Livres

La petite maison dans la prairie (t.1), Laura Ingalls Wilder

petite-maison-dans-la-prairie-1-laura-ingallsPourquoi ce livre ?

Il m’a été offert par Laura, du blog Aimer les Dimanches , lors d’un swap entre deux Laura ! Quelle belle couverture ! J’avais très envie de me le garder pour le printemps. Il y a quelques jours, Laura m’a proposé une lecture commune, puisqu’elle aussi dispose de ce roman. J’ai accepté avec plaisir !

De quoi ça parle ?

La petite maison dans la prairie est le premier tome d’une série de huit romans (semble-t-il), racontant l’histoire de son auteure : les aventures d’une famille de pionniers américains du XIXe siècle, traversant l’Amérique à bord d’un chariot. Dans ce tome-ci, la famille s’installe dans une prairie, dans laquelle elle va devoir tout inventer, tout construire…

Mon avis

Vous connaissez bien évidemment ce titre, popularisé par son adaptation en série télévisée durant les années 70-80. Personnellement, je n’avais jamais suivi les aventures de la famille Ingalls, ni par la série, ni par les romans. Je n’en connaissais donc que très peu de choses. Grâce à cela, j’ai commencé ma lecture sans a priori. Après quelques recherches, il semblerait que la série TV soit un peu culcul la praline et qu’elle soit bien différente des bouquins (pardon si ce n’est pas le cas).

Revenons à ce premier tome : outre la couverture conçue par Anaïs Massini, jolie et printanière, le texte m’a bien évidemment séduite ! Une écriture simple, sans fioritures, au présent simple, qui déconcerte un peu au début quand on n’est pas habituée aux romans jeunesse. Etant tout à fait adapté aux jeunes lecteurs, ce roman ne leur posera donc aucune difficulté. Je me suis ensuite laissée entraîner par les aventures de cette petite famille, s’établissant librement au milieu d’une prairie. On suit avec plaisir leur installation, leurs relations avec le voisinage, loups, autres pionniers ou Indiens. C’est un véritable voyage dans le temps et dans l’espace que nous propose Laura Ingalls : la jeune Amérique est là, sous nos yeux, verdoyante, sauvage, pleine de promesses. On se croirait dans la cabane en bois construite par le père, aux côtés des enfants.

Une très jolie balade sans grands rebondissements, mais qui fait chaud au cœur. On en redemande : la suite viendra rejoindre ma bibliothèque je pense, surtout dans cette belle édition colorée !

Merci Laura, de m’avoir offert ce beau roman ! Vous pouvez découvrir son avis sur son site Mille Vies en Une. blog

Livres

Le fantôme de l’Opéra, Gaston Leroux

Le fantôme de l'Opéra, Gaston Leroux, éditions MaxiLivresPourquoi ce livre ?

Voilà presque un an que ma copine A. insistait pour que je lise Le fantôme de l’Opéra, qui avait été un coup de cœur pour elle. Voyant que je ne prenais pas le taureau par les cornes et après avoir acheté le roman pour sa bibliothèque personnelle, elle me l’a gentiment prêté ! Il est enfin lu !

De quoi ça parle ?

On murmure dans les couloirs de l’Opéra Garnier qu’un fantôme aurait élu domicile en ces lieux… Meurtres et disparitions ne sont pas rares dans les environs. Bizarre ! Justement, voilà que la jeune cantatrice Christine Daaé se comporte mystérieusement : elle disparaît et fuit sans cesse le vicomte Raoul, fou d’amour pour elle. Courageux et résolu, il veut à tout prix savoir ce que cache la chanteuse. A ses dépends ! Car il va apprendre qui est vraiment le fantôme de l’Opéra et de quoi il est capable !

Mon avis

Avant tout, pardon pour cette photo amateure de la couverture de mon édition, que je ne trouve nulle part sur le web en qualité minimale. Je tenais toutefois à vous montrer l’édition dans laquelle j’ai lu cette histoire.

Le fantôme de l’Opéra… Une histoire mythique, un titre connu de tous, un personnage énigmatique… Un roman plein de promesses, donc, qui fait partie de la littérature française classique. Voilà sans doute pourquoi j’appréhendais cette lecture. Et le début m’a un peu déroutée : pas vraiment d’actions, mais plutôt un tableau de l’Opéra Garnier et de l’agitation provoquée par les rumeurs. C’est pourquoi j’ai mis du temps à me plonger dans l’histoire de ce fantôme, absent pendant une bonne moitié du livre. Cela manque de rythme et de suspense.

Heureusement, le style et l’humour de Gaston Leroux nous font toujours revenir au livre. J’avais adoré Le fauteuil hanté et j’ai ici retrouvé cette écriture si particulière. Car l’auteur joue sans cesse avec le lecteur, lui donne à lire de faux témoignages, étaye ses propos par de fausses preuves rocambolesques… tout en s’appuyant sur une légende sans réponse. Brouiller les pistes est un de ses talents. Avec une imagination débordante et un talent certain d’écrivain, il construit autour du mythe du fantôme de l’Opéra un roman fantastique très théâtral ! Rien d’étonnant à ce qu’il été adapté au théâtre, au cinéma et en comédie musicale, car il s’y prête parfaitement.

Une quatrième lecture de cet auteur, qui me confirme que j’aime décidément sa plume ! Le plaisir d’errer dans les sous-sols sombres de l’Opéra aux côtés des héros, l’apparition maligne et effrayante du Fantôme et le langage du 19e-début 20e donnent une saveur particulière à ce bouquin. Un classique à lire, sans aucun doute !

Livres

Avenue des Géants, Marc Dugain

avenue-des-geants-marc-dugainPourquoi ce livre ?

Rappelez-vous, il fait partie de mes derniers cadeaux de Noël !

De quoi ça parle ?

Inspiré d’une histoire vraie et d’un personnage réel, Avenue des Géants est le portrait d’Al Kenner, adolescent particulièrement intelligent (un QI supérieur à celui d’Einstein) et étonnamment grand (2,20 mètres). Entouré d’une famille de cinglés, il va commettre l’irréparable pour tenter de se défaire de ses démons : tuer en série.

Mon avis

C’est le premier Marc Dugain que je lis et je suis totalement bluffée. C’est un coup de maître que nous livre ici l’écrivain : l’histoire d’un meurtrier qui n’a rien de fou ou de morbide. C’est d’ailleurs lui qui raconte son histoire et on le comprend parfaitement. Très conscient et responsable, il ne commet pas ces actes à la manière d’un sauvage schizophrène. Il cherche simplement à s’extirper de sa vie misérable et de sa terrible famille : la mère, alcoolique et violente ; la grand-mère, aigrie ; le père, absent ; les sœurs, bêtes comme leurs pieds…

L’histoire commence avec un premier meurtre, qui va libérer Al Kenner et lui permettre de faire des rencontres inattendues. Mais ses démons le rattrapent. C’est à l’ascension du mal qui le bouffe que l’on assiste ici. Toujours avec intelligence. Avec clarté. Loin de toute vulgarité ou violence. Car l’auteur ne cherche pas à choquer son lecteur : il va plutôt lui permettre de voir le monde des années 60 à travers les yeux d’un jeune désemparé.

C’est un roman brillant, que je vous conseille à 100 % ! Haletant et passionnant, il se dévore en quelques jours malgré ses 420 pages et donne envie d’en savoir plus encore. A lire si vous aimez les personnages hors du commun !

Livres

Dolores Claiborne, Stephen King

dolores-claiborne_stephen-kingPourquoi ce livre ?

Parce que le résumé me tentait bien, que c’est un Stephen King et qu’il faisait partie d’un lot de romans policiers/thrillers/romans noirs gagné l’année dernière.

De quoi ça parle ?

Le roman est un immense monologue : celui de Dolores Claiborne, une femme d’une soixantaine d’années, qui va soulager sa conscience en racontant sa vie. Car on la soupçonne du meurtre de la vieille Vera Donovan, qu’elle a servi durant des décennies, mais aussi du celui de son mari retrouvé trente ans plus tôt dans un puits.

Mon avis

OHLALALALA. Je tiens le roman du début d’année, celui qui a su faire battre mon cœur, qui m’a maintenue éveillée lors d’un long voyage en train, qui m’a émue, m’a étonnée, m’a dégoûtée, celui qui va me rester en mémoire, celui auquel je repense déjà souvent. Bref, c’est un roman puissant, malgré son allure insignifiante.

On le sait tous : Stephen King est un grand écrivain, qui a le chic pour inventer des personnages complexes, torturés et souvent très très attachants. Je pense par exemple à l’excellente Carrie, que j’avais adoré l’année dernière. Mais là, les amis, on a du lourd. Du très lourd.

D’abord, l’idée de ce monologue féminin, adressé à des flics « hors champ », mais aussi à nous, humbles lecteurs. Dolores Claiborne n’inspire pas la sympathie en premier lieu. Elle a tout l’air d’une femme bourrue, qui sait ce qu’elle veut, ni douce ni distinguée. La voilà qui se lance dans le récit de sa vie et elle se révèle : c’est une incroyable conteuse, une femme de caractère qui en a vu de belles. On pourrait même dire qu’elle a vécu le pire. Tout à coup, elle devient une mère attentionnée, une battante, une femme que l’on respecte.

Ensuite, le talent de l’auteur, qui nous immerge dans son récit. Oui, nous sommes attablés avec Dolores Claiborne, on ne la quitte pas des yeux, on boit ses paroles, on se sent investi d’une mission : celle de l’écouter jusqu’au bout sans piper mot. Une écriture solide, riche et convaincante. Elle aurait pu me raconter n’importe quoi, sa liste de courses, un discours politique, une chanson, une blague… Je ne lâchais rien.

Voilà pourquoi je vous prie de lire Dolores Claiborne. 330 pages en version poche, qui s’avalent comme un article de presse, qui se savourent aussi. J’ai pris un coup de chaud, une bourrasque de vent, une pluie d’été sur la tête. Lisez, lisez !

NB : J’apprends que le roman a été adapté en film avec, évidemment (comment cela aurait pu en être autrement ?), Kathy Bates dans le rôle principal. Je vais me jeter dessus.

Affiche du film "Dolores Claiborne", réalisé par Taylor Hackford et sorti en 1995
Affiche du film « Dolores Claiborne », réalisé par Taylor Hackford et sorti en 1995
Livres

Le dîner des neuf ou L’éveil au pardon, Jacques Leveau

diner-des-neuf_jacques-leveauPourquoi ce livre ?

Je ne vais pas m’en cacher : j’ai été contactée par les Editions Baudelaire pour commencer un petit partenariat. Elles m’ont plusieurs fois proposé des romans et j’ai choisi celui-ci, d’abord parce que c’était la première proposition (et que la joie de recevoir un roman m’envahissait) mais aussi parce que l’histoire m’intriguait.

De quoi ça parle ?

Anna est une mère de famille blessée : son fils a fait une mauvaise chute et se retrouve paraplégique. On ignore pourtant la cause de cette chute : accident ? Tentative de suicide ou même de meurtre ? Elle soupçonne un membre de sa famille… Pour avoir une réponse, Anna rassemble son mari, ses beaux-frères et belles-sœurs. Cinq couples qui vont devoir révéler tous leurs secrets autour d’un dîner.

Mon avis

L’histoire me plaisait, donc. Cette idée de repas révélateur me faisait penser au grinçant Dîner, d’Herman Koch, que j’avais adoré. Mais quand j’ai reçu le roman, j’ai d’abord été très déçue par la couverture… Bien qu’elle soit fidèle au sujet, elle m’a tout de suite semblée « amateure ». Cette première impression passée, je n’ai pas tardé à commencer ma lecture.

Malheureusement, l’intérieur ne m’a pas convaincue non plus. Je crois que c’est dû au style d’écriture. Car le narrateur omniscient n’a presque pas de place… C’est la plupart du temps les personnages eux-mêmes qui s’expriment et racontent donc leur passé et le contexte de la scène, mais tout ça à la manière d’un narrateur extérieur ! Résultat : des façons de s’exprimer très peu naturelles. Bien que le style soit riche et poétique, on a du mal à rentrer dans l’histoire et surtout, à s’attacher aux personnages. Même Anna, la figure féminine principale, n’a rien de sympathique ou de touchant.

La fin, aussi, m’a assez déçue. Un petit suspense est sans cesse alimenté le long du roman, mais il ne mène à rien. Dommage, j’attendais un ou plusieurs rebondissements et de l’action, enfin.

Une bonne idée de départ, donc, qui aurait peut-être pu mieux s’épanouir avec une construction du récit et un style différents. Tant pis !

Merci aux Editions Baudelaire pour cet envoi ! Sans rancune !

Livres

Ecarlate, Hillary Jordan

ecarlate_hillary-jordanPourquoi ce livre ?

Il y a un an et demi, j’avais été très convaincue par l’avis d’Iluze sur ce roman, et l’avais aussitôt noté dans ma wish-list. Il a mis un certain temps à arriver sur mes étagères, puisque c’est Laura qui me l’a offert lors de notre swap. En ce début d’année et après un polar, j’avais envie d’un genre que je lis assez peu. J’ai tranché en faveur d’une dystopie.

De quoi ça parle ?

L’histoire se passe dans le futur, dans une société américaine intolérante et dirigée par l’Eglise. Effraction, crime, opposition au pouvoir… Tout cela implique un châtiment terrible, qui vous dénonce aux yeux du monde : avoir la peau teintée. Hannah Payne fait partie de ces parias. C’est une Rouge, la nouvelle couleur de sa peau. Son crime ? Avoir avorté, pour garder secrète une liaison avec un pasteur marié. C’est l’histoire de sa lutte et de sa fuite que nous allons suivre…

Mon avis

WHAHOU ! Quel roman ! Avant ma lecture, j’étais déjà convaincue par l’histoire et l’idée principale de l’auteure : colorer la peau des « criminels » pour qu’ils soient rejetés toute leur vie. A la lecture, l’impression s’est confirmée. L’idée était effectivement bonne et surtout bien amenée.

Le plus effrayant, c’est qu’elle est assez réaliste. Il est tout à fait possible que dans le futur, l’Eglise détienne à nouveau le pouvoir et applique des lois de ce type, non ? C’est en tout cas le sentiment que j’ai eu. Ecarlate est certes un roman avec une intrigue et une héroïne pleine de courage, mais c’est surtout une façon de réfléchir aux règles de la religion chrétienne, lorsqu’elles sont poussées à l’extrême. En cette époque de terrorisme et extrémisme religieux, je trouve que c’est une belle façon de se faire son avis sur la question.

Mais revenons à l’histoire : Hannah, l’héroïne, n’a rien d’une rebelle à la manière des filles de Divergente ou Hunger Games. C’est une jeune femme croyante, pratiquante, qui suit les ordres de sa famille sans se poser trop de questions. C’est l’amour qu’elle porte pour un homme qui va bouleverser sa vie. J’ai vraiment beaucoup apprécié ce personnage féminin qui n’a finalement rien d’extraordinaire, mais qui finit par se laisser porter par son instinct et ses sentiments. En revanche, je n’ai jamais fait confiance en Aidan Dale, le pasteur avec lequel Hannah a une relation. Bien qu’il soit lui aussi amoureux et compréhensif, il ne risque pas vraiment sa place et sa réputation pour défendre la femme qu’il aime. La fin, qui n’a rien d’un happy end amoureux, est donc une réponse très appréciable à ce manque de courage.

Pour résumer, je vous le conseille fortement ! Je l’ai lu rapidement et avec passion, j’ai aimé Hannah et sa détermination, j’ai adoré réfléchir à la question du pouvoir et de la religion dans un tel contexte… Bref, un bouquin qui mérite d’être beaucoup plus connu. Excellent !

Livres

Trente-six chandelles, Marie-Sabine Roger

roger_trente-six-chandellesPourquoi ce livre ?

Je l’ai choisi et reçu dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire 2014 de Price Minister-Rakuten. Pour rappel, le site permet aux blogueurs de recevoir gratuitement un des livres de la rentrée littéraire, en échange d’une chronique de blog. J’avais déjà participé à l’opération l’année dernière et avais chroniqué l’étrange Lady Hunt, de Hélène Frappat.

De quoi ça parle ?

Nous sommes le 15 février. Mortimer Decime a aujourd’hui 36 ans. Allongé sur son lit, il attend la mort, qui devrait arriver à 11h pile. En effet, depuis quatre générations, les hommes de sa famille meurent à cette heure exacte, le jour de leur 36e anniversaire. Mortimer s’est donc préparé au pire. Mais si le destin en décidait autrement ?

Mon avis

WHAHOU ! Quel roman génial ! Un bouquin tendre, plein d’humour, d’amour, d’originalité. Quel plaisir ! Se plonger dans ses pages a l’effet d’un Kiss-Cool. Nous voilà rafraîchis, sourire aux lèvres !

Notre héros Mortimer est un homme désabusé mais infiniment drôle. Il revient sur la vie de ses ancêtres et raconte avec sérieux leurs invraisemblables et désopilantes façons de mourir. Puis il nous présente ses deux amis, Nassardine et Paquita, le couple parfait mais désaccordé, délurés, amoureux, pleins d’attentions pour lui, qu’il fréquente depuis de longues années et a qui il confie ses rêves. Enfin, il fait entrer en scène la mutine Jasmine, dont les passe-temps sont de se faire consoler par les gens (pour qu’ils se sentent utiles) et de fabriquer des chapeaux farfelus. Bref, Mortimer et les autres personnages sont tous un peu perchés sur leur nuage. Très touchants, très humains, on aimerait profondément les rencontrer.

Le style de l’auteur et la structure du livre m’ont aussi charmée. L’écriture, légère, caustique ou tendre, se joue de la mort et des petits drames de la vie ; elle illumine les pages et embelli les personnages que l’on aime déjà tant. Les chapitres, eux, sont aérés, découpés de manière inattendue. Ils font que nos yeux filent à toute vitesse et que l’on engloutit ce joli roman.

Trente-six chandelles est un intelligent livre-doudou. Je l’ai serré contre ma joue en le terminant, le cœur tout content. A lire si vous avez le moral dans les chaussettes ou que vous avez envie d’une bonne dose d’humour et d’amour.

Merci Price-Minister pour cet envoi et cette magnifique découverte !

Informations complémentaires

Marie-Sabine Roger est notamment l’auteur de La tête en friche (dont j’avais adoré l’adaptation cinématographique avec Gisèle Casadesus) et Bon rétablissement, aussi adapté au cinéma récemment (avec Gérard Lanvin) par Jean Becker. Tout ça pour dire que ses romans semblent parfaits pour le cinéma !

ROGER Marie-Sabine, Trente-six chandelles, éditions du Rouergue, 2014, 278 pages

Livres

Every day, David Levithan

every-day-levithanPourquoi ce livre ?

J’avais envie de tester mon niveau d’anglais en lisant un roman écrit en anglais. J’ai demandé conseil sur Twitter et ma chère Laura (du blog Aimer les Dimanches) m’a suggéré Every day. Puisque les livres anglais sont beaucoup moins chers que les français, je me suis offert ce grand format (10 dollars !) et l’aventure a pu commencer.

De quoi ça parle ?

A est un adolescent qui a la particularité de vivre chaque jour dans un nouveau corps, de s’approprier chaque matin la vie d’une personne de son âge, le temps d’une journée. Sa vie n’a pas vraiment de sens jusqu’à ce qu’il se réveille dans le corps de Justin et rencontre sa copine Rhiannon. Pourra-t-il vivre une histoire d’amour avec elle, en sachant qu’il sera chaque jour dans un corps différent ?

Mon avis

J’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire, simplement parce que le début de cette lecture en anglais était un peu fastidieux. J’avais aussi l’impression qu’il ne se passait pas grand chose. Cela a fait traîné ma lecture pendant 2 mois et demi… J’ai lu quelques pages de temps en temps, uniquement chez moi, tranquille. C’est pourquoi cela a pris du temps !

En revanche, arrivée à la moitié du roman, je me suis passionnée pour l’histoire d’amour impossible entre A et Rhiannon. Notre héros est particulièrement mature et très empathique vis-à-vis des personnes qu’il incarne à tour de rôle. Drogué, dépressif, heureux, seul, ivre, bad boy, méfiant, sportif, obèse, méchant, gay… Tous les adolescents qu’il « visite » ont des personnalités très différentes, ils sont touchés par les problèmes classiques que l’on rencontre à l’adolescence. Ils vivent dans des familles plus ou moins présentes et compréhensives (parents aimants ou au contraire je-m’en-foutisme absolu) et accordent plus ou moins d’importance au regard des autres. On s’identifie forcément à l’un de ces personnages. Une bonne idée de la part de l’auteur, donc, qui s’adresse avec ce roman à tous les ados du monde.

J’ai aussi apprécié le découpage journalier du bouquin : chaque nouveau chapitre est un nouveau jour, où A se réveille dans un nouveau corps, une nouvelle vie. On suit le jeune homme durant un mois environ. Chaque jour, il tente d’approcher Rhiannon, jusqu’à ce qu’elle comprenne à qui elle a affaire et commence à échanger des emails avec lui. Leur relation évolue de manière assez subtile et c’est très appréciable.

La fin du livre, enfin, m’a assez surprise, quoi qu’elle semble après coup tout à fait logique. Je m’attendais à une fin spectaculaire, pleine de rebondissements. Elle est plutôt fataliste mais m’a finalement convenue.

A lire, donc, si vous aimez les histoires d’amour originales !

L’expérience de lecture en anglais

Comme dit précédemment, la lecture en anglais fut assez fastidieuse au début. Commencé le 5 septembre, j’ai terminé ce roman le 22 novembre. En revanche, sachez que je ne l’ai pas lu tous les jours, loin de là ! J’ai dû le lire en 6 ou 7 fois. J’ai donc connu de longues périodes d’abandon du livre, car j’avais du mal à m’accrocher. Pourtant, une fois lancée, j’ai senti que la lecture devenait plus fluide. L’anglais ne m’a plus posé problème : j’ai dépassé les petits obstacles constitués par le manque de vocabulaire et me suis mise à lire de manière fluide. Tant pis si je n’ai pas compris tous les mots, j’ai compris le sens de chaque paragraphe et c’est le principal !

C’était donc un très bon exercice. Je crois que je vais réitérer l’expérience pour garder le rythme et continuer à m’exercer. On se sent décapée une fois la lecture terminée et fière fière fière ! J’ai l’impression que mon cerveau a rajeuni ! Hihi !

Si vous voulez aussi tenter l’expérience de lecture en anglais, je vous conseille Every day car c’est un roman facile à lire, écrit au présent et très ancré dans l’instant présent de par son sujet. Il faut toutefois rester motivé car il fait plus de 300 pages (aérées).

Informations complémentaires

Every day existe en version traduite et s’intitule A comme Aujourd’hui (titre un peu nul). Voilà à quoi ressemble la couverture française.

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LEVITHAN David, Every day, éditions Ember, 2013, 324 pages

Livres

Colomba, Prosper Mérimée

merimee-colombaPourquoi ce livre ?

Il m’a été prêté par ma copine Lulu, grande lectrice de classiques. Je me suis lancée aveuglément dans l’aventure !

De quoi ça parle ?

Le colonel anglais Nevil et sa fille Lydia arrivent en Corse et font la connaissance d’Orso  et de Colomba della Rebbia. Tous deux, frère et sœur, sont les derniers descendants d’une célèbre famille corse en guerre depuis des décennies avec une autre famille, les Barricini. Alors qu’Orso veut oublier la loi du talion qui régit les deux familles, Colomba n’a qu’un but : venger la mort de leur père, assassiné dans des circonstances mystérieuses.

Mon avis

Il faut parfois (voire souvent) faire confiance aux amis prêteurs de livres : l’histoire d’une vendetta corse et la couverture vieillotte du bouquin (pardon Lulu) ne me vendaient pas du rêve. Pourtant, j’ai beaucoup aimé cette histoire hors du commun : je n’avais jamais lu d’aventure pareille, ni de récit ayant lieu en Corse. Mérimée dresse son action dans un décor typique, celui d’un petit village corse dans lequel deux familles à fort caractère se font la guerre. Le maquis, la tradition et le dialecte corse sont omniprésents : on voyage donc avec Mérimée et c’est avec grand plaisir.

L’intrigue, quant à elle, a tout le charme des romans classiques : pas de grands rebondissements, de jolies scènes inattendues, du hasard, une pincée d’amour, une bonne dose de caractère… On se plait en compagnie de la sauvage Colomba, maligne et courageuse, un peu trop impulsive peut-être ; ainsi qu’avec Orso, un personnage au sang-froid, plus doux, plus apaisé. Les Nevil, eux, découvrent la Corse comme le lecteur et offrent un regard neuf sur ces traditions meurtrières.

Comment cette histoire va-t-elle finir ? La vengeance règnera-t-elle en maître ? La justice l’emportera plutôt ? Voilà ce que l’on se demande tout le long du roman, jusqu’à cette jolie fin, où Colomba reste fidèle à elle même, la tête haute. Quelle belle héroïne !

Besoin de voyage, d’aventure, de personnage féminin impétueux ? Colomba est fait pour vous !

MERIMEE Prosper, Colomba, éditions Le Livre de Poche, 1980 (paru initialement en 1840), p. 217 à p. 386 (169 pages)

Livres

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Harper Lee

ne-tirez-pas-sur-loiseau-moqueur_harper-leePourquoi ce livre ?

Etant le livre préféré de Laura d’Aimer les Dimanches, j’avais prévu de le lire, un jour. C’est ma copine A. qui m’a fortement incité à le lire après m’avoir incité à l’acheter (je suis influençable). La phrase qui m’a convaincue ? « Quand tu l’auras lu, tu auras une surprise ! » Il ne m’en fallait pas plus pour attraper le livre sur mon étagère et commencer sa lecture !

De quoi ça parle ?

L’histoire se passe dans la petite ville de Maycomb, dans l’Alabama des années 1930. Atticus Finch, avocat respecté, élève ses deux enfants Jem et Scout. Il est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche : une décision qu’il accepte avec fierté, mais qui va faire jaser dans la ville, sous l’œil aiguisé de la jeune et maligne Scout.

Mon avis

Je dois l’avouer : je n’ai pas eu de coup de cœur pour ce roman pourtant apprécié par beaucoup de monde, et j’en suis désolée ! Après avoir laissé passer quelques jours pour que tout cela décante, j’admets que c’est un bon roman. Je comprends son succès auprès du public, son prix Pulitzer et reconnais le talent d’Harper Lee. Mais alors, qu’est-ce qui m’a chiffonné ?

D’abord, les longueurs, dans toute la première partie du roman. Mais cela équivaut à 200 pages… Il faut donc s’accrocher assez longuement pour apprécier la suite de l’histoire, qui contient notamment le fameux procès. On suit avec détail les péripéties de la jeune Scout, à travers son regard d’enfant. On s’attache à elle bien sûr, ainsi qu’à son frère Jem et son père Atticus. Pourtant, il ne se passe pas grand chose. Moi qui suis adepte de l’action romanesque, des rebondissements, c’est un roman qui va plutôt dans le sens contraire. Cette moitié de roman a pour objectif de dresser le portrait d’une petite ville américaine des années 30 et ses histoires de voisinage (ce qui est parfaitement fait d’ailleurs !).

Ensuite, parce que le procès, qui est l’action par excellence de ce roman avec les derniers chapitres, ne prend pas assez de place. Toute cette histoire d’accusation, de parole d’un Noir contre la parole d’un Blanc, passe beaucoup trop vite. J’en voulais plus !

C’est donc l’ennui qui fut prédominant, et qui a rendu ma lecture moins passionnante que prévu. En revanche, c’est un magnifique plaidoyer pour la tolérance : elle est incarnée par le formidable Atticus Finch, qui se donne pour mission d’apprendre à ses enfants à respecter les autres, malgré la méchanceté, la bêtise ou la violence. A lire, donc, simplement pour prendre une leçon d’humanité.

Informations complémentaires

ne-tirez-pas-sur-loiseau-moqueur_filmUn film a été tiré de ce roman classique, intitulé « Du silence et des ombres » et réalisé par Robert Mulligan. Gregory Peck y campe un Atticus droit et honnête qu’on ne peut qu’admirer. Il a d’ailleurs reçu l’Oscar du Meilleur Acteur pour cette interprétation.

Vous vous demandez quelle était la surprise promise par ma copine A. ? C’était le DVD bien sûr ! Je viens de le regarder et je le crie haut et fort : j’ai adoré ce film ! Il se concentre sur Atticus et sur le procès et m’a mis les larmes aux yeux. Je l’ai préféré au roman même s’il est moins riche. A voir absolument !

LEE Harper, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, éditions Le Livre de Poche, 2011 (première édition en 1960), 446 pages