Livres

La voleuse de livres, Markus Zusak

voleuse-de-livres_markus-zusakPourquoi ce livre ?

Ma copine M. me l’a offert pour mon anniversaire : j’étais vraiment ravie de ce cadeau car j’avais très envie de lire ce roman, et depuis longtemps !

De quoi ça parle ?

On y suit le destin de Liesel Meminger, une fillette allemande qui vit au cœur de la Seconde Guerre Mondiale. Accueillie dans une famille d’accueil à Molching, Liesel va découvrir les pouvoirs de la lecture et de l’amitié, mais aussi être confrontée à l’horreur de la guerre et à l’égoïsme des gens.

Mon avis

Magnifique ! C’est un très beau roman, qui mérite son succès et ses distinctions ! Son originalité ? Il est raconté par le personnage de la Mort, omniprésente, qui revient sur trois grands moments durant lesquels la jeune Liesel lui a échappé. Fascinée par cette enfant, la Mort nous conte le récit de sa vie de manière très cynique.

On pourrait croire que ce point de vue original empêche de comprendre l’enfant, mais c’est tout le contraire ! La Mort voit, sent et comprend tout. On ne loupe rien, je vous le garantis ! Elle a simplement une façon de raconter les choses, avec des interludes, des interprétations, des explications directes faites au cœur du texte, qui coupent le récit et enrichissent considérablement l’histoire.

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Au-delà du style et du choix de narration, les personnages sont tous très humains et touchants : on est aux côtés de Liesel, touchés par ses parents adoptifs, séduits par son intrépide ami Rudy, intrigués par la mystérieuse femme du maire…

Un très beau roman, donc, que je vous conseille à 1000 % ! Il faut maintenant que je découvre le film de Brian Percival, adapté du livre. En vaut-il le coup ?

Livres

La carrière du mal, Robert Galbraith

carriere-du-mal_robert-galbraithPourquoi ce livre ?

Parce que je suis définitivement fan de cette série de romans policiers ! Je n’ai pas résisté longtemps : juste après sa sortie, il était dans ma bibliothèque. Il m’a fallu attendre le bon moment pour le déguster.

De quoi ça parle ?

On y retrouve le détective Strike et son acolyte Robin, qui vont cette fois devoir résoudre une affaire sordide : en effet, ils sont les destinataires d’un colis effroyable, qui contient une jambe de femme ! Une enquête qui va bouleverser nos deux héros et déterrer de vieux souvenirs…

Mon avis

Après L’appel du coucou et Le ver à soie, Robert Galbraith (toujours J.K. Rowling, vous le savez maintenant) nous livre une troisième enquête plus sombre, plus torturée : les deux personnages principaux sont personnellement visés par le meurtrier. Tous deux vont devoir affronter leur passé et choisir leur futur. Une croisée des chemins qui pimente un peu plus l’histoire pour notre plus grand bonheur !

L’auteur sait décidément quand il faut apporter des rebondissements, aussi bien dans l’enquête que dans la vie de Strike et Robin. Faire de tels virages dans ce troisième volume est un excellent choix de la part de l’écrivain, qui réveille la relation des deux complices, forcés de prendre plusieurs décisions.

Un peu différent des autres tomes, ce roman m’a semblé plus complexe et j’avoue m’être parfois perdue, notamment dans les noms des personnages qui émergent du passé de Strike. Néanmoins, j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre l’évolution de Robin et de son patron. Tous deux se révèlent beaucoup, entre eux et à nous.

J’attends avec impatience la suite de leurs aventures, qui devraient se faire sous un œil nouveau !

Livres

Cette nuit-là, Linwood Barclay

linwood-barclay_cette-nuit-laPourquoi ce livre ?

Parce que j’entendais parler de cet auteur depuis un bout de temps et que j’avais envie de thriller un jour d’errance en librairie. Tout simplement !

De quoi ça parle ?

En se réveillant un matin, Cynthia, âgée de 14 ans, découvre que ses parents et son frère ont disparu. Aucune trace de sa famille, même 25 ans plus tard… Jusqu’au jour où le passé resurgit, d’abord dans un coup de téléphone, ensuite un mail… Cynthia ne lâchera rien pour comprendre ce mystère, quitte à délaisser la famille qu’elle a fondé.

Mon avis

Cette nuit-là est un chouette thriller, qui happe en posant les bonnes questions au bon moment. Cette idée de disparition subite avait tout pour me séduire : une question simple mais de nombreuses réponses complexes. Comme Cynthia, on a envie de tout comprendre, même si cela prend du temps.

La particularité du roman : il est raconté du point de vue de Terry, le mari de notre héroïne. Un narrateur qui intrigue d’abord, mais à qui l’on s’identifie par la suite. Finalement, nous ne sommes pas Cynthia, mais nous avons un regard extérieur compatissant sur sa situation.

Une petite nuance malgré mon enthousiasme : les nœuds à démêler sont nombreux et l’on va de découverte en découverte. C’est un constant rebondissement un peu trop riche à mon goût, qui finit par être un peu trop tarabiscoté… On s’éloigne du réalisme pour obtenir un final de film hollywoodien.

Malgré cela, ce fut une bonne lecture et j’ai parcouru les chapitres avec plaisir et empressement. C’est le principal !

Livres

L’abbaye de Northanger, Jane Austen

l-abbaye-de-northanger_jane-austenPourquoi ce livre ?

Il m’a été offert par Myrtille lors de mon swap Portrait chinois l’année dernière. Il attendait sagement que j’ai envie de roman classique.

De quoi ça parle ?

A 17 ans, Catherine Morland part dans la petite ville de Bath, en compagnie d’un couple d’amis de ses parents, pour découvrir la vie mondaine. Elle va y faire la connaissance de l’exubérante Isabella Thorpe, mais aussi de l’énigmatique Henry Tilney (et de sa sœur Eleanor). Des jeux d’amitié et de séduction vont rythmer son quotidien…

Mon avis

Jane Austen répond parfaitement à mon besoin de littérature classique lorsque j’en ai besoin ! J’ai retrouvé le plaisir de lecture que j’avais eu en découvrant Orgueil et préjugés : des jolis mots, de belles phrases, des personnages qui s’expriment avec grâce et douceur, qui maîtrisent l’art de la parole et de la tromperie. C’est jouissif de les observer vivre, comme une petite souris invisible.

Evidemment, ces gens ont des problèmes de riches : ce mariage rapportera-t-il assez d’argent ? Cette promenade aura-t-elle lieu ? Comment réagira untel ?  Pourquoi a-t-il tenu ces propos ?

Il faut aimer ce genre de considération, mais Jane Austen ouvre une fenêtre sur l’aristocratie anglaise du 18e siècle et ravit notre curiosité. C’est élégant, amusant, j’aime !

Les personnages sont bien construits et présentés : on se souvient de leurs noms, de leurs caractères, de leurs actions… Et l’auteur s’amuse avec l’écriture,  en apparaissant parfois en tant que narratrice, nous expliquant pourquoi elle écrit ou n’écrit pas cela sur son héroïne. L’ironie est aussi présente dans ses propos : elle joue avec son personnage, avec ce qu’elle devrait être en tant qu’héroïne, puis lui change son comportement, son destin.

La présence de l’auteure et la beauté des mots font de ce roman un délice de lecture. On a le même regard naïf et admiratif sur cette histoire que Catherine sur les mondanités qui l’entoure. C’est chouette !

Livres

La petite lumière, Antonio Moresco

la-petite-lumiere_antonio-morescoPourquoi ce livre ?

C’est ma maman qui me l’a prêté. Un livre tout jaune et tout court, je dis oui !

De quoi ça parle ?

Le narrateur vit isolé dans un village de montagne. Un jour, il perçoit au loin une petite lumière. Une lueur énigmatique qu’il va chercher et trouver…

Mon avis

Ce court roman d’une centaine de pages m’a semblé très étrange : c’est un livre à part, écrit à la manière d’une poésie en prose. On ne sait rien du narrateur, ni son nom, ni son histoire, ni la raison pour laquelle il vit seul dans cet endroit isolé. Cela déroute au début, puis l’on comprend que ce n’est pas le but du livre.

Ce qui compte, c’est son attirance pour cette petite lumière et ce qu’il va y découvrir. Le suspense, même s’il est minime, est indéniablement là. Une fois la découverte faite, la poésie devient fable puis récit philosophique.

La petite lumière est une pensée sur le temps qui passe, sur la solitude et la contemplation de la nature. Cette dernière est omniprésente, elle secoue les pages, bouleverse les phrases… la vie animale est là, sous chaque pierre, sur chaque chemin ; la nature sauvage à perte de vue du narrateur.

C’est une belle et charmante parenthèse que nous propose Antonio Moresco, qui plaira aux romantiques, aux nostalgiques et aux rêveurs contemplatifs.

Livres

Une année particulière, Thomas Montasser

une-annee-particuliere_thomas-montasserPourquoi ce livre ?

C’était l’un de mes livres d’anniversaire ! Tout court, je me suis empressée de l’embarquer avec moi dans les transports en commun.

De quoi ça parle ?

Un beau matin, Valérie se retrouve à devoir gérer une librairie à l’abandon, que lui a légué sa tante disparue. Elle qui se destine à une carrière de consultante en économie, la voilà qui va faire connaissance avec la littérature et le pouvoir des livres…

Mon avis

Un livre sur les livres, pour une lectrice, c’est le comble du plaisir de lecture ! Comme l’indique le titre, c’est bien durant une année que l’on va suivre la jeune Valérie, dépoussiérant, rangeant, découvrant la librairie que lui a livré sa vieille tante Charlotte. La vieille femme a disparu dans la nature du jour au lendemain… laissant tout son bazar en plan, les factures impayées, les piles de livres, le classement à l’ancienne.

Malgré cette jolie promesse de lecture, j’avoue avoir été déçue par ce petit bouquin. On suit donc les interrogations de Valérie, qui s’avère être une jeune femme peu attachante. On connaît peu de choses sur sa vie, sur ses passions, ses goûts et ses rêves. Le focus se fait plutôt sur ses découvertes littéraires. La voilà qui prend plaisir à lire Tolstoï, Camus ou Twain, entre deux rangements. Un personnage principal qui manque de profondeur…

L’auteur ajoute à cette recette un personnage masculin énigmatique, qui ouvre la porte de la librairie alors que Valérie n’attend personne. C’est une ébauche de rencontre amoureuse qui se dessine mais elle ne prend jamais vraiment forme.

Il me semble qu’il ne faut pas appréhender ce bouquin comme un roman. C’est plutôt une fable sur la lecture, qui propose une liste intéressante d’ouvrages et de livres cultes à consulter pour piocher des idées de lecture. Au-delà de ça, l’intrigue n’est pas du tout développée. C’est un livre très contemplatif, qui lance quelques pistes poétiques, frôle le fantastique, mais ne développe jamais ces idées floues. Dommage ! Il aurait pu être plus long et étoffé, sans problème !

A picorer si vous êtes en manque d’idées lecture, mais ne vous y attardez pas si vous cherchez un roman sur une librairie pleine de surprises.

Livres

[Concours] Vous reprendrez bien un peu de chômage ?, Camille Lefèvre, Elise Duclaud-Lacoste

vous-reprendrez-bien-un-peu-de-chomage_camille-lefevre_elise-duclaud-lacostePourquoi ce livre ?

Parce qu’Elise Duclaud-Lacoste, c’est ma SUPER-COPINE vous pouvez la suivre sur Twitter) ! Ok, j’avoue, je n’ai pas trouvé ce bouquin par hasard… Mais j’ai plus ou moins suivi les étapes de sa création, de l’idée jusqu’à la sortie en librairie. La classe à Dallas pour ma copine de Master et ma camarade de galère d’ex-chômeuse !

De quoi ça parle ?

C’est un petit guide pratique humoristique, à la manière de La femme parfaite est une connasse des sœurs Girard, consacré à la galère de recherche d’emploi après les études. Le concept ? Suivre les étapes de cette galère durant 40 jours (en vrai, ça dure plus longtemps).

Mon avis

Le titre est à l’image du contenu : décalé, moqueur, drôle et sympathique, ce petit bouquin chaleureux est une jolie petite réussite. Je ne dis pas ça parce que l’une des deux auteures est mon amie, même si bien sûr mon avis reste subjectif (et que je déborde d’admiration pour mon Elise !).

Aéré, lumineux, il rassemble de courts textes qui s’adressent directement au lecteur et répertorient toutes les situations vécues par un jeune diplômé au chômage : la période où l’on apprécie le temps libre, la motivation sans borne, la remise en question, les conseils mal avisés des proches, la déprime, l’espoir… Le tout agrémenté d’illustrations discrètes, dans une mise en page aérée et dynamique. C’est tout beau !

Divisé en 40 mini-chapitres (qui font chacun 2 pages) correspondant à 40 jours, ce petit bouquin joue avec les mots et les situations. En temps qu’ancienne chômeuse jeune diplômée (qui plus est accompagnée par Elise durant cette période), je m’y suis retrouvée !

Bien sûr, c’est un guide humoristique à ne pas prendre au sérieux, mais ça fait relativiser et comprendre que l’on n’est pas seul.

Enfin, c’est un bouquin à l’esprit plutôt « citadin ». C’est le point de vue d’une ex-étudiante qui a suivi des études supérieures, et ça ne se veut pas universel (pas sûre que ça parle à un jeune bachelier par exemple, ou à quelqu’un qui a perdu son emploi). A savoir également : le guide affirme dès le début le parti pris de s’adresser à un lectorat féminin (et d’accorder tous les verbes pour cela), puisque les situations décrites sont plus ou moins inspirées des expériences des auteures. Un choix qui m’a surprise, puisqu’a priori, garçons et filles vivent les mêmes situations lorsqu’ils sont au chômage. Malgré cela, les deux sexes se retrouveront parmi ces pages, sans aucun doute !

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Elise la bleue et Camille la rayée en dédicace, le 27 avril 2016 à la librairie Maruani (Paris 13e) – Une chouette soirée qui a rameuté du monde !

Comme Elise est une super-copine et que j’ai l’occasion de vous faire plaisir, je vous propose un mini-concours pour gagner 3 exemplaires de Vous reprendrez bien un peu de chômage ? par tirage au sort !

A savoir :

  • Le concours est ouvert jusqu’au jeudi 2 juin 2016, 23h59. Les 3 gagnant(e)s seront annoncés sur le blog et contactés directement le lendemain pour obtenir les adresses postales.
  • C’est l’éditeur Marabout qui se chargera d’envoyer les 3 exemplaires : dans ce cadre, le concours est ouvert à la France, la Suisse et la Belgique.
  • Sans réponse des gagnant(e)s avant le 10 juin 2016, d’autres participant(e)s seront tirés au sort.

Bonne chance et merci (ce sont de chics filles, elles méritent ce beau succès) !!

Concours terminé

Tadaaam ! Merci à tous pour votre participation ! Comme promis, les 3 gagnant(e)s ont été tirés au sort et sont donc :

tirage au sort

Félicitations à vous trois ! Rendez-vous dans votre boîte mail pour me communiquer votre adresse postale.

Livres

Ce n’est pas toi que j’attendais, Fabien Toulmé

ce-nest-pas-toi-que-jattendais_fabien-toulmePourquoi ce livre ?

Ca faisait longtemps qu’il me faisait envie, grâce à de nombreux avis élogieux de lecteurs. Il a finalement croisé ma route à la médiathèque de mon CE, je n’ai pas résisté !

De quoi ça parle ?

L’auteur y raconte son propre expérience de l’arrivée d’un enfant trisomique. Suite à plusieurs examens médicaux rassurants, Fabien et son épouse attendent un enfant en pleine santé… Jusqu’à sa naissance, où l’on détecte une trisomie 21. Le monde de l’auteur s’écroule à cette annonce. Il va devoir apprendre à vivre avec et à aimer la petite Julia.

Mon avis

Un beau coup de cœur pour cette bande-dessinée ! Je comprends son succès tout à fait mérité. Fabien Toulmé a l’audace et le courage de ne pas magnifier l’arrivée d’un enfant trisomique. Non, cela ne lui fait pas plaisir, non, il ne veut pas porter son enfant, oui,  il est malheureux et dépressif suite à sa naissance. C’est un bouleversement auquel il n’a pas pu se préparer, puisque les examens prénataux n’ont rien détecté. C’est donc un choc auquel il est confronté à la naissance, alors qu’il faut déjà s’occuper de Julia. Une chose impossible pour ce papa rêveur qui imaginait déjà une vie familiale parfaite…

Le voilà donc qui dit avec franchise que ses rêves sont brisés, que son enfant est son boulet. J’ai aimé cette parole directe, qui ne fait pas comme si tout allait bien.

Heureusement, sa vision des choses vont changer et il va apprendre à aimer sa petite fille, aidée par sa femme, qui supporte mieux la nouvelle, et par son autre fille, en admiration devant sa petite sœur « pas comme les autres ». Epaulé par ses proches et une généticienne, Fabien découvre son rôle de papa d’enfant trisomique, qui enchaîne les visites médicales à tour de bras, mais profite aussi d’une enfant tendre et affectueuse.

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Au-delà de l’histoire, le dessin est très expressif, rond et coloré. Divisée en chapitres, la bande-dessinée est dense : on en a pour son argent (comme on dit) !

Une très belle BD, donc, qui procure beaucoup d’émotions et un beau moment de lecture.

Livres

Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan

rien-ne-soppose-a-la-nuit_delphine-de-viganPourquoi ce livre ?

Je crois que je me suis offert ce livre il y a quelques temps… Convaincue dès sa sortie, j’ai attendu sa sortie poche pour me le procurer, puis le moment opportun pour le lire.

De quoi ça parle ?

Delphine de Vigan dresse le portrait de sa famille, haute en couleurs, et particulièrement de la famille de sa mère. On suit le parcours chaotique de cette femme, bipolaire et suicidaire, qui est finalement passée à l’acte. Une blessure à l’origine de cet ouvrage dense et riche en émotions.

Mon avis

J’étais sûre d’adorer ce bouquin et ça n’a pas manqué. C’est un livre qui m’a  fascinée, transportée. Difficile de le lâcher tant je me suis sentie impliquée dans cette lecture. La famille de l’auteure a ce petit truc envoûtant des familles nombreuses : une tripotée d’enfants, des parents aimants, une grande maison de campagne… On s’attache très vite aux frères, sœurs et parents de Lucile, la mère de Delphine de Vigan. Chacun pourrait être un personnage de roman, et le devient tout d’un coup. La vie familiale resplendit, on les admire de les voir vivre ensemble de manière si unie.

Pourtant, de nombreux drames vont venir entacher ce parfait portrait de famille : suicides, accidents mortels… Lucile, au milieu de tout ça, reste une enfant bien mystérieuse, qui continue à fasciner une fois adulte. Victime, elle est aussi bourreau avec ses propres enfants : on perçoit dans chaque page la souffrance de l’auteure et de sa sœur, qui ont dû affronter dès leur plus jeune âge la bipolarité de leur mère.

Au-delà de cette histoire de famille, c’est un carnet d’écriture que l’auteure partage avec nous. Dévastée par le suicide de Lucile, elle se lance à corps perdu dans l’écriture de ce livre. Mille fois, elle aborde les entretiens qu’elle a eus avec ses oncles et tantes, pour essayer de mieux connaître sa mère disparue. Elle livre les difficultés d’écriture, les tourments qui l’ont gagnée la nuit, les remises en question, les doutes et les blessures rouvertes…

C’est un livre splendide : un hommage à sa mère, un questionnement intérieur, une histoire de famille… Même si elle démêle les souvenirs, révèle les non-dits, dévoile les secrets pour réaliser ce portrait de famille torturé, Delphine de Vigan reste discrète. Ses propos n’ont rien de blessant, d’impudique, d’irrespectueux. Ce n’est pas un témoignage qui sert à faire pleurer dans les chaumières, c’est un roman bouleversant qui présente une femme et sa famille hors norme, aussi bien du côté lumineux que du côté obscur.

A lire, bien sûr ! C’est un ouvrage qui m’a bouleversée et que je n’oublierai pas de sitôt.

Livres

L’oubli, Emma Healey

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C’est ma sœur chérie qui me l’a offert pour Noël ! Elle sait que je suis friande de thrillers psychologiques, alors le choix était parfait.

De quoi ça parle ?

Maud est une vieille femme qui perd un peu la boule : elle oublie sans cesse tout et n’importe quoi. Pourtant, malgré le brouillard constant, elle n’en démord pas : sa voisine Elizabeth a disparu, tout comme sa sœur aînée soixante ans plus tôt. Comment démêler le vrai du faux lorsque la mémoire flanche ?

Mon avis

Ce premier roman m’a d’abord fortement fait penser à Avant d’aller dormir, puisqu’il y était question de mémoire et de thriller. Mais à peine commencé, il était clair que cette histoire n’avait rien à voir avec celle d’S. J. Watson.

Ecrite à la première personne, cette histoire nous glisse dans la peau de Maud, une vieille dame malade d’Alzheimer, qui passe son temps à noter sur des bouts de papier les questions qu’elle se pose, alors qu’entre temps, la situation a changé. Une narration très réussie, qui parvient à mélanger les souvenirs du personnage avec le réel. Attentif, on devine ce qui a réellement eu lieu tout en restant méfiant, presque convaincu par notre héroïne à la mémoire défaillante. Dans un chapitre, nous sommes de son côté, persuadés que son entourage lui cache quelque chose ; dans le suivant, on se fait une raison : elle ne se rappelle plus.

L’aspect thriller reste très peu développé : ne vous attendez pas à des rebondissements incroyables, à des personnages machiavéliques. Le suspense réside dans la perte de mémoire de Maud. Qu’est-il arrivé à sa voisine disparue ? Nous l’a-t-on déjà dit ? Et sa grande sœur disparue elle aussi, soixante ans plus tôt ? Le passé se mêle au présent tout comme le vrai devient faux et inversement.

A la fois drôle et inquiétant, ce roman a un énorme avantage : il est très bien construit ! On se sent nous même victime de la maladie. Un tour de force de la part de l’auteure. C’est un bouquin pour vous si vous aimez perdre vos repères mais que vous n’aimez pas avoir peur. Lancez-vous, vous ne risquez rien !