Livres

Songe à la douceur, Clémentine Beauvais

songe-a-la-douceur_clementine-beauvaisPourquoi ce livre ?

Suite à l’article de Laura sur Mille vies en une, j’ai eu très envie de me lancer dans ce roman jeunesse original, qui promettait une lecture doudou dont j’avais justement besoin. Le livre étant très joli, je me le suis offert, comme ça.

De quoi ça parle ?

Eugène et Tatiana se sont connus à l’adolescence, le temps d’un été, puis se sont perdus de vue. Dix ans plus tard, ils se croisent par hasard dans le métro parisien. Une rencontre qui va chambouler leur quotidien…

Mon avis

Comme beaucoup d’autres lecteurs, j’ai adoré ce roman ! C’est ce que j’appelle une véritable œuvre, parfaitement conçue pour faire passer un savoureux moment de lecture.

Vous le savez peut-être déjà, mais Songe à la douceur (vers tiré de « L’invitation au voyage » de Baudelaire) est écrit en vers libres (c’est-à-dire sans aucune règle de strophes ou de rimes). La mise en page joue avec les mots, l’ensemble est aéré, destructuré, inattendu. Même si elle peut décontenancer, la forme de ce roman joue un rôle fondamental dans l’histoire et l’expérience de lecture. C’est évidemment ce qui m’a le plus touchée… Moi qui suis une amatrice d’Apollinaire, j’étais comblée par le calligramme de la fin.

Voilà à quoi ressemble tout le roman :

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On pourrait très bien imaginer une lecture à voix haute de ce roman : il est conçu comme un conte, directement formulé par l’auteure, qui s’amuse avec notre curiosité. C’est un regard extérieur que porte Clémentine Beauvais sur l’histoire d’amour d’Eugène et Tatiana, mais elle en sait tout de même plus que nous. Les retours en arrière pour mieux comprendre le présent créent le suspense et pimentent la lecture.

On se sent de suite touchés par nos deux héros, timides, déboussolés, mignons et joueurs ; aussi par l’acte manqué qui détermine toute l’évolution de leur relation.

C’est un véritable roman doudou, un bouquin qui fait du bien, aussi doux que son titre le laisse entendre, magnifiquement créatif et original. Craquez pour ce livre !

Livres

L’assassin royal, Robin Hobb

l-assassin-royal_premiere-epoque_1_robin-hobbPourquoi ce livre ?

L’assassin royal est une de ces sagas cultes que je veux lire en intégralité, car je suis friande des histoires fantastiques et des grandes aventures. J’ai comme projet de lire la saga entière petit à petit, alors j’ai commencé par cette intégrale « Première époque, 1 » publiée par J’ai Lu, qui rassemble les trois premiers tomes de l’histoire.

De quoi ça parle ?

Ces trois premiers tomes suivent le début de l’aventure du jeune Fitz, bâtard du prince Chevalerie, qui a du mal à trouver sa place à Castelcerf, le château royal. Choisi par le vieux roi Subtil pour être son assassin, il va être mêlé à de nombreux complots et renversements politiques. Un rôle discret qu’il va devoir apprendre à jouer dans l’ombre, dès son plus jeune âge.

Mon avis

Je comprends pourquoi L’assassin royal est devenue une saga culte : cette histoire rassemble tous les ingrédients nécessaires à une grande aventure littéraire. De l’action, du complot, de l’amour, de la haine, de la tromperie, un château royal, des pouvoirs magiques, un vrai méchant, des vrais gentils… Nous voilà plongés dans une nouvelle époque médiévale, aux côtés d’un jeune héros maladroit mais courageux. Personnage principal et narrateur, il partage avec le lecteur toutes ses pensées et souvenirs. Très vite, on est touchés par ce jeune Fitz qui n’a rien demandé à personne mais qui va avoir un rôle crucial dans cette histoire.

Au-delà du personnage, j’ai particulièrement aimé la présence constante d’animaux. Chevaux, chiens, oiseaux, loups… La nature a un rôle très important dans cette saga. Fitz détient d’ailleurs un pouvoir rare et interdit, appelé le Vif, qui permet de connecter son esprit aux animaux. Il noue une très belle relation fusionnelle avec le loup Œil-de-Nuit, qui va ponctuer son quotidien et changer son destin…

Si vous aimez les grandes histoires fantastiques et les rebondissements politiques, ce livre est pour vous ! Toutefois, il vous faudra prévoir du temps de lecture, car cette première intégrale poche de 1100 pages ne se lit pas en quelques jours. Je m’en vais lire d’autres romans avant de continuer avec la deuxième intégrale, car j’avoue qu’enchaîner trois tomes m’a un peu lassé par moments.

Pour les novices en matière d’Assassin royal, voici la construction de la saga chez J’ai Lu :

PREMIER CYCLE

Intégrale Première Epoque, 1

1) L’apprenti assassin
2) L’assassin du roi
3) La nef du crépuscule

Intégrale Première Epoque, 2

4) Le poison de la vengeance
5) La voie magique
6) La reine solitaire

SECOND CYCLE

Intégrale Deuxième Epoque, 1

7) Le Prophète Blanc
8) La Secte maudite
9) Les secrets de Castelcerf

Intégrale Deuxième Epoque, 2

10) Serments et deuils
11) Le dragon des glaces
12) L’homme noir
13) Adieux et retrouvailles

Il est apparemment conseillé de lire la saga Les aventuriers de la mer (3 intégrales, 9 tomes) entre le premier et le second cycle, car cela suit l’ordre de publication originale (différent de l’ordre de publication française). A voir si j’ai le courage de le faire, je n’ai pas encore pris ma décision… Quel est votre conseil ?

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Shutter Island, Dennis Lehane

shutter-island_dennis-lehanePourquoi ce livre ?

J’avais adoré le film lors de sa sortie au cinéma, mais je n’avais jamais pris le temps de lire le roman à l’origine de cette histoire. J’ai finalement acheté le livre il y a peu et je me suis jetée dessus. Tout à fait logique.

De quoi ça parle ?

Dans les années 50, au large de Boston, se dresse Shutter Island, une île qui abrite un hôpital psychiatrique pour assassins. Le marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule sont chargés d’y enquêter pour retrouver la patiente Rachel Salando, qui a réussi à disparaître de sa cellule malgré une porte fermée à clef de l’extérieur. Au fur et à mesure de l’enquête, Teddy Daniels va devoir démêler le vrai du faux, le réel du fictif, le passé du présent…

Mon avis

Evidemment, évidemment, c’est un coup de cœur ! L’une des lectures qui marqueront mon année 2016, sans aucun doute. Si ce roman est déjà culte, ce n’est pas pour rien. Dennis Lehane mène le lecteur par le bout du nez jusqu’à la dernière page. Le suspense est omniprésent, grâce à une écriture à double tranchant : tout peut être interprété de deux façons. Comme le héros Teddy Daniels, on se sent perdu, manipulé. On finit par soupçonner tout le monde, jusqu’aux derniers chapitres, où la réalité prend une autre dimension.

C’est un véritable coup de maître, un grand classique du thriller psychologique ! Si vous souhaitez vous lancer dans le genre, ou que vous avez besoin d’un bon coup de fouet littéraire pour mieux repartir, choisissez Shutter Island ! Une valeur sûre.

Livres

A l’orée du verger, Tracy Chevalier

a-l-oree-du-verger_tracy-chevalierPourquoi ce livre ?

Mais parce que Tracy Chevalier fait partie de mes auteurs préférés ! Je ne rate aucune de ses parutions, que j’achète toujours dans les éditions Quai Voltaire.

De quoi ça parle ?

Nous sommes en 1838, dans l’Ohio. La famille Goodenough vient de s’installer sur des terres marécageuses et tente d’y cultiver un verger. James, le père, doit sans cesse défendre ses pommiers chéris de la mère, Sadie, qui s’entête à vouloir transformer les pommes en eau de vie. Au milieu vivent les enfants Goodenough, qui n’ont pas leur mot à dire. C’est l’histoire de cette famille de pionniers qui va s’entre-déchirer et faire fuir le jeune Robert et sa soeur Martha à travers les Etats-Unis.

Mon avis

Au-delà de la très jolie photo de couverture, ce roman est une nouvelle fois une réussite ! Une fois de plus, Tracy Chevalier met en lumière une période historique (19e siècle aux Etats-Unis) et un savoir-faire peu connu (la culture de pommes) à travers l’histoire d’une famille. On est rapidement confrontés à la dureté du quotidien de ces personnages qui tentent de survivre tant bien que mal, entourés de leurs pommes. On découvre à quel point la culture de ces fruits fut importante, mais aussi l’ampleur que prit le commerce des arbres et des graines, des Etats-Unis à l’Europe.

Comme dans tous ses romans, l’auteure dresse une fresque familiale au cœur de la fresque historique. On la sent documentée, passionnée. Le vocabulaire de la culture d’arbres est omniprésent, les gestes des connaisseurs sont décrits, les métiers sont représentés. Quant aux personnages, ils ont tous une forte personnalité et des caractères marqués. On ne s’emmêle jamais les pinceaux dans les noms, malgré la profusion de personnages.

En refermant le livre, on se sent touché, ému par la vie de ces héros du quotidien, mais aussi affamé, prêt à dévorer une corbeille de pommes. A lire dès que possible !

Livres

La carrière du mal, Robert Galbraith

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Parce que je suis définitivement fan de cette série de romans policiers ! Je n’ai pas résisté longtemps : juste après sa sortie, il était dans ma bibliothèque. Il m’a fallu attendre le bon moment pour le déguster.

De quoi ça parle ?

On y retrouve le détective Strike et son acolyte Robin, qui vont cette fois devoir résoudre une affaire sordide : en effet, ils sont les destinataires d’un colis effroyable, qui contient une jambe de femme ! Une enquête qui va bouleverser nos deux héros et déterrer de vieux souvenirs…

Mon avis

Après L’appel du coucou et Le ver à soie, Robert Galbraith (toujours J.K. Rowling, vous le savez maintenant) nous livre une troisième enquête plus sombre, plus torturée : les deux personnages principaux sont personnellement visés par le meurtrier. Tous deux vont devoir affronter leur passé et choisir leur futur. Une croisée des chemins qui pimente un peu plus l’histoire pour notre plus grand bonheur !

L’auteur sait décidément quand il faut apporter des rebondissements, aussi bien dans l’enquête que dans la vie de Strike et Robin. Faire de tels virages dans ce troisième volume est un excellent choix de la part de l’écrivain, qui réveille la relation des deux complices, forcés de prendre plusieurs décisions.

Un peu différent des autres tomes, ce roman m’a semblé plus complexe et j’avoue m’être parfois perdue, notamment dans les noms des personnages qui émergent du passé de Strike. Néanmoins, j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre l’évolution de Robin et de son patron. Tous deux se révèlent beaucoup, entre eux et à nous.

J’attends avec impatience la suite de leurs aventures, qui devraient se faire sous un œil nouveau !

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Cette nuit-là, Linwood Barclay

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Parce que j’entendais parler de cet auteur depuis un bout de temps et que j’avais envie de thriller un jour d’errance en librairie. Tout simplement !

De quoi ça parle ?

En se réveillant un matin, Cynthia, âgée de 14 ans, découvre que ses parents et son frère ont disparu. Aucune trace de sa famille, même 25 ans plus tard… Jusqu’au jour où le passé resurgit, d’abord dans un coup de téléphone, ensuite un mail… Cynthia ne lâchera rien pour comprendre ce mystère, quitte à délaisser la famille qu’elle a fondé.

Mon avis

Cette nuit-là est un chouette thriller, qui happe en posant les bonnes questions au bon moment. Cette idée de disparition subite avait tout pour me séduire : une question simple mais de nombreuses réponses complexes. Comme Cynthia, on a envie de tout comprendre, même si cela prend du temps.

La particularité du roman : il est raconté du point de vue de Terry, le mari de notre héroïne. Un narrateur qui intrigue d’abord, mais à qui l’on s’identifie par la suite. Finalement, nous ne sommes pas Cynthia, mais nous avons un regard extérieur compatissant sur sa situation.

Une petite nuance malgré mon enthousiasme : les nœuds à démêler sont nombreux et l’on va de découverte en découverte. C’est un constant rebondissement un peu trop riche à mon goût, qui finit par être un peu trop tarabiscoté… On s’éloigne du réalisme pour obtenir un final de film hollywoodien.

Malgré cela, ce fut une bonne lecture et j’ai parcouru les chapitres avec plaisir et empressement. C’est le principal !

Livres

L’abbaye de Northanger, Jane Austen

l-abbaye-de-northanger_jane-austenPourquoi ce livre ?

Il m’a été offert par Myrtille lors de mon swap Portrait chinois l’année dernière. Il attendait sagement que j’ai envie de roman classique.

De quoi ça parle ?

A 17 ans, Catherine Morland part dans la petite ville de Bath, en compagnie d’un couple d’amis de ses parents, pour découvrir la vie mondaine. Elle va y faire la connaissance de l’exubérante Isabella Thorpe, mais aussi de l’énigmatique Henry Tilney (et de sa sœur Eleanor). Des jeux d’amitié et de séduction vont rythmer son quotidien…

Mon avis

Jane Austen répond parfaitement à mon besoin de littérature classique lorsque j’en ai besoin ! J’ai retrouvé le plaisir de lecture que j’avais eu en découvrant Orgueil et préjugés : des jolis mots, de belles phrases, des personnages qui s’expriment avec grâce et douceur, qui maîtrisent l’art de la parole et de la tromperie. C’est jouissif de les observer vivre, comme une petite souris invisible.

Evidemment, ces gens ont des problèmes de riches : ce mariage rapportera-t-il assez d’argent ? Cette promenade aura-t-elle lieu ? Comment réagira untel ?  Pourquoi a-t-il tenu ces propos ?

Il faut aimer ce genre de considération, mais Jane Austen ouvre une fenêtre sur l’aristocratie anglaise du 18e siècle et ravit notre curiosité. C’est élégant, amusant, j’aime !

Les personnages sont bien construits et présentés : on se souvient de leurs noms, de leurs caractères, de leurs actions… Et l’auteur s’amuse avec l’écriture,  en apparaissant parfois en tant que narratrice, nous expliquant pourquoi elle écrit ou n’écrit pas cela sur son héroïne. L’ironie est aussi présente dans ses propos : elle joue avec son personnage, avec ce qu’elle devrait être en tant qu’héroïne, puis lui change son comportement, son destin.

La présence de l’auteure et la beauté des mots font de ce roman un délice de lecture. On a le même regard naïf et admiratif sur cette histoire que Catherine sur les mondanités qui l’entoure. C’est chouette !

Livres

La petite lumière, Antonio Moresco

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C’est ma maman qui me l’a prêté. Un livre tout jaune et tout court, je dis oui !

De quoi ça parle ?

Le narrateur vit isolé dans un village de montagne. Un jour, il perçoit au loin une petite lumière. Une lueur énigmatique qu’il va chercher et trouver…

Mon avis

Ce court roman d’une centaine de pages m’a semblé très étrange : c’est un livre à part, écrit à la manière d’une poésie en prose. On ne sait rien du narrateur, ni son nom, ni son histoire, ni la raison pour laquelle il vit seul dans cet endroit isolé. Cela déroute au début, puis l’on comprend que ce n’est pas le but du livre.

Ce qui compte, c’est son attirance pour cette petite lumière et ce qu’il va y découvrir. Le suspense, même s’il est minime, est indéniablement là. Une fois la découverte faite, la poésie devient fable puis récit philosophique.

La petite lumière est une pensée sur le temps qui passe, sur la solitude et la contemplation de la nature. Cette dernière est omniprésente, elle secoue les pages, bouleverse les phrases… la vie animale est là, sous chaque pierre, sur chaque chemin ; la nature sauvage à perte de vue du narrateur.

C’est une belle et charmante parenthèse que nous propose Antonio Moresco, qui plaira aux romantiques, aux nostalgiques et aux rêveurs contemplatifs.

Livres

Une année particulière, Thomas Montasser

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C’était l’un de mes livres d’anniversaire ! Tout court, je me suis empressée de l’embarquer avec moi dans les transports en commun.

De quoi ça parle ?

Un beau matin, Valérie se retrouve à devoir gérer une librairie à l’abandon, que lui a légué sa tante disparue. Elle qui se destine à une carrière de consultante en économie, la voilà qui va faire connaissance avec la littérature et le pouvoir des livres…

Mon avis

Un livre sur les livres, pour une lectrice, c’est le comble du plaisir de lecture ! Comme l’indique le titre, c’est bien durant une année que l’on va suivre la jeune Valérie, dépoussiérant, rangeant, découvrant la librairie que lui a livré sa vieille tante Charlotte. La vieille femme a disparu dans la nature du jour au lendemain… laissant tout son bazar en plan, les factures impayées, les piles de livres, le classement à l’ancienne.

Malgré cette jolie promesse de lecture, j’avoue avoir été déçue par ce petit bouquin. On suit donc les interrogations de Valérie, qui s’avère être une jeune femme peu attachante. On connaît peu de choses sur sa vie, sur ses passions, ses goûts et ses rêves. Le focus se fait plutôt sur ses découvertes littéraires. La voilà qui prend plaisir à lire Tolstoï, Camus ou Twain, entre deux rangements. Un personnage principal qui manque de profondeur…

L’auteur ajoute à cette recette un personnage masculin énigmatique, qui ouvre la porte de la librairie alors que Valérie n’attend personne. C’est une ébauche de rencontre amoureuse qui se dessine mais elle ne prend jamais vraiment forme.

Il me semble qu’il ne faut pas appréhender ce bouquin comme un roman. C’est plutôt une fable sur la lecture, qui propose une liste intéressante d’ouvrages et de livres cultes à consulter pour piocher des idées de lecture. Au-delà de ça, l’intrigue n’est pas du tout développée. C’est un livre très contemplatif, qui lance quelques pistes poétiques, frôle le fantastique, mais ne développe jamais ces idées floues. Dommage ! Il aurait pu être plus long et étoffé, sans problème !

A picorer si vous êtes en manque d’idées lecture, mais ne vous y attardez pas si vous cherchez un roman sur une librairie pleine de surprises.

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Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan

rien-ne-soppose-a-la-nuit_delphine-de-viganPourquoi ce livre ?

Je crois que je me suis offert ce livre il y a quelques temps… Convaincue dès sa sortie, j’ai attendu sa sortie poche pour me le procurer, puis le moment opportun pour le lire.

De quoi ça parle ?

Delphine de Vigan dresse le portrait de sa famille, haute en couleurs, et particulièrement de la famille de sa mère. On suit le parcours chaotique de cette femme, bipolaire et suicidaire, qui est finalement passée à l’acte. Une blessure à l’origine de cet ouvrage dense et riche en émotions.

Mon avis

J’étais sûre d’adorer ce bouquin et ça n’a pas manqué. C’est un livre qui m’a  fascinée, transportée. Difficile de le lâcher tant je me suis sentie impliquée dans cette lecture. La famille de l’auteure a ce petit truc envoûtant des familles nombreuses : une tripotée d’enfants, des parents aimants, une grande maison de campagne… On s’attache très vite aux frères, sœurs et parents de Lucile, la mère de Delphine de Vigan. Chacun pourrait être un personnage de roman, et le devient tout d’un coup. La vie familiale resplendit, on les admire de les voir vivre ensemble de manière si unie.

Pourtant, de nombreux drames vont venir entacher ce parfait portrait de famille : suicides, accidents mortels… Lucile, au milieu de tout ça, reste une enfant bien mystérieuse, qui continue à fasciner une fois adulte. Victime, elle est aussi bourreau avec ses propres enfants : on perçoit dans chaque page la souffrance de l’auteure et de sa sœur, qui ont dû affronter dès leur plus jeune âge la bipolarité de leur mère.

Au-delà de cette histoire de famille, c’est un carnet d’écriture que l’auteure partage avec nous. Dévastée par le suicide de Lucile, elle se lance à corps perdu dans l’écriture de ce livre. Mille fois, elle aborde les entretiens qu’elle a eus avec ses oncles et tantes, pour essayer de mieux connaître sa mère disparue. Elle livre les difficultés d’écriture, les tourments qui l’ont gagnée la nuit, les remises en question, les doutes et les blessures rouvertes…

C’est un livre splendide : un hommage à sa mère, un questionnement intérieur, une histoire de famille… Même si elle démêle les souvenirs, révèle les non-dits, dévoile les secrets pour réaliser ce portrait de famille torturé, Delphine de Vigan reste discrète. Ses propos n’ont rien de blessant, d’impudique, d’irrespectueux. Ce n’est pas un témoignage qui sert à faire pleurer dans les chaumières, c’est un roman bouleversant qui présente une femme et sa famille hors norme, aussi bien du côté lumineux que du côté obscur.

A lire, bien sûr ! C’est un ouvrage qui m’a bouleversée et que je n’oublierai pas de sitôt.