Livres

L’arabe du futur, Une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984), Riad Sattouf

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Pourquoi cette bande-dessinée ?

Je m’étais promis, une fois mon salaire tombé, de m’offrir l’une des milles bandes-dessinées qui me font envie en ce moment. Chose promise, chose faite : quelques déambulations chez Cultura m’ont fait craquer pour celle-ci.

De quoi ça parle ?

Riad Sattouf, dessinateur et réalisateur connu pour La vie secrète des jeunes ou les films Les beaux gosses, Gainsbourg ou Camille redouble (que j’ai adoré !), raconte son enfance en Libye et en Syrie. D’origine franco-syrienne, il revient sur sa découverte de ces pays arabes : son installation avec ses parents, la rencontre avec la famille, les autres enfants, les règles de vie en société…

Mon avis

Superbe bande-dessinée autobiographique ! Riad Sattouf est un dessinateur de talent : il observe le Moyen-Orient des années 70-80 avec ses yeux d’enfant et le raconte avec beaucoup d’humour. Ainsi, les autres enfants ne cessent de s’insulter, haineux envers les Juifs dès leur plus jeune âge, et Riad décide d’apprendre les insultes « traditionnelles » de Syrie. Les adultes sentent la sueur et ne sont pas très chaleureux, mais lui préfère cette odeur à celle de l’air français. Le mode de vie des Libyens, qui n’ont pas le droit de propriété et prennent donc le risque de se faire piquer leur appartement s’ils le quittent, a l’air de le fasciner. On découvre tout cela à travers lui, avec la même curiosité, quoi qu’un peu plus méfiant puisque l’on connaît aujourd’hui les horreurs commises par Kadhafi (à ce propos, lisez Les proies, dans le harem de Kadhafi, d’Annick Cojean).

Riad est aussi entouré d’une famille originale : une mère française, finalement assez effacée, qui suit son mari fougueux sur les terres de son enfance ; un père politisé plein de contradictions qui a tout d’un héros pour le petit Riad ; deux grands-mères très opposées, l’une bretonne et charmante, l’autre syrienne et mystérieuse… On s’attache à tous ces personnages qui semblent n’avoir rien en commun, si ce n’est les liens du sang ou du mariage.

Les dessins, enfin, sont tout ce que j’aime : traits fins, formes arrondies… la simplicité est au rendez-vous. On se sent immergé dans la vie de la famille Sattouf et l’on imagine très bien les villes et campagnes arabes grâce aux quelques éléments dessinés et aux descriptions de l’auteur. Pas besoin de tout un tralala !

L'arabe du futur, Riad Sattouf, première page
L’arabe du futur, Riad Sattouf, première page

Une très chouette BD, donc, qui mérite d’être offerte, à vous-même ou à votre entourage. Très riche en texte, elle met un certain temps à se lire et l’on ne regrette aucunement son achat !

SATTOUF Riad, L’arabe du futur, Une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984), Allary Editions, 2014, 158 pages

Livres

L’appel du Coucou, Robert Galbraith

lappel_du_coucou-galbraithPourquoi ce livre ?

Parce que l’auteur, évidemment, qui n’est autre que J.K. Rowling, comme vous le savez sûrement. J’ai tellement été conquise par sa série Harry Potter étant plus jeune et par le dramatique Une place à prendre que je ne peux pas laisser passer un autre de ses romans.

De quoi ça parle ?

Une nuit d’hiver, à Londres, le célèbre mannequin Lula Landry est retrouvée morte au pied de son immeuble. La police déclare que c’est un suicide mais son frère persiste à croire qu’il s’agit d’un meurtre. Il contacte donc le détective privé Strike, fauché et bourru, qui va devoir mener l’enquête de A à Z, aidée de sa nouvelle secrétaire Robin.

Mon avis

Soit J. K. Rowling est très talentueuse, soit j’ai un avis tout à fait subjectif. En tout cas, et encore une fois, j’applaudis cette auteure pleine de surprises ! Après une saga jeunesse fantastique et un drame contemporain, elle nous livre là un policier parfaitement mené.

D’abord, quel plaisir de retrouver sa plume et sa manière de rendre les personnages plus vrais que natures. Strike, ce détective privé complètement à l’ouest, révèle une personnalité complexe. On a même envie d’en savoir plus sur son passé tant on s’attache à lui. Idem pour la jeune Robin, maligne et pleine de ressources.

Ensuite, l’intrigue policière s’inspire des romans policiers classiques : enquête en bonne et due forme, succession de témoignages, de rebondissements, de minuscules indices qui laissent le lecteur perplexe mais semblent évidents pour l’inspecteur solitaire.  J’aurais pu me lasser de ce schéma peu original mais mêlé à l’écriture de J. K. Rowling, il prend une tournure plus moderne, plus dynamique. On visualise les rues de Londres où boite notre héros, les vieilles pies qu’il interroge, les amis éplorés, la famille méfiante… Tous ont une personnalité, une histoire.

Enfin, le dénouement est surprenant : on lève un sourcil et l’on se délecte des explications finales de Strike, qui reprend le fil des événements en les éclairant de tous ces indices que l’on croyait futiles.

Une très belle lecture, donc. La suite des aventures de Strike est déjà sortie en anglais et sortira en France le 15 octobre sous le titre « Le ver à soie ». J’ai hâte ! Selon une rumeur, elle aurait peut-être prévu d’écrire 7 romans autour du détective. Youpi ! Avec de si belles couvertures, ça ferait une belle collection dans ma bibliothèque.

GALBRAITH Robert, L’appel du Coucou, éditions Grasset, 2013, traduit par François Rosso, 572 pages

Livres

Lorsque j’étais une oeuvre d’art, Eric-Emmanuel Schmitt

oeuvre-dart_schmittPourquoi ce livre ?

C’est mon adorable tutrice de stage qui me l’a offert en revenant d’une virée en librairie. Plutôt court, il arrivait pile poil au moment où je terminais un autre roman alors j’ai enchaîné avec celui-là.

De quoi ça parle ?

Un homme, seul et désespéré, s’apprête à sauter d’une falaise, quand un étrange monsieur lui demande 24h pour le faire changer d’avis. Ce drôle d’énergumène, artiste mondialement reconnu prénommé Zeus-Peter Lama, va transformer le dépressif en véritable œuvre d’art, lui ôtant toute humanité au profit de son art.

Mon avis

Lorsque j’étais une œuvre d’art est un roman tout aussi farfelu que l’artiste de l’histoire : parfois amusant, parfois triste ou même scandaleux, il a le mérite de ne pas laisser indifférent. La transformation du héros en œuvre d’art, la manipulation de son corps, la disparition de sa capacité à penser et s’exprimer sont tout autant de pistes de réflexion autour de l’art. Schmitt pose discrètement des questions philosophiques : qu’est-ce que l’art ? Comment définir l’être humain ? Est-ce que tout peut être art ?

C’est donc plutôt un conte philosophique qu’un roman contemporain : les lieux sont imaginaires et indéfinis, la maison de Zeus fantasque, les personnages flous, plein de poésie… Tout cela n’est que prétexte à la réflexion. On se croirait dans un film de Tim Burton, le morbide en moins.

Je n’ai donc cessé de me poser des questions sur l’art grâce à ce petit bouquin, mais j’ai finalement assez peu apprécié l’intrigue. Je ne me suis pas attachée aux personnages, et même si cela n’est sans doute pas le but de ce roman, c’est une chose qui m’a manquée.

A lire si le sujet vous intéresse, car c’est néanmoins une bonne façon de s’interroger, surtout aujourd’hui, où le débat « c’est de l’art / ça ne l’est pas » fait fureur lorsqu’un Jeff Koons s’installe à Versailles ou que les musées s’ouvrent à l’art moderne et au design d’objet.

SCHMITT Eric-Emmanuel, Lorsque j’étais une œuvre d’art, éditions Le Livre de Poche, 2014 (première édition en 2002), 253 pages

Livres

Le dîner, Herman Koch

le-diner_herman-kochPourquoi ce livre ?

C’est sur Twitter qu’un lecteur m’avait donné envie de découvrir ce roman. Je n’ai pas tardé à l’acheter mais il a attendu son tour assez longtemps sur mon étagère.

De quoi ça parle ?

Paul, le narrateur, a ce soir-là un dîner prévu dans un grand restaurant, en compagnie de sa femme, son frère, le célèbre Serge Lohman, et sa belle-sœur. Malgré les apparences et les banalités échangées durant une bonne partie du repas, le but de cette rencontre est tout autre : parler de ce qu’ont commis leurs fils respectifs.

Mon avis

On a du mal à croire qu’un roman de près de 400 pages puisse se consacrer exclusivement à un repas dans un restaurant, partagé entre quatre personnes d’une même famille. Pourtant, Herman Koch réussit cette prouesse sans jamais nous ennuyer. Divisé en six parties que sont l’apéritif, l’entrée, le plat, le dessert, le digestif et le pourboire, Le dîner commence avec humour et légèreté. Paul n’a aucune envie d’aller manger avec son frère imbus de sa personne et son regard cynique sur le monde et sur ses proches font sourire.

Les choses prennent une toute autre tournure au fur et à mesure des pages : le discours cynique devient sombre, les révélations surprennent et ce roman qui semblait humoristique devient grave, pesant, intense. L’auteur parvient donc à faire glisser le curseur de manière très subtile : on ne s’attend pas à la raison de ce fameux dîner et à la complexe personnalité de Paul.

Surprenant : voilà comment je qualifierai ce bouquin écrit avec talent. Une bonne lecture que l’on termine les yeux écarquillés et presque essoufflé. Fiou !

KOCH Herman, Le dîner, éditions 10 18, 2013 (édition originale de 2009), traduit par Isabelle Rosselin, 356 pages

Livres

Le jardin de ciment, Ian McEwan

jardin-de-ciment-ian-mcewanPourquoi ce livre ?

Bonne question ! Je me demande encore comment il est arrivé sur mes étagères. Je me souviens juste avoir commencé cette lecture il y a plusieurs années et l’avoir abandonnée par ennui et incompréhension. La semaine dernière, j’ai eu envie de retenter l’aventure !

De quoi ça parle ?

Jack, 14 ans, vit dans une maison isolée avec ses deux sœurs et son frère. Quatre orphelins livrés à eux-mêmes après avoir perdu leurs deux parents, peu de temps l’un après l’autre. Conscients que si cela se savait, ils seraient séparés, ils décident de garder le secret et d’enterrer leur mère sous du ciment, dans la cave…

Mon avis

Le jardin de ciment me laisse un goût amer. Je ne peux pas dire que je l’ai détesté, car je reconnais le talent d’écrivain de McEwan. En revanche, je reste sceptique quant à cette histoire. L’ambiance, particulièrement malsaine, met le lecteur dans une situation délicate : les deux ainés, Jack et Julie, frôlent l’inceste à plusieurs reprises ; le petit frère Tom cherche son identité sexuelle en s’habillant de robes ; Sue, la cadette, s’isole avec ses bouquins. Même s’ils semblent tout à fait sains d’esprit, tous partent à la dérive petit à petit. La maison devient une vraie poubelle, plus rien ne ressemble à une vie de famille.

Le lecteur, donc, hésite entre refermer le livre pour laisser ces personnages se perdre en paix, ou finir sa lecture, simplement parce que c’est son « devoir » de lecteur. Le style, léger, contraste avec le fond, de plus en plus noir et cynique. On se sent vraiment très mal à l’aise.

On n’éprouve pas non plus de sympathie pour les personnages : ils sont tous plus ou moins détestables, imbus d’eux-mêmes, fiers et malpolis. Aucune tendresse entre eux. Ils errent côte à côte mais ne se tiennent pas la main.

Je suis assez déçue de ce roman : McEwan est un auteur anglais reconnu, j’aurais aimé l’apprécier. Malheureusement, sa passion pour l’obsession, le malaise et le sordide ne m’a pas convaincue.

MCEWAN Ian, Le jardin de ciment, éditions Point, 2008 (édition originale en 1978), traduit par Claire Malroux, 175 pages

Blabla

Book Blogger Test : les livres et moi

Il y a trois semaines, Vu de mes Lunettes me demandait de répondre à ce « Book Blogger Test » qui circule actuellement sur la toile. Je prends enfin le temps d’y répondre !

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Le top 3 des choses qui t’exaspèrent concernant les livres ?

1. Que beaucoup de blogueurs maintiennent que les films adaptés de livres sont nazes, ou mal adaptés ou je ne sais quoi de négatif. De mon côté, je trouve cela très bien : ça incite souvent à la lecture des livres d’origine et permet de comparer l’univers que l’on avait imaginé à celui d’un réalisateur. Pourquoi pas !

2. Les couvertures moches, c’est-à-dire, selon moi, celles avec des photos de couples ou la tête d’une nana qui prend la pose. Ce genre d’image ne me donne absolument pas envie de lire le roman.

3. Les prix des bouquins, bien sûr. Comment ne pas être exaspérée !?

Décris l’endroit parfait pour lire.

Le fauteuil noir en cuir qui trône au milieu du salon de mes parents. Pas trop allongée pour m’endormir, moelleux, tout ce qu’il faut.

3 confessions livresques

1. Je n’ai jamais donné ou vendu mes livres. Je les conserve tous, même si je les déteste. Cela changera peut-être avec le temps mais pour le moment, j’aime me dire que tous ensemble, ils composent une belle bibliothèque.

2. Avant de commencer une lecture, j’aime feuilleter et lire tout ce qui entoure le texte lui-même : la 4e, les titres de chapitres, les remerciements, la table des matières… Je regarde même la longueur moyenne d’un chapitre.

3. Je n’abîme pas mes livres et lorsque j’écris dedans (toute première page pour indiquer l’année de sa lecture par exemple), j’utilise un crayon de papier uniquement.

La dernière fois que tu as pleuré en lisant ?

Jamais ! Eh oui, je suis une âme sensible mais devant un livre, je n’ai encore jamais pleuré.

Combien de livres sur ta table de chevet ?

Trois bouquins : un livre que l’on m’a prêté, mon pavé en cours et un livre plus fantaisie dans lequel je picore de temps en temps.

Ton en-cas favori pendant que tu lis ?

Tout et n’importe quoi ! Mais en général, je lis dans les transports en commun, donc je ne mange pas. En revanche, si je suis chez moi et que j’ai un petit creux, j’apprécie quelques biscuits, quelques bonbons, des carrés de chocolat ou du thé.

3 livres que tu recommanderais à tout le monde ?

« La nuit du chasseur », Davis Grubb : poignant, effrayant, passionnant.
« Rafael, derniers jours », Gregory McDonald : un roman coup de poing sur l’humanité.
« Jane Eyre », Charlotte Brontë : la parfaite héroïne, sûre d’elle, amoureuse et libre.

Une image de ton étagère préférée dans ta bibliothèque.

J’ai rédigé cet article avec du retard justement pour vous montrer la bibliothèque que j’ai constituée chez mes parents : elle me représente très bien : des livres de toutes sortes, des DVD et CD, des classeurs plein de cours, des souvenirs glanés un peu partout.

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Mon étagère préférée, parce qu’elle déborde de bouquins :

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Que signifient les livres pour toi, en 3 mots ?

Découverte, liberté, curiosité.

Ton plus gros secret concernant la lecture ?

Difficile question… ah si ! Il y a quelques temps, j’ai gagné un livre lors d’un #VendrediLecture et je ne l’ai jamais lu… Oups. Il m’attend sagement.

Livres

Avant d’aller dormir, S. J. Watson

avant-daller-dormir-watsonPourquoi ce livre ?

En ayant tellement lu de bons avis sur ce roman sur la toile, j’ai fini par acheter la version poche, sans toutefois me jeter dessus (aucune cohérence). J’ai fini par le sortir de mes étagères il y a quelques semaines.

De quoi ça parle ?

Tous les matins, Christine se réveille sans savoir qui elle est. Ben, l’homme qui partage sa vie, ne cesse de lui raconter pourquoi elle est amnésique. Un jour, elle trouve un journal intime, le sien, qui va lui révéler les incohérences et mensonges qui ponctuent le discours de son entourage. Que lui est-il vraiment arrivé ? A qui faire confiance ?

Mon avis

Génial ! Une fois de plus, cette lecture est un coup de cœur (décidément, en ce moment, je ne fais que des bonnes pioches) ! Un thriller psycho parfaitement mené ! Un premier roman qui plus est !

L’intrigue est très bien conçue : la tension monte progressivement. On angoisse comme Christine et on soupçonne tous les autres personnages. Chaque chapitre retourne la situation : finalement, il semblerait que cet homme soit fiable, mais quelques pages plus loin, le voilà qui semble très suspect, tout à coup ! Un effet paranoïaque qui révèle un talent indéniable de la part de l’écrivain.

La révélation finale ensuite : évidemment, je ne vous la dévoilerai pas, mais sachez qu’elle est tout à fait surprenante ! Si vous la devinez, vous êtes vraiment très TRES fort. Une idée astucieuse et inattendue, qui rend la fin du roman savoureuse.

Les personnages, quant à eux, se révèlent particulièrement réalistes : on y croit ! Ils sont peu nombreux mais tous ont leur importance : Ben, le mari mystérieux aux petits soins ; le Dr Nash, qui semble un peu trop intéressé ; la copine Claire, absente, disparue. Une ambiance hitchcockienne tout à fait à mon goût !

Si vous aimez les thrillers psychologiques, celui-là est assurément l’un des plus urgents à découvrir. Fascinant, plein de rebondissements, addictif… on pourrait le qualifier de mille façons.

Informations complémentaires

Avant d’aller dormir a reçu le prix SNCF du Polar 2012. Rowan Joffe l’a adapté au cinéma et j’ai TELLEMENT hâte qu’il sorte en salles ! Pas de date encore prévue, mais une bande-annonce sortie début juillet. Je trouve Nicole Kidman parfaite pour ce rôle. J’ai hâte !

WATSON S. J., Avant d’aller dormir, éditions Pocket, 2013 (édition originale en 2011), traduit par Sophie Aslanides, 470 pages

Blabla

Etre grande en 2014

Etre grande (c’est-à-dire de grande taille) de nos jours n’est pas forcément synonyme de chance/élégance/grâce/réussite/prospérité (rayez la mention inutile – oui, je dis n’importe quoi, et alors ?). Combien de fois ai-je entendu « t’es grande, t’as de la chance ! » alors que mes yeux, fuyants, semblaient dire « ma/mon pauvre, que vas-tu donc imaginer là ! ».

Car être grande en 2014 n’a RIEN à voir avec la chance ! Etant très fortement concernée par ce phénomène de pousse instantanée, je peux vous l’affirmer (les grands me comprendront en soupirant) : être grand est encore un INCONVENIENT.

Je serais prête à sacrifier la vue dégagée des concerts pour tout le reste : la place pour les jambes dans le train et au théâtre, les vêtements et chaussures accessibles, le mouvement gracieux, la capacité à se faufiler.

Il fut un temps, certes, où les choses étaient pires qu’aujourd’hui : la période du collège et lycée, qui comme on le sait, est propice à la découverte de soi, fut plutôt compliquée (corporellement parlant). J’ai grandi en une année, et suis ainsi devenue la plus grande fille du collège, comme me l’a fait remarquer l’amie qui devint alors la 2e du classement.

Mon corps a été cohérent jusqu’au bout : les bras se sont allongés, tout comme les jambes et les pieds. Les seules chaussures, hors de prix, qui me convenaient alors étaient les Kickers que je renouvelais une fois par an, pour Noël.

Lorsque j’ai découvert Mango et Stradivarius, j’ai cru pleurer de joie : je trouvais des pantalons assez longs pour moi ! Paris m’a révélé les secrets des grands pieds féminins et je suis depuis quelques années adepte de la boutique Sagone, spécialiste des belles chaussures pour grands pieds. Mais cela reste très cher, et donc très occasionnel.

Je reviens des soldes, moi qui déteste faire du shopping car je suis allergique à la foule en délire. J’ai eu l’envie subite de vagabonder dans les rayons à la recherche de la veste cintrée de mes rêves. Une heure plus tard, la conclusion est sans appel : aucune ne me va. Zara, H&M, Mango, Esprit, Camaïeu, Etam, Naf-Naf, New Look… Les bras, toujours trop courts, rivalisent avec les épaules, souvent trop larges. J’ai la désagréable impression d’être difforme, non-conforme à ce qu’est une femme aujourd’hui, à ce qu’elle peut porter comme vêtement.

Etre grande en 2014, ça coûte cher (car les boutiques spécialisées nous le font payer, à nous les grandes !), c’est être toute serrée dans ses fringues, et c’est quand même un peu démoralisant. Difficile, avec tout ça, d’avoir une démarche élégante et de se sentir bien dans ses chaussures serrées et ses vestes trop petites.

Si je trouve une boutique miracle pour les grands bras, je viendrai poster l’info ici, au cas où vous vivez le même drame que moi.

A bon entendeur !

Blabla

Liebster Award n°2

Les amis, je crois que j’ai compris le message. Au bout de 4 ans de blog, vous avez TRES envie de me connaître. C’est d’abord le petit sondage sur Twitter qui m’a mis la puce à l’oreille, puis le Liebster Award que m’a remis Lady Golfette (@Lady_Golfette), alors que j’y ai déjà répondu au mois de mars. Mais comme le message est passé, je renouvelle l’opération !

Rapidement, en quoi ça consiste ? Répondre aux questions de Lady Golfette, révéler 11 choses sur moi. Je laisse tomber la partie « taguer d’autres blogueurs » car je crois que ça va me prendre 3h pour trouver des questions et que j’ai tagué à peu près tout le monde pour tout.

Les 11 questions :

1. Une citation qui te définit bien ?

J’aime beaucoup « Les folies sont les seules chose qu’on ne regrette jamais » (Oscar Wilde) mais je ne suis pas sûre que cela me définisse, puisque je suis extrêmement prudente (trop ?).

2. Une ville ou une région où tu rêves de vivre ?

La Bretagne, je pense. Auprès de l’océan, dans un coin calme et un peu sauvage. Loin de la ville, du bruit, du monde.

3. Le meilleur moment de la journée ?

Cela dépend du jour de la semaine et de la saison, mais globalement, je dirais le soir. Rentrer chez soi, être tranquille, profiter de la soirée. (Oui, je suis plutôt casanière et solitaire.)

4. Lecture sur la plage ou devant la cheminée ?

La cheminée bien sûr ! J’adore la période de Noël, propice aux cheminées, aux bougies et au bon fauteuil moelleux de chez mes parents.

5. Parmi tes dernières lectures, quel livre recommanderais-tu ?

Sans hésiter : Rafael, derniers jours de Gregory McDonald. Un homme vend sa vie pour 30 000 dollars, il lui reste 3 jours à vivre. Une CLAQUE.

6. Café ou thé ?

Ca sera thé s’il-vous-plaît ! Par contre, pas de thé caramel, vanille et tous ces parfums un peu sucrés. Je suis plutôt fleurs ou fruits pour aromatiser le thé (mais du bon thé, hein !). Par exemple le thé vert fleurs de cerisier de Mariages Frères.

7. As-tu des phobies ?

Les mille-pattes, les punaises et le vide, lorsque rien ne me sépare de lui.

8. Plutôt chick-lit ou polar ?

Polar sans hésiter ! Un bon tueur en série, ça relance une baisse de régime (^^).

9. Ta couleur fétiche de vernis à ongles ?

J’aurais bien envie de dire rouge, mais il faut l’avouer, depuis quelques temps, je porte beaucoup plus de bleu (marine, à paillettes, turquoise…).

10. Marque-page, ou n’importe quel bout de papier qui vient ?

Marque-page ! J’en ai tout un tas, il faut bien qu’ils servent à quelque chose.

11. Shopping livresque en ligne ou en librairie ?

Il fut un temps où j’achetais très souvent en ligne, mais depuis que je surveille mon compte en banque tous les jours, je dépense très peu en bouquins, et quand je craque, c’est en librairie.

Les 11 choses à savoir sur moi :

1. Je suis étudiante depuis la nuit des temps, ou presque (j’ai prévu de m’arrêter en 2015). J’ai eu mon Bac en 2006 et je suis encore sans le sou. Mes parents ont fait une mauvaise affaire avec moi.

2. J’ai rencontré mon amoureux sur Internet.

3. J’aime beaucoup manger des bonnes choses mais je ne cuisine pas trop, car je vis dans un endroit très petit et que ma « cuisine » est plus petite que mes WC.

4. Mon groupe musical préféré est Dub Incorporation mais je ne connais quasiment rien en culture reggae.

5. Je porte très très souvent des jeans alors que je détestais ça au collège. Jusqu’à ce que ma mère m’offre un super jeans trop génial hyper costaud qui m’a changé la vie. (Je ne l’ai plus, il a fini par s’user…)

6. J’adore recevoir du courrier et l’ouvrir. Impossible de garder un colis/une enveloppe fermé(e).

7. J’aime Le Seigneur des anneaux de Tolkien mais aussi beaucoup les films de Peter Jackson, qui sont pour moi synonymes de merveilleux souvenirs.

8. Je trouve que Scarlett Johansson est très charismatique et si vous n’êtes pas contents, tant pis.

9. J’ai plusieurs chats (chez mes parents), dont un magnifique qui s’appelle Caramel et qui a eu 15 ans en avril.

10. J’aimerais bien retrouver la passion pour la guitare que j’avais au lycée et dans mes premières années de fac. Il me faudrait un/une acolyte, si ça vous dit !

11. J’ai grandi trop vite alors j’ai le dos tout tordu (mais ça se voit pas, comme ça. Il faut être médecin pour le deviner).

 

Je crois que vous savez presque tout sur moi, maintenant. Merci Lady Golfette, d’avoir pensé à moi ! 🙂

Livres

Rafael, derniers jours, Gregory McDonald

rafael-derniers-jours-gregory-mcdonaldPourquoi ce livre ?

Je l’ai gagné il y a bien longtemps lors d’un tirage au sort, parmi toute une collection de thrillers et romans noirs que j’avais moi-même sélectionnés. La chance a fait que je les ai tous reçus ! Cette semaine, j’ai tiré ce bouquin au hasard dans ma pile de livres.

De quoi ça parle ?

Rafael est un jeune et pauvre homme, alcoolique, sans but dans la vie. Il passe alors un marché avec un producteur de « snuff movies » (films montrant des meurtres) et lui vend sa vie pour 30 000 dollars. De quoi sauver sa famille de la pauvreté… Mais Rafael n’a plus que 3 jours à vivre.

Mon avis

LA claque de l’année 2014 (en tout cas des 6 premiers mois) ! D’une efficacité redoutable, ce roman est tout simplement bluffant. Je ne m’en suis pas remise… La couverture et le titre ne donnent pas vraiment envie, nous sommes d’accord. Pourtant, ce serait une erreur de passer à côté.

L’histoire, simple et efficace, interroge sur la valeur d’une vie : Rafael, sans hésiter, est prêt à se sacrifier pour venir en aide à ses proches. Peut-on effectivement, à un tel niveau de désespoir, passer un tel contrat ?

Le style est absolument maîtrisé, passionnant. Le héros incarne toute la misère du monde : illettré, mou du genou, naïf, sale, ivre, pauvre, ignorant… L’auteur parvient, à travers ses personnages au bout du rouleau, à pointer du doigt le côté obscur de l’humain, ce qu’il peut devenir, ce qu’il peut faire subir aux autres. Et au milieu de tout cela, une pointe d’humanité et d’amour. Un contraste saisissant, donc, qui tord le bide.

La fin, magistrale, vient prouver au lecteur qu’il n’avait pas besoin d’espérer. Pas de happy end mais pas de scène de crime non plus. La fin qu’il fallait pour ce roman.

Rafael, derniers jours se lit très rapidement, tant il passionne et s’accroche à vous. Aéré et rempli de dialogues, il fait passer un important et mémorable moment de lecture. Il FAUT le lire, tout simplement.

Informations complémentaires

Ce roman a reçu le Trophées 813 (prix littéraire français) du meilleur roman étranger en 1997. Il a ensuite été adapté au cinéma par Johnny Depp sous le nom de « The Brave ».

MCDONALD Gregory, Rafael, derniers jours, éditions 10/18, 2013 (version originale en 1991), traduit par Jean-François Merle, 191 pages