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La théorie des cordes, José Carlos Somoza

theorie-des-cordes-somozaPourquoi ce livre ?

C’est ma copine A., avec qui j’échange beaucoup à propos de lecture, qui m’a conseillé ce roman. A peine prêté, déjà commencé !

De quoi ça parle ?

Elisa Robledo est une physicienne émerite espagnole. Alors qu’elle termine un cours à l’université, elle lit un article dans le journal et reçoit un coup de téléphone qui vont remettre sa vie en question… L’occasion de se confier à son ami et collègue Victor et de revenir sur son passé. Retour sur une île de l’Océan Indien, où, des années plus tôt, Elisa et une équipe de scientifiques tentaient de comprendre la fameuse théorie des cordes…

Mon avis

Avis à tous les incultes en physique, les non-initiés, non-passionnés, non-intéressés, ceux qui ne veulent justement pas se creuser la tête à comprendre ce qu’est la théorie des cordes, je suis comme vous ! J’ai bien essayé, mais non (d’ailleurs, si vous pouvez me l’expliquer avec des mots simples, je suis preneuse !). C’est pourquoi à la lecture du résumé de ce roman, j’avais un certain nombre d’appréhensions : vais-je comprendre quelque chose ? Et si l’intrigue est basée sur la physique, je vais faire comment ? [petit couinement de stress]

Puisque l’on m’avait conseillé ce roman, je n’avais plus qu’à m’y mettre. Surprise ! Les 50 premières pages me tiennent en haleine. On fait connaissance avec l’héroïne et son environnement, tout se passe bien. Puis le retour en arrière ajoute du piment : la voilà poursuivie par des hommes bien mystérieux, puis recrutée dans une équipe de scientifiques un peu tordus.

Tous ensemble vont parvenir à visionner des images du passé grâce à la théorie des cordes, et vont libérer une chose horrible qui va les poursuivre durant des années… C’est là que tout se détraque, que le suspense explose, que l’horreur prend le pas sur les sciences. C’est donc tout à fait abordable pour qui n’y comprend rien. Car ce roman est avant tout un thriller horrifique. On frissonne, on s’impatiente, on fronce les sourcils puis l’on écarquille les yeux…

Le style de Somoza, riche et fluide, ne complique pas l’environnement scientifique complexe dans lequel on se trouve déjà. Il l’explique plutôt, doucement mais sûrement. Saluons donc le travail de recherche de l’auteur, qui a tout l’air d’un pro !Même si quelques zones d’ombre persistent encore pour ma part, j’ai tout compris à l’intrigue ! Youhou !

Vous avez envie d’apprendre un peu la physique ? Vous aimez les thrillers, les histoires de « cause à effet » dans le temps, les éléments surnaturels ? Vous cherchez une bonne plume ? La théorie des cordes est pour vous.

SOMOZA José Carlos, La théorie des cordes, éditions Actes Sud, collection Babel, 2010 (première édition en 2006), traduit par Marianne Million, 514 pages

Livres

Cours ma jolie, Lisa Unger

cours-ma-jolie-lisa-ungerPourquoi ce livre ?

Il y a un certain temps, j’avais bénéficié de l’offre Pocket « 2 achetés, 1 offert » et avais donc choisi Cours ma jolie pour compléter ma collection de thrillers.

De quoi ça parle ?

Ridley Jones, journaliste américaine, reçoit un jour dans sa boîte aux lettres une vieille photo et un petit mot : « Es-tu ma fille ? ». Sa vie entière va alors être remise en question…

Mon avis

Même si j’ai lu ce roman au cours du mois d’avril 2014, et qu’il est donc normal que l’intrigue m’échappe un peu, je me souviens toutefois de l’ambiance paranoïaque créée par le style de l’auteur et les péripéties, qui happent le lecteur et le font douter de tout. Tout comme Ridley, l’héroïne, on devient méfiant : qui sont ces parents énigmatiques, ce voisin au passé mystérieux, cet homme qui la suit dans le métro ? Pourquoi ce mot, dans la boîte aux lettres ?

Ce thriller psychologique, même s’il est peut-être parfois un peu tiré par les cheveux, a le mérite de se lire vite et bien. On s’y accroche car on veut comprendre, tout comme le personnage principal. A partir de là, le pari est relevé !

J’aurais aimé que l’histoire continue : la fin me semble un peu abrupte. Ridley démêle les nœuds de sa vie mais ne continue pas l’enquête, qui va au-delà de ses problèmes personnels. Dommage… Voir le récit prendre d’autres proportions aurait été plutôt intéressant, je pense !

Pour résumer : un thriller bien rythmé, une intrigue peu originale mais haletante, un style passe-partout… Je crois que c’est un roman pour l’été !

UNGER Lisa, Cours ma jolie, éditions Pocket, 2013 (première édition française en 2007), traduit par Isabelle Maillet, 458 pages

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Séquestrée, Chevy Stevens

sequestree-chevy-stevensPourquoi ce livre ?

Il faisait partie d’une sélection de thrillers gagnée sur Internet. Comme j’en ai toute une collection qui m’attend, j’en lis un de temps en temps. Cette fois, c’est Séquestrée qui a attiré mon attention.

De quoi ça parle ?

Annie, jeune agent immobilier, vit sur l’Ile de Vancouver. Lors d’une visite, elle se fait enlever et se retrouve séquestrée dans une cabane perdue dans la forêt. Elle va rester un an ici, avec son agresseur, et vivre les pires horreurs… Jusqu’au jour où elle parvient à s’échapper et découvre alors le vrai fond de l’histoire.

Mon avis

Séquestrée est un de ces romans qui m’attirent irrémédiablement. Ce genre d’histoire, pourtant parfaitement horrible, a quelque chose de fascinant. Une fois de plus, je me suis régalée ! Une bonne partie du roman est dédiée à l’enfermement de l’héroïne et à ce qu’elle subit. Une partie peut-être un peu longue, car on a vraiment envie d’en savoir plus : qui est cet homme ? Pourquoi l’a-t-il délibérément choisie ? Pourquoi la connait-il si bien ? Il faudra attendre la deuxième partie pour éclairer toutes ces zones d’ombre.

J’ai particulièrement été charmée par la façon dont le roman est construit : durant 26 séances de psy, soit 26 chapitres, l’héroïne raconte son histoire à un personnage invisible, la fameuse psy, c’est-à-dire nous, les lecteurs. L’auteur parvient très bien à insérer les actions et dialogues dans ce discours à sens unique. On ne sent pas le glissement narratif, qui passe de la confidence agressive à la narration classique. Les conversations entre Annie et ses proches sont retranscrites au style direct, ce qui n’est pas très “logique” puisqu’il s’agit d’une séance médicale, mais pourtant, cela passe très bien. Un point de vue qui a sans doute été difficile à conserver tout le long du roman, ce qui mérite donc d’être souligné.

Le personnage principal est aussi un bon point : Annie est une femme simple qui doit apprendre à vivre avec l’enfer qu’elle a connu, c’est un cas de figure qui n’a rien de surréaliste malheureusement. J’ai aimé sa manière de refuser le dialogue, de fuir l’indécence des médias et la pitié de ses proches… Annie ne pleure pas, ne crie pas, ne se plaint pas, mais elle parvient à parler.

Un petit point négatif cependant : les révélations finales. Je les ai trouvées assez grossières (dans le sens “pas assez creusées”) et finalement très peu surprenantes, puisque les indices sont semés tout le long du roman. C’est une suite logique et on aurait aimé un renversement de situation.

Après tout, j’ai passé un bon moment de lecture en dévorant Séquestrée. A lire en vacances peut-être, pour frissonner !

STEVENS Chevy, Séquestrée, éditions Pocket, 2013 (édition originale publiée en 2010), traduit par Sebastian Danchin, 383 pages

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Je ne suis pas un serial killer, Dan Wells

je-ne-suis-pas-un-serial-killerPourquoi ce livre ?

D’abord parce que la couverture épurée et sadique me semblait prometteuse ; ensuite parce que le titre est en tous points parfait à mon goût. Cela m’a suffit !

De quoi ça parle ?

John Wayne Cleaver est un adolescent âgé de 15 ans qui a la particularité d’être sociopathe : il ne ressent aucune empathie et a des pulsions meurtrières qu’il réfrène depuis toujours en s’imposant des règles strictes (ne suivre personne, dire un compliment quand il a envie de tuer…). Mais il n’est pas aidé par sa famille, qui travaille au funérarium, ni par les événements obscurs qui ont lieu dans la ville : un meurtrier éventreur sévit dans les rues de Clayton County. Il semblerait que John soit le mieux placé pour arrêter ce monstre sanguinaire…

Mon avis

Je ne suis pas un serial killer n’est pas un thriller classique : d’abord, il n’est pas effrayant. En revanche, il est drôle et léger ! Pas de prise de tête au rendez-vous, mais un vrai plaisir de lecture. On s’amuse de suivre les réflexions tordues du jeune John, particulièrement brillant. Puisqu’il est le narrateur, on comprend chacun de ses actes et l’on serait prêt à le défendre corps et âme. Comme l’a signalé le magazine Elle, c’est un peu Dexter, ce John !

Ensuite, ce thriller n’est pas classique parce qu’il n’est pas réaliste : ce n’est pas une histoire qui vous rendra paranoïaque. Le fantastique surgit lors d’un chapitre et j’en fus la première surprise. Bien qu’un peu tirée par les cheveux, l’explication de l’auteur tient la route justement parce qu’il la défend tout le long du livre et finalement, on se laisse porter avec plaisir.

Enfin, le parti pris par Dan Wells, qui est de mettre un ado en avant, luttant contre un serial killer, est un point de vue très original, qui détourne complètement le schéma classique du thriller. Le tueur n’est d’ailleurs pas non plus un psychopathe malade mental comme c’est souvent le cas. Il y a une explication “logique” à ses actes, très culottée certes, mais courageuse.

Ce court roman farfelu est donc un thriller parodique écrit sans fioritures, plein d’humour et de fantaisie. Très simple à la lecture, il n’en demeure pas moins amusant et attrayant. On passe un bon moment, c’est cela qui compte !

Infos complémentaires

L’histoire de Je ne suis pas un serial killer se poursuit dans Mr Monster (sorti en 2012 chez Sonatine) puis dans Nobody (sorti en juin 2013 chez Sonatine également).

mr-monsternobody

WELLS Dan, Je ne suis pas un serial killer, Editions Pocket, 2013 (première édition française chez Sonatine en 2011), traduit par Elodie Leplat, 310 pages

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Serum (s.1 ep.1), Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza

serumPourquoi ce livre ?

J’ai découvert cette série par l’intermédiaire d’Aniouchka, qui en vante les mérites dans plusieurs de ses vidéos. L’apercevant à la Fnac, je me suis laissée tenter.

De quoi ça parle ?

L’histoire débute par une course-poursuite mystérieuse : une jeune femme paniquée fuit on ne sait qui dans les rues de New-York. Des hommes la pourchassent jusque dans un parc et n’hésitent pas à lui tirer dessus. Par miracle, la victime survit. Débute alors l’enquête, menée par la détective Lola Gallagher. Qui est cette femme ? Qui sont ses bourreaux ? Pourquoi veulent-ils la tuer ?

Mon avis

Pour le moment, je n’ai lu que ce premier tome. Je ne connais donc pas encore toutes les ficelles de l’histoire. Mais alors que le suspense devrait être haletant, je reste sur ma fin et suis un peu déçue : certes, l’intrigue est mystérieuse et donne envie d’en savoir plus. Pourtant, ce premier tome n’est qu’une introduction. Il ne se passe finalement pas grand-chose. La quatrième de couverture révèle d’ailleurs le chapitre final de ce premier opus. Un peu dommage, au vu du nombre de pages (182 exactement).

L’écriture, quant à elle, reste simple et efficace. On sait qu’on ne lit pas un chef d’œuvre de la littérature, mais le contrat est rempli : l’intrigue policière est là, les personnages sont bien dessinés, le suspense tient le lecteur à chaque fin de chapitre… Un bon petit roman d’été, en somme, qu’il faut sans doute aussitôt enchaîner avec le deuxième tome, pour ne pas rester insatisfait.

LOEVENBRUCK Henri, MAZZA Fabrice, Serum, saison 1, épisode 1, éditions J’ai lu, 2012, 182 pages

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Alex, Pierre Lemaitre

alex pierre lemaitrePourquoi ce livre ?

Une fois encore, ce fut un cadeau d’anniversaire !

De quoi ça parle ?

Ce thriller commence par l’enlèvement d’Alex, une jeune, jolie et mystérieuse femme, qui ne laisse aucun homme indifférent. Un soir, alors qu’elle rentre chez elle, un homme la frappe et l’entraîne dans sa camionnette. Qui est-il ? Que veut-il ? Elle ne le sait pas mais comprend que tout cela est organisé, prévu. Très vite, elle se retrouve nue, séquestrée dans une cage suspendue au dessus du vide, quelque part, dans un vieil entrepôt désaffecté. De son côté, la police enquête : en peu de temps, elle parvient à retrouver la trace du ravisseur et de sa victime. Mais quelque chose ne va pas. En effet, en arrivant sur les lieux, le commissaire Verhoeven découvre qu’Alex a disparu, sans l’aide de personne. Qui est-elle vraiment ?

Mon avis

Ecrire ce long résumé ne gâche rien au suspense : tout ceci est dit sur la quatrième de couverture. Ce n’est en réalité que le début de l’histoire d’Alex. Découpé en trois parties, ce roman noir dévoile petit à petit la personnalité et les motivations d’Alex, le personnage principal. Car cette femme n’est pas seulement victime : elle est aussi coupable. De quoi ? A vous de le découvrir !

Mon avis reste mitigé après avoir refermé la dernière page de ce livre. Les rebondissements de l’histoire et les révélations qui sont faites au fur et à mesure ont permis que je finisse ma lecture. Préoccupée par cet intriguant personnage féminin, finalement très peu dévoilé dans les 2/3 du roman, je voulais absolument en savoir plus. Une réussite de la part de l’auteur, donc, qui s’approprie les codes du suspense et du retournement de situation.

En revanche, durant toute ma lecture, j’ai vraiment été déstabilisée par le style de Pierre Lemaitre. D’abord, il utilise le présent simple tout le long du roman. Un choix, vous le savez, que je trouve insupportable à la lecture. Ensuite, les phrases sont courtes, très descriptives. Cela crée une distance entre le lecteur et les personnages : le premier ne sait que très rarement ce que ressentent les seconds. Bien que cela concorde avec l’histoire et l’ambiance, je ne me suis pas sentie assez “concernée”. A savoir, donc, si l’on entreprend la lecture d’Alex : le lecteur n’est ni complice ni confident, il est extérieur à tout ce qui se trame. Un sentiment assez particulier !

Malgré tout cela, je pense que je n’oublierai pas ce roman, qui fut tout de même assez imprévisible et surprenant pour que je m’en souvienne. Si vous cherchez un thriller glaçant, parfois gore ou effrayant, assez haletant pour vous interroger, assez court pour ne pas vous ennuyer, lisez Alex. Une seule condition : aimez lire au présent simple.

Infos complémentaires

Ce roman a obtenu le Prix des Lecteurs Policier du Livre de Poche en 2012.

LEMAITRE Pierre, Alex, éditions Le Livre de Poche, 2012 (d’abord édité chez Albin Michel en 2011), 397 pages

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La Vérité sur l’Affaire Harry Québert, Joël Dicker

laveritesurlaffaireharryquebertPourquoi ce livre ?

Le succès et les retours élogieux de ce roman ont su me convaincre : j’espérais en secret le recevoir en cadeau de Noël. Par chance, ce fut le cas ! Mais ce n’est qu’au mois de mai que j’ai pu m’y plonger.

De quoi ça parle ?

Dès le début, on suit Marcus Goldman, écrivain à succès, s’apprêtant à écrire un nouveau roman pour son éditeur. Malheureusement, l’inspiration ne vient pas. Il reprend alors contact avec un vieil ami, Harry Québert, qui fut son professeur et son mentor. Leurs destins vont être bouleversés lorsque l’on retrouve dans le jardin de Québert le squelette de Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans assassinée en 1975, bien des années avant. Son maître et ami accusé de meurtre, Goldman va tout faire pour prouver son innocence, en interrogeant le voisinage et outrepassant les menaces qui lui sont proférées. Une expérience qu’il va vite coucher sur le papier, afin de rétablir la vérité.

Mon avis

La Vérité sur l’Affaire Harry Québert est un incroyable roman ! Difficile de le lâcher lorsque l’on commence la lecture. Aéré et rythmé, le texte est très accrocheur : la fin d’un chapitre donne irrémédiablement envie d’entamer le suivant. On ne s’ennuie jamais. L’enquête de Goldman et les découvertes qu’il fait au fil des pages sont étonnantes et mystérieuses. On chercher tout le temps le pourquoi du comment.

L’organisation du roman est aussi très intéressante : d’abord, les points de vue se multiplient. Ainsi, on revit plusieurs scènes, racontées par plusieurs personnages. Quelques détails diffèrent alors, des secrets sont percés à jour, le suspense est à son comble ! Ensuite, chaque chapitre est précédé d’une leçon d’écriture, dictée par Québert. En 31 points, on apprend donc quelle est la recette d’un bon roman. Car ce livre est aussi une réflexion sur l’écriture et sur l’acte d’écrire. L’objet livre en lui-même fait partie de l’histoire : celui que nous tenons entre nos mains n’est autre que le livre écrit par Goldman. Une très belle mise en abyme qui est un véritable tour de force de la part de l’auteur !

L’intrigue est elle aussi surprenante. Jamais je n’ai découvert les réponses par moi-même, car Joël Dicker sait nous mener par le bout du nez. Les rebondissements surviennent jusqu’aux derniers chapitres, impossible de s’arrêter ! Très cinématographique, ce roman a toutes ses chances pour être adapté sur grand écran : rythmé, mystérieux, riche en dialogues, impeccablement ficelé, rien ne manque pour que l’on passe un très bon moment. Le temps de quelques jours, j’ai retrouvé la frénésie littéraire qui m’habite de plus en plus rarement. N’ayez donc pas peur des 600 et quelques pages, elles vous fileront entre les doigts en un rien de temps ! Un Goncourt des lycéens amplement mérité.

DICKER Joël, La Vérité sur l’Affaire Harry Québert, éditions de Fallois / L’Age d’Homme, 2012, 667 pages