Livres

Fleur de tonnerre, Jean Teulé

fleur-de-tonnerre-jean-teulePourquoi ce livre ?

Parce que Jean Teulé ! Je n’attendais que la sortie en poche pour m’offrir son dernier roman en date.

De quoi ça parle ?

Bretagne, 19e siècle. Dès l’enfance, Hélène Jégado s’identifie à l’Ankou, la Mort. Elle se sent investie d’une mission : empoisonner tous ceux qui croiseront sa route. La voilà qui traverse la Bretagne et sème la mort chez les enfants et les adultes.

Mon avis

Jean Teulé a le chic pour raconter la vie de personnages hors du commun : une fois de plus, il s’intéresse à l’un deux, Hélène Jégado, meurtrière folle et sereine, qui a assassiné à coup de belladone et d’arsenic dans toute la Bretagne.

On suit cette femme incroyable dès son enfance, alors qu’elle empoisonne sa mère, jusqu’à un âge avancé. Impassible et discrète, Hélène, alias Fleur de tonnerre, est une femme appréciée, cuisinière talentueuse – et pour cause ! Elle a cet ingrédient magique qui ne laisse pas de marbre… Le personnage à lui seul fascine : on n’arrive pas à la détester, malgré les horreurs accomplies.

L’écriture de l’auteur, précise, intelligente, tranchante, est une fois de plus au rendez-vous. Jean Teulé sait précisément comment incarner cette femme si obscure, qui tue sans but. Pas de longs discours ni d’interminables situations. L’action est rapide, efficace. Hélène assassine plusieurs personnes en une phrase puis déambule à travers les chapitres… Elle poursuit sa mission sans ralentir. Peu importe finalement les nombreux noms qu’elle croise : même si l’auteur a sans doute effectué un long travail de recherches, ces énumérations n’ont qu’un seul objectif, enrichir la liste des victimes de l’héroïne.

Si vous ne connaissez pas encore le style de Teulé, Fleur de tonnerre est un excellent moyen de s’y mettre. C’est aussi un très bon roman pour les amateurs de l’écrivain et de son écriture inimitable. Teulé, l’un des meilleurs auteurs de notre siècle, selon moi.

TEULE Jean, Fleur de tonnerre, éditions Pocket, 2014 (première édition en 2013), 261 pages

Livres

Cours ma jolie, Lisa Unger

cours-ma-jolie-lisa-ungerPourquoi ce livre ?

Il y a un certain temps, j’avais bénéficié de l’offre Pocket « 2 achetés, 1 offert » et avais donc choisi Cours ma jolie pour compléter ma collection de thrillers.

De quoi ça parle ?

Ridley Jones, journaliste américaine, reçoit un jour dans sa boîte aux lettres une vieille photo et un petit mot : « Es-tu ma fille ? ». Sa vie entière va alors être remise en question…

Mon avis

Même si j’ai lu ce roman au cours du mois d’avril 2014, et qu’il est donc normal que l’intrigue m’échappe un peu, je me souviens toutefois de l’ambiance paranoïaque créée par le style de l’auteur et les péripéties, qui happent le lecteur et le font douter de tout. Tout comme Ridley, l’héroïne, on devient méfiant : qui sont ces parents énigmatiques, ce voisin au passé mystérieux, cet homme qui la suit dans le métro ? Pourquoi ce mot, dans la boîte aux lettres ?

Ce thriller psychologique, même s’il est peut-être parfois un peu tiré par les cheveux, a le mérite de se lire vite et bien. On s’y accroche car on veut comprendre, tout comme le personnage principal. A partir de là, le pari est relevé !

J’aurais aimé que l’histoire continue : la fin me semble un peu abrupte. Ridley démêle les nœuds de sa vie mais ne continue pas l’enquête, qui va au-delà de ses problèmes personnels. Dommage… Voir le récit prendre d’autres proportions aurait été plutôt intéressant, je pense !

Pour résumer : un thriller bien rythmé, une intrigue peu originale mais haletante, un style passe-partout… Je crois que c’est un roman pour l’été !

UNGER Lisa, Cours ma jolie, éditions Pocket, 2013 (première édition française en 2007), traduit par Isabelle Maillet, 458 pages

Livres

No et moi, Delphine de Vigan

no-et-moi-delphine-de-viganPourquoi ce livre ?

C’est un cadeau de Mélanie, du blog Lis-moi si tu veux. Rappelez-vous, elle me l’a offert dans le cadre du swap que j’avais organisé !

De quoi ça parle ?

Lou, lycéenne surdouée, rencontre No par hasard, à la gare d’Austerlitz. No, c’est Nolwenn, une jeune sans-abri paumée. Lou va se prendre d’affection pour elle et tenter de l’apprivoiser…

Mon avis

J’ai maintes fois entendu parler du talent de Delphine de Vigan et déjà pu constater que No et moi est particulièrement apprécié des blogueurs littéraires. Mélanie a eu raison de me confier la lecture de ce court roman, qui mérite amplement son succès.

Vrai, plein de poésie et de tendresse, mais aussi brutal et sans chichis, ce livre décrit parfaitement le monde dans lequel nous vivons : l’indifférence générale face à la pauvreté et à la brutalité, la tristesse ambiante qui rythme nos journées, l’individualité… No et moi est finalement assez sombre. Heureusement, la relation forte qui se tisse entre Lou et No apporte une once d’humanité à ce récit dramatique.

Le style de l’auteur, simple et efficace, permet d’aller à l’essentiel : les phrases sont courtes, les chapitres rythmés. Lou est la narratrice, on s’identifie donc très rapidement à elle et à son regard critique sur la société. Observatrice, curieuse, elle ne comprend pas comment l’immense pauvreté peut côtoyer de si près la richesse. Notre regard est biaisé : on est de son avis ! Comment peut-on passer indifféremment devant un homme ou une femme de la rue ? Pourquoi en est-on là ?

No et moi pose donc beaucoup de questions et nous interpelle à propos de nos choix, nos comportements. Ni gaie, ni drôle, cette histoire n’en est pas moins belle. A lire !

Informations complémentaires

Le livre a obtenu le Prix des Libraires 2008 et a été adapté au cinéma par Zabou Breitman en 2010. Je n’ai pas encore vu cette adaptation mais j’en ai bien envie ! Si j’en ai l’occasion, je ne me priverai pas. Si vous la connaissez, qu’en avez-vous pensé ? Fidèle ou fantaisiste ?

VIGAN (de) Delphine, No et moi, éditions Le Livre de Poche, 2012 (première édition en 2007), 250 pages

Livres

La vie des gens, François Morel et Martin Jarrie

La-vie-des-gens_morel-jarriePourquoi ce livre ?

J’ai reçu cet album pour mon anniversaire !

De quoi ça parle ?

Martin Jarrie, peintre et illustrateur, a rencontré des habitants de Saint-Gratien, en banlieue parisienne. Il leur a demandé quel objet leur était cher, a peint leurs portraits et a envoyé le tout à François Morel. Ce dernier a alors réinventé la vie de ces gens, en rédigeant un court texte sur chacun d’entre eux et sur leurs objets fétiches. Ce livre était né !

Mon avis

Quel bel album plein de poésie ! Coloré, vrai et touchant, voilà comment je le définirais. On découvre en alternance les textes de François Morel et les dessins de Martin Jarrie. Lire et imaginer la vie des gens avant d’admirer leurs visages et leurs objets. C’est ce que propose la forme de ce grand livre rouge. Une immersion rapide mais pudique dans la vie de Myriam, l’assistante sociale désabusée, du jeune Kader, rêveur jusqu’au bout des ongles, de la coiffeuse Elsa, guitariste et chanteuse de reggae… tous ces portraits donnent à voir des gens nostalgiques, travailleurs, solitaires, passionnés. Des gens simples mais plein de tendresse et d’histoires à raconter.

Les traits ronds et doux des dessins de Martin Jarrie côtoient la sensible et talentueuse plume de François Morel : l’ensemble est parfait ! Comment les deux auteurs pourraient décrire et peindre ma vie ? Je me suis posé la question. Je crois que mon objet fétiche serait un roman, à moins que ce ne soit une paire de lunettes, sans lesquelles je ne peux lire et observer le monde qui m’entoure.

Et vous, quel serait votre objet fétiche ?

MOREL François, JARRIE Martin, La vie des gens, éditions Les fourmis rouges, 2013, 72 pages

Livres

Bilbo le Hobbit, J.R.R. Tolkien

bilbo-le-hobbit-tolkienPourquoi ce livre ?

Depuis la sortie du premier film “Le Hobbit” adapté par Peter Jackson, j’avais envie de découvrir cette histoire, étroitement liée à celle du Seigneur des Anneaux lue il y a plusieurs années. J’attendais patiemment que l’occasion se présente… et voilà qu’un ami me l’a prêté un soir !

De quoi ça parle ?

Bilbo est un hobbit paresseux confortablement installé dans sa petite maison de la Colline. Un jour, une ribambelle de nains et un magicien viennent frapper à sa porte pour lui proposer une aventure hors du commun : rejoindre la Montagne Solitaire, ancien royaume des nains aujourd’hui sous le joug du terrible dragon Smaug, afin de récupérer le trésor qui les y attend et leur revient de droit. Un voyage plein de dangers et de rencontres qui changera à jamais le hobbit…

Mon avis

Bilbo le Hobbit est une odyssée fantastique qui se lit avec plaisir et curiosité. Le voyage qu’entreprend notre héros et ses amis est plein de rebondissements et l’on ne s’ennuie jamais ! L’imaginaire de l’auteur pimente le récit : les créatures sont toutes plus étranges et effrayantes que les autres, les paysages, merveilleux ou maléfiques, plantent un riche décor à l’histoire, les protagonistes sont malins et rigolos… Tout a l’air formidable et donne envie de se lancer dans une aventure pareille.

Tolkien possède sans aucun doute un talent d’écrivain et de raconteur d’histoires : présent comme narrateur, c’est lui qui guide le lecteur et lui donne à voir Bilbo et ses péripéties, non sans humour. Il fait brillamment évoluer son personnage au fil des pages : progressivement, Bilbo devient courageux et plein de ressources. On s’y attache d’autant plus !

Si vous ne connaissez pas trop l’univers fantastique de Tolkien, je crois que c’est une bonne façon de l’aborder. Moins complexe et détaillé que sa trilogie mondialement connue, ce roman est résolument moderne et parfaitement abordable, tout en étant riche et plein d’inventivité. J’avais entendu par ci par là que ce roman était un livre pour enfants, je n’en suis pas certaine du tout ! Tolkien a apparemment lu cette histoire à ses enfants mais elle convient mieux, je trouve, aux adultes. Si vous voulez vous lancer, ne soyez donc pas refroidi par ces “on dit”.

TOLKIEN John Ronald Reuel, Bilbo le Hobbit, éditions Le Livre de Poche, 2012 (publication originale en 1937), traduit par Francis Ledoux, 380 pages

Livres

Les yeux jaunes des crocodiles, Katherine Pancol

pancol-lesyeuxjaunesdescrocodilesPourquoi ce livre ?

C’est Lily qui m’a conseillé ce roman, elle qui ne trouve jamais son bonheur avec les livres ! Un argument de poids donc, qui m’a aussitôt convaincue. La sortie de son adaptation au cinéma m’a aussi poussée à me plonger dedans rapidement.

De quoi ça parle ?

Les yeux jaunes des crocodiles raconte la vie de deux sœurs qui n’ont rien en commun : Iris est riche, belle, charismatique et fière, mariée à un bel avocat ; Joséphine vient de se séparer de son mari au chômage, elle est plutôt timide et gauche, chercheuse au CNRS discrète et incomprise. Au hasard d’une conversation, Iris annonce qu’elle s’est mise à écrire un roman, même si elle n’a aucun talent d’écrivain ni aucune inspiration. Elle va alors supplier sa sœur de l’aider dans l’ombre, en échange d’une belle somme d’argent…

Mon avis

Ce roman est une bouffée d’air frais : l’écriture, simple et fluide, permet une lecture sans flottements, sans heurts. On tourne les 660 pages sans le remarquer. Très aérés, les chapitres se répartissent selon tous les personnages. On suit leurs points de vue, leurs réflexions et leurs aventures à tour de rôle. Un rythme qui donne une dynamique au livre et à l’histoire !

Les personnages, parlons-en ! On les sent travaillés : l’auteur en a fait des hommes et des femmes complexes et c’est très appréciable. Ainsi, Iris n’est pas seulement une femme superficielle. C’est aussi une artiste sans aucune confiance en elle, très douée pour le paraître mais incapable d’être elle-même. Joséphine, elle, se révèle finalement plus forte et combative qu’elle n’en a l’air. Tout cela permet au lecteur de s’attacher à ces deux héroïnes et aux autres personnages du roman : Marcel Grobz, beau-père des deux sœurs, est un amoureux grassouillet, simple et rêveur, particulièrement touchant ; Shirley, la meilleure amie de Joséphine, est une mystérieuse fofolle pleine d’humour, qui étincelle aux côtés de son amie… Bref ! On les aime tous !

Rien de transcendant dans cette histoire : elle se veut avant tout proche du réel et met en scène des personnages comme vous et moi. Ce sont eux la force du livre et leurs conversations de la vie de tous les jours : amour, haine, jalousie fraternelle, incompréhension, amitié, confiance… Si ces thèmes vous intéressent et que vous avez justement besoin d’un roman léger et ensoleillé, emparez-vous de ce roman !

Informations complémentaires

Les yeux jaunes des crocodiles est le premier tome d’une trilogie. Les autres livres s’intitulent La valse lente des tortues et Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi.

Le roman a été adapté au cinéma par Cécile Telerman et vient de sortir en salles (le 9 avril 2014). Je viens d’aller le voir et je suis plutôt satisfaite de cette adaptation, même si elle me semble un peu simplifiée (le personnage de Shirley n’a pas autant d’ampleur que dans le livre par exemple). Je suis en revanche bluffée par Emmanuelle Béart qui interprète à merveille la complexité du personnage d’Iris (même si elle est devenue blonde alors qu’elle devrait être brune, mais peu importe).

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PANCOL Katherine, Les yeux jaunes des crocodiles, éditions Le livre de poche, 2008 (2006 chez Albin Michel), 661 pages

Livres

Garde tes larmes pour plus tard, Alix de Saint-André

gardeteslarmespourplustard-alix-desaintandrePourquoi ce livre ?

Il s’agit du dernier livre de la sélection du Prix de la Critique Littéraire de Puteaux !

De quoi ça parle ?

Alix de Saint-André, journaliste à Elle puis auteur, mène l’enquête sur les origines et la famille mystérieuses de Françoise Giroud, fondatrice de l’Express, romancière et ancienne secrétaire d’Etat à la culture et chargée de la condition féminine sous Giscard d’Estaing.

Mon avis

L’entrée en matière est efficace : Françoise Giroud meurt, en laissant de nombreux mystères familiaux derrière elle. Sa première biographie la discrédite, l’accuse d’antisémitisme et attise le feu vengeur d’Alix de Saint-André, journaliste talentueuse amie de la grande dame. Elle attrape sa plume, contacte Caroline Eliacheff, fille de Françoise Giroud, et décide de jouer les Sherlock Holmes pour démêler tous les nœuds de la vie de cette famille, éclairer les zones d’ombres, rétablir les faits et stopper la rumeur.

Très vite, donc, le livre entraîne le lecteur et lui promet une belle investigation. Mais il faut probablement connaître Françoise Giroud pour apprécier à juste valeur l’enquête d’Alix de Saint-André : connaître le personnage, son parcours et les polémiques qu’elle suscitait… Sans cela, il manque un petit plus, un poil de biographie, un soupçon de photographies. Bien évidemment, le lecteur peut à loisir faire sa propre petite enquête. Une démarche nécessaire qui n’aurait pas dû l’être mais qui permet de visualiser le contexte et la femme qu’était Françoise Giroud.

Cela étant fait, on apprécie enfin les multiples échanges entre Alix et Caroline, leurs découvertes fascinantes sur la famille de Françoise Giroud, ses parents et grands-parents. Il arrive pourtant que l’on décroche, car la remontée dans l’arbre généalogique se fait trop précise, trop pointue, et l’on ne sait plus qui est qui. On retient en revanche la pudeur de Françoise à propos de ses origines juives, le combat politique de son père, la soif de vérité de son petit-fils devenu rabbin… Une famille riche et complexe !

La plume de l’auteur, quant à elle, retranscrit un attachement certain pour Françoise Giroud. Acérée, précise et directe, elle attaque les détracteurs de la fondatrice de l’Express, relate l’enquête dans ses moindres détails, remercie ceux qui permettent certaines révélations et rend compte de la difficulté de la recherche généalogique. Peut-être un peu trop long et détaillé, Garde tes larmes pour plus tard reste un bel ouvrage, entre biographie et essai, dressant le portrait raturé et rafistolé d’une femme hors du commun, à la manière d’un puzzle que l’on reconstitue enfin.

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SAINT-ANDRE (de) Alix, Garde tes larmes pour plus tard, éditions Gallimard, 2013, 289 pages

Livres

Come Prima, Alfred

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J’ai gracieusement reçu cette bande-dessinée grâce à Price Minister-Rakuten, qui proposait d’offrir aux blogueurs intéressés les bds sélectionnées au Festival d’Angoulême en début d’année, lors de l’opération “La BD fait son Festival 2014”. Je l’ai choisie parce qu’elle a tout simplement reçu le Fauve d’Or, prix du meilleur album 2014.

De quoi ça parle ?

Suite à la mort de leur père, Fabio et Giovanni, deux frères que tout oppose, prennent la route de l’Italie pour retrouver leurs racines. L’occasion pour eux de revenir sur les absences, les non-dits, les frustrations, les regrets et les remords…

Mon avis

Come Prima est une belle BD : sa couverture épurée, cartonnée et douce au toucher nous fait de l’œil, appelle à la caresse et à la lecture soignée. Ses couleurs méditerranéennes rayonnent et illuminent les pages. Son trait, simple, rond et efficace, montre l’essentiel. Le tout transpire l’Italie ! Difficile, déjà, de ne pas l’apprécier.

L’histoire surprend, amuse et touche : les deux hommes en route pour le Sud sont humains : l’un est agressif, méfiant et fermé ; l’autre est frustré, discret, encore blessé d’avoir vu son frère disparaître au mauvais moment. Le long voyage qui les attend est propice à la conversation, aux engueulades, à la réconciliation… Un véritable road-movie ponctué par des problèmes techniques, des rencontres étonnantes et des situations loufoques ! On s’attache à ces deux frères en cours d’apprivoisement.

Une très jolie BD, une émouvante histoire, que demander de plus !? Un seul petit bémol peut-être : l’originalité de l’histoire. Le road-movie “retour aux sources” me semble être un sujet déjà très abordé (par le cinéma ou la littérature par exemple). Mais cela n’est qu’un détail !

Deux petites photos pour vous donner envie :

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La note attribuée : 17/20

Merci beaucoup à Price Minister et à la librairie parisienne Pages Après Pages pour cet envoi !

ALFRED, Come Prima, éditions Delcourt/Mirages, collaboration aux couleurs de Maxime Derouen, 2013, 224 pages

Livres

Séquestrée, Chevy Stevens

sequestree-chevy-stevensPourquoi ce livre ?

Il faisait partie d’une sélection de thrillers gagnée sur Internet. Comme j’en ai toute une collection qui m’attend, j’en lis un de temps en temps. Cette fois, c’est Séquestrée qui a attiré mon attention.

De quoi ça parle ?

Annie, jeune agent immobilier, vit sur l’Ile de Vancouver. Lors d’une visite, elle se fait enlever et se retrouve séquestrée dans une cabane perdue dans la forêt. Elle va rester un an ici, avec son agresseur, et vivre les pires horreurs… Jusqu’au jour où elle parvient à s’échapper et découvre alors le vrai fond de l’histoire.

Mon avis

Séquestrée est un de ces romans qui m’attirent irrémédiablement. Ce genre d’histoire, pourtant parfaitement horrible, a quelque chose de fascinant. Une fois de plus, je me suis régalée ! Une bonne partie du roman est dédiée à l’enfermement de l’héroïne et à ce qu’elle subit. Une partie peut-être un peu longue, car on a vraiment envie d’en savoir plus : qui est cet homme ? Pourquoi l’a-t-il délibérément choisie ? Pourquoi la connait-il si bien ? Il faudra attendre la deuxième partie pour éclairer toutes ces zones d’ombre.

J’ai particulièrement été charmée par la façon dont le roman est construit : durant 26 séances de psy, soit 26 chapitres, l’héroïne raconte son histoire à un personnage invisible, la fameuse psy, c’est-à-dire nous, les lecteurs. L’auteur parvient très bien à insérer les actions et dialogues dans ce discours à sens unique. On ne sent pas le glissement narratif, qui passe de la confidence agressive à la narration classique. Les conversations entre Annie et ses proches sont retranscrites au style direct, ce qui n’est pas très “logique” puisqu’il s’agit d’une séance médicale, mais pourtant, cela passe très bien. Un point de vue qui a sans doute été difficile à conserver tout le long du roman, ce qui mérite donc d’être souligné.

Le personnage principal est aussi un bon point : Annie est une femme simple qui doit apprendre à vivre avec l’enfer qu’elle a connu, c’est un cas de figure qui n’a rien de surréaliste malheureusement. J’ai aimé sa manière de refuser le dialogue, de fuir l’indécence des médias et la pitié de ses proches… Annie ne pleure pas, ne crie pas, ne se plaint pas, mais elle parvient à parler.

Un petit point négatif cependant : les révélations finales. Je les ai trouvées assez grossières (dans le sens “pas assez creusées”) et finalement très peu surprenantes, puisque les indices sont semés tout le long du roman. C’est une suite logique et on aurait aimé un renversement de situation.

Après tout, j’ai passé un bon moment de lecture en dévorant Séquestrée. A lire en vacances peut-être, pour frissonner !

STEVENS Chevy, Séquestrée, éditions Pocket, 2013 (édition originale publiée en 2010), traduit par Sebastian Danchin, 383 pages

Livres

La Belle et la Bête, Gabrielle-Suzanne de Villeneuve

labelleetlabete-mmedevilleneuvePourquoi ce livre ?

Après mon article sur le film et la comédie musicale, j’ai continué avec la thématique “La Belle et la Bête”, en me disant qu’il fallait quand même lire une bonne fois pour toutes le conte original.

De quoi ça parle ?

Une jeune femme prénommée Belle se sacrifie pour sauver son père, qui a maladroitement cueilli une rose dans le jardin d’un monstre effroyable. Ce dernier l’épargne et exauce tous ses désirs, en la maintenant prisonnière de son château. Mais Belle comprend que la Bête est soumise à un sortilège…

Mon avis

En lisant mon résumé, vous vous dites sans doute que l’histoire est la même que celle que vous connaissez, la plus répandue. Pourtant, cette première version est bien plus complexe et tarabiscotée que le dessin animé Disney et les autres adaptations qui ont suivies. Il n’est déjà pas question de rose qui s’étiole petit à petit, ni de monstre à tête d’ours/chat… Le prince est victime d’un mauvais sort de sorcière jalouse et est alors affublé d’une trompe d’éléphant. Charmant. La Bête n’est jamais vraiment sympathique : je ne me suis jamais attachée à elle et j’ai eu du mal à comprendre l’amour naissant de la Belle pour cette créature, qui ne fait rien d’autre que lui demander tous les soirs si elle veut “coucher avec elle” (dormir, quoi ! Clignement d'œil ). A ce niveau-là, c’est assez similaire au film de Christophe Gans.

L’écriture date du 18e siècle et cela se sent : les phrases sont assez complexes et le vocabulaire désuet, on est totalement immergé dans une autre époque. Cela a bien sûr un certain charme mais demande, en contrepartie, un peu plus de concentration. Cela m’a parfois fait défaut le matin, dans les transports en commun. Il m’aurait fallu une calèche pour moi toute seule, voilà !

L’histoire que l’on connait tous se déroule très rapidement. Dans la deuxième partie du livre, l’auteur part dans des explications féériques compliquées, qui révèlent la véritable histoire de la Belle, qui n’est pas ce que l’on croit. Ces révélations m’ont beaucoup étonnée car je n’en avais jamais entendu parler ! Ce retour en arrière sur les origines de la Belle, accompagné d’une langue presque obscure, a malheureusement atténué mon plaisir de lecture… J’avais envie d’en finir car cela devenait ennuyeux.

Au final, la version originale de “La Belle et la Bête” est très datée, dans son style d’écriture, sa manière de raconter, son ambiance antique/féérique/romantique. C’est toutefois la genèse d’une très belle histoire d’amour qui inspirera ensuite un grand nombre d’artistes et cela mérite d’être connu de tous. La prochaine étape : lire la réécriture de Madame de Beaumont.

VILLENEUVE (de), Gabrielle-Suzanne, La Belle et la Bête, éditions Gallimard, collection Folio 2€, 2014, 135 pages