Livres

Transat, Aude Picault

transat_aude-picaultPourquoi ce livre ?

En le feuilletant rapidement à la bibli, j’ai adoré le trait de la dessinatrice ! Hop, directement dans mon sac.

De quoi ça parle ?

Aude Picault y raconte son passage à la trentaine et tous les questionnements que cela induit : son quotidien ennuyeux de graphiste parisienne la pousse à partir en retraite solitaire sur une île de Bretagne, puis sur un voilier pour traverser l’Atlantique. Un bon bol d’air en compagnie d’habitués de l’aventure maritime.

Mon avis

Encore une excellente lecture ! Quelle bande-dessinée formidable ! Elle pointe du doigt tout ce que je n’aime pas de mon quotidien : la routine ennuyeuse, le rythme de vie parisien, le manque de temps libre, le manque d’espace, de solitude. Sa décision de tout chambouler durant un temps pour mieux revenir m’a fait rêver, je l’avoue. Je ne suis pas particulièrement attirée par une traversée de l’Atlantique, mais  me retirer seule quelques jours sur une île déserte, pourquoi pas !

L’auteure raconte avec malice et humour l’avant-départ, les copines aux mille et un projets qui ne comprennent pas ce besoin d’air, l’attente, le jour du départ, la solitude, le voyage, la découverte. Je l’enviais tellement !

transat_aude-picault_planche

Quant au dessin, c’est une petite merveille : très simple, le trait est pourtant évocateur. Pas de case, le dessin rond d’Aude Picault est partout sur la page. Il m’a parfois fait penser à « La petite personne » de Perrine Rouillon (que j’adore fort fort !).

la-petite-personne_perrine-rouillon
La petite personne, Perrine Rouillon

J’ai envie d’acheter toutes les BD d’Aude Picault ! C’est tellement joli, chouette, drôle, mignon, intelligent ! Je vais vite découvrir la dernière en date, « Idéal standard ».

Livres

Chère Ijeawele, ou un manifeste pour une éducation féministe, Chimamanda Ngozi Adichie

chere-ijeawele-ou-un-manifeste-pour-une-education-feministe_chimamanda-ngozi-adichiePourquoi ce livre ?

Ce tout petit livre m’a tapé dans l’œil, dans un présentoir à la caisse de la librairie où j’étais alors. Le titre et le nom de l’auteure ne m’ont pas fait hésiter longtemps…

De quoi ça parle ?

Chimamanda Ngozi Adichie répond sous la forme d’une lettre à une amie qui lui a demandé comment donner une éducation féministe à sa petite fille.

Mon avis

J’ai dévoré ce petit livre d’environ 70 pages : glissé dans mon sac le matin en partant travailler, je l’ai terminé le soir dans mon lit. C’est un texte efficace qui se lit d’une traite si possible. Découpé en quinze suggestions, il pointe du doigt les éléments essentiels à une éducation féministe, favorable à l’égalité homme-femme et à la liberté de penser et d’agir.

Je suis admiratrice de l’auteure : même si je me suis ennuyée à la lecture de Americanah, j’ai été touchée par son discours TED, « Nous sommes tous des féministes ». Elle porte un message d’égalité et de justice qui est très inspirant et positif, c’est pourquoi on entend beaucoup parler d’elle depuis quelques temps.

Ce petit essai sous forme de lettre est tout aussi inspirant : on a envie de l’offrir à tous les futurs parents, de le lire et le relire jusqu’à ce que tous ces conseils deviennent naturels… car il n’est pas évident de se défaire de son éducation et des « règles » sociales qui, encore aujourd’hui, font qu’on ne parle pas des femmes de la même manière que des hommes, qu’on ne les considère pas toujours à leur juste valeur et qu’on ne leur laisse pas la liberté de penser et de faire ce qu’elles veulent. Même si l’on est convaincu par l’importance du féminisme, on transmet malgré tout ce que l’on a appris à nos enfants, car cela est ancré en nous.

Je retiens surtout le pouvoir des mots : ce que l’on va dire à un enfant, les mots que l’on va utiliser vont conditionner sa façon de penser et de voir les autres. Non, un homme n’a pas fait la cuisine pour AIDER sa femme ; nommer correctement les choses, le corps, le sexe, dès le plus jeune âge, pour que cela soit normal ; éviter les mots qui induisent l’infériorité féminine, tel que « princesse » qui sous-entend qu’un prince viendra la sauver…

C’est une belle source d’inspiration ! Je vous recommande fortement ce petit ouvrage, à garder sur sa table de chevet pour le relire en cas de doute. Je vais l’offrir à tour de bras !

Livres

S’enfuir – Récit d’un otage, Guy Delisle

s-enfuir_guy-delislePourquoi ce livre ?

J’ai eu la chance de recevoir cette BD dans le cadre de l’opération « La BD fait son festival 2017 » de Price Minister. C’était précisément cette bande-dessinée que je souhaitais lire et chroniquer, en tant qu’admiratrice du travail de Guy Delisle.

De quoi ça parle ?

Cette BD a connu un vif succès à sa sortie, vous en avez sans doute entendu parler sur la blogosphère, à la radio ou dans la presse. Elle raconte la période de captivité de Christophe André, alors membre de l’ONG Médecins Sans Frontières et en mission humanitaire en Tchétchénie, en 1997. Durant plus de 400 pages, on suit son quotidien d’otage d’une organisation tchétchène dont il ne sait rien.

Mon avis

Je n’en attendais pas moins de Guy Delisle : c’est une magnifique et formidable bande-dessinée ! On est aussi otage de cette BD lorsque l’on s’y plonge…

Quasiment raconté en temps réel, le quotidien de Christophe André est long, lent, plein de questions et de doutes, d’angoisses et de désespoir. On est enfermé avec lui dans cette pièce vide, où il est enchaîné à un radiateur et l’on attend. L’auteur joue avec le lecteur : il ne lui donne aucun indice. Qui sont les ravisseurs ? Depuis combien de temps cela dure ? Quand cela va-t-il se terminer ? Les négociations avec la France sont-elles commencées ? A-t-on remarqué la disparition de Christophe ?  L’otage se pose ces mêmes questions et l’on se sent très vite proche de lui.

s-enfuir_guy-delisle_planche

De la même manière, lorsque le personnage, passionné, se raconte la bataille d’Austerlitz pour passer le temps, nous sommes nous-mêmes transportés dans la bataille, alors dessinée par l’auteur durant quelques pages. Les « événements » qui rythment chaque journée (attendre, boire un bouillon de légumes et du thé, aller aux toilettes, se faire rattacher au radiateur, dormir…) sont dessinés en boucle et finissent par nous peser. C’est un quotidien sans saveur et sans espoir.

Je ne raconterai pas la fin mais sachez qu’elle est riche en émotions : comme Christophe André, j’ai eu le cœur battant, ne croyant pas à cette issue inespérée !

christophe-andre_guy-delisle
Christophe André et Guy Delisle – photo Allodocteurs.fr

Le dessin au trait simpliste amplifie cet effet d’identification : pas de fioritures, le rien, le vide et l’attente sont au cœur de cette bande-dessinée. Pourtant, Christophe André et Guy Delisle nous livre un récit captivant et passionnant ! A savourer de toute urgence !

Livres

La photo de la semaine #10

Coucou ! Ce fut une belle semaine, quoi que très chargée : boulot, rempotage de plantes achetées pour le balcon, sortie ciné, soirée lessive et préparation de valises pour… un long week-end familial !

img_5490

Il se trouve que je suis aussi en vacances pour quelques jours. Je vis un dimanche soir très paisible, car je sais que demain, le repos sera encore au programme.

Très bonne semaine et rendez-vous dimanche prochain pour le bilan de la semaine de vacances.

Livres

Comme une respiration, Jean Teulé

comme-une-respiration_jean-teuléPourquoi ce livre ?

Parce que Jean Teulé ! Une collègue me l’a prêté, je me suis jetée dessus. Quelle sauvage !

De quoi ça parle ?

Teulé relate 40 petites histoires du quotidien, sans rapports en elles. 40 petites respirations, anecdotes, situations, parfois illustrées par quelques dessins ou photos.

Mon avis

Vous connaissez sans doute mon amour incommensurable pour Jean Teulé et sa plume unique. J’ai retrouvé dans ce recueil de textes la poésie et la simplicité qui le caractérisent. Ces 40 tout petits chapitres (une ou deux pages à chaque fois) pourraient faire partie d’un journal de bonnes nouvelles, d’un carnet de petits bonheurs. On sait et l’on sent que c’est l’auteur qui s’exprime, qui raconte ce qu’il a vu, vécu, entendu, observé.

Ces petits shots de jolies choses se lisent à toute vitesse mais se savourent aussi : on a envie, entre chaque chapitre, de lever le nez, de respirer une bonne bolée d’air et de sourire bêtement.

C’est un recueil au titre très bien trouvé et à la couverture apaisante. Si vous êtes hostile à la plume brute et acérée de Teulé dans ses romans, vous trouverez peut-être votre bonheur avec ces touches de douceur et de poésie.

Teulé est un auteur peu présent en librairie ou dans les salons… mais j’espère un jour le rencontrer ! Je l’aurais un jour, je l’aurais.

Livres

Je peux très bien me passer de toi, Marie Vareille

je-peux-tres-bien-me-passer-de-toi_marie-vareillePourquoi ce livre ?

Il m’a été offert par ma chère Sandrine du blog Vu de mes lunettes quand j’ai eu un petit coup de mou. Alors je n’ai pas tardé à le lire !

De quoi ça parle ?

Chloé repousse sans cesse son projet d’écriture et multiplie les aventures tout en s’accrochant à son ex-copain, qui est aussi son chef au boulot ; Constance est une célibataire romantique et endurcie qui n’ose pas vivre ses rêves. Les deux copines parisiennes vont conclure un pacte : la première va devoir démissionner et s’isoler à Marinzac pour écrire, l’autre coucher avec un inconnu et aborder Tristan, qui ne sait même pas qu’elle existe.

Mon avis

Je lis assez peu de chick-lit ou de comédie, mais je dois avouer que de temps en temps, ça aère l’esprit. Je me suis laissée porter par les aventures de Chloé et Constance, deux jeunes femmes d’aujourd’hui, prêtes à en découdre avec leurs soucis.

Je me suis plutôt reconnue dans le personnage de Constance, un peu rêveuse et romantique, qui préfère passer le temps dans les romans de Jane Austen plutôt que dans les bars à séduire des inconnus. Pourtant, au fil de ma lecture, je me suis plus intéressée à Chloé. Isolée dans les vignobles bordelais, elle fait la rencontre de personnages intrigants qui ont éveillé ma curiosité.

L’alternance des chapitres « Chloé » et « Constance » permet d’avoir les deux points de vue sur le quotidien des deux copines, même si elles sont assez peu souvent ensemble… C’est peut-être d’ailleurs ce qui m’a manqué : cette relation amicale m’a semblé un peu « secondaire » et elle aurait pu prendre un peu plus de place. C’est d’ailleurs le cas dans les derniers chapitres. Leurs différents points de vue sur une même situation enrichit le récit !

Enfin, c’est un roman drôle avant tout ! Les histoires d’amour des deux héroïnes amènent plusieurs situations ou répliques détonantes et cela fait du bien.

Un livre qui donne un coup de frais sans être farfelu, à lire si vous avez besoin de prendre l’air et de colorer votre quotidien.

Livres

Mon ami Dahmer, Derf Backderf

mon-ami-dahmer_derf-backderfPourquoi ce livre ?

Il m’a tapé dans l’œil en me baladant dans les rayonnages BD de la bibli du boulot… « bande-dessinée » + « jeunesse d’un tueur en série » = bingo !

De quoi ça parle ?

Derf Backderf a passé une partie de sa scolarité avec Jeff Dahmer, ado solitaire et étrange, qui deviendra par la suite l’un des pires serial killers des Etats-Unis. L’auteur raconte donc la jeunesse de Dahmer de son point de vue, en tant qu’ami de collège et lycée.

Mon avis

JE TIENS MON PREMIER COUP DE COEUR 2017 !! [J’avais besoin de le crier haut et fort.] Quelle bande-dessinée les amis ! Une BD coup de poing qui assomme un bon coup…

Il faut dire que je suis assez fascinée par la folie en général, et donc par ce qui fait qu’un homme devienne meurtrier… Attention toutefois, je ne suis pas obsédée par les tueurs en série de manière malsaine. Je trouve seulement incroyable qu’un parcours de vie puisse mener à tant de cruauté et d’horreur.

Ici, pas de meurtre, pas de descriptif sordide de ce que Dahmer a pu commettre une fois adulte. On se concentre sur sa jeunesse et sa vie à Richfield, une petite ville tranquille de l’Ohio, aux Etats-Unis. Derf, auteur de la BD, fait lui aussi partie du récit, car il était ami avec Jeff.

Par chapitre, il raconte des épisodes qui ont marqué leur quotidien d’adolescents : Jeff y a souvent une attitude bizarre. Isolé et solitaire, il est aussi la mascotte de leur groupe d’amis. Chaque « anecdote » relate ses étranges comportements, sa solitude, son ivresse constante… Jeff est un jeune homme délaissé par les adultes et détruit par des parents qui se déchirent. Discret, calme, on sent que la colère et la folie bouillonnent en lui. Pourtant, personne ne fait rien pour lui venir en aide. Ses pulsions morbides prennent de plus en plus de place dans son quotidien.

mon-ami-dahmer_derf-backderf_planche

Le regard porté par Derf sur Jeff m’a particulièrement touché : on le sent ému par ce que Dahmer a pu faire par la suite (sans jamais l’excuser ou le plaindre !), et son point de vue d’adulte sur sa vie adolescente est plein de questionnements : pourquoi les adultes n’ont rien vu ou rien fait ? Pourquoi lui ne percevait pas du tout la détresse de son camarade de classe ?

Le récit est étoffé d’autres points de vue : comme il l’explique en détails à la fin de la bande-dessinée, l’auteur a aussi utilisé les témoignages de Dahmer et d’autres personnes l’ayant connu.

Le dessin, très carré, un peu enfantin, apporte une touche supplémentaire de frissons à cette histoire. Le regard glaçant et l’immobilisme de Jeff sont angoissants… On est fasciné par ce dessin froid, par ces personnages au visage carré et par la géométrie de chaque case.

Je suis vraiment admirative du travail fourni par l’auteur : on sent qu’un long travail d’enquête a permis une telle bande-dessinée. Toutes les sources sont d’ailleurs données et explicitées.

Je suis encore un peu sonnée par cette lecture, qui m’a donné envie de creuser le sujet. Si vous êtes intrigué(e) et peu sensible, n’hésitez plus !

Livres

Demain j’arrête !, Gilles Legardinier

demain-j-arrete_gilles-legardinierPourquoi ce livre ?

Il m’a été offert par Sandrine du blog Vu de mes lunettes, lors de notre première rencontre en chair et en os. Elle savait que j’avais besoin d’un livre rigolo qui promettait une lecture détente…

De quoi ça parle ?

Julie Tournelle a 28 ans et détient la palme de la Meilleure Maladroite : elle a le don de se retrouver dans des situations rocambolesques. Alors lorsqu’elle découvre qu’elle a un nouveau voisin appelé Ric, qui pourrait bien devenir l’homme de sa vie, elle tente le tout pour le tout pour en apprendre plus sur lui. Au risque de passer pour une folle !

Mon avis

Eh oui, moi aussi j’ai lu Demain j’arrête ! et j’en suis plutôt contente. J’avais justement besoin d’un roman court, efficace et léger : ce fut la bonne pioche ! Je me suis rapidement attachée à Julie, qui m’a parfois semblé être une caricature de moi-même.

Avec elle, le quotidien et les choses anodines deviennent de vraies aventures : on se marre devant ses maladresses et ses pensées torturées. Tout est réfléchi, anticipé, mais rien ne se passe comme prévu. Pour découvrir qui est son voisin, la voici qui se bloque le bras dans la boîte aux lettres de Ric, ouvre plusieurs bouteilles de vin pour donner l’impression qu’elle s’y connaît alors qu’il suggère un jus de fruits, se lance dans un footing disgracieux pour l’accompagner, cuisine chaque jour le même plat pour être sûre d’y arriver le jour J…

Ce sont des petites choses du quotidien que l’on est tous capables de faire ! Julie est une Bridget en devenir qui apporte de la couleur dans la vie de son entourage – mais aussi du lecteur !

Dommage que l’histoire prenne une tournure un peu trop farfelue dans les derniers chapitres. J’ai moins aimé la fin de l’histoire, qui perd de sa fraîcheur et de sa simplicité. Toutefois, Demain j’arrête ! reste une bonne lecture, déjà recommandée à ma collègue. Si vous avez besoin d’une pause ensoleillée, ce livre est pour vous.

Livres

Charly 9, Richard Guérineau, d’après Jean Teulé

charly9-guerineauPourquoi ce livre ?

D’abord parce que j’adore Jean Teulé, comme vous le savez ; ensuite parce que j’avais adoré son roman Charly 9 ; enfin parce qu’une adaptation BD avait tout pour me plaire !

De quoi ça parle ?

Tout comme dans le roman, cette bande-dessinée relate l’histoire de Charles IX, qui a ordonné le massacre de la Saint-Barthélémy en 1572. Cet événement terrifiant a bouleversé la vie et la santé mentale du jeune Roi de France…

Mon avis

C’était un vrai plaisir de me replonger dans cette histoire par le biais d’une bande-dessinée ! La fougue de Teulé est omniprésente dans les textes et la folie de Charles IX s’étale sur chaque page, dans chaque dessin de Richard Guérineau. Même si je ne suis pas particulièrement séduite par le trait du dessinateur, j’ai aimé l’utilisation des couleurs pour accompagner le récit, notamment le rouge sang qui envahit l’espace : brutalement dès le début du livre, puis petit à petit, dans le quotidien du roi perdant l’esprit. L’horreur de la Saint-Barthélémy nous saute aux yeux ! C’est un choix très intelligent, qui dit tout avec une seule couleur !

charly9-guerineau_planche

Le personnage fascinant de Charles IX méritait une bande-dessinée, c’est chose faite ! A lire après avoir découvert l’incroyable roman de Jean Teulé, bien évidemment.

Livres

« Femme, réveille-toi ! », Olympe de Gouges

femme-reveille-toi_olympe-de-gougesPourquoi ce livre ?

J’ai décidé de suivre les recommandations de lecture du nouveau club de lecture « Une chambre à nous », mis en place par Cyrielle (Tête de Litote) et Opalyne le 1er février 2017.

Ce livre fait donc partie des deux premières lectures proposées. Je me suis laissée tenter par ce court essai Folio.

De quoi ça parle ?

Ce petit recueil rassemble divers textes d’Olympe de Gouges : sa fameuse Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, mais aussi des textes d’affiches, de brochures et des lettres ouvertes, défendant la cause des femmes, des Noirs, des pauvres et son droit à l’écriture et à la révolte.

Mon avis

Contemporaine de Louis XVI, Olympe de Gouges est aujourd’hui considérée comme une figure emblématique du féminisme. C’est pourquoi elle a toute sa place dans la sélection proposée par le club de lecture « Une chambre à nous ». Je n’avais jamais lu ses textes, c’était l’occasion !

A travers ses discours politiques très engagés, on perçoit une femme courageuse qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, et cela m’a plu. Elle défend bien évidemment la cause des femmes et rappelle que certaines libertés n’allaient pas de soi… le droit d’être jugée comme un homme et ne pas être coupable sans jugement, celui de travailler, celui de déclarer qui est le père de son enfant, celui de gérer son argent.

Elle défend aussi les Noirs et remet en cause l’esclavage. C’est très courageux à son époque, surtout en tant que femme !

Enfin, elle ne jure que par le Roi et attaque de front les Révolutionnaires, principalement les Jacobins et Robespierre. Ce sera la goutte de trop et cette lutte acharnée pour défendre la royauté va la mener à sa perte, puisqu’elle sera guillotinée en 1793.

Ce décalage entre la modernité de ses propos féministes et l’attachement au royalisme m’a étonnée : il me semblait difficile de défendre les deux points de vue sans se contredire, car la royauté n’a jamais été un emblème du féminisme selon moi.

Je dois dire que je ne me suis pas passionnée pour cet essai, malgré son grand intérêt et son rôle important. L’ensemble aurait mérité plus de notes de l’éditeur, ou un contexte plus développé. Maintenant, il faut que je creuse un peu plus le sujet pour me l’approprier et pour mieux comprendre Olympe de Gouges ! J’avais déjà lu la bande dessinée de Catel et Bocquet, peut-être qu’une relecture ou une biographie rédigée pourrait m’aider… Un conseil ?