Livres

La délicatesse, David Foenkinos

la-delicatesse_foenkinosPourquoi ce livre ?

Il m’a gentiment été offert par ma tutrice lors de mon dernier stage. J’en ai entendu tellement de bien que je n’ai pas tardé à le sortir de mes étagères.

De quoi ça parle ?

Nathalie vit heureuse avec François : depuis leur rencontre, ils ne connaissent que le bonheur d’être ensemble. Mariés, amoureux, ils sont pourtant frappés d’un terrible malheur… François meurt brutalement. Nathalie va devoir réapprendre à vivre seule. Jusqu’à sa rencontre avec Markus, l’un de ses collègues, effacé et ordinaire.

Mon avis

Si vous cherchez un roman plein de vie, rafraîchissant, léger et élégant, tentez celui-là ! La délicatesse est un de ces petits bijoux littéraires qui redonnent du baume au cœur, du courage en cas de difficultés. Lumineux, vraiment délicat et subtil, il contient tout ce qui me fait aimer la lecture : des personnages libres, insouciants, qui apprécient les petites choses sans vouloir à tout prix conquérir le monde ; une écriture rythmée, pleine d’humour, légère et fluide ; une histoire de rencontre amoureuse loin de tout stéréotype, sans eau de rose, sans réplique surfaite.

Nathalie, discrète et sensible, ne se plaint pas mais ne se confie pas non plus. C’est un personnage fort, solitaire et sauvage. Markus, ni beau ni laid, à l’allure quelconque, cache au creux de lui des talents insoupçonnés : drôle, malin, honnête, il séduit Nathalie et le lecteur sans le faire exprès. Ensemble, ils vont apprendre à s’apprivoiser hors des chemins battus et j’ai adoré les suivre au travail, au restaurant, chez eux, séparément puis ensemble.

David Foenkinos m’a aussi conquise grâce à son style d’écriture : les 210 pages se lisent à une vitesse éclair. Découpé en courts chapitres, aéré, plein d’anecdotes, ce roman est indiscutablement une parenthèse enchantée dans mes lectures plus noires, plus policières (même si j’adore cela aussi !). C’est une histoire qui pourrait avoir lieu, des personnages qui pourraient exister. Rien de mièvre ou de ridicule entre ces pages, tout ce que j’aime.

Le film tiré de ce roman me semble très bien adapté, particulièrement dans le choix des acteurs. François Damiens est assurément Markus et la délicatesse d’Audrey Tautou correspond à celle de Nathalie. Il ne manque que le style de l’auteur, difficile à retranscrire en images, qui fait tout le piquant de ce livre. A voir tout de même après avoir lu ce formidable roman plein d’espoir !

FOENKINOS David, La délicatesse, éditions Folio, 2013 (édition originale en 2009), 210 pages

Livres

Carrie, Stephen King

carrie_stephen-kingPourquoi ce livre ?

Parce qu’il m’a été offert par Anna, lors du swap « Born in the USA » qui a eu lieu en juin dernier. Mais aussi parce que j’avais besoin d’un court roman et qu’il était évidemment temps que je lise ce classique américain.

De quoi ça parle ?

Est-ce nécessaire de l’expliquer ? … Carrie White a 17 ans et vit dans une petite ville américaine sans histoire. Solitaire et mystérieuse, elle est le bouc émissaire de son lycée et doit supporter le fanatisme religieux de sa mère. Qui plus est, elle est dotée d’un don étrange qu’elle ne maîtrise pas assez : celui de déplacer les objets par la pensée. Bientôt arrive la date fatidique du bal de l’école et par miracle, elle est invitée par Tommy, le garçon le plus populaire du lycée, sincère et gentil. Pourtant, la soirée qui semblait si parfaite, va très mal tourner.

Mon avis

Eh oui, eh oui, c’est un sacrilège : aimer les thrillers et autres romans noirs et n’avoir jamais lu Carrie, le comble ! Bien sûr, je connaissais l’histoire. Il y a un certain nombre d’années que je l’ai découverte via l’adaptation cinématographique de Brian de Palma, qui m’avait littéralement scotchée. Surtout Sissy Spacek, qui y incarne l’héroïne avec brio (et a d’ailleurs reçu des prix pour cette interprétation).

J’ai aussi vu récemment la nouvelle adaptation de Kimberly Peirce avec Chloe Grace Moretz (une Carrie un peu trop belle à mon goût) et c’est aussi ce visionnage qui m’a donné envie d’en savoir plus.

carrie-actrices

Le roman, donc. Ebouriffant. Intelligent. Ce n’est pas un roman d’horreur à proprement dit : l’auteur ne se satisfait pas de quelques terribles scènes sanglantes. Il construit autour du drame final une véritable réflexion. Si Carrie use violemment de son pouvoir, ce n’est pas seulement parce que sa mère est folle, parce qu’elle veut se venger ou parce que ce fameux don est incontrôlable. C’est aussi parce qu’elle a subit trop de harcèlements et de moqueries, qui l’ont détruite. Le comportement des autres, des gens « normaux » donc, a une incidence terrible sur cette jeune fille mal dans sa peau. La relation de cause à effet est parfaitement exploitée par l’auteur ! Si untel n’avait pas dit ça, fait ça, proposé ceci, cela ne serait pas arrivé.

Car le personnage de Carrie est très attachant : on aime cette jeune fille qui ne demande qu’à vivre comme tout le monde et l’on croise les doigts tout le long du roman pour que tout se passe bien pour elle, même si l’on connaît déjà l’issue de l’histoire (comme pour Titanic, tiens !). Au diable sa folle de mère ! Carrie est innocente, malgré les horreurs qu’elle commet.

Rassurez-vous ! Je parle librement de la fin de l’histoire mais Stephen King ne nous cache rien : dès le début et tout le long du roman, il nous livre de faux extraits de journaux et autres témoignages revenant sur la soirée du bal. La fin, d’ailleurs, est véritablement explosive. Tout cela va bien plus loin que dans les deux films et j’ai beaucoup apprécié cette folie furieuse qui mène à la destruction massive.

Enfin, est-il nécessaire de parler du style de l’auteur ? Stephen King est un écrivain, un vrai. Il alterne le récit au passé avec les pensées décousues de Carrie, placées entre parenthèses, surgissant de nulle part, au milieu des phrases. Cela transcrit parfaitement le mal-être de l’héroïne qui se bat constamment contre le désir de vengeance et l’éducation stricte et religieuse que lui a inculquée sa mère, au profit des plaisirs simples et de la vie sociale, qu’elle souhaite plus que tout.

Il y aurait des milliers de choses à dire sur ce roman brillant, qui mérite son succès et qui, je vous le rappelle, est le premier roman de l’auteur et date de 1974. Il est à lire, c’est certain. Un intense moment de lecture qui pose beaucoup de questions. Incontournable !

KING Stephen, Carrie, éditions Le Livre de Poche, 2013 (édition originale de 1974), traduit par Henri Robillot, 282 pages

Livres

Si je reste, Gayle Forman

si-je-reste_gayle-formanPourquoi ce livre ?

Je l’ai trouvé très peu cher en bouquinerie et sa couverture me faisait de l’œil : à la fois apaisante et mystérieuse. Sachant qu’il allait être adapté au cinéma, j’ai parié dessus en me l’offrant.

De quoi ça parle ?

Mia, une jeune fille de 17 ans, à tout ce qu’il faut pour être heureuse : une famille aimante et unie, un amoureux transi, une passion pour le violoncelle et de jolis projets musicaux. Tout cela va être détruit par un banal accident de voiture. Mia, seule survivante, est entre la vie et la mort. Elle doit choisir entre les deux.

Mon avis

Rien de très original dans cette histoire, pourtant, Si je reste est un joli petit roman qui se lit très vite et avec plaisir. La jeune Mia, qui observe son corps tel un fantôme et constate la tristesse de ses proches, va devoir prendre une décision peu banale : mourir, et rejoindre sa famille ; ou vivre, et se battre contre le chagrin.

Cela semble peu pour combler les 189 pages du roman, mais l’auteur a eu l’idée astucieuse d’insérer de nombreux flashbacks entre ces moments de « flottement » (c’est le cas de le dire). On fait donc la connaissance de Mia et de ses proches et l’on s’attache rapidement à eux, unis grâce à leur passion commune pour la musique. Omniprésente, cette dernière habille vraiment l’histoire. On est spectateurs de la vie de l’héroïne, telle une bande-annonce sur fond musical qui défilerait devant nos yeux.

Rien de transcendant, donc, mais une belle lecture calme et facile. Ce qu’il faut pour passer deux heures en bonne compagnie.

Informations complémentaires

Si je reste a été adapté au cinéma par R. J. Cutler. Il sort en salles françaises le 17 septembre 2014. Je pense que j’irai voir ce que ça donne ! En attendant, voici la bande-annonce.

FORMAN Gayle, Si je reste, éditions Pocket, 2010 (2009 pour l’édition originale), traduit par Marie-France Girod, 189 pages

Livres

La saga Divergente, Veronica Roth

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Pourquoi ces livres ?

Parce que je suis curieuse, tout simplement ! Mon amie V. m’a proposé de me prêter la trilogie et j’ai accepté avec plaisir avant de me plonger dedans début août.

De quoi ça parle ?

L’histoire se passe dans un lointain futur, dans une ville organisée par factions : selon leur personnalité, les habitants font partie des Altruistes, des Audacieux, des Sincères, des Erudits ou des Fraternels. Chacun a son rôle dans la société. Beatrice, une jeune fille de 16 ans, s’apprête à choisir la faction à laquelle elle va appartenir durant toute sa vie. Son problème ? Elle ne répond à aucune catégorie : c’est une Divergente. Elle ne sait pas encore qu’elle va jouer un rôle majeur dans la révolution qui se soulève discrètement…

Mon avis

Avant toute chose, pardon pour le désaccord entre les couvertures. Impossible de trouver la couverture du tome 3 accordée aux deux premiers, qui sont les éditions dans lesquelles j’ai lu Divergente.

Je lis finalement assez peu de sagas car j’ai tendance à me dire qu’il existe des millions de romans en un seul volume qui méritent aussi d’être lus. Cette fois, j’ai tapé fort : j’ai enchaîné avec les trois tomes de la trilogie Divergente durant le mois d’août, à la fois pour ne rien oublier d’un tome à l’autre et pour en être « débarrassée » (si l’on peut dire ça comme ça).

Que vaut donc cette saga, qui s’inscrit dans le genre Young Adult dystopique à la mode actuellement ? J’ai d’abord été frappée par le style d’écriture très pauvre de Veronica Roth. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple !? L’auteur semble adorer broder des phrases alambiquées qui ne veulent rien dire et des métaphores à l’eau de rose. Dommage. Car l’histoire reste prenante. Malgré le style, on s’accroche à l’intrigue.

Le premier tome est selon moi le plus intéressant : il permet de faire la découverte de ce monde complètement divisé, à l’aube d’une révolution sanglante. On suit également l’héroïne dans ses premiers pas d’adulte : la voilà qui découvre une faction inconnue, un futur groupe d’amis, un amoureux, une famille secrète… Tout cela fait que l’on tourne les pages sans hésitation !

Le deuxième tome est un peu plus lent. La première révolution a eu lieu et chacun vit dans ses retranchements, attendant le deuxième coup d’envoi. La fin, pleine d’action et de rebondissements, apporte son lot de consolation.

Le dernier tome, lui, est encore plus mou du genou. L’annonce finale du tome 2 retombe comme un soufflé au fromage (eh oui). Les révélations sont nombreuses et c’est sans doute ça que j’ai préféré. Enfin, on comprend certaines choses ! Pourtant, cela aurait mérité d’être encore plus creusé, plus accompli. Plus politique, peut-être ! Quelque chose d’un peu plus adulte, en somme. Tout reste en suspens : on connaît la vérité mais finalement, il ne se passe pas grand-chose. Beaucoup de bruit pour rien, quelle déception !

La fin de la saga, que je ne révèlerais pas évidemment, ne m’a rien procuré de particulier. Je ne me suis pas attachée aux personnages, je n’ai donc pas eu d’espoir, de regret, de déception ou de joie. Une fois le roman terminé, j’étais seulement soulagée de l’avoir fini pour passer à autre chose.

En conclusion, Divergente part sur de bonnes bases (mis à part le style de l’auteur !) puis dégringole. La bonne idée de départ aurait mérité plus de travail. Dans le même genre, préférez Hunger Games.

ROTH Veronica, Divergente, tomes 1, 2, 3, éditions Nathan, 2012, 2014, 2014, traduit par Anne Delcourt, 444 pages, 461 pages, 461 pages

Livres

Lorsque j’étais une oeuvre d’art, Eric-Emmanuel Schmitt

oeuvre-dart_schmittPourquoi ce livre ?

C’est mon adorable tutrice de stage qui me l’a offert en revenant d’une virée en librairie. Plutôt court, il arrivait pile poil au moment où je terminais un autre roman alors j’ai enchaîné avec celui-là.

De quoi ça parle ?

Un homme, seul et désespéré, s’apprête à sauter d’une falaise, quand un étrange monsieur lui demande 24h pour le faire changer d’avis. Ce drôle d’énergumène, artiste mondialement reconnu prénommé Zeus-Peter Lama, va transformer le dépressif en véritable œuvre d’art, lui ôtant toute humanité au profit de son art.

Mon avis

Lorsque j’étais une œuvre d’art est un roman tout aussi farfelu que l’artiste de l’histoire : parfois amusant, parfois triste ou même scandaleux, il a le mérite de ne pas laisser indifférent. La transformation du héros en œuvre d’art, la manipulation de son corps, la disparition de sa capacité à penser et s’exprimer sont tout autant de pistes de réflexion autour de l’art. Schmitt pose discrètement des questions philosophiques : qu’est-ce que l’art ? Comment définir l’être humain ? Est-ce que tout peut être art ?

C’est donc plutôt un conte philosophique qu’un roman contemporain : les lieux sont imaginaires et indéfinis, la maison de Zeus fantasque, les personnages flous, plein de poésie… Tout cela n’est que prétexte à la réflexion. On se croirait dans un film de Tim Burton, le morbide en moins.

Je n’ai donc cessé de me poser des questions sur l’art grâce à ce petit bouquin, mais j’ai finalement assez peu apprécié l’intrigue. Je ne me suis pas attachée aux personnages, et même si cela n’est sans doute pas le but de ce roman, c’est une chose qui m’a manquée.

A lire si le sujet vous intéresse, car c’est néanmoins une bonne façon de s’interroger, surtout aujourd’hui, où le débat « c’est de l’art / ça ne l’est pas » fait fureur lorsqu’un Jeff Koons s’installe à Versailles ou que les musées s’ouvrent à l’art moderne et au design d’objet.

SCHMITT Eric-Emmanuel, Lorsque j’étais une œuvre d’art, éditions Le Livre de Poche, 2014 (première édition en 2002), 253 pages

Livres

Le dîner, Herman Koch

le-diner_herman-kochPourquoi ce livre ?

C’est sur Twitter qu’un lecteur m’avait donné envie de découvrir ce roman. Je n’ai pas tardé à l’acheter mais il a attendu son tour assez longtemps sur mon étagère.

De quoi ça parle ?

Paul, le narrateur, a ce soir-là un dîner prévu dans un grand restaurant, en compagnie de sa femme, son frère, le célèbre Serge Lohman, et sa belle-sœur. Malgré les apparences et les banalités échangées durant une bonne partie du repas, le but de cette rencontre est tout autre : parler de ce qu’ont commis leurs fils respectifs.

Mon avis

On a du mal à croire qu’un roman de près de 400 pages puisse se consacrer exclusivement à un repas dans un restaurant, partagé entre quatre personnes d’une même famille. Pourtant, Herman Koch réussit cette prouesse sans jamais nous ennuyer. Divisé en six parties que sont l’apéritif, l’entrée, le plat, le dessert, le digestif et le pourboire, Le dîner commence avec humour et légèreté. Paul n’a aucune envie d’aller manger avec son frère imbus de sa personne et son regard cynique sur le monde et sur ses proches font sourire.

Les choses prennent une toute autre tournure au fur et à mesure des pages : le discours cynique devient sombre, les révélations surprennent et ce roman qui semblait humoristique devient grave, pesant, intense. L’auteur parvient donc à faire glisser le curseur de manière très subtile : on ne s’attend pas à la raison de ce fameux dîner et à la complexe personnalité de Paul.

Surprenant : voilà comment je qualifierai ce bouquin écrit avec talent. Une bonne lecture que l’on termine les yeux écarquillés et presque essoufflé. Fiou !

KOCH Herman, Le dîner, éditions 10 18, 2013 (édition originale de 2009), traduit par Isabelle Rosselin, 356 pages

Livres

Le jardin de ciment, Ian McEwan

jardin-de-ciment-ian-mcewanPourquoi ce livre ?

Bonne question ! Je me demande encore comment il est arrivé sur mes étagères. Je me souviens juste avoir commencé cette lecture il y a plusieurs années et l’avoir abandonnée par ennui et incompréhension. La semaine dernière, j’ai eu envie de retenter l’aventure !

De quoi ça parle ?

Jack, 14 ans, vit dans une maison isolée avec ses deux sœurs et son frère. Quatre orphelins livrés à eux-mêmes après avoir perdu leurs deux parents, peu de temps l’un après l’autre. Conscients que si cela se savait, ils seraient séparés, ils décident de garder le secret et d’enterrer leur mère sous du ciment, dans la cave…

Mon avis

Le jardin de ciment me laisse un goût amer. Je ne peux pas dire que je l’ai détesté, car je reconnais le talent d’écrivain de McEwan. En revanche, je reste sceptique quant à cette histoire. L’ambiance, particulièrement malsaine, met le lecteur dans une situation délicate : les deux ainés, Jack et Julie, frôlent l’inceste à plusieurs reprises ; le petit frère Tom cherche son identité sexuelle en s’habillant de robes ; Sue, la cadette, s’isole avec ses bouquins. Même s’ils semblent tout à fait sains d’esprit, tous partent à la dérive petit à petit. La maison devient une vraie poubelle, plus rien ne ressemble à une vie de famille.

Le lecteur, donc, hésite entre refermer le livre pour laisser ces personnages se perdre en paix, ou finir sa lecture, simplement parce que c’est son « devoir » de lecteur. Le style, léger, contraste avec le fond, de plus en plus noir et cynique. On se sent vraiment très mal à l’aise.

On n’éprouve pas non plus de sympathie pour les personnages : ils sont tous plus ou moins détestables, imbus d’eux-mêmes, fiers et malpolis. Aucune tendresse entre eux. Ils errent côte à côte mais ne se tiennent pas la main.

Je suis assez déçue de ce roman : McEwan est un auteur anglais reconnu, j’aurais aimé l’apprécier. Malheureusement, sa passion pour l’obsession, le malaise et le sordide ne m’a pas convaincue.

MCEWAN Ian, Le jardin de ciment, éditions Point, 2008 (édition originale en 1978), traduit par Claire Malroux, 175 pages

Livres

Troubles et Conséquences, Jean-François Legrand

troubles-et-consequences_jean-francois-legrandPourquoi ce livre ?

C’est Jean-François Legrand lui-même qui m’a proposé la lecture de son roman. Deux arguments de taille m’ont convaincue : sa taille (roman court, j’accours) et son envoi papier (lire des pdf sur l’ordi, très peu pour moi). A peine commandé, déjà reçu ! Ca c’est de l’efficacité !

De quoi ça parle ?

Adrien vit avec Laure et leur fils David. Leur vie de famille semble normale, pourtant, elle va être bouleversée par la fragilité et la paranoïa du héros, qui ne supporte pas que ses projets prennent l’eau…

Mon avis

On applaudit fort ce roman et son auteur ! Efficace, original, passionnant, voilà comment je le résumerais.

Efficace, puisqu’il est court et bien écrit. J’aime beaucoup lire avec autant de rapidité et d’énergie. L’ennui et la lassitude n’ont pas leur place ici et ça fait beaucoup de bien de tourner les pages sans jamais ralentir le rythme. L’écriture, fluide et nette, loin d’être énigmatique ou « conceptuelle » (comme j’ai déjà pu le lire dans des premiers romans), laisse la place à l’action et la pensée du narrateur, bref, pas d’accrochage ou d’interrogation de la part du lecteur.

Original, car le narrateur ne s’exprime pas de manière habituelle (je ne peux pas vous en dire plus car je risquerais de dévoiler ce qui fait la saveur de ce texte…). Pourquoi Adrien n’agit jamais ? Pourquoi décrit-il ses proches de façon si distante ? On comprend au fur et à mesure ce qu’il est devenu, à l’heure où il s’exprime, mais cela est distillé de manière délicate. Cette ambiance brumeuse et énigmatique apporte un plus à cette histoire de famille.

Passionnant, car j’ai lu ce roman en un aller-retour en RER, et 30 minutes en arrivant chez moi. Ayant deviné ce qui se tramait pour le personnage principal, j’avais toutefois très envie de savoir comment l’auteur allait amener la fin. Résultat : je suis convaincue ! Et en plus, la couverture est jolie !

Si vous hésitez encore, sachez que l’auteur est très accessible (@Djeffbyjeff) et saura sans doute vous convaincre. Un vrai plaisir de lire ce premier roman.

Merci à Jean-François Legrand pour la proposition de lecture et à Books on Demand GmbH pour l’envoi postal rapide.

LEGRAND Jean-François, Troubles et Conséquences, éditions Books on Demand Gmbh, 2014, 119 pages

Livres

Entre chiens et loups, Malorie Blackman

entre-chiens-et-loups-malorie-blackmanPourquoi ce livre ?

J’en ai entendu parler à plusieurs reprises sur la blogosphère, avant de le croiser par hasard sur les étagères, chez mes parents. Je l’ai immédiatement rangé dans ma valise !

De quoi ça parle ?

Callum et Sephy sont deux adolescents que tout sépare, pourtant, ils sont meilleurs amis. Le premier est un Nihil : il est blanc, sa famille est pauvre et révoltée. La seconde est une Prima : elle est noire, fille du Premier ministre et issue d’une famille riche. Dans ce monde, les deux peuples s’affrontent. Il n’y a pas de place pour l’amitié, l’amour et la paix… Comment les deux héros vont-ils pouvoir évoluer ensemble ?

Mon avis

J’ai appris hier que Entre chiens et loups n’est que le premier tome d’une série de 4 romans : il va falloir que je lise la suite, car j’ai tout simplement adoré cette lecture ! L’impossible histoire d’amitié puis d’amour entre les deux personnages principaux est un sujet vieux comme le monde. Pourtant, l’auteur a eu la riche idée d’inverser le contexte par rapport à la réalité historique : cette fois, ce sont les Blancs qui sont méprisés et soumis aux Noirs. Ce simple changement apporte à l’histoire un regard nouveau et lui donne une forme d’originalité. Il fallait y penser !

Le plus étrange, c’est qu’en tant que lectrice, il a parfois fallu que je me rappelle qu’effectivement, Callum était blanc et Sephy noire. Comme si inconsciemment, mon cerveau associait les privilèges aux Blancs et l’oppression aux Noirs. Quand l’Histoire prend le pas sur l’imagination…

En plus de cela, j’ai beaucoup apprécié suivre les héros durant une longue période (4 ans je crois). Adolescents, ils évoluent très vite, prennent position, en fonction de ce qu’ils constatent autour d’eux. Influençables, toujours en plein doute, ils restent instinctivement attirés l’un vers l’autre. Sephy doit lutter contre les préjugés et sa famille qui se déchire, quand Callum apprend à détester ceux qui oppriment son peuple et tuent ses proches.

Le style, plutôt jeunesse, aurait pu me faire fuir : pourtant, il apporte une certaine insouciance au récit. Cela se justifie par l’alternance des points de vue des deux personnages à chaque chapitre, qui sont, rappelons-le, jeunes et pleins d’incertitudes.

La fin, quant à elle, balaye tout sur son passage : inattendue, osée, bluffante, radicale. Comment faire évoluer l’histoire après cela ? On n’a plus qu’une envie : le découvrir en lisant le tome 2.

BLACKMAN Malorie, Entre chiens et loups, éditions Milan, collection Macadam, 2005 (édition originale en 2001), traduit par Amélie Sarn, 397 pages

Livres

Au bonheur des ogres, Daniel Pennac

au-bonheur-des-ogres-pennacPourquoi ce livre ?

Depuis bien longtemps sur mon étagère (parmi les livres déjà lus d’ailleurs, mais je n’en avais aucun souvenir), j’ai fini par le sortir de là ces derniers jours, suite au conseil de ma copine Camille, du blog Le Cri du Bonsaï. Et puis après Thérèse Raquin, j’avais besoin d’un peu de légèreté !

De quoi ça parle ?

Benjamin Malaussène est un grand frère aimant, qui s’occupe de toute une ribambelle d’enfants alors que la mère est partie en vadrouille. Son métier ? Bouc émissaire dans un grand magasin parisien. Son rôle ? Faire pitié au client mécontent pour que celui-ci retire sa plainte. Une série d’explosions de bombes vont bousculer sa vie… Pourquoi cela a-t-il toujours lieu lorsqu’il est dans les parages ?

Mon avis

Je ne sais pas pourquoi je n’ai aucun souvenir de ce livre (alors que selon son classement dans ma bibliothèque, il était censé être lu. En effet, je suis maniaque, et alors ?). Très aéré, plein d’humour, je l’ai lu en quelques jours dans les transports en commun.

Je dois avouer qu’au début, j’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’histoire : les phrases courtes, le rythme rapide, le parallèle entre l’action du récit et les pensées du narrateur demandent en effet un peu de concentration. Pas facile entre deux RER et quelques dizaines de voyageurs écrasés les uns aux autres (ah Paris !).

Puis je me suis prise d’affection pour la famille Malaussène, tous un peu fous ou bizarres. Du Petit au chien épileptique, en passant par la jolie Clara ou la mystique Thérèse. Tous ces personnages ont une personnalité propre, et même si on les fréquente finalement assez peu, on les distingue rapidement les uns des autres.

L’histoire, très farfelue, est un hommage à la malchance et à la maladresse : c’est d’ailleurs ce qu’incarne Benjamin, le narrateur, qui se trouve toujours au mauvais endroit au mauvais moment. Soupçonné d’être lié aux explosions, il n’a aucun moyen de démontrer son innocence car effectivement, cela arrive toujours lorsqu’il est dans le coin. Le dénouement est très foufou, mais cela n’a finalement pas trop d’importance. C’est plutôt Benjamin et sa famille qui font la saveur de ce roman.

Une bonne lecture pour qui aime les histoires abracadabrantes, le style humoristique et les aventures familiales ! Je dois maintenant lire la suite de la saga Malaussène et voir le film de Nicolas Bary sorti en 2013 au cinéma. Si vous l’avez vu, vous en avez pensé quoi ?

PENNAC Daniel, Au bonheur des ogres, éditions Gallimard, collection Folio, 1985, 287 pages