Livres

La dernière carte, Carin Gerhardsen

derniere-carte-carin-gerhardsenPourquoi ce livre ?

Je l’avais reçu en cadeau l’année dernière et le gardais précieusement pour une lecture hivernale, choix incité par la couverture, qui s’est révélée fort mensongère !

De quoi ça parle ?

Sven-Gunnar Erlandsson est un bon père de famille et un homme apprécié par son entourage. Un soir, en rentrant de la traditionnelle soirée poker qu’il partage chaque année avec trois amis, il se fait tuer d’une balle dans la nuque. Dans sa poche, la police découvre quatre cartes à jouer et un mystérieux code noté sur un papier. L’équipe de la criminelle se plie en quatre pour comprendre ce meurtre énigmatique…

Mon avis

Comme je l’ai dit plus haut, IL NE FAUT PAS SE FIER A LA COUVERTURE ! La neige et le gant rouge m’avaient séduite avant même que je lise le résumé, et m’avaient laissé croire qu’il s’agissait d’une lecture d’hiver. Pauvres fous ! L’enquête se passe à la fin de l’été, les enquêteurs écourtent d’ailleurs leurs vacances. Et le gant rouge n’existe tout simplement pas. Je peux donc affirmer que l’éditeur n’a pas lu ce texte. Je ne sais pas quoi penser de tout ça…

Ceci étant dit, parlons du roman. Comme à chaque lecture originaire du Nord de l’Europe (ici, la Suède) que j’ai pu faire, je me suis aussitôt sentie perdue par les noms propres (personnages, noms de rues et de villes). Il m’a donc fallu un temps d’adaptation pour rentrer dans l’histoire et savoir qui était qui. Heureusement, l’intrigue étant passionnante et la lecture facile, j’ai rapidement surmonté cette petite difficulté.

Rien d’original dans cette enquête policière : l’entourage de la victime n’en fait que des louanges mais l’on sent pourtant un malaise ambiant ; l’équipe policière se compose de caractères bien différents, et chacun a sa manière de mener l’enquête. La résolution du mystère n’a rien d’incroyable. Pourtant, malgré tout cela, on lit cette histoire avec grand plaisir, en soupçonnant tout le monde à tour de rôle, comme dans chaque bon polar.

A lire si vous êtes en quête d’un récit divertissant, d’un policier entraînant, simple à lire et à suivre.

Livres

Quand j’étais Jane Eyre, Sheila Kohler

J’ai hésité à publier un article aujourd’hui, en raison des événements dramatiques qui se sont produits chez Charlie Hebdo cette semaine et qui ont touché la France entière, que dis-je, le monde entier. Pourtant, comme sur d’autres blogs, je préfère continuer à écrire et donner mon avis plutôt que me taire et faire place au silence. C’est pourquoi le blog continue de vivre comme avant. Non pas « comme si de rien n’était », mais justement en tenant compte de ce qui est arrivé.

Quand j'étais Jane EyrePourquoi ce livre ?

Il faisait partie de ma wish-list depuis quelques temps, lorsque Laura, du blog Aimer les dimanches, me l’a gentiment offert dans le swap entre deux Laura.

De quoi ça parle ?

Il s’agit du contexte d’écriture de Jane Eyre, par Charlotte Brontë (lu, adoré et chroniqué !). L’auteur imagine, de manière réaliste mais romancée, le cadre familial et l’ambiance qui entouraient la jeune fille alors qu’elle écrivait cette histoire.

Mon avis

J’avais beaucoup d’attentes vis à vis de ce roman : le sujet (l’écriture de Jane Eyre) et l’époque (le 19e siècle en Angleterre) avaient a priori tout pour me plaire. Pourtant, j’ai vite lu et oublié ce bouquin. Il ne se passe finalement pas grand chose. On observe Charlotte, aux côtés de son père infirme et de ses sœurs. L’action est absente. C’est un tableau glacial qui est dressé par l’auteur. Le point de vue est extérieur, en recul. On regarde, on attend, rien ne se passe, si ce n’est que l’histoire de Jane Eyre avance et que Charlotte va bientôt être publiée.

Le style d’écriture ne m’a pas non plus convaincue. Froid, lourd, je n’ai pas aimé me retrouver dans cette maison vide et silencieuse en compagnie de la famille Brontë. En revanche, je pense que ce côté « Angleterre pluvieuse, venteuse, froide et sombre » est assez réaliste. Cette famille pauvre a sans doute du vivre dans ces conditions. Mais cela ne ressemble pas à l’esprit de Jane Eyre, que j’avais tant aimé et que j’espérais retrouver. Tant pis !

Saluons tout de même la jolie couverture !

Livres

Trente-six chandelles, Marie-Sabine Roger

roger_trente-six-chandellesPourquoi ce livre ?

Je l’ai choisi et reçu dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire 2014 de Price Minister-Rakuten. Pour rappel, le site permet aux blogueurs de recevoir gratuitement un des livres de la rentrée littéraire, en échange d’une chronique de blog. J’avais déjà participé à l’opération l’année dernière et avais chroniqué l’étrange Lady Hunt, de Hélène Frappat.

De quoi ça parle ?

Nous sommes le 15 février. Mortimer Decime a aujourd’hui 36 ans. Allongé sur son lit, il attend la mort, qui devrait arriver à 11h pile. En effet, depuis quatre générations, les hommes de sa famille meurent à cette heure exacte, le jour de leur 36e anniversaire. Mortimer s’est donc préparé au pire. Mais si le destin en décidait autrement ?

Mon avis

WHAHOU ! Quel roman génial ! Un bouquin tendre, plein d’humour, d’amour, d’originalité. Quel plaisir ! Se plonger dans ses pages a l’effet d’un Kiss-Cool. Nous voilà rafraîchis, sourire aux lèvres !

Notre héros Mortimer est un homme désabusé mais infiniment drôle. Il revient sur la vie de ses ancêtres et raconte avec sérieux leurs invraisemblables et désopilantes façons de mourir. Puis il nous présente ses deux amis, Nassardine et Paquita, le couple parfait mais désaccordé, délurés, amoureux, pleins d’attentions pour lui, qu’il fréquente depuis de longues années et a qui il confie ses rêves. Enfin, il fait entrer en scène la mutine Jasmine, dont les passe-temps sont de se faire consoler par les gens (pour qu’ils se sentent utiles) et de fabriquer des chapeaux farfelus. Bref, Mortimer et les autres personnages sont tous un peu perchés sur leur nuage. Très touchants, très humains, on aimerait profondément les rencontrer.

Le style de l’auteur et la structure du livre m’ont aussi charmée. L’écriture, légère, caustique ou tendre, se joue de la mort et des petits drames de la vie ; elle illumine les pages et embelli les personnages que l’on aime déjà tant. Les chapitres, eux, sont aérés, découpés de manière inattendue. Ils font que nos yeux filent à toute vitesse et que l’on engloutit ce joli roman.

Trente-six chandelles est un intelligent livre-doudou. Je l’ai serré contre ma joue en le terminant, le cœur tout content. A lire si vous avez le moral dans les chaussettes ou que vous avez envie d’une bonne dose d’humour et d’amour.

Merci Price-Minister pour cet envoi et cette magnifique découverte !

Informations complémentaires

Marie-Sabine Roger est notamment l’auteur de La tête en friche (dont j’avais adoré l’adaptation cinématographique avec Gisèle Casadesus) et Bon rétablissement, aussi adapté au cinéma récemment (avec Gérard Lanvin) par Jean Becker. Tout ça pour dire que ses romans semblent parfaits pour le cinéma !

ROGER Marie-Sabine, Trente-six chandelles, éditions du Rouergue, 2014, 278 pages

Livres

Every day, David Levithan

every-day-levithanPourquoi ce livre ?

J’avais envie de tester mon niveau d’anglais en lisant un roman écrit en anglais. J’ai demandé conseil sur Twitter et ma chère Laura (du blog Aimer les Dimanches) m’a suggéré Every day. Puisque les livres anglais sont beaucoup moins chers que les français, je me suis offert ce grand format (10 dollars !) et l’aventure a pu commencer.

De quoi ça parle ?

A est un adolescent qui a la particularité de vivre chaque jour dans un nouveau corps, de s’approprier chaque matin la vie d’une personne de son âge, le temps d’une journée. Sa vie n’a pas vraiment de sens jusqu’à ce qu’il se réveille dans le corps de Justin et rencontre sa copine Rhiannon. Pourra-t-il vivre une histoire d’amour avec elle, en sachant qu’il sera chaque jour dans un corps différent ?

Mon avis

J’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire, simplement parce que le début de cette lecture en anglais était un peu fastidieux. J’avais aussi l’impression qu’il ne se passait pas grand chose. Cela a fait traîné ma lecture pendant 2 mois et demi… J’ai lu quelques pages de temps en temps, uniquement chez moi, tranquille. C’est pourquoi cela a pris du temps !

En revanche, arrivée à la moitié du roman, je me suis passionnée pour l’histoire d’amour impossible entre A et Rhiannon. Notre héros est particulièrement mature et très empathique vis-à-vis des personnes qu’il incarne à tour de rôle. Drogué, dépressif, heureux, seul, ivre, bad boy, méfiant, sportif, obèse, méchant, gay… Tous les adolescents qu’il « visite » ont des personnalités très différentes, ils sont touchés par les problèmes classiques que l’on rencontre à l’adolescence. Ils vivent dans des familles plus ou moins présentes et compréhensives (parents aimants ou au contraire je-m’en-foutisme absolu) et accordent plus ou moins d’importance au regard des autres. On s’identifie forcément à l’un de ces personnages. Une bonne idée de la part de l’auteur, donc, qui s’adresse avec ce roman à tous les ados du monde.

J’ai aussi apprécié le découpage journalier du bouquin : chaque nouveau chapitre est un nouveau jour, où A se réveille dans un nouveau corps, une nouvelle vie. On suit le jeune homme durant un mois environ. Chaque jour, il tente d’approcher Rhiannon, jusqu’à ce qu’elle comprenne à qui elle a affaire et commence à échanger des emails avec lui. Leur relation évolue de manière assez subtile et c’est très appréciable.

La fin du livre, enfin, m’a assez surprise, quoi qu’elle semble après coup tout à fait logique. Je m’attendais à une fin spectaculaire, pleine de rebondissements. Elle est plutôt fataliste mais m’a finalement convenue.

A lire, donc, si vous aimez les histoires d’amour originales !

L’expérience de lecture en anglais

Comme dit précédemment, la lecture en anglais fut assez fastidieuse au début. Commencé le 5 septembre, j’ai terminé ce roman le 22 novembre. En revanche, sachez que je ne l’ai pas lu tous les jours, loin de là ! J’ai dû le lire en 6 ou 7 fois. J’ai donc connu de longues périodes d’abandon du livre, car j’avais du mal à m’accrocher. Pourtant, une fois lancée, j’ai senti que la lecture devenait plus fluide. L’anglais ne m’a plus posé problème : j’ai dépassé les petits obstacles constitués par le manque de vocabulaire et me suis mise à lire de manière fluide. Tant pis si je n’ai pas compris tous les mots, j’ai compris le sens de chaque paragraphe et c’est le principal !

C’était donc un très bon exercice. Je crois que je vais réitérer l’expérience pour garder le rythme et continuer à m’exercer. On se sent décapée une fois la lecture terminée et fière fière fière ! J’ai l’impression que mon cerveau a rajeuni ! Hihi !

Si vous voulez aussi tenter l’expérience de lecture en anglais, je vous conseille Every day car c’est un roman facile à lire, écrit au présent et très ancré dans l’instant présent de par son sujet. Il faut toutefois rester motivé car il fait plus de 300 pages (aérées).

Informations complémentaires

Every day existe en version traduite et s’intitule A comme Aujourd’hui (titre un peu nul). Voilà à quoi ressemble la couverture française.

a-comme-aujourdhui_levithan

LEVITHAN David, Every day, éditions Ember, 2013, 324 pages

Livres

Colomba, Prosper Mérimée

merimee-colombaPourquoi ce livre ?

Il m’a été prêté par ma copine Lulu, grande lectrice de classiques. Je me suis lancée aveuglément dans l’aventure !

De quoi ça parle ?

Le colonel anglais Nevil et sa fille Lydia arrivent en Corse et font la connaissance d’Orso  et de Colomba della Rebbia. Tous deux, frère et sœur, sont les derniers descendants d’une célèbre famille corse en guerre depuis des décennies avec une autre famille, les Barricini. Alors qu’Orso veut oublier la loi du talion qui régit les deux familles, Colomba n’a qu’un but : venger la mort de leur père, assassiné dans des circonstances mystérieuses.

Mon avis

Il faut parfois (voire souvent) faire confiance aux amis prêteurs de livres : l’histoire d’une vendetta corse et la couverture vieillotte du bouquin (pardon Lulu) ne me vendaient pas du rêve. Pourtant, j’ai beaucoup aimé cette histoire hors du commun : je n’avais jamais lu d’aventure pareille, ni de récit ayant lieu en Corse. Mérimée dresse son action dans un décor typique, celui d’un petit village corse dans lequel deux familles à fort caractère se font la guerre. Le maquis, la tradition et le dialecte corse sont omniprésents : on voyage donc avec Mérimée et c’est avec grand plaisir.

L’intrigue, quant à elle, a tout le charme des romans classiques : pas de grands rebondissements, de jolies scènes inattendues, du hasard, une pincée d’amour, une bonne dose de caractère… On se plait en compagnie de la sauvage Colomba, maligne et courageuse, un peu trop impulsive peut-être ; ainsi qu’avec Orso, un personnage au sang-froid, plus doux, plus apaisé. Les Nevil, eux, découvrent la Corse comme le lecteur et offrent un regard neuf sur ces traditions meurtrières.

Comment cette histoire va-t-elle finir ? La vengeance règnera-t-elle en maître ? La justice l’emportera plutôt ? Voilà ce que l’on se demande tout le long du roman, jusqu’à cette jolie fin, où Colomba reste fidèle à elle même, la tête haute. Quelle belle héroïne !

Besoin de voyage, d’aventure, de personnage féminin impétueux ? Colomba est fait pour vous !

MERIMEE Prosper, Colomba, éditions Le Livre de Poche, 1980 (paru initialement en 1840), p. 217 à p. 386 (169 pages)

Livres

Manabé Shima, Florent Chavouet

florent-chavouet_manabe-shimaPourquoi ce livre ?

Vous allez me dire : « Quoi ? Tu as presque 40 livres dans ta PAL et tu empruntes des bouquins à tes proches ? ». Oui, pardon. C’est eux qui me les mettent entre les mains, la plupart du temps, et je me dois d’honorer mon rôle d’amie lectrice. Hormis dans ce cas : c’est moi qui ai demandé à mon amie C. (toujours du blog Le Cri du Bonsaï) de me prêter cette jolie BD. Elle en avait parlé par ici et j’avais déjà eu un pré-coup de cœur…

De quoi ça parle ?

Florent Chavouet, illustrateur et auteur de BD, habitué de séjours au Japon, a un jour eu l’idée d’aller sur l’une des 4000 îles du pays (selon la BD). Ses conditions ? Une petite île, isolée mais accessible. Il choisit Manabé Shima, très peu connue, où l’on passe sa vie à pêcher et manger du poisson. L’auteur va alors dessiner ses deux mois de vie sur cette île typique : les animaux et plantes qu’il y croise, les familles japonaises, leurs maisons, les routes, les petites fêtes de village… dans les moindres détails.

Mon avis

Manabé Shima est une magnifique BD ! On sent l’auteur passionné, il rend son travail passionnant grâce à des dessins ultra-précis, qui rendent chaque détail : le contenu des étagères des maisons, les bibelots, les visages, les aliments, les jardins… On se croirait sur cette île paisible, qui semble retenue dans le passé, là où il n’y a pas de voitures rutilantes, où le calme semble de mise, où la pêche est l’unique activité des habitants, où les chats peuplent les rues, où l’on boit à la santé de tout et n’importe quoi. Tout à coup, on a envie de faire ses valises et d’aller déguster une dorade aux côtés de ces japonais authentiques.

manabe-shima-planche

Sans jamais se moquer, l’auteur dépeint les traditions et autres étrangetés de l’île, avec douceur et humour. On le sent vite intégré et accepté au milieu des familles, parfois sauvages et bourrues, parfois fières d’être les modèles des dessins de cet étranger.

manabe-shima-planche2

Il faut parfois tourner et virer le livre dans tous les sens pour lire les annotations de l’auteur, qui se fiche de la perspective ou du réalisme et dessine les espaces en 3D. Mais cela ajoute au plaisir de lecture et de découverte ! Nous ne sommes pas loin du livre-jeu, du livre ludique, plein de surprises, qui demande une attention toute particulière.

Si vous êtes amateur du Japon et de ses coutumes, adepte des dessins détaillés et richement colorés, ou tout simplement curieux, lancez-vous dans Manabé Shima, une BD haute en couleurs qui fait voyager, assez longue pour que l’on en profite et que l’on en ait pour son argent. Géniale !

CHAVOUET Florent, Manabé Shima, éditions Philippe Picquier, 2010, 142 pages

Livres

Non c’est non, Petit manuel d’autodéfense…, Irène Zeilinger

non-cest-non_irene-zeilingerPourquoi ce livre ?

Il m’a été prêté par ma super copine C. du blog Le Cri du Bonsaï il y a bien longtemps. Ca y est, je l’ai enfin lu !

De quoi ça parle ?

Irène Zeilinger, formatrice d’autodéfense féministe, donne toutes les clefs pour apprendre à se défendre contre toute forme de violence ou d’agression : de l’invasion d’espace vital du métro à l’agression verbale, du harcèlement moral jusqu’à la violence physique, l’auteur prépare à l’autodéfense mentale, émotionnelle, verbale et physique.

Mon avis

Non c’est non est un essai utile. Un vrai de vrai, qui donne des solutions, rassure, épaule la lectrice, ne la regarde pas de haut comme un prof « qui sait tout ». C’est un livre qu’il faut lire, sans doute, d’abord pour prendre conscience que les femmes sont conditionnées dès leur plus jeune âge à la fragilité, à la faiblesse, et que cela fait que nous n’osons pas nous défendre. Ensuite pour savoir que faire, que dire, comment réagir si l’on se sent envahie, mal à l’aise, agressée, stressée par une situation.

L’auteur insiste plusieurs fois sur le fait qu’il faille compléter cette lecture par un cours d’autodéfense. Elle ne prétend donc pas faire de ses lectrices des samouraï ou des reines de la répartie. En revanche, elle donne de nombreux conseils : regarder les agresseurs potentiels ou les gros lourdingues dans les yeux sans sourire, se tenir droite, remplir l’espace au lieu de se recroqueviller dans un coin, marcher droit, ne pas se laisser bousculer sans rien dire, mettre l’envahisseur devant le fait accompli en lui mettant la honte, savoir où taper, pincer, mordre, étrangler si besoin… On sent que c’est une femme qu’il ne faut pas emmerder, et on l’admire pour cela !

Ce bouquin donne du courage, de la force, on se sent prête à batailler contre toute forme de violence (psychologique, émotionnelle, physique, sociale, sexuelle…). Ma pote C. et moi avons maintenant comme objectif de tenter un cours d’autodéfense. Comme elle me disait l’autre jour, il vaut mieux apprendre avant qu’il nous arrive un truc plutôt qu’après.

A mettre entre les mains de toutes les femmes ! Comme l’indique le titre complet, c’est un « petit manuel d’autodéfense à l’usage de toutes les femmes qui en ont marre de se faire emmerder sans rien dire ». Si cela vous parle, lancez-vous !

ZEILINGER Irène, Non c’est non, éditions Marabout, 2011 (édition originale en 2009), 318 pages

Livres

La forêt des ombres, Franck Thilliez

thilliez-foret-des-ombresPourquoi ce livre ?

La forêt des ombres faisait partie d’une sélection de thrillers gagnée grâce à Univers Poche (qui rassemble notamment les éditions Fleuve, Pocket et 10/18).

De quoi ça parle ?

David Miller, thanatopracteur et écrivain, est un jour abordé par un vieux milliardaire handicapé, prénommé Arthur Doffre. Parce qu’il sait écrire et qu’il s’y connaît en morts (!), celui-ci lui propose, en échange de plusieurs milliers d’euros, d’écrire l’histoire du Bourreau 125, un tueur en série qui s’est suicidé. La condition : passer un mois ensemble, avec leurs proches respectifs, dans un chalet perdu en pleine Forêt-Noire, en Allemagne. Très vite, David accepte et se retrouve avec sa famille dans ce lieu isolé de tout, propice au pire…

Mon avis

Quelques semaines après sa lecture, La forêt des ombres me laisse un avis mitigé. Car c’est un roman efficace, qui respecte ses promesses : l’angoisse, la paranoïa et l’horreur sont au rendez-vous, sans aucun doute. Le cadre, bien que peu original, s’y prête parfaitement : des personnages frustrés, énigmatiques ; un lieu isolé, entouré de neige ; une histoire de tueur en série qui refait surface… Il ne manque rien au scénario. De ce côté-là, on est donc servi et on avance plutôt bien dans l’intrigue, en grimaçant de temps en temps.

Pourtant, il me reste un goût de trop peu : le dénouement ne m’a pas convaincue. Chaque personnage se révèle petit à petit jusqu’à l’explosion finale, un peu trop tirée par les cheveux. Ma tête en lisant les dernières pages : sourcils froncés, bouche en O (oui, j’avais une tête bizarre). J’en voulais plus ! J’ai franchement eu l’impression que l’auteur avait d’abord pensé son intrigue avant d’y trouver un dénouement. Résultat, on est conquis puis déçu, parce que tout cela semble expliqué « vite fait », « parce qu’il le fallait ».

C’est finalement un roman d’horreur qui se lit pour l’horreur. Il manque quelque chose de plus profond, plus creusé, pour donner du volume à l’histoire et de la crédibilité aux personnages. Si vous cherchez un thriller, j’en ai d’autres en magasin qui en valent plus la peine.

Informations complémentaires

Les droits cinématographiques ont été achetés par Gaumont, selon la page Wikipédia. Ca promet !

THILLIEZ Franck, La forêt des ombres, éditions Pocket, 2013 (édition originale en 2006), 366 pages

Livres

Méto, 2. L’île, Yves Grevet

meto-l-ile-yves-grevetPourquoi ce livre ?

Rappelez-vous ! J’avais adoré le tome 1 en mars dernier et j’étais pressée d’enchaîner avec la suite. Pourtant, j’ai attendu quelques mois après la sortie poche du tome 2 pour me le procurer et le lire (tout est absolument LOGIQUE).

De quoi ça parle ?

Je préfère ne rien vous dire pour ne pas vous faire de révélation fracassante ruinant toute l’intrigue du tome 1. Pardon. Sachez juste que l’on retrouve Méto et ses amis, toujours prêts à découvrir la vérité à propos de la Maison et de l’île sur laquelle elle se trouve.

Mon avis

Si vous vous lancez dans cette trilogie jeunesse, je vous conseille grandement d’enchaîner les trois tomes. Moi qui me suis mis en tête d’attendre les sorties poche pour compléter ma collection (avouons que les couvertures des bouquins sont assez chouettes), je me suis retrouvée perdue. Attendre 7 mois pour continuer l’histoire fut donc un très mauvais choix, et malheureusement, cela a eu une incidence sur l’appréciation de cette lecture.

Difficile de se remémorer le lieu, le contexte, l’avancement de l’histoire et surtout, ô surtout, les noms des personnages. Mis à part Méto, qui a le nom le plus simple au monde, les autres ont tous des noms à la romaine : Claudius, Marcus, Octavius, Flavius… N’ayant aucune caractéristique physique permettant de les différencier, ils ont pour moi le même visage, les mêmes attitudes. J’ai eu beaucoup de mal à savoir de qui me parlait l’auteur ! Qui plus est, de nombreux nouveaux personnages s’ajoutent à ceux-là dans ce deuxième tome. Cela fut un coup dur pour ma mémoire effilochée.

Malgré cette désorientation constante, j’ai parfois retrouvé quelques bribes de souvenirs du premier tome et surtout, j’ai eu quelques explications. Assez pour me donner envie de lire le dernier tome, qui sortira en 2015.

N’hésitez pas à lire ou relire ma chronique du tome 1 « La Maison », qui sera bien plus convaincante et vous donnera, je l’espère, envie de découvrir cette belle trilogie.

GREVET Yves, Méto, tome 2 « L’île », éditions Pocket Jeunesse, 2014 (initialement publié en 2009), 234 pages

Livres

211 idées pour devenir une fille brillante, Bunty Cutler

211idees-butler-couvPourquoi ce livre ?

Honte à moi ! Il m’a été offert par ma tante à Noël dernier, et ce n’est que maintenant que je le termine. Pour tout vous dire, j’ai étalé ma lecture durant les 10 derniers mois, piochant de temps en temps une dose de bonne humeur entre ses pages.

De quoi ça parle ?

Il s’agit d’un manuel humoristique, rempli de bons conseils classés par thématiques : « La reine de la cuisine », « La maîtresse de maison accomplie », « L’hôtesse parfaite », « Etre totalement sublime », « La mécanique des filles », « Hue dada » et « Comment être une vilaine fille ».

Mon avis

Premièrement, le livre est beau, costaud, fabriqué avec du beau papier, bien construit et pensé etc… On aime tenir la couverture solide en main, tourner ses pages épaisses, admirer sa mise en page. Un très beau travail d’édition qui rend la lecture agréable !

Deuxièmement, 211 idées pour devenir une fille brillante est un bouquin génial ! C’est un concentré de bonne humeur, de second degré, d’humour vache, coquin, sexy, décapant. Il faut tout lire, absolument tout, pour se délecter de l’univers de l’auteur. Sa biographie, par exemple :

211idees-butler-bio

Le sommaire, ensuite, promet de belles découvertes :

211idees-butler-sommaire

Picorer des bons conseils de Mme Butler est un délice qui se savoure. Sous ses airs de bonne femme de bonne famille, prête à faire de vous l’épouse/la voisine/la mère/la séductrice parfaite, l’auteur est en fait d’une drôlerie déconcertante. C’est un livre à prendre à plusieurs degrés : halte, donc, aux lectrices sans humour. En dehors de cela, le livre propose toutefois de véritables conseils et astuces qui sont bonnes à prendre, par exemple « Comment siffler comme un loup avec élégance » même si je n’y suis pas encore parvenu ; « Comment allumer un feu dans une cheminée » ; « Comment faire la roue » ; « Comment faire disparaître des tâches sur n’importe quel support »… A la lecture, on a envie de tout essayer !

Il existe une version masculine, intitulée 211 idées pour devenir un garçon génial, qui s’annonce tout aussi formidable. Il fait aussi partie de ma bibliothèque, et comme mon cher coéquipier ne prend pas le temps de le lire par lui-même, je vais imposer un conseil par soir, avant de dormir. Héhé !

CUTLER Bunty, 211 idées pour devenir une fille brillante, éditions Marabout, 2007 (première édition en 2006), traduit par Laurence Rico, 288 pages