Livres

Comme ton ombre, Elizabeth Haynes

comme-ton-ombre_elizabeth-haynesPourquoi ce livre ?

Il y a quelques mois, j’ai visionné la vidéo “coup de cœur” de Nina, du blog Le Libr’Air. Son avis m’avait absolument convaincue de lire ce thriller psychologique. Après avoir mis un certain temps à l’acheter, je me suis jetée dessus !

De quoi ça parle ?

L’histoire se déroule en deux temps. D’un côté, nous sommes en 2003 et l’on découvre la jeune Cathy, grande fêtarde entourée d’amis. Un soir, elle fait la rencontre de Lee, un homme séduisant et mystérieux et tombe très vite amoureuse de lui. De l’autre, on la retrouve quatre ans plus tard, paranoïaque, bourrée de TOC, seule et effrayée. Que s’est-il donc passé entre temps pour qu’elle change du tout au tout ?

Mon avis

Je déclare officiellement qu’il s’agit de mon premier coup de cœur 2014 ! La quatrième de couverture et l’avis très positif de Nina m’avaient convaincue avant l’heure mais après lecture, je confirme qu’il s’agit d’un excellent roman.

D’abord parce que l’ambiance malsaine distillée à chaque page retient l’attention : dès le début du livre, notre curiosité est piquée à vif. Très vite, notre seule obsession est de savoir pourquoi Cathy est devenue aussi névrosée. Les chapitres, courts et cinglants, s’enchaînent avec délice et rapidité. L’alternance entre 2003 et 2007 ne dérange jamais, car les éléments de ces deux périodes sont liés.

Ensuite parce que la narratrice et héroïne qu’est Cathy est profondément touchante. Son histoire avec Lee fait d’abord rêver avant de surprendre et d’effrayer : oui, cela est réaliste et même possible ! Attention aux hommes mystérieux et ultra-possessifs… Le harcèlement moral dont elle est victime grignote aussi le lecteur. On prend peur avec elle, on s’attend à chaque ligne à un nouveau rebondissement. Fébrile, on se crispe et l’on tourne les pages sans s’arrêter, saisi par l’horreur qui se dévoile petit à petit mais tout de même curieux d’en savoir plus.

Enfin parce qu’Elizabeth Haynes possède un talent d’écriture et de mise en scène évident. Le style percutant, soutenu par une mise en page aérée, peut difficilement ennuyer le lecteur. Je mets chacun de vous au défi de vous endormir sur ce bouquin ! Notez tout de même qu’il s’agit d’un premier roman, initialement écrit dans le cadre du Nanowrimo (projet à portée internationale et ouvert à tous, qui consiste, chaque année, à écrire un roman de 50 000 mots en un mois).

Si vous cherchez un thriller psychologique réaliste qui fait froid dans le dos et se lit vite et bien, optez pour Comme ton ombre. Il rebooste l’envie et le rythme de lecture, passionne par son sujet, accroche par son style, il est en tous points parfait ! A lire d’urgence !

HAYNES Elizabeth, Comme ton ombre, éditions Le Livre de Poche, 2012 (initialement publié en 2011 chez les Presses de la Cité), traduit par Sylvie Schneiter, 477 pages

Livres

Psychanalyse des contes de fées, Bruno Bettelheim

psychanalyse-contes-fées-bettelheimPourquoi ce livre ?

Depuis trois mois, je travaille avec trois autres étudiantes de mon école sur la conception d’un thésaurus, c’est-à-dire une liste de termes mûrement réfléchie qui a pour but de simplifier l’indexation de documents. BREF ! Je vous passe les détails. Nous avons donc choisi de travailler sur les contes de fées. Au fil de nos conversations, l’une de mes “collègues” m’a alors prêté ce livre de Bettelheim, apparemment fort connu. L’occasion d’en savoir plus sur les contes et leurs sens cachés…

De quoi ça parle ?

Le psychologue Bruno Bettelheim analyse les contes de fées et démontre leur extrême importance pour les enfants. A la lecture ou à l’écoute des contes, ces derniers parviennent inconsciemment à résoudre leurs questionnements, à avancer sereinement dans la vie et à dépasser le complexe d’Œdipe et la rivalité fraternelle. L’auteur revient notamment sur des contes très connus, tels que Cendrillon, La Belle et la Bête, Les trois plumes, Blanche-Neige ou Le Petit Chaperon Rouge.

Mon avis

C’est la première fois que je lis de la psychanalyse et je n’en suis pas déçue ! Le plaisir de déchiffrer les contes de fées a été plus fort que la peur de ne rien comprendre. Car c’était bien cela qui m’effrayait avant que je me lance. Etonnamment, dès l’introduction, j’ai adhéré au discours de l’auteur et me suis laissée porter sans difficulté. N’ayez aucune crainte, donc, si vous vous lancez dans ce livre. Il suffit d’être concentré et intéressé par le sujet pour trouver du plaisir à cette lecture.

Le contenu, quant à lui, m’a appris beaucoup de choses : Bettelheim démontre au fil des pages que les contes de fées sont un exutoire aux soucis de l’enfant et aux problèmes qu’il rencontre inconsciemment. Le complexe d’Œdipe, notamment, est particulièrement décortiqué, à travers l’explication de plusieurs contes très connus. Ainsi, j’ai appris que le personnage de la mère, douce et gentille, était le côté positif de la marâtre, méchante et sans-pitié. Diviser ce personnage maternel en deux facettes (l’une bonne, l’autre mauvaise), est une façon de dire à l’enfant qu’il doit aller de l’avant en se séparant de sa mère parfaite (celle qui le nourrit et le protège) et en apprenant à se débrouiller seul.

Bettelheim explique aussi ce qu’est le fondement du conte de fées : il doit contenir un élément magique, punir le méchant et bien se terminer. Ainsi, l’auteur déplore les adaptations Disney qui ne punissent pas réellement les personnages mal-intentionnés. La belle-mère de Blanche Neige aurait dû, comme dans le conte original, mourir atrocement en portant des sabots chauffés au fer rouge. L’enfant a justement besoin de cette horrible punition pour se rassurer : le mal ne viendra plus jamais le déranger.

Passionnant, ce livre donnerait presque envie d’avoir un enfant sous la main pour lui lire des contes ! Si j’étais jeune parent, je m’empresserais d’acheter tous les recueils de Perrault et Grimm. Si les contes de fées raniment chez vous des souvenirs heureux ou si vous avez simplement envie de connaître leurs significations, je vous conseille donc cet ouvrage abordable et très instructif.

BETTELHEIM Bruno, Psychanalyse des contes de fées, éditions Pocket, 2006 (livre initialement paru en 1976), 455 pages

Livres

Le quatrième mur, Sorj Chalandon

le-quatrieme-mur-sorj-chalandonPourquoi ce livre ?

Autre cadeau de Noël, de la part de mes parents cette fois.

De quoi ça parle ?

L’histoire se passe dans les années 70-80. Samuel, metteur en scène ambitieux, a l’idée de monter l’Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth, au cœur de la guerre du Liban. Son objectif ? Réunir des acteurs amateurs de tout bord : sunnite, chiite (communauté musulmane), maronite, chaldéen, catholique (communauté chrétienne), druze… Malheureusement, la maladie le ronge et l’empêche de mener son projet à bien. Il remet alors le flambeau à son ami Georges, qui va devoir rassembler tous les acteurs en tenant compte des croyances et spécificités de chacun. Tout cela au cœur des attaques et bombardements qui détruisent le Liban.

Mon avis

Difficile de résumer ce roman incroyable ! Je me suis lancée confiante, rassurée par le Prix Goncourt des Lycéens qui a récompensé ce livre en novembre 2013. Pourtant, les cent premières pages ne parvenaient pas à m’accrocher. Georges, le narrateur, revient sur sa jeunesse et sa rencontre avec son ami Samuel, en mélangeant les périodes de sa vie. J’avais donc du mal à suivre et à trouver de l’intérêt au récit. Mais après tout cela, j’ai compris pourquoi les lycéens ont élu ce roman Prix Goncourt !

Dès que Georges prend les choses en main et que l’on entre dans le vif du sujet, l’histoire devient passionnante. On atterrit au Liban avec lui, on se méfie de tous les personnages qu’il rencontre, meurtris et amers envers les autres communautés. On tremble lorsqu’il doit convaincre les familles des acteurs. On a le sourire aux lèvres quand il y parvient.

Sorj Chalandon retranscrit admirablement l’horreur de la guerre et ses conséquences. La première personne permet aussi d’être plongé dans cette ambiance morbide et terrifiante. On n’a pas le regard extérieur des médias, mais l’on vit l’instant avec le narrateur. Il est blessé : on n’avance plus. Il est hanté par les corps étendus dans les rues : on ne voit plus que cela, tout comme lui. Il est choqué par la bêtise de femmes françaises se disputant une place dans une file d’attente : on relativise et on apprécie d’autant plus la vie que l’on mène.

L’idée de mettre en scène Antigone dans un pays en guerre est, en soi, une très bonne matière à exploiter. Les références et citations de la pièce d’Anouilh sont équitablement réparties dans le roman et elles ne sont jamais réservées aux connaisseurs. Pas la peine de connaître l’œuvre originale pour lire ce livre ! Inutile aussi d’effectuer des recherches sur les communautés religieuses libanaises. Moi qui n’y comprends rien, je me suis laissée porter par le style de l’auteur, qui ne complique jamais les choses. Après tout, ce qui compte, c’est l’humain.

Les derniers chapitres, profonds et violents, empêchent de refermer le livre. On est estomaqué ! J’aimerais profondément qu’un réalisateur adapte ce roman incroyable au cinéma, car il mérite d’être plus connu ! J’ai cru au début que j’oublierai bien vite cette histoire ; finalement, j’en suis ressortie marquée. Bluffant.

CHALANDON Sorj, Le quatrième mur, éditions Grasset, 2013, 327 pages

Livres

Ainsi soit Benoîte Groult, Catel

ainsi-soit-benoite-groultPourquoi ce livre ?

C’est ma grand-mère qui me l’a offert pour Noël ! A peine reçu, déjà lu !

De quoi ça parle ?

Ce roman graphique assez conséquent dresse le portrait de la pétillante Benoîte Groult, auteure féministe à la personnalité haute en couleurs. Catel revient sur ces cinq dernières années, durant lesquelles elle a sympathisé avec Benoîte Groult et a partagé de jolis moments avec elle, mais aussi sur la vie mouvementée de la militante.

Mon avis

J’ai débuté ma lecture en ne sachant rien de Benoîte Groult. Il a même fallu que je cherche une photo d’elle sur Internet pour savoir qui Catel allait me présenter… Honte à moi ! La vie de cette nonagénaire (94 ans !) méritait un hommage tel que celui-là. Féministe avant l’heure, luttant contre les préjugés, les diktats et les injustices dont les femmes sont victimes, Benoîte GroultCatel_Groult-JFPaga-Grasset m’a passionnée par sa vie hors-norme : une jeunesse passée entre une mère mondaine et coquette et un père solitaire et pêcheur ; de nombreux amants ; plusieurs maris et un certain nombre d’IVG ; de très jolies maisons en bord de mer ; une famille artiste jusqu’au bout des ongles… Bref ! Amie de François Mitterrand, cette femme n’a pas chômé et n’a jamais cessé de lutter pour la féminisation des termes et notamment des métiers.

Catel, quant à elle, confirme son talent de dessinatrice et de conteuse d’histoire. Elle m’avait déjà convaincue avec Kiki de Montparnasse. Je suis un peu plus bluffée par ses dessins tirés de son Moleskine ! On croirait parfois des photographies retravaillées ! Le noir et blanc suffit à retranscrire les ambiances de fête, de jardin d’été ou de bord de mer, le trait doux et arrondi permet de se plonger dans cet album souvenir sans jamais déranger le lecteur.

On referme cette bande-dessinée biographique le cœur un peu plus féministe, ravi d’avoir pu découvrir ou redécouvrir Catel et Benoîte Groult, et prête à lire les ouvrages de cette dernière.

CATEL, Ainsi soit Benoîte Groult, éditions Grasset, 2013, 326 pages
Crédit photo : JF Paga – © Grasset

Blabla

Bilan de lecture 2013

Ce bilan de lecture est avant tout pour moi l’occasion de vous souhaiter le meilleur pour cette nouvelle année qui vient de débuter ! J’espère que certaines découvertes livresques ou cinématographiques seront riches en émotions en 2014. Et je croise toujours les doigts pour que vous réalisiez vos rêves (au cas où).

En 2013, donc, j’ai lu 84 livres, dont 43 bandes-dessinées (cette fois, je les ai comptées). Soit 41 livres romans ou essais. On est proches des 39 livres de l’année dernière. Je garde donc mon rythme de lecture, c’est-à-dire un peu moins d’un livre par semaine. Quant au cinéma, j’ai découvert 42 films dans les salles obscures.

C’est maintenant l’heure de vous raconter tout ça plus en détails.

– Bilan annuel –

janvier 2013

Je commence l’année comme j’ai terminé la précédente : au chômage. La résolution 2013 sera donc de trouver du travail. Je reprends donc les bonnes habitudes : envoi de CV, promenades sur le site de Pôle Emploi… Je m’ennuie à mourir avec Lolita de Vladimir Nabokov.

février 2013

Je trouve enfin un emploi ! Je signe très rapidement un CDD de trois mois et suis employée pour corriger du texte mal retranscrit par un scanner. Dès le premier jour, mon moral fait une chute libre, j’ai peur de ne jamais rédiger (ce pour quoi je m’étais destinée). Je trouve le temps de découvrir et d’aimer le comic Walking Dead, mais aussi d’adorer le fantastique Montespan de Jean Teulé.

mars 2013

Toujours au boulot. J’apprends que mon contrat ne sera pas renouvelé, car l’entreprise a les finances mal en point. Bon. Le retour au point de départ est imminent. Je lis essentiellement de la BD et termine avec délectation la trilogie Millénium, de Stieg Larsson.

avril 2013

Dernier mois de travail. Je fête aussi mes 24 ans, mais rien ne change fondamentalement. Encore une fois, les bandes-dessinées me changent les idées : j’aime aussi bien La page blanche de Bagieu et Boulet que La marche du crabe d’Arthur de Pins. Convaincue par le magazine Causette, je m’achète Pourquoi être heureux quand on peut être normal ? de Jeanette Winterson, et je suis bouleversée par ce récit autobiographique.

mai 2013

De retour au chômage. Je prends plutôt ce mois de mai comme des vacances : mon amie V. et moi partons en escapade à Londres, dans les studios Harry Potter. Un retour en adolescence merveilleux ! Je pars aussi randonner durant trois jours aux bords de la Loire. Ce séjour proche de la nature me vide l’esprit et me torture les jambes, mais la douleur sera vite oubliée. Côté lectures, je lis avec passion le Goncourt des lycéens 2012, à savoir La vérité sur l’affaire Harry Québert de Joël Dicker.

juin 2013

Je perds toute motivation pour rechercher un emploi. Désormais, je ne sais plus si la rédaction m’intéresse. Mon amoureux et moi alors partons en vacances dans le Jura : il pleut et nous allumons des cheminées dans notre location. Nous découvrons ce très joli coin vert, plein de cascades et de chemins de randos. Nous testons aussi la rando en VTT et mes fesses frôlent la mort. Lui fait une chute mémorable et se casse le crâne (littéralement)… La peur de ma vie ! Heureusement, rien de déformé ni de terriblement grave. Un souvenir de plus, un ! Parallèlement, je suis ébahie par Les proies, dans le harem de Kadhafi d’Annick Cojean, un récit terrifiant à lire absolument. Je suis aussi emportée par 127 heures de Aron Ralston, l’homme qui a défié la mort dans un canyon.

juillet 2013

Je fuis la capitale et retrouve mes racines charentaises, tout en évitant de penser à l’avenir. Je lis dans le jardin Immortelle randonnée – Compostelle malgré moi de Jean-Christophe Rufin, et je rêve d’être assez solide physiquement et mentalement pour pouvoir entreprendre un tel voyage. Je prends la route direction le Sud pour le Garance Reggae Festival, en compagnie de V., encore et toujours, ma plus fidèle alliée. Nous profitons du soleil chaud, des cigales et de l’eau douce d’une rivière entre deux concerts. C’est le bonheur !

août 2013

Retour dans le jardin familial. Je découvre La planète de singes de Pierre Boulle et regrette de ne pas avoir lu ce classique plus tôt. Je décide aussi de me reprendre en main : éviter la question de l’orientation professionnelle ou de la recherche d’emploi ne mène à rien, il est temps de regarder les choses en face. Je m’inscris donc au concours d’entrée d’une école de bibliothécaires documentalistes, déjà tenté quatre ans auparavant.

septembre 2013

Je révise un maximum pour le concours. Ca y est, je suis déterminée à réussir dans cette voie. A la fin du mois, j’apprends toute heureuse que j’ai été sélectionnée ! Je repars donc pour deux ans d’études après six ans de fac et un an de chômage… J’essaye de ne pas trop penser à cela et j’attaque la trilogie des Neshov, d’Anne B. Ragde, que je trouve passionnante !

octobre 2013

Je lis beaucoup de bandes-dessinées et de mangas, car cela se lit plus facilement entre deux cours et deux révisions. L’école de bibliothécaires semble correspondre à mes attentes. Le mois s’achève sur la pire lecture de l’année : Ladivine de Marie NDiaye. J’en suis scandalisée !

novembre 2013

Je passe plusieurs examens, déjà. Encore une fois, je lis surtout des mangas et enchaîne cinq Walking Dead. Je suis aussi heureuse de retrouver la plume magnifique de Tracy Chevalier, dans La dernière fugitive. Je trouve mon stage de décembre, dans la médiathèque que je fréquente régulièrement. J’ai hâte de faire des choses concrètes ! Ma joie de vivre est ternie par un drame familial qui me laisse le cœur vide…

décembre 2013

Mon stage, d’une durée de trois semaines, passe à la vitesse de l’éclair. Je me sens bien dans les rayonnages, à conseiller les lecteurs et ranger les documents. J’ai l’impression d’être enfin à ma place. C’est aussi là que je décide de lire Je ne suis pas un serial killer de Dan Wells, thriller humoristique qu’il était temps de découvrir. L’année se termine traditionnellement en famille.


En écrivant ce bilan, je me rends compte que cette année 2013 n’était finalement pas si mal côté lecture. J’ai fait de belles découvertes et j’ai hâte d’en faire de nouvelles ! A bientôt !
Livres

Merde à la déprime, Jacques Séguéla

merde-a-la-deprimePourquoi ce livre ?

Il s’agit du troisième livre imposé pour le Prix de la Critique Littéraire de Puteaux.

De quoi ça parle ?

Dans ce court essai, Jacques Séguéla donne sa recette miracle pour que nous, Français, arrêtions d’être grincheux et déprimés. Il liste donc les points positifs et invite ses lecteurs à prendre les choses en main, notamment en travaillant et en innovant.

Mon avis

La couverture, simple et amusante, appelle immédiatement à la lecture. Difficile de résister au smiley rouge qui nous promet une recette miracle pour retrouver le sourire en ces temps de crise. La longueur du livre, relativement courte, séduit aussi le lecteur, tout comme les chapitres aérés et la police de caractères grande et ronde. Le livre en main, on n’a qu’une hâte : le commencer.

Mais le contenu du bouquin, alors ? Va-t-on enfin apprendre à voir la vie en rose, nous, Français grognons et déprimés ? Après la dernière page, saura-t-on comment reprendre sa vie en main, mettre de côté les problèmes de tous les jours, les interrogations, les doutes ? Tout cela n’est pas évident… Séguéla, plein d’entrain, pointe du doigt tout ce qui va bien chez nous : le luxe se porte à merveille, on fabrique de beaux avions, on a de grandes écoles, notre pays est plein de touristes… Génial !

Pas d’argent pour une grande école, pas l’envie de faire de l’économie, de la publicité ou du commerce ? Adeptes de la littérature, des études artistiques, passionnés de sciences humaines, de psychologie ou d’histoire-géographie, changez de voie, voyons. Tout cela est inutile. Pensez argent et travail ! TRA-VAIL, on vous dit. Il n’y a que cela de vrai ! Travaillez beaucoup, tout le temps, faites fumer vos neurones pour faire décoller le PIB français, et vous retrouverez alors le moral et la joie de vivre. Le chômage ? Chers Français, vous n’avez qu’à inventer de magnifiques inventions, telles la fourchette-régime ou la balance connectée, merveilleusement utiles !

Séguéla voue donc un culte au travail et nous le fait savoir. Mais sait-il que le bonheur passe aussi – et surtout ! – par la vie familiale, les relations amicales, l’environnement, le savoir-vivre, le respect de l’autre, l’entraide ? Consacrer sa vie au travail est sans doute une source de joie pour certains, mais il est aussi source de stress pour beaucoup. L’auteur, en poussant à travailler et inventer des outils 100 % français, oublie le contexte : pour se lancer sereinement dans une aventure, il faut peut-être déjà avoir un logement digne de ce nom, de quoi se nourrir plus décemment, une aide sociale et sanitaire égale pour tous. Et surtout avoir l’envie !

Seul point positif : l’auteur met en avant le rôle des femmes et des jeunes. Il compte même sur eux pour redonner de l’espoir aux Français. De manière générale, Séguéla a donc le mérite de ne pas laisser indifférent. Il lance le débat : que faire pour retrouver le sourire ? Vaste question. Malgré son discours à sens unique, ce court ouvrage est plaisant à lire : il donne à réfléchir et c’est déjà une bonne chose.

SEGUELA Jacques, Merde à la déprime, éditions Jean-Claude Gawsewitch, 2013, 158 pages

Blabla

Les binômes du swap littéraire sont constitués !

Bonjour à tous ! En ce 1er janvier 2014, j’ai l’honneur de vous annoncer à qui vous allez envoyer un cadeau et qui va vous en envoyer ! Le succès fulgurant de mon idée de swap littéraire m’étonne encore… En quelques jours, nous sommes déjà 20 personnes motivées ! Merci à tous ! Voici donc avant l’heure les duos qui s’enverront des colis en février prochain :

Duo 1 :

Gwenlan : @Mlle_Uranie / http://lamalleauxlivres.com
Erika : @PE_Erika / http://pageaprespage.wordpress.com/

Duo 2 :

Moi-même : @dmpavo
Mélanie : @Lismoisituveux /
http://lismoisituveux.wordpress.com/

Duo 3 :

Charlotte : @03Charlotte03 / http://lesvoyageslitteraires.blogspot.com/
Muriel : Muriel72 (
sur Libfly) / http://mumuisinthekitchen.blogspot.com/

Duo 4 :

Nelly : @Nelly_piou / http://pinceedefantaisie.com/
Alfie : @MissAlfie1 / http://croqlivres.canalblog.com/

Duo 5 :

Vu de mes lunettes : @Vudemeslunettes / http://www.vudemeslunettes.wordpress.com/
Alison : @_Alis_on / http://lafabriqueeclectique.blogspot.fr/

Duo 6 :

Dingotte : @dingotte
Sev : @Sev_Chronique /
http://leschroniquesassidues.blogspot.fr/

Duo 7 :

Mylou : @ifautlire / http://leslivresdemylou.blogspot.com/
Virginy : @v1r_81 / http://evasionetdecouvertesenlecture.wordpress.com/

Duo 8 :

Ashtray Girl : @Ashtray_Girl7 / http://ashtraygirldeliriumtremens.wordpress.com/
Madimado : @Madimado75 / http://madimado.com/

Duo 9 :

Delphine : @MPIDelph / http://mespetitesidees.wordpress.com/
Guillaume : @Tribdunevie / http://tribulationsdunevie.weebly.com/

Duo 10 :

Mademoiselle F : @mademoiselllef / http://fleurmademoiselle.wordpress.com/
La Critiquante : @LaCritiquante / http://lacritiquante.wordpress.com/

Voilà les binômes constitués ! Si vous avez besoin d’aide pour trouver une idée de roman qui pourrait plaire à votre binôme, n’hésitez pas à le contacter via son blog ou Twitter. Je vous contacterai tous quand viendra l’heure d’envoyer votre colis.

Merci de jouer le jeu jusqu’au bout. Pour vous souvenir des “règles” concernant ce swap, rendez-vous sur le premier article à ce sujet. En cas de problème ou de question, n’hésitez pas à revenir vers moi.

Joyeuse enquête à tous !

 

Blabla

C’est parti pour un swap littéraire !

books-livresM’est venue l’idée d’organiser un swap littéraire après avoir demandé qui serait intéressé sur Twitter. Je n’attendais pas tant de réponses ! Finalement, vous êtes quelques uns à vouloir tenter l’aventure. Comme je ne peux pas me lancer dans un swap avec chacun d’entre vous, je vous propose d’organiser ça de manière plus officielle (merci Miss Alfie de m’avoir suggéré cette idée brillante !).

Qu’est-ce qu’un swap ? Il s’agit d’un échange de colis entre deux personnes, contenant diverses petites choses. Le principe est de tenir compte des envies et goûts de son “binôme” et de lui concocter un petit colis charmant (eh oui).

Comme nous sommes tous des lecteurs passionnés, il m’est paru évident que le swap devait être littéraire. Voici ce que je vous propose :

– le coût total du colis ne devra pas excéder 30 €, pour qu’il n’y ait pas de concurrence déloyale.

– le colis comprendra :

– un livre correspondant aux goûts du binôme (il va falloir mener son enquête, héhé ! Aidez-vous des wish-list, des indices semés sur Twitter, Facebook ou sur le blog de votre binôme… bref, débrouillez-vous !) ;
– un autre livre que vous avez envie de conseiller à votre binôme, parce qu’il vous a particulièrement plu ;
– une petite surprise au choix (décoration, sucrerie, marque-page, thé, vernis, n’importe quoi !).

– le colis sera envoyé durant la dernière semaine de février, soit entre le 24 février et le 2 mars 2014.

Si tout cela vous tente, dites-le moi dans les commentaires de cet article. Vous avez jusqu’au 19 janvier 2014 pour vous inscrire. A cette date, je ferai un tirage au sort parmi tous les inscrits, permettant ainsi de créer des binômes. Si par hasard on est un nombre impair, j’aurai deux binômes.

C’est un bon moyen de découvrir des auteurs et des titres, non ? Rire

Pour ceux qui veulent s’inscrire : si vous disposez d’un blog et/ou d’un compte sur un réseau social, n’hésitez pas à partager le contenu de votre colis quand vous l’aurez reçu.

Edit du soir : je vais limiter le nombre de participants à 20, afin que le swap soit gérable de mon côté. S’il y a de la demande, rien ne nous empêchera d’en faire un autre dans l’année. Enfin, sachez que je compte sur les inscrits pour tenir leur parole et jouer le jeu jusqu’au bout.

INSCRIPTIONS CLOSES

Livres

Si c’est un homme, Primo Levi

si-cest-un-hommePourquoi ce livre ?

C’est l’autre jour, chez mes parents, que mon regard a croisé furtivement celui de ce grand classique. Avant d’aller prendre mon train, je lui ai fait un clin d’œil et l’ai caché au fond de ma valise, en lui promettant de le lire très vite. Je peux enfin affirmer avoir lu ce fameux bouquin !

De quoi ça parle ?

Si c’est un homme est le récit des horreurs vécues par Primo Levi à Auschwitz, là où il fut déporté à l’âge de 24 ans, de février 1944 à janvier 1945. Un an de tourments, de torture physique et morale, de perte totale d’espoir et d’envies.

Mon avis

Il est toujours bon de se rappeler qu’il y a 70 ans, un nombre incalculable de gens mourraient dans des camps d’extermination. Parmi ceux qui travaillaient, il y avait un jeune homme de mon âge, l’auteur de ce récit. Savoir cela m’a touchée dès le début de ma lecture. J’ai ensuite été emportée par la façon dont Primo Levi raconte son arrestation et sa déportation jusqu’en Pologne. Il n’emploie jamais de termes larmoyants et ne s’apitoie jamais sur son sort. C’est cela qui est étrange et incroyable dans ce livre hors-norme.Primo-Levi

Par la suite, l’année à Auschwitz est racontée à la manière d’une étude sociologique. L’auteur s’emploie à ne jamais tomber dans le pathos et livre presque froidement ce qu’il a pu voir ou entendre. La façon de lire change alors : on ne lit plus cela comme un récit mais comme un essai. C’est pourquoi mon rythme de lecture a ralenti : je dois l’avouer, cette manière d’écrire m’a parfois ennuyée. En revanche, j’ai lu avec passion le dernier chapitre, dédié aux dix derniers jours de calvaire de Levi et ses compagnons. Le camp, déserté par les Allemands, est abandonné sous la neige. Subsistent encore des hommes malades ou trop faibles, qui luttent pour survivre seuls. Levi reprend un style plus narratif et emmène le lecteur auprès des mourants, dans le froid glacial pour récupérer quelques pommes de terre, sous la couverture de son lit, près du poêle… On s’y croit mais l’on a du mal à l’imaginer.

Si c’est un homme est évidemment un livre à lire une fois dans sa vie, ne serait-ce que pour se souvenir et pour apprendre, encore et toujours, ce qu’il s’est produit. Cet ouvrage permet aussi de relativiser et de réfléchir à ce dont l’homme est capable par la haine. Un livre indispensable !

LEVI Primo, Si c’est un homme, éditions Pocket, 2012 (1958 pour la version originale), traduit de l’italien par Martine Schruoffeneger, 315 pages

Livres

Je ne suis pas un serial killer, Dan Wells

je-ne-suis-pas-un-serial-killerPourquoi ce livre ?

D’abord parce que la couverture épurée et sadique me semblait prometteuse ; ensuite parce que le titre est en tous points parfait à mon goût. Cela m’a suffit !

De quoi ça parle ?

John Wayne Cleaver est un adolescent âgé de 15 ans qui a la particularité d’être sociopathe : il ne ressent aucune empathie et a des pulsions meurtrières qu’il réfrène depuis toujours en s’imposant des règles strictes (ne suivre personne, dire un compliment quand il a envie de tuer…). Mais il n’est pas aidé par sa famille, qui travaille au funérarium, ni par les événements obscurs qui ont lieu dans la ville : un meurtrier éventreur sévit dans les rues de Clayton County. Il semblerait que John soit le mieux placé pour arrêter ce monstre sanguinaire…

Mon avis

Je ne suis pas un serial killer n’est pas un thriller classique : d’abord, il n’est pas effrayant. En revanche, il est drôle et léger ! Pas de prise de tête au rendez-vous, mais un vrai plaisir de lecture. On s’amuse de suivre les réflexions tordues du jeune John, particulièrement brillant. Puisqu’il est le narrateur, on comprend chacun de ses actes et l’on serait prêt à le défendre corps et âme. Comme l’a signalé le magazine Elle, c’est un peu Dexter, ce John !

Ensuite, ce thriller n’est pas classique parce qu’il n’est pas réaliste : ce n’est pas une histoire qui vous rendra paranoïaque. Le fantastique surgit lors d’un chapitre et j’en fus la première surprise. Bien qu’un peu tirée par les cheveux, l’explication de l’auteur tient la route justement parce qu’il la défend tout le long du livre et finalement, on se laisse porter avec plaisir.

Enfin, le parti pris par Dan Wells, qui est de mettre un ado en avant, luttant contre un serial killer, est un point de vue très original, qui détourne complètement le schéma classique du thriller. Le tueur n’est d’ailleurs pas non plus un psychopathe malade mental comme c’est souvent le cas. Il y a une explication “logique” à ses actes, très culottée certes, mais courageuse.

Ce court roman farfelu est donc un thriller parodique écrit sans fioritures, plein d’humour et de fantaisie. Très simple à la lecture, il n’en demeure pas moins amusant et attrayant. On passe un bon moment, c’est cela qui compte !

Infos complémentaires

L’histoire de Je ne suis pas un serial killer se poursuit dans Mr Monster (sorti en 2012 chez Sonatine) puis dans Nobody (sorti en juin 2013 chez Sonatine également).

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WELLS Dan, Je ne suis pas un serial killer, Editions Pocket, 2013 (première édition française chez Sonatine en 2011), traduit par Elodie Leplat, 310 pages