Livres

Dans la peau d’une djihadiste, Anna Erelle

dans-la-peau-dune-djihadiste-anna-erellePourquoi ce livre ?

C’est ma grand-mère qui m’en a parlé puis me l’a prêté. Je n’ai pas tardé à le découvrir, intriguée par cette enquête.

De quoi ça parle ?

L’auteure raconte l’enquête journalistique qu’elle a réalisée en 2014 : infiltrer les filières de recrutement de l’Etat islamique, en se faisant passer pour Mélanie, une jeune française convertie à l’islam. Très vite, elle est contactée par un djihadiste émir qui va tout faire pour la convaincre de le rejoindre en Syrie pour l’épouser et combattre à ses côtés. Jusqu’où va aller l’enquête ? Quels seront ses effets sur la journaliste ?

Mon avis

WHAHOU. Je l’ai dévoré. Je le lisais au travail, dans le métro, en arrivant chez moi, entre deux tâches ménagères… J’ai vraiment adoré ce bouquin, qui est terriblement addictif et passionnant. Pourtant, je ne suis pas particulièrement intriguée par les filières djihadistes. Et pourtant, pourtant… Ce livre est incroyablement fascinant : on ne peut pas l’abandonner, ou même le lâcher plus de quelques heures.

Le « djihad 2.0 » décrypté dans ce livre a tout de la propagande : la manière qu’a le recruteur de flatter et convaincre la jeune fille, d’embellir la situation, est une chose terrible. N’importe qui, en manque de repère ou de confiance en soi, peut tomber dans les mailles de ces filets numériques. On comprend comment l’Etat islamique utilise la misère et souffrance sociale de certains jeunes français pour les recruter. En leur vendant du rêve, le chemin est déjà à moitié parcouru.

Au-delà de ça, c’est l’expérience intime de la journaliste qui nous captive : petit à petit, elle se sent envahie par son interlocuteur, qui la harcèle de messages et d’appels. Il s’insinue dans sa vie quotidienne, lui impose un rythme, devient omniprésent… La fin du livre est riche en suspense : Anna Erelle part à Amsterdam, première étape du voyage vers la Syrie. Et tout ne se passe pas comme prévu… Le stress est immense à la lecture, car l’on sait que cela est vrai.

Je ne vous révèlerai pas tout pour vous laisser découvrir ce récit, mais aujourd’hui, l’auteure est encore menacée et vit sous anonymat, protégée par l’Etat français. Autant vous dire que ça fout les jetons !

C’est un livre à lire, c’est certain. Pour comprendre l’état d’urgence dans lequel nous vivons en restant loin des discours politiques, en vivant le réel, l’intime, le cœur du problème. Dans le même esprit que l’exceptionnel Les proies, dans le harem de Kadhafi, d’Annick Cojean.

Livres

Be safe, Xavier-Laurent Petit

be-safe-xavier-laurent-petitPourquoi ce livre ?

Il m’a été conseillé par ma chère maman, à qui je parlais du film American Sniper. Une histoire dans le même esprit, sur les effets désastreux de la guerre, aussi bien sur les peuples que sur les militaires. Et puisque c’était du point de vue d’un ado, ça me semblait tout à fait intéressant.

De quoi ça parle ?

Oskar, ado américain, aime passer du temps à jouer du rock dans son garage avec son grand-frère Jeremy. Mais ce jour-là, la vie banale de cette famille va basculer : Jeremy a signé auprès de l’armée pour 4 ans car on lui a promis qu’il construirait des ponts. Oui mais ! Il se révèle doué au tir et est envoyé en Irak, bien loin d’Oskar et de ses rêves de rock star. Un départ qui fissure les secrets familiaux, renforce le lien fraternel, bref, ne laisse personne indifférent.

Mon avis

C’est un beau et chouette petit roman que je vous présente là ! « Be safe », c’est ainsi que Jeremy signe les mails qu’il envoie en cachette au narrateur, son petit frère Oskar. Parce qu’être dans l’armée n’est pas si génial que ça…

C’est donc un livre sur la fraternité et la famille, mais aussi sur la guerre et ses traumatisés, sur ses contradictions… Tout cela est vu avec les yeux d’un ado, qui cherche des réponses, observe son père boiteux qui reste mystérieux sur son passé, tombe amoureux de la jolie Marka. On n’est jamais sur le terrain, les horreurs de la guerre sont rarement décrites. Mais elles inspirent Oskar et Marka qui écrivent ensemble des chansons-catharsis, pour évacuer la peur, le manque, l’incompréhension qui les envahissent.

Un beau roman, je disais donc, qui montre aux jeunes fascinés par les armes que la guerre n’entraîne que de la violence et de la destruction. Un petit classique jeunesse à découvrir si le sujet vous intéresse !

Livres

Animal Farm, George Orwell

animal-farm-folio-bilinguePourquoi ce livre ?

Il m’a été prêté et conseillé par une copine, avec qui je discutais de l’apprentissage de l’anglais. On en déduisait que la lecture était un bon moyen pour découvrir du vocabulaire et c’est ainsi qu’elle m’a mis Animal Farm dans les mains.

De quoi ça parle ?

L’histoire se passe dans une ferme, en Angleterre. Le vieux cochon Old Major motive les autres animaux et appelle à la rébellion contre les humains, qui causent leurs souffrances. A sa mort, les voilà qui chassent le propriétaire Mr. Jones et prennent le contrôle de la ferme. Mais l’apaisement général et l’égalité entre tous les animaux ne dure qu’un temps… La soif du pouvoir va vite reprendre le dessus.

Mon avis

Vous connaissez sans doute ce titre, réputé pour être une fable satirique de la Révolution russe et une critique du stalinisme. Sans avoir de grandes connaissances en la matière, on perçoit évidemment l’allégorie tout le long du roman. Le mensonge, la manipulation, la dénonciation sont au cœur des relations entre ces animaux rebelles, qui sont finalement tout autant avides de pouvoir que les humains. Le problème n’est pas résolu, il est déplacé.

J’ai beaucoup aimé découvrir ce classique, qui pointe du doigt avec humour et intelligence tous les travers de l’homme. Même si l’intention est bonne, les moyens employés sont néfastes, voire criminels. C’est un livre qui parle de nous, de notre histoire, de nos défauts, de façon tout à fait subtile et claire à la fois.

Quant à l’anglais, je suis plutôt contente de moi ! La lecture en version bilingue (page de gauche en anglais, page de droite en français) rassure et fait que l’on tourne vite les pages, un bon compromis si l’on veut éviter le livre intégralement en langue étrangère. J’ai compris l’essentiel, j’ai révisé le vocabulaire animalier et j’ai lu un deuxième livre en anglais ! N’est-ce pas formidable ? La révolution est en marche.

Je vous conseille fortement cette lecture ! C’est didactique, malin et vraiment intéressant. Tentez !

Livres

La petite maison dans la prairie (t.1), Laura Ingalls Wilder

petite-maison-dans-la-prairie-1-laura-ingallsPourquoi ce livre ?

Il m’a été offert par Laura, du blog Aimer les Dimanches , lors d’un swap entre deux Laura ! Quelle belle couverture ! J’avais très envie de me le garder pour le printemps. Il y a quelques jours, Laura m’a proposé une lecture commune, puisqu’elle aussi dispose de ce roman. J’ai accepté avec plaisir !

De quoi ça parle ?

La petite maison dans la prairie est le premier tome d’une série de huit romans (semble-t-il), racontant l’histoire de son auteure : les aventures d’une famille de pionniers américains du XIXe siècle, traversant l’Amérique à bord d’un chariot. Dans ce tome-ci, la famille s’installe dans une prairie, dans laquelle elle va devoir tout inventer, tout construire…

Mon avis

Vous connaissez bien évidemment ce titre, popularisé par son adaptation en série télévisée durant les années 70-80. Personnellement, je n’avais jamais suivi les aventures de la famille Ingalls, ni par la série, ni par les romans. Je n’en connaissais donc que très peu de choses. Grâce à cela, j’ai commencé ma lecture sans a priori. Après quelques recherches, il semblerait que la série TV soit un peu culcul la praline et qu’elle soit bien différente des bouquins (pardon si ce n’est pas le cas).

Revenons à ce premier tome : outre la couverture conçue par Anaïs Massini, jolie et printanière, le texte m’a bien évidemment séduite ! Une écriture simple, sans fioritures, au présent simple, qui déconcerte un peu au début quand on n’est pas habituée aux romans jeunesse. Etant tout à fait adapté aux jeunes lecteurs, ce roman ne leur posera donc aucune difficulté. Je me suis ensuite laissée entraîner par les aventures de cette petite famille, s’établissant librement au milieu d’une prairie. On suit avec plaisir leur installation, leurs relations avec le voisinage, loups, autres pionniers ou Indiens. C’est un véritable voyage dans le temps et dans l’espace que nous propose Laura Ingalls : la jeune Amérique est là, sous nos yeux, verdoyante, sauvage, pleine de promesses. On se croirait dans la cabane en bois construite par le père, aux côtés des enfants.

Une très jolie balade sans grands rebondissements, mais qui fait chaud au cœur. On en redemande : la suite viendra rejoindre ma bibliothèque je pense, surtout dans cette belle édition colorée !

Merci Laura, de m’avoir offert ce beau roman ! Vous pouvez découvrir son avis sur son site Mille Vies en Une. blog

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Le fantôme de l’Opéra, Gaston Leroux

Le fantôme de l'Opéra, Gaston Leroux, éditions MaxiLivresPourquoi ce livre ?

Voilà presque un an que ma copine A. insistait pour que je lise Le fantôme de l’Opéra, qui avait été un coup de cœur pour elle. Voyant que je ne prenais pas le taureau par les cornes et après avoir acheté le roman pour sa bibliothèque personnelle, elle me l’a gentiment prêté ! Il est enfin lu !

De quoi ça parle ?

On murmure dans les couloirs de l’Opéra Garnier qu’un fantôme aurait élu domicile en ces lieux… Meurtres et disparitions ne sont pas rares dans les environs. Bizarre ! Justement, voilà que la jeune cantatrice Christine Daaé se comporte mystérieusement : elle disparaît et fuit sans cesse le vicomte Raoul, fou d’amour pour elle. Courageux et résolu, il veut à tout prix savoir ce que cache la chanteuse. A ses dépends ! Car il va apprendre qui est vraiment le fantôme de l’Opéra et de quoi il est capable !

Mon avis

Avant tout, pardon pour cette photo amateure de la couverture de mon édition, que je ne trouve nulle part sur le web en qualité minimale. Je tenais toutefois à vous montrer l’édition dans laquelle j’ai lu cette histoire.

Le fantôme de l’Opéra… Une histoire mythique, un titre connu de tous, un personnage énigmatique… Un roman plein de promesses, donc, qui fait partie de la littérature française classique. Voilà sans doute pourquoi j’appréhendais cette lecture. Et le début m’a un peu déroutée : pas vraiment d’actions, mais plutôt un tableau de l’Opéra Garnier et de l’agitation provoquée par les rumeurs. C’est pourquoi j’ai mis du temps à me plonger dans l’histoire de ce fantôme, absent pendant une bonne moitié du livre. Cela manque de rythme et de suspense.

Heureusement, le style et l’humour de Gaston Leroux nous font toujours revenir au livre. J’avais adoré Le fauteuil hanté et j’ai ici retrouvé cette écriture si particulière. Car l’auteur joue sans cesse avec le lecteur, lui donne à lire de faux témoignages, étaye ses propos par de fausses preuves rocambolesques… tout en s’appuyant sur une légende sans réponse. Brouiller les pistes est un de ses talents. Avec une imagination débordante et un talent certain d’écrivain, il construit autour du mythe du fantôme de l’Opéra un roman fantastique très théâtral ! Rien d’étonnant à ce qu’il été adapté au théâtre, au cinéma et en comédie musicale, car il s’y prête parfaitement.

Une quatrième lecture de cet auteur, qui me confirme que j’aime décidément sa plume ! Le plaisir d’errer dans les sous-sols sombres de l’Opéra aux côtés des héros, l’apparition maligne et effrayante du Fantôme et le langage du 19e-début 20e donnent une saveur particulière à ce bouquin. Un classique à lire, sans aucun doute !

Livres

Avenue des Géants, Marc Dugain

avenue-des-geants-marc-dugainPourquoi ce livre ?

Rappelez-vous, il fait partie de mes derniers cadeaux de Noël !

De quoi ça parle ?

Inspiré d’une histoire vraie et d’un personnage réel, Avenue des Géants est le portrait d’Al Kenner, adolescent particulièrement intelligent (un QI supérieur à celui d’Einstein) et étonnamment grand (2,20 mètres). Entouré d’une famille de cinglés, il va commettre l’irréparable pour tenter de se défaire de ses démons : tuer en série.

Mon avis

C’est le premier Marc Dugain que je lis et je suis totalement bluffée. C’est un coup de maître que nous livre ici l’écrivain : l’histoire d’un meurtrier qui n’a rien de fou ou de morbide. C’est d’ailleurs lui qui raconte son histoire et on le comprend parfaitement. Très conscient et responsable, il ne commet pas ces actes à la manière d’un sauvage schizophrène. Il cherche simplement à s’extirper de sa vie misérable et de sa terrible famille : la mère, alcoolique et violente ; la grand-mère, aigrie ; le père, absent ; les sœurs, bêtes comme leurs pieds…

L’histoire commence avec un premier meurtre, qui va libérer Al Kenner et lui permettre de faire des rencontres inattendues. Mais ses démons le rattrapent. C’est à l’ascension du mal qui le bouffe que l’on assiste ici. Toujours avec intelligence. Avec clarté. Loin de toute vulgarité ou violence. Car l’auteur ne cherche pas à choquer son lecteur : il va plutôt lui permettre de voir le monde des années 60 à travers les yeux d’un jeune désemparé.

C’est un roman brillant, que je vous conseille à 100 % ! Haletant et passionnant, il se dévore en quelques jours malgré ses 420 pages et donne envie d’en savoir plus encore. A lire si vous aimez les personnages hors du commun !

Livres

Dolores Claiborne, Stephen King

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Parce que le résumé me tentait bien, que c’est un Stephen King et qu’il faisait partie d’un lot de romans policiers/thrillers/romans noirs gagné l’année dernière.

De quoi ça parle ?

Le roman est un immense monologue : celui de Dolores Claiborne, une femme d’une soixantaine d’années, qui va soulager sa conscience en racontant sa vie. Car on la soupçonne du meurtre de la vieille Vera Donovan, qu’elle a servi durant des décennies, mais aussi du celui de son mari retrouvé trente ans plus tôt dans un puits.

Mon avis

OHLALALALA. Je tiens le roman du début d’année, celui qui a su faire battre mon cœur, qui m’a maintenue éveillée lors d’un long voyage en train, qui m’a émue, m’a étonnée, m’a dégoûtée, celui qui va me rester en mémoire, celui auquel je repense déjà souvent. Bref, c’est un roman puissant, malgré son allure insignifiante.

On le sait tous : Stephen King est un grand écrivain, qui a le chic pour inventer des personnages complexes, torturés et souvent très très attachants. Je pense par exemple à l’excellente Carrie, que j’avais adoré l’année dernière. Mais là, les amis, on a du lourd. Du très lourd.

D’abord, l’idée de ce monologue féminin, adressé à des flics « hors champ », mais aussi à nous, humbles lecteurs. Dolores Claiborne n’inspire pas la sympathie en premier lieu. Elle a tout l’air d’une femme bourrue, qui sait ce qu’elle veut, ni douce ni distinguée. La voilà qui se lance dans le récit de sa vie et elle se révèle : c’est une incroyable conteuse, une femme de caractère qui en a vu de belles. On pourrait même dire qu’elle a vécu le pire. Tout à coup, elle devient une mère attentionnée, une battante, une femme que l’on respecte.

Ensuite, le talent de l’auteur, qui nous immerge dans son récit. Oui, nous sommes attablés avec Dolores Claiborne, on ne la quitte pas des yeux, on boit ses paroles, on se sent investi d’une mission : celle de l’écouter jusqu’au bout sans piper mot. Une écriture solide, riche et convaincante. Elle aurait pu me raconter n’importe quoi, sa liste de courses, un discours politique, une chanson, une blague… Je ne lâchais rien.

Voilà pourquoi je vous prie de lire Dolores Claiborne. 330 pages en version poche, qui s’avalent comme un article de presse, qui se savourent aussi. J’ai pris un coup de chaud, une bourrasque de vent, une pluie d’été sur la tête. Lisez, lisez !

NB : J’apprends que le roman a été adapté en film avec, évidemment (comment cela aurait pu en être autrement ?), Kathy Bates dans le rôle principal. Je vais me jeter dessus.

Affiche du film "Dolores Claiborne", réalisé par Taylor Hackford et sorti en 1995
Affiche du film « Dolores Claiborne », réalisé par Taylor Hackford et sorti en 1995
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Le dîner des neuf ou L’éveil au pardon, Jacques Leveau

diner-des-neuf_jacques-leveauPourquoi ce livre ?

Je ne vais pas m’en cacher : j’ai été contactée par les Editions Baudelaire pour commencer un petit partenariat. Elles m’ont plusieurs fois proposé des romans et j’ai choisi celui-ci, d’abord parce que c’était la première proposition (et que la joie de recevoir un roman m’envahissait) mais aussi parce que l’histoire m’intriguait.

De quoi ça parle ?

Anna est une mère de famille blessée : son fils a fait une mauvaise chute et se retrouve paraplégique. On ignore pourtant la cause de cette chute : accident ? Tentative de suicide ou même de meurtre ? Elle soupçonne un membre de sa famille… Pour avoir une réponse, Anna rassemble son mari, ses beaux-frères et belles-sœurs. Cinq couples qui vont devoir révéler tous leurs secrets autour d’un dîner.

Mon avis

L’histoire me plaisait, donc. Cette idée de repas révélateur me faisait penser au grinçant Dîner, d’Herman Koch, que j’avais adoré. Mais quand j’ai reçu le roman, j’ai d’abord été très déçue par la couverture… Bien qu’elle soit fidèle au sujet, elle m’a tout de suite semblée « amateure ». Cette première impression passée, je n’ai pas tardé à commencer ma lecture.

Malheureusement, l’intérieur ne m’a pas convaincue non plus. Je crois que c’est dû au style d’écriture. Car le narrateur omniscient n’a presque pas de place… C’est la plupart du temps les personnages eux-mêmes qui s’expriment et racontent donc leur passé et le contexte de la scène, mais tout ça à la manière d’un narrateur extérieur ! Résultat : des façons de s’exprimer très peu naturelles. Bien que le style soit riche et poétique, on a du mal à rentrer dans l’histoire et surtout, à s’attacher aux personnages. Même Anna, la figure féminine principale, n’a rien de sympathique ou de touchant.

La fin, aussi, m’a assez déçue. Un petit suspense est sans cesse alimenté le long du roman, mais il ne mène à rien. Dommage, j’attendais un ou plusieurs rebondissements et de l’action, enfin.

Une bonne idée de départ, donc, qui aurait peut-être pu mieux s’épanouir avec une construction du récit et un style différents. Tant pis !

Merci aux Editions Baudelaire pour cet envoi ! Sans rancune !

Livres

Le château des étoiles, vol. 1, Alex Alice

chateau-des-etoiles_alex-alicePourquoi ce livre ?

Je l’ai vue à plusieurs reprises sur la blogosphère littéraire et en librairie, toujours attirée par cette jolie couverture sans jamais franchir le pas. Mais quand Camille (Le Cri du Bonsaï) m’a proposé de me la prêter, j’ai accepté avec plaisir !

De quoi ça parle ?

19e siècle, en France. Séraphin, un jeune garçon, n’a qu’une chose en tête : comprendre comment et pourquoi sa mère a disparu un an auparavant. La scientifique cherchait à atteindre le « mur de l’éther », pour conquérir l’espace à bord d’un ballon. Avec son père Archibald, Séraphin va rejoindre le château du roi Ludwig de Bavière, où une tâche ardue les attend.

Mon avis

Ce qui frappe avant tout, c’est la beauté de l’objet livre. La couverture, d’abord, soignée, parfois douce, parfois rugueuse, d’un joli bleu roi. Les dessins, ensuite, aux traits délicats et aux couleurs pastel. Certaines planches auraient belle allure affichées sur un mur…

C’est une bd d’aventure truffée de clins d’œil à Jules Verne et aux inventions du 19e siècle. Les moins scientifiques d’entre nous se perdront un peu au milieu des termes et références techniques… Mais peu importe. On s’attache au jeune Séraphin, curieux et inventif, et à la féérie ambiante du château dans lequel il est accueilli.

Le tome 2 sortira en 2015. On ignore encore la date précise mais vous pouvez vous tenir au courant sur le site dédié. Lancez-vous si vous aimez l’aventure et les très jolis dessins faits à l’aquarelle !

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Ecarlate, Hillary Jordan

ecarlate_hillary-jordanPourquoi ce livre ?

Il y a un an et demi, j’avais été très convaincue par l’avis d’Iluze sur ce roman, et l’avais aussitôt noté dans ma wish-list. Il a mis un certain temps à arriver sur mes étagères, puisque c’est Laura qui me l’a offert lors de notre swap. En ce début d’année et après un polar, j’avais envie d’un genre que je lis assez peu. J’ai tranché en faveur d’une dystopie.

De quoi ça parle ?

L’histoire se passe dans le futur, dans une société américaine intolérante et dirigée par l’Eglise. Effraction, crime, opposition au pouvoir… Tout cela implique un châtiment terrible, qui vous dénonce aux yeux du monde : avoir la peau teintée. Hannah Payne fait partie de ces parias. C’est une Rouge, la nouvelle couleur de sa peau. Son crime ? Avoir avorté, pour garder secrète une liaison avec un pasteur marié. C’est l’histoire de sa lutte et de sa fuite que nous allons suivre…

Mon avis

WHAHOU ! Quel roman ! Avant ma lecture, j’étais déjà convaincue par l’histoire et l’idée principale de l’auteure : colorer la peau des « criminels » pour qu’ils soient rejetés toute leur vie. A la lecture, l’impression s’est confirmée. L’idée était effectivement bonne et surtout bien amenée.

Le plus effrayant, c’est qu’elle est assez réaliste. Il est tout à fait possible que dans le futur, l’Eglise détienne à nouveau le pouvoir et applique des lois de ce type, non ? C’est en tout cas le sentiment que j’ai eu. Ecarlate est certes un roman avec une intrigue et une héroïne pleine de courage, mais c’est surtout une façon de réfléchir aux règles de la religion chrétienne, lorsqu’elles sont poussées à l’extrême. En cette époque de terrorisme et extrémisme religieux, je trouve que c’est une belle façon de se faire son avis sur la question.

Mais revenons à l’histoire : Hannah, l’héroïne, n’a rien d’une rebelle à la manière des filles de Divergente ou Hunger Games. C’est une jeune femme croyante, pratiquante, qui suit les ordres de sa famille sans se poser trop de questions. C’est l’amour qu’elle porte pour un homme qui va bouleverser sa vie. J’ai vraiment beaucoup apprécié ce personnage féminin qui n’a finalement rien d’extraordinaire, mais qui finit par se laisser porter par son instinct et ses sentiments. En revanche, je n’ai jamais fait confiance en Aidan Dale, le pasteur avec lequel Hannah a une relation. Bien qu’il soit lui aussi amoureux et compréhensif, il ne risque pas vraiment sa place et sa réputation pour défendre la femme qu’il aime. La fin, qui n’a rien d’un happy end amoureux, est donc une réponse très appréciable à ce manque de courage.

Pour résumer, je vous le conseille fortement ! Je l’ai lu rapidement et avec passion, j’ai aimé Hannah et sa détermination, j’ai adoré réfléchir à la question du pouvoir et de la religion dans un tel contexte… Bref, un bouquin qui mérite d’être beaucoup plus connu. Excellent !