Livres

Les années, Annie Ernaux

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C’est l’une de mes grand-mères qui me l’a gentiment offert, touchée par ce livre après l’avoir lu. Merci Mamie !

De quoi ça parle ?

Annie Ernaux parcoure les années qu’elle a connues, depuis son enfance jusqu’à aujourd’hui, à travers les scènes de vie, les habitudes, les mots, les chansons, les événements qui ont rythmé la vie des Français. Une autobiographie impersonnelle qui déroule le temps et revient sur les petits riens de la vie quotidienne.

Mon avis

Le début de ma lecture fut assez lent : déroutée par ce style d’écriture, ces énumérations d’événements culturels, politiques, des façons de penser et de vivre des Français des années 40 aux années 2000, j’ai eu du mal à rentrer dans le récit, à me laisser prendre au jeu. Il me manquait le « je » d’Annie Ernaux, sa vision des choses, de petite fille, d’adolescente, de femme, de mère…

Et puis je me suis laissée entraînée par ce quotidien de la France. Sans saisir les références jusqu’à mon année de naissance, j’ai tout de même aimé dérouler ces soixante ans de vie, de souvenirs partagés par tous ceux qui vivaient à ces instants-là. Les acteurs et chanteuses du moment, les films cultes, l’arrivée de Mitterrand, les espoirs déçus, le féminisme, la religion…

L’éditeur inscrit sur la quatrième de couverture « une forme nouvelle d’autobiographie impersonnelle et collective »… C’est tout à fait ça ! L’auteure raconte sa vie collective. Ce que sa génération a connu. Elle disperse par ci par là des indices sur sa vie de famille, de mariage, de divorce, ses choix amoureux, ses croyances et ses rebellions, mais reste pudique et discrète.

Plus qu’une autobiographie, c’est un portrait de la France durant une période riche en bouleversements, de la fin de la Seconde Guerre mondiale au début des années 2000. Un livre sans chapitre, sans fin ni début, qui pourrait continuer à l’infini. Déroutant, mais unique !

Livres·Musique et concerts

L’homme qui rêvait d’être une girafe, Tom Poisson, Ale+Ale

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Il m’a été offert par ma tante lors de mon précédent anniversaire (je crois) et j’ai enfin pris le temps de l’écouter/l’admirer !

De quoi ça parle ?

Comme indiqué sur la couverture, il s’agit d’une fable musicale élaborée par Tom Poisson et Ale+Ale, qui raconte l’histoire d’un homme solitaire. Adrien est constamment dans les nuages. Son rêve ? Devenir une girafe. Fatigué du brouhaha de la ville, il décide de tailler la montagne d’à côté en forme de girafe…

Mon avis

L’homme qui rêvait d’être une girafe est une œuvre complète : la musique de Tom Poisson est omniprésente et elle accompagne les dessins d’Ale+Ale avec merveille. Il faut prendre le temps de s’allonger au calme et d’écouter cette histoire et se perdant dans les pages du livre. Dessins, collage, montage, on retrouve la poésie du récit et des chansons dans les illustrations colorées.

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La voix de Tom Poisson, elle, raconte et chante l’histoire d’Adrien, sage rêveur parmi les aliénés de la ville. On se laisse bercer par ses mots et sa musique avec plaisir.

Envie d’échapper au rythme effréné du quotidien ? Besoin de poésie ? Ecoutez cette jolie histoire ! Véritable fable philosophique, ce court album ravira aussi bien les petits et les grands !

Livres

Le Livre des Baltimore, Joël Dicker

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Souvenez-vous ! J’avais adoré La Vérité sur l’Affaire Harry Québert en mai 2013, j’étais donc pressée de lire ce tome compagnon. Pourtant, j’ai attendu Noël dernier pour me le faire offrir et le bon moment pour me plonger dedans.

De quoi ça parle ?

On retrouve Marcus Goldman, héros de La Vérité sur l’Affaire Harry Québert, quelques années plus tard. Il s’attèle à écrire « Le Livre des Baltimore » : c’est le récit de sa famille, notamment celui des Goldman vivant à Baltimore – son oncle, sa tante et ses cousins. Car malgré la réussite des Goldman-de-Baltimore et l’admiration que leur voue Marcus depuis son enfance, il est arrivé un Drame, qui a tout bouleversé…

Mon avis

Comme pour le tome précédent, j’ai passé un excellent moment de lecture en compagnie du Livre des Baltimore ! Joël Dicker a le chic pour embarquer ses lecteurs : il sait captiver par de nombreux rebondissements et fait des révélations au bon moment, disséminées ici et là. Un style et une maîtrise du suspense qui séduisent immédiatement.

Le roman est construit comme le précédent : le livre que l’on tient entre les mains est aussi celui en cours d’écriture par le personnage. Malin et intéressant. Le découpage des chapitres, qui abordent le temps d’avant, pendant et après le mystérieux Drame, alimente le suspense omniprésent.

L’histoire, quant à elle, est une histoire de famille hors-norme. Singulière, admirable mais aussi secrète, elle fascine à la fois Marcus, le narrateur, et nous lecteurs. On apprend à la connaître petit à petit et chacun de ses membres nous touche à sa façon. Le Drame, lui, est soudain, étonnant. Je ne m’y attendais pas et j’étais vraiment émue par cet événement.

Bref ! Une nouvelle fois, j’ai dévoré ce roman en quelques jours, malgré ses 475 pages. Preuve qu’un pavé captivant peut être lu aussi vite qu’un petit roman poche ennuyeux. Si vous avez aimé La Vérité sur l’Affaire Harry Québert, lancez-vous, c’est dans la même veine et c’est réussi.

Livres

Une girafe pour le roi, Gabriel Dardaud

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Il m’a été offert par ma tante à mon dernier anniversaire (je crois ?) et je n’avais pas pris le temps de me plonger dans ce récit. Jusqu’au mois dernier !

De quoi ça parle ?

Initialement publié en 1985, ce récit de Gabriel Dardaud raconte l’aventure de Zarafa, la première girafe de France, offerte en cadeau au roi Charles X par le pacha d’Egypte, en 1826.

Mon avis

Ceux qui me connaissent bien savent mon amour pour les girafes (et notre grand point commun). Ceux qui me connaissent très très bien savent que la dépouille de la première girafe de France se situe aujourd’hui encore au Musée d’Histoire Naturelle de La Rochelle ET que c’est justement ma ville d’origine et ma ville de cœur. Le signe du destin !

C’est pourquoi j’ai pris le temps de savourer cette lecture, qui m’a véritablement passionnée. Mis en lumière par Olivier Lebleu, « spécialiste » de Zarafa, ce récit met à la fois la girafe et Gabriel Dardaud en valeur. L’animal si paisible et si étrange se laisse raconter par un journaliste passionné, qui a le sens du détail. Le tout est ponctué par de magnifiques illustrations en noir et blanc.

Je me suis donc pris d’affection pour cette girafe, qui a traversé la France jusqu’à Paris après un voyage en bateau depuis l’Egypte, chouchoutée par toute une délégation dans le but d’arriver en pleine forme à la ménagerie du roi. Elle a inspiré des noms d’auberges, des expressions (« peigner la girafe » par exemple), des illustrations, des sculptures, mais aussi la mode parisienne ! Une véritable star que cette jolie bestiole !

Je vous conseille fortement la lecture de cet ouvrage, qui montre l’agitation provoquée par une simple girafe dans la France du 19e siècle. Fabuleux ! Le livre aussi est magnifique, que demander de mieux ?

Livres

Le Grand Méchant Renard, Benjamin Renner

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Cette petite BD me faisait de l’œil depuis sa sortie, quand un jour, mon amoureux a vu mon regard captivé, a attrapé le bouquin et m’a dit : « c’est une BD pour toi, ça » alors qu’on se dirigeait vers la caisse. Youpi !

De quoi ça parle ?

Renard a bien du mal à effrayer les poules et le chien de garde de la ferme qui jouxte sa forêt, si chétif et tout mignon. Il choisit alors de voler des œufs et d’élever les poussins en attendant qu’ils soient assez gras pour être dévorés. Mais c’est sans compter sur son empathie et l’amour inconditionnel que lui offrent les petits poussins…

Mon avis

En voilà une merveilleuse bande-dessinée ! Récompensée par le Prix de la BD Fnac 2016, elle m’a procuré un très beau moment de lecture. L’auteur Benjamin Renner (prédestiné à inventer une histoire de renard, n’est-ce pas) part du principe que le renard ne fait peur à personne et brode de nombreux gags autour. C’est fun, c’est léger, c’est drôle ! J’ai ri, tout en étant touchée par ce petit renard gringalet qui aimerait avoir le charisme du loup et pouvoir manger à sa faim.

Les dessins apportent aussi beaucoup de charme au livre : très précis et expressifs, ils ont la magie d’un dessin animé. Les mouvements et expressions des personnages sont très bien représentés, avec humour et légèreté. On est séduit dès la première page !

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J’ai tout aimé dans cette BD, qui apporte une touche de douceur, de rigolade et de poésie au quotidien. Craquez !

Livres

Le charme discret de l’intestin, Giulia Enders

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Depuis sa sortie, je lorgnais avec envie sur ce bouquin. J’ai fini par craquer, évidemment !

De quoi ça parle ?

Ecrit par une jeune médecin, passionnée de gastroentérologie, cet ouvrage dévoile les secrets de l’intestin : ses formes, son rôle, ses techniques, ses microbes et bactéries… Le tout illustré avec humour.

Mon avis

Je suis heureuse d’avoir enfin lu ce best-seller que l’on voit encore en tête de gondole dans les librairies, et ce depuis de nombreux mois. Je comprends tout à fait son succès : ludique, amusant, franc, il raconte les déboires de notre intestin grêle et du gros intestin, sans prendre de pincettes. On parcourt l’intégralité du chemin des aliments que nous avalons, sur lequel on fait la rencontre de la bouche, de l’œsophage, de l’estomac… mais aussi des multiples et fascinantes bactéries hébergées en chacun de nous.

C’est le portrait d’une machine naturelle très sophistiquée, que l’on a tendance à oublier puisqu’elle est invisible. C’est aussi un centre nerveux très puissant, qui a le pouvoir de nous pourrir la vie si l’on ressent un mal-être, pour tirer la sonnette d’alarme.

Giulia Enders raconte les choses avec simplicité et passion. Sa sœur, Jill Enders, schématise parfois les explications en des dessins très enfantins et donc explicites. Le tout est agréable à lire ! J’ai préféré le début du bouquin, qui se cantonne plus au rôle de l’intestin, à ses rapports avec le reste du système digestif et qui démontre que cet endroit du corps capte tous les soucis du quotidien. La suite se concentre plutôt sur les bactéries, et c’était parfois un peu trop précis et scientifique pour moi. J’aurais finalement aimé que le côté « psycho » soit un peu plus approfondi.

Malgré tout, c’est un ouvrage utile et intéressant, qui met en lumière une part importante de nous, qui reste toujours dans l’ombre. Une belle façon d’apprendre à se connaître et à s’écouter un peu plus attentivement.

Livres

Le Silmarillion, J.R.R. Tolkien

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Etant une grande admiratrice de la Terre du Milieu inventée par Tolkien, je m’étais promis de lire le fameux Silmarillion un jour. Mon amoureux me l’a offert il y a plus d’un an, mais j’attendais le bon moment pour me lancer.

De quoi ça parle ?

Le Silmarillion est un recueil de plusieurs textes de Tolkien qui raconte la genèse du monde du Seigneur des Anneaux. Composé de cinq parties, il résume la création de l’univers Ëa, les différentes « divinités » (appelés Valar et Maiar), l’apparition des différents peuples (nains, elfes, hommes…) et les guerres qui les ont divisés.

Mon avis

Alleluia ! Ca doit faire un mois que j’ai fini de lire Le Silmarillion, et pourtant, le traumatisme est toujours là… Je suis bien triste de le dire, mais je crois que ce livre entre dans mon top 5 des bouquins les plus chiants de la terre.

Comme je l’ai dit, je suis pourtant réceptive à l’univers de Tolkien. Cette nouvelle mythologie, même si elle me faisait un peu peur, aurait donc pu me charmer. Malheureusement, je l’ai traîné en longueur et je me suis mortellement ennuyée… C’était presque devenu un supplice de m’y replonger et je comptais sans cesse les pages et les chapitres restants.

D’abord, parce que le style n’a pas de charme. On sent que l’auteur a écrit ces textes dans le désordre, tout au long de sa vie. C’est un recueil brouillon qui aurait mérité un gros travail de réécriture pour fluidifier le tout… Mais Tolkien est mort trop tôt pour cela. Toujours est-il que l’ensemble paraît « scientifique » : on croirait lire une frise chronologique détaillée.

Ensuite, parce que les noms propres sont très très TRES nombreux. Ils se ressemblent, s’assemblent parfois… Difficile de ne pas confondre les divinités des elfes, des hommes, ou des éléments naturels, qui sont aussi nommés. Ou encore les frères, les parents, les ancêtres… J’étais régulièrement perdue, même en m’aidant de l’index et des arbres généalogiques présents à la fin de l’ouvrage. Et puisque je déteste ce sentiment en lisant, c’était difficile d’y trouver du plaisir…

Enfin, parce que je n’ai pas trop compris ce que je lisais. Je serais bien incapable de vous raconter un moment du livre ou d’expliquer la genèse de ce monde à quiconque. Je me sens gavée de noms propres mais aucun mythe n’est resté en ma mémoire…

Je suis sans doute un peu trop novice en mythologie pour comprendre ce bouquin, mais j’aurais aimé pouvoir en tirer quelque chose. C’est un recueil très difficile à lire qui demande beaucoup d’attention et une forte curiosité pour cet univers.

Alors pourquoi terminer cette lecture, me diront les plus perspicaces ? Malgré la lourdeur et l’incompréhension du livre, je suis toujours émerveillée par l’imaginaire de Tolkien et par ce monde très complexe qu’il a inventé de toute pièce. C’est un ouvrage que l’on pourrait comparer à la Bible s’il ne s’inscrivait pas dans un monde fantastique. Les héros mythologiques, les dieux, les langages et croyances des peuples de la Terre du Milieu… tout cela constitue un ensemble mûrement réfléchi et vraiment passionnant.

Dommage que l’ensemble soit si froid, plein d’énumérations, si lourd dans le style et dans l’histoire… Si vous souhaitez découvrir Tolkien, je vous conseille à 100 % de commencer par Bilbo le Hobbit, puis de continuer avec Le Seigneur des Anneaux. Une découverte progressive plutôt qu’un recueil assommant, c’est  toujours mieux !

Livres

Les Cahiers d’Esther – Histoires de mes 10 ans, Riad Sattouf

les-cahiers-desther_riad-sattoufPourquoi ce livre ?

Parce que Riad Sattouf ! J’aime beaucoup ce dessinateur et lorsque j’ai aperçu sa nouvelle BD, je n’ai pas réfléchi. Hop, sous le bras !

De quoi ça parle ?

Riad Sattouf a choisi d’écouter Esther, une petite fille de 10 ans, et de dessiner les histoires de sa vie quotidienne pour en dresser un portrait dessiné.

Mon avis

Génial ! Bon, évidemment, puisque c’est Riad Sattouf, je n’ai pas un avis très objectif. D’abord, le dessin est toujours aussi bien et le jeu avec les couleurs tranchées (rose, vert, jaune, bleu…) ajoute une touche de peps à l’ensemble.

Le choix de raconter une histoire par page, à la manière des bandes-dessinées classiques type Boule et Bill, permet de dresser un portrait très touchant d’Esther et de son quotidien. « La famille », « Le papa et la maman », « Antoine », « L’alerte enlèvement », « Le chanteur populaire »… toutes ces petites histoires racontent la vie de la petite fille à l’école, dans la cour de récré, mais aussi à la maison avec son frère débile et ses parents parfaits.

C’est un quotidien très banal que l’on a sous les yeux, et pourtant, on est séduit par Esther et sa manière de voir les choses. Riad Sattouf a le talent de montrer, à travers ses yeux à elle, les préoccupations, réflexions et mentalités d’une jeune génération. L’iPhone 6 est le Saint-Graal d’Esther, qu’elle espère chaque jour obtenir ; les garçons qui jouent les gros durs sont ses héros, les plus discrets des nuls à ses yeux ; l’apparence a une importance capitale ; elle aime autant Balavoine que Beyonce ; « Raiponce » est son film préféré… C’est la vie d’une fille qui oscille entre enfance et adolescence.

J’étais à la fois amusée par ces petites choses qui constituent sa vie, et étonnée par la violence et l’injustice omniprésentes à l’école. Les insultes ne sont pas rares, l’exclusion et la moquerie non plus. Et cela paraît tout à fait normal à la demoiselle, qui apporte aussi parfois sa pierre à l’édifice sans se rendre compte que les mots sont crus et blessants. Incroyable !

Je vous conseille mille fois cette BD ! J’ai appris que Sattouf prévoyait de suivre Esther jusqu’à ses 18 ans. Quelle bonne idée ! L’ensemble deviendrait un véritable portrait de génération très instructif. N’hésitez pas !

Livres

Du souffle dans les mots – 30 écrivains s’engagent pour le climat, Parlement sensible

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Il faisait partie de mes cadeaux de Noël 2015, pardi ! Et puis entre deux romans, j’ai eu envie de non-fiction : c’était le moment.

De quoi ça parle ?

A l’occasion de la COP21, la Maison des écrivains et de la littérature a demandé à 31 écrivains d’écrire sur le changement climatique, sous la forme de discours. Ces discours ont été prononcés par les auteurs à l’Assemblée Nationale lors d’une journée exceptionnelle, le 14 novembre 2015. Un rassemblement qui s’intitule le Parlement sensible des écrivains et qui a pour but de pointer du doigt l’urgence à agir en faveur du climat (et de l’environnement plus généralement), tout cela de manière sensible et par la littérature. Ce livre est le recueil qui rassemble tous les discours prononcés ce jour-là !

Mon avis

Quel bel ouvrage ! Je suis (et j’espère que vous l’êtes tous et toutes) particulièrement intéressée par tout ce qui concerne le futur de notre planète. Je suis bien évidemment émue devant les désastreux effets que l’homme a provoqués, mais aussi scotchée par son incroyable manière d’ignorer les problèmes qui l’entourent…

C’est tout cela qui est abordé dans ce recueil, de façon très diversifiée. Certains auteurs s’appliquent à formuler des discours scientifiques, d’autres plus spontanés, d’autres alarmants, d’autres encourageants… J’ai beaucoup aimé cette variété de discours (dans tous les sens du terme !).

On prend ainsi conscience, si ce n’est déjà fait, de l’urgence de la situation : la neige sera bientôt chose rare (et c’est déjà le cas dans certains coins), rendez-vous compte !

Pas de culpabilisation dans ces lignes : on accable l’humain mais pas le lecteur. On a justement envie de se bouger, d’agir ! J’ai beaucoup aimé les mots d’Antoine de Baecque, ainsi que ceux de Jacques Gamblin, vifs et touchants.

Il faut avouer que certains textes sont difficiles à lire : on sent la plume d’auteurs très pointus, qui aiment jouer avec les mots et construire des phrases alambiquées. Peu importe ! On passe et l’on tombe une page plus loin sur un paragraphe ou un nouveau discours qui nous parle mieux, qui nous touche vraiment.

Entre philosophie, science et poésie, ce recueil saura combler les lecteurs qui manquent de conviction, mais aussi ceux déjà convaincus, qui attendent toutefois l’étincelle pour prendre part au combat.

Les auteurs

Antoine de Baecque
Pierre Bergounioux
Arno Bertina
Frédéric Boyer
Geneviève Brisac
Michel Butel
Nicole Caligaris
Bernard Chambaz
Eric Chevillard
Philippe Claudel
Erri De Luca
Michel Deguy
Agnès Desarthe
Maryline Desbiolles
Marie Desplechin
Suzanne Doppelt
François Emmanuel
Jacques Gamblin
Sylvie Granotier
Isabelle Jarry
Koffi Kwahulé
Gilles Lapouge
Hervé Le Tellier
Carole Martinez
Emmanuelle Pagano
Oliver Rohe
Olivia Rosenthal
Caroline Sagot Duvauroux
Boualem Sansal
Michel Surya
Cécile Wajsbrot
Conseil régional des jeunes d’Ile-de-France

Livres

Dans les bois, Emily Carroll

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Je l’ai trouvé très intrigant en le croisant en librairie, et j’ai fini par craquer, après avoir écouté l’avis de Mymy, sur Madmoizelle.

De quoi ça parle ?

A la manière des contes européens traditionnels, le livre rassemble cinq histoires d’horreur qui ont comme point commun… les bois.

Mon avis

Génial ! C’est la première fois qu’une bande-dessinée / album (attention objet non identifié) parvient à me surprendre ! J’ai réellement sursauté en tournant une page. Ces cinq histoires font la part belle au mystère, à l’imaginaire et à l’inexplicable. Les personnages font face à des situations horribles : un monstre, une ombre, un revenant, des disparitions…

J’ai eu un coup de cœur pour la première histoire, intitulée « L’hôte ». C’est elle qui a réussi à m’effrayer ! Au-delà du récit, la mise en scène du texte et du dessin participent aussi à l’effet de surprise.

La maîtrise du lettrage, plus ou moins gros, le jeu avec la page que l’on tourne et qui amène un suspense, les dessins épouvantables (dans le sens « qui font peur ») font de cet ouvrage un livre hors du commun. Il sort des sentiers battus, comme les personnages qu’il renferme, et parvient à faire peur. Une belle prouesse !

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Même si je ne suis pas amatrice des dessins, je les trouve appropriés. Ils apportent à l’ensemble une touche de mystère et de froideur supplémentaire.

C’est à lire ! Faites comme moi, glissez-vous au chaud sous la couette avec ce beau bouquin : vous ne risquerez rien et vivrez une belle expérience !