé

fleur-de-tonnerre-jean-teulePourquoi ce livre ?

Parce que Jean Teulé ! Je n’attendais que la sortie en poche pour m’offrir son dernier roman en date.

De quoi ça parle ?

Bretagne, 19e siècle. Dès l’enfance, Hélène Jégado s’identifie à l’Ankou, la Mort. Elle se sent investie d’une mission : empoisonner tous ceux qui croiseront sa route. La voilà qui traverse la Bretagne et sème la mort chez les enfants et les adultes.

Mon avis

Jean Teulé a le chic pour raconter la vie de personnages hors du commun : une fois de plus, il s’intéresse à l’un deux, Hélène Jégado, meurtrière folle et sereine, qui a assassiné à coup de belladone et d’arsenic dans toute la Bretagne.

On suit cette femme incroyable dès son enfance, alors qu’elle empoisonne sa mère, jusqu’à un âge avancé. Impassible et discrète, Hélène, alias Fleur de tonnerre, est une femme appréciée, cuisinière talentueuse – et pour cause ! Elle a cet ingrédient magique qui ne laisse pas de marbre… Le personnage à lui seul fascine : on n’arrive pas à la détester, malgré les horreurs accomplies.

L’écriture de l’auteur, précise, intelligente, tranchante, est une fois de plus au rendez-vous. Jean Teulé sait précisément comment incarner cette femme si obscure, qui tue sans but. Pas de longs discours ni d’interminables situations. L’action est rapide, efficace. Hélène assassine plusieurs personnes en une phrase puis déambule à travers les chapitres… Elle poursuit sa mission sans ralentir. Peu importe finalement les nombreux noms qu’elle croise : même si l’auteur a sans doute effectué un long travail de recherches, ces énumérations n’ont qu’un seul objectif, enrichir la liste des victimes de l’héroïne.

Si vous ne connaissez pas encore le style de Teulé, Fleur de tonnerre est un excellent moyen de s’y mettre. C’est aussi un très bon roman pour les amateurs de l’écrivain et de son écriture inimitable. Teulé, l’un des meilleurs auteurs de notre siècle, selon moi.

TEULE Jean, Fleur de tonnerre, éditions Pocket, 2014 (première édition en 2013), 261 pages

Livres

Cours ma jolie, Lisa Unger

cours-ma-jolie-lisa-ungerPourquoi ce livre ?

Il y a un certain temps, j’avais bénéficié de l’offre Pocket « 2 achetés, 1 offert » et avais donc choisi Cours ma jolie pour compléter ma collection de thrillers.

De quoi ça parle ?

Ridley Jones, journaliste américaine, reçoit un jour dans sa boîte aux lettres une vieille photo et un petit mot : « Es-tu ma fille ? ». Sa vie entière va alors être remise en question…

Mon avis

Même si j’ai lu ce roman au cours du mois d’avril 2014, et qu’il est donc normal que l’intrigue m’échappe un peu, je me souviens toutefois de l’ambiance paranoïaque créée par le style de l’auteur et les péripéties, qui happent le lecteur et le font douter de tout. Tout comme Ridley, l’héroïne, on devient méfiant : qui sont ces parents énigmatiques, ce voisin au passé mystérieux, cet homme qui la suit dans le métro ? Pourquoi ce mot, dans la boîte aux lettres ?

Ce thriller psychologique, même s’il est peut-être parfois un peu tiré par les cheveux, a le mérite de se lire vite et bien. On s’y accroche car on veut comprendre, tout comme le personnage principal. A partir de là, le pari est relevé !

J’aurais aimé que l’histoire continue : la fin me semble un peu abrupte. Ridley démêle les nœuds de sa vie mais ne continue pas l’enquête, qui va au-delà de ses problèmes personnels. Dommage… Voir le récit prendre d’autres proportions aurait été plutôt intéressant, je pense !

Pour résumer : un thriller bien rythmé, une intrigue peu originale mais haletante, un style passe-partout… Je crois que c’est un roman pour l’été !

UNGER Lisa, Cours ma jolie, éditions Pocket, 2013 (première édition française en 2007), traduit par Isabelle Maillet, 458 pages