Films·Spectacles

Bilan culturel de mars

Coucou !

Voici un deuxième rendez-vous culturel, puisque le bilan de février avait l’air de vous plaire (et il me convenait mieux à moi aussi). C’est parti pour le mois de mars !

Spectacles

Deux spectacles cette fois-ci ! Youpi !

une-bourgeois-gentilhommeD’abord, « Le Bourgeois Gentilhomme » de Molière, mis en scène par Camille Roy et joué par les apprentis du réseau AGEFA PME au Théâtre des Hauts de Seine. On connaissait l’une des comédiennes, c’est ce qui nous a fait connaître ce spectacle. Une adaptation à la sauce comédie musicale sous le signe de l’humour, vraiment très agréable ! Un petit Molière de temps en temps, ça ne fait jamais de mal.

la_framboise_frivoleEnsuite, la Framboise Frivole, toujours au Théâtre des Hauts de Seine. Je rêvais de voir le spectacle de ces deux Belges fantasques, et ce depuis des années. Enfin, j’ai réalisé ce petit rêve ! Deux musiciens et chanteurs très doués, l’un au piano, l’autre au violoncelle, s’amusent avec les mots et les notes. Ils passent des grands standards de la musique classique à la variété ou la pop : Chopin et Bach se transforment en Brel et Queen, le « Papa Pingouin » vient chatouiller le « Carnaval des Animaux » de Saint-Saëns, les jeux de mots, futés ou idiots, fusent à tout va. Et  cette réécriture du « Gorille » de Brassens ! Brillant ! On rit sans cesse, on chantonne, on applaudit… C’est un véritable spectacle vivant, où le public s’amuse avec les artistes. Léger, malin, ce Delicatissimo fut effectivement un délice tout en délicatesse. A voir si vous ne connaissez pas ces deux merveilleux musiciens-humoristes !

Cinéma

Encore trois films découverts en salle ce mois-ci, j’aurais aimé y aller un peu plus mais bon.

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D’abord, « Shaun le Mouton, le film », de Mark Burton et Richard Starzak. Il sort officiellement en salles le 1er avril mais j’ai été invitée à une soirée « Label UGC » (oui, j’ai la carte illimitée), qui consiste à vous projeter un film au titre tenu secret jusqu’à la projection, à l’issue duquel vous devez donner votre avis. Et c’était ce film là ce soir là ! Une comédie signée par les créateurs de « Wallace et Gromit » ou « Chicken Run », des valeurs sûres en animation. Résultat : un bon film à la fois mignon et rigolo, plein de bonnes idées et de jolies images. A voir en famille !

Ensuite, le film qui a fait polémique ce mois-ci,  « American Sniper », de Clint Eastwood avec Bradley Cooper. Une histoire assez fascinante, quoique très pro-américaine. J’aurais aimé un peu plus de subtilité, un regard un peu plus critique. Les méchants sont les Irakiens, les gentils Américains. Est-ce vraiment si simple…? Bradley Cooper livre tout de même une belle prestation.

Enfin, le dernier Tim Burton« Big Eyes », avec Amy Adams et Christoph Waltz. Un film vraiment intéressant, sur la paternité des œuvres et la naissance du féminisme. Deux acteurs fantastiques, et une mise en scène plus classique, qui plaira aux méfiants et perplexes du style habituel de Burton. Pas de bizarre ni de morbide dans ce film, si ce n’est les tableaux aux grands yeux.

Voilà pour ce mois. Allez, rendez-vous en avril !

Films·Spectacles

Bilan culturel de février

Bonjour à tous !

Merci aux nouveaux venus, vous avez été plusieurs à vous abonner au blog ces derniers temps et je vous en remercie. Comme promis, je remplace les Petits Bonheurs de la semaine par un bilan culturel mensuel, pour vous parler de mes sorties… culturelles (sans blague). Quand l’occasion se présentera, je pense vous parler aussi de restaurants et autres sorties un peu hors du commun.

C’est parti pour le mois de février !

Spectacles

francois-rollin-se-rebiffe-europeenUn seul spectacle ce mois-ci (quand on vit près de Paris, c’est assez dommage, mais bon). De l’humour ! « François Rollin se rebiffe » à L’Européen, une salle parisienne située près de la place de Clichy.

C’est suite à cette sortie que j’ai rédigé mon classement des salles de spectacle les moins confortables de Paris. Comme je l’ai dit, je n’ai pas vraiment profité du spectacle, à cause de la douleur causée par mon installation. La première fois que je voyais ça…

Concernant le spectacle en lui-même, sachez que François Rollin est un as de la formule et de l’humour absurde. La loufoquerie est à l’honneur dans cette rebiffade haute en couleurs : le Professeur répond à des courriers imaginaires, emplis de questions plus ou moins insolites : pourquoi appelle-t-on les raisins blancs « blancs » et les raisins noirs « noirs » ? Quels sont les ouvrages majeurs sur la perdrix ? Quel est le goût du paprika ? Il y répond bien sûr avec esprit et fantaisie, et le public se délecte. L’essentiel est là.

Il y donne aussi son avis sur des sujets plus sociaux, plus politiques : l’immigration, le racisme, l’homosexualité, l’islam… Des sujets moins drôles, plus sérieux, qui font de ce spectacle un ensemble équilibré.

Amateurs de Ionesco et autres auteurs absurdes, je vous conseille fortement de vous offrir cette soirée ! En revanche, allez-y en avance, pour être sûr de bien choisir vos places (placement libre, attention !).

Cinéma

Trois films au menu ce mois-ci, c’est plus que ce que j’espérais !

cine-fevrier2015D’abord, « Un village presque parfait » de Stéphane Meunier avec Didier Bourdon et Lorànt Deutsch. Une comédie française plutôt légère, qui traite plus ou moins de la désertification des médecins dans les campagnes. Ce remake d’un film canadien était l’occasion d’admirer de magnifiques images de Pyrénées, et rien que pour ça, c’était bien. L’histoire, quant à elle, reste assez classique et prévisible (un Parisien méprisant qui arrive dans un village à l’ancienne et va finir par changer). Un film du dimanche soir, comme on dit chez moi !

Ensuite, l’ultra-médiatisé « Imitation Game », de Morten Tyldum avec Benedict Cumberbatch et Keira Knightley. J’ai comme beaucoup de gens adoré ce biopic du mathématicien et cryptologue anglais Alan Turing. Passionnante et inédite, l’histoire de ce génie m’a touchée.

Enfin, le loufoque et génial « Kingsman, Services Secrets » de Matthew Vaughn, avec Colin Firth et Samuel L. Jackson. Mon coup de cœur ciné du mois ! Une parodie de James Bond, façon gentleman anglais  à la fougue Tarantinesque ! Le malicieux Colin Firth est un talentueux espion en quête d’un nouveau talent. Trash, hyper drôle, plein de surprises, ce film sort des sentiers battus et rebattus et fait beaucoup de bien !

Voilà pour ce mois. A dans quelques semaines pour un nouveau rendez-vous !

Blabla·Spectacles

Classement des salles de spectacle les moins confortables de Paris

Je crois qu’il est de mon devoir de grande, mais aussi de quasi-parisienne, de vous informer sur les salles de spectacle de Paris les moins confortables. D’abord parce qu’il est INCONCEVABLE et ODIEUX de faire payer un certain prix une place de spectacle qui vous tord le corps et vous inflige les pires crampes aux fessiers / des bleus aux genoux (au choix). Ensuite parce que mine de rien, non, ce n’est pas une chose rare. C’est même assez courant. Les théâtres parisiens sont légion, ils ont de l’allure, ils brillent de mille feux, ils ont connu les plus grands comédiens… mais ils sont horriblement inconfortables !

Mes critères de classement :

1. La place pour les jambes. Evidemment, être assis de manière tout à fait classique (avec les genoux au même niveau que le bassin, donc), est la moindre des choses.

2. Le dossier du siège. Que l’on ne ressorte pas avec une colonne vertébrale déplacée ou un torticolis.

3. Le niveau de température dans la salle. Rappelons que 60 cm² par personne, avec manteau, pull et écharpe, c’est déjà une façon de tenir chaud au public. Coupez le chauffage.

Je teste assez régulièrement des salles de théâtre à Paris, plutôt par hasard parce que j’y vais pour le spectacle plus que pour la salle. Je vous livre dès à présent mon classement des salles les moins confortables A EVITER A TOUT PRIX (sauf si on vous offre une place ou que vous connaissez personnellement un comédien/une comédienne).

Avant cela, je tiens à vous dire que la meilleure salle de tous les temps, selon moi, qui cumule tous les avantages, c’est le Palais des Congrès de Paris : vue dégagée, place assise correcte, confort… Enfin, on profite du spectacle ! Oui, c’est une salle moderne, donc plus facile à aménager qu’un petit théâtre parisien tout vieux, mais ça compte quand même beaucoup. Les petits théâtres n’ont qu’à supprimer des rangs et investir dans des sièges. Merdouille.

LE CLASSEMENT

Première Place
L’Européen

Eviter particulièrement les derniers rangs, et tous ceux sur les côtés. Soyez en avance si vous voulez écouter le spectacle avec attention et, donc, en profiter, car le placement est libre (enfer et damnation).

Je crois que là, ça y est, j’ai trouvé la perle rare ! Je ne croyais pas ça possible, mais une fois le siège déplié, il restait environ la longueur de ma main pour placer mes jambes. EST-CE NORMAL ?

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Notez le genou gauche s’immisçant dans l’espace vital du spectateur assis devant (il était parti) et l’invasion de l’espace vital du spectateur de droite par le genou droit. Tout en finesse.

Je me suis donc tenue les genoux pliés contre mon ventre, en mode « petite fille boudeuse », les bottes sur le bord du siège, les cuisses en apnée, les pieds enfourmillés, les fesses coincées… L’enfer.

Deuxième Place
Le Théâtre Antoine

C’est là aussi du très lourd. Cette fois encore, j’étais assise dans un balcon, au dernier rang. A éviter aussi. L’écrasement n’est pas loin. J’ai également cru mourir de chaud. Une nouvelle forme de torture. Rappelez-vous ma souffrance lors des Derniers jours de Stefan Zweig.

Troisième Place
Le Trianon

Il faut croire que les places du fond sont à éviter par tous les moyens, car c’est toujours là que je souffre le martyre. Le Trianon m’a aussi vendu du cauchemar, avec inconfort, place pour culs-de-jatte et fournaise volcanique. Je n’ai donc pas apprécié le concert que je venais écouter. Mission réussie ! Yeah !

Quatrième Place
Bobino

Bobino est à côté des autres une salle confortable (ah oui oui, carrément). Restons neutres toutefois, et précisons, malgré la bonne vue de la scène, que les places de l’orchestre sont destinées à vous broyer les genoux. Apportez des coques protectrices pour le roller, et tout ira comme sur des roulettes !

[Ce classement va probablement s’enrichir. Patience, patience.]

Spectacles

Video Games Live 2014, au Palais des Congrès de Paris

video-games-live

Salut à tous ! Aujourd’hui, je reviens avec une chronique qui change un peu de l’ordinaire. J’ai en effet prévu de vous parler de Video Games Live.

De quoi s’agit-il ?

Video Games Live est une série de concerts mettant en scène de célèbres musiques de jeux vidéos, jouées par des orchestres. Sont en même temps diffusées des images du jeu, affichées sur grand écran. Ce rendez-vous a été initié par les compositeurs Tommy Tallarico et Jack Wall, en 2005, pour prouver aux non-initiés que les musiques de jeux vidéos sont de véritables créations musicales.

Pourquoi en parler, ici et maintenant ?

Parce que j’ai assisté au show 2014 qui a eu lieu le 5 novembre dernier, au Palais des Congrès de Paris. C’était une sortie prévue de longue date qui s’est avérée géniale !

Précisons d’abord que je ne suis pas une grande joueuse, même si j’ai un faible pour les jeux d’aventure. Je joue rarement, en revanche, je suis une spectatrice assidue, vivant aux côtés d’un joueur. Il n’est pas obnubilé par tous les jeux, seulement par certains qui sont de grande qualité (eh ouais). Avec des vraies histoires, des missions, des rebondissements, des graphismes pas tout pourris, et des musiques fantastiques (ON Y VIENT). Il n’est donc pas rare qu’ensemble, on fredonne des airs de Skyrim, Assassin’s Creed ou Mass Effect.

Alors ce spectacle ?

Entre le concert d’orchestre symphonique et le show à l’américaine, animé par un Tommy Tallarico plein d’humour et d’énergie, ce fut une soirée haute en couleur : comme un jeu de devinettes, le public devait parfois reconnaître la musique qui était jouée devant lui. Les fans se faisaient connaître en applaudissant à tout rompre dès les premières notes. J’ai eu un frisson lorsque le Hungarian Virtuosi Orchestra, venu tout droit de Budapest, a interprété la musique de Monkey Island et surtout celle de Skyrim. \o/

Nous avons aussi eu droit aux grands classiques : Final Fantasy, Halo, World of Warcraft, Sonic the Hedgehog, The Legend of Zelda, Kingdom Hearts et Metal Gear Solid.

J’ai eu un petit coup de cœur pour un jeu que je ne connaissais pas et qui me semble très beau : il s’agit de Journey. Si vous le connaissez, n’hésitez pas à m’en parler !

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Journey – Ca n’a pas l’air trop beau ?

Sachez donc, si vous n’y connaissez rien en musique de jeux vidéo, que non, cela ne se résume pas à des « bip-bip » à la Mario ou Tetris, que derrière ces musiques, il y a des compositeurs, avec des instruments à vent, à corde, des percussions, des chœurs… Et ça vaut bien parfois les musiques de films ! Oui Madame, oui Monsieur.

Je vous laisse maintenant avec le thème de Skyrim, qui est dans ma tête depuis des semaines.

Spectacles

Julie Ferrier, Théâtre de la Gaîté Montparnasse

en-mai-c-est-ferrier-ah-la-gaiteComédienne talentueuse, géniale et loufoque, capable d’incarner de multiples personnages en un instant, Julie Ferrier est l’humoriste à ne pas rater ! Disparue de la scène pendant plusieurs années, elle revient en 2014 avec un spectacle tout nouveau tout beau, accompagnée d’une petite troupe de comédiens.

« En mai c’est Ferrier » est un spectacle singulier : il ne commence pas après le lever du rideau, mais dans la rue, déjà, alors que le public fait la queue pour entrer. Julie Ferrier et ses acolytes déambulent le long du trottoir, prient les spectateurs de se presser, de vérifier leurs billets… Habillés en jaune fluo, rouge mémère et violet scintillant, ils attirent le regard. Comédiens ? Energumènes ? La foule s’interroge.

Le préambule au spectacle scénique continue dans la salle puis dans les rangées, entre le public déjà bien installé. Tout est susceptible d’être théâtre. On en vient à soupçonner son voisin.

Le spectacle, parfaitement orchestré, commence alors : Julie Ferrier, au top de sa forme, incarne à nouveau son personnage fétiche, Martha, l’artiste évaporée. Elle présente aussi de nouveaux énergumènes : une Barbie plus vraie que nature, une pouf à rollers aussi drôle qu’indécente, une dresseuse d’animaux « postillonneuse »… Les autres comédiens l’accompagnent formidablement et ponctuent le spectacle de notes touchantes, humoristiques ou critiques. On aime particulièrement la mémé fan des Daft Punk ou la baigneuse au ventre flasque.julie-ferrier

Vivant et très travaillé, ce spectacle s’adapte aussi beaucoup au public : les comédiens jouent avec lui, réagissent à ses réflexions, le provoquent… Loin d’être passifs, les spectateurs participent amplement à l’ambiance festive de la soirée.

Si vous ne connaissez pas Julie Ferrier, IL EST GRAND TEMPS ! Folle à lier, très douée, pleine de surprises, elle est 1000 personnes en une. Les tics et les grimaces font partie d’elle : même immobile, son corps raconte quelque chose. Un talent à applaudir !

Les dates pour le Théâtre de la Gaîté Montparnasse sont passées mais surveillez les salles près de chez vous, une tournée devrait voir le jour très prochainement.

Films·Spectacles

La Belle et la Bête : film et comédie musicale

Cette dernière semaine de février aura été dédiée à La Belle et la Bête sous toutes ses coutures. Mon amie V. est venue chez moi avec, dans son sac, des places pour le spectacle parisien. C’était l’occasion pour nous de passer trois jours sur cette thématique, en visionnant d’abord le dessin animé Disney, puis la dernière adaptation cinématographique de Christophe Gans, avant d’aller au Théâtre Mogador, où se tenait la représentation.

Plutôt que de vous faire plusieurs chroniques répétitives, je préfère les rassembler en une seule, même si je ne suis pas sûre de rédiger une chronique parfaitement construite.

La Belle et la Bête, le film de Christophe Gans

la-belle-et-la-bete-christophe-gans-afficheJ’étais plutôt sceptique à propos de cette nouvelle adaptation, notamment à cause des deux acteurs principaux (Léa Seydoux et Vincent Cassel) que je ne porte pas particulièrement dans mon cœur. Heureusement, j’ai su dépasser cet apriori ! Car le film a de très bons côtés : avant tout, il est beau. Les scènes sont majestueuses, les décors, costumes et lumières parfaitement réussis. L’univers est sombre mais crédible. On y croit et comme Belle, on se méfie de cette nature et ce château maléfiques. Pas d’aspect “gnangnan” propre à Disney qui a tendance à me faire fuir, un très bon point !

Les acteurs sont aussi bien choisis : ils incarnent les personnages avec grâce et crédibilité, sauf peut-être Audrey Lamy, qui reste elle-même. On ne voit pas la sœur de Belle mais bien l’actrice. Dommage !

Autre point positif : le respect de l’histoire originale. Même si je n’ai pas lu le conte de Mme de Villeneuve (pas encore !), c’est dans mon souvenir la véritable histoire de La Belle et la Bête. J’ai particulièrement apprécié ce parti pris !

Enfin, je salue l’apparence de la Bête, qui m’a semblée tout à fait crédible : effrayante, mystérieuse et attirante à la fois, un trio gagnant !

Notons toutefois une faiblesse qui, a mon sens, rend le film bancal : l’amour naissant entre les deux personnages principaux n’est pas assez exploité. On ne perçoit pas l’évolution de leur relation, qui reste glaciale jusqu’à la scène finale, où ils s’embrassent amoureusement. Entre temps, leurs regards n’ont pas évolués, leurs gestes ne se sont pas adoucis… Finalement, ce qu’on attend le plus n’est pas maîtrisé. Cette incohérence frustre malheureusement le spectateur romantique.

Malgré cela, je vous conseille tout de même cette belle adaptation magique. Elle ravira les admirateurs de parcs fleuris et enchantés, les amateurs de fantastique, les amoureux des belles robes et les puristes du conte. Ca fait quand même du monde !

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La Belle et la Bête, la comédie musicale

labelleetlabete-mogadorSachez d’abord que je ne suis pas une inconditionnelle des films Disney. Je n’ai pas été biberonnée à ces dessins animés comme une grande partie de ma génération. Mes héroïnes étaient plutôt Solange et Delphine des “Demoiselles de Rochefort”, ou Peau d’Ane du film de Jacques Demy, et je m’en porte très bien !

Avant d’aller assister au spectacle, j’ai donc visionné le dessin animé. Quelle différence avec l’histoire originale ! C’est cela qui m’a le plus marqué. J’ai compris ensuite pourquoi il plaît à tant de gens : romantique, enfantin, mignon, il met en scène une jeune fille comme les autres et de nombreux personnages foufous.

La comédie musicale se base donc sur le dessin animé : on y retrouve les mêmes personnages, la même intrigue, les mêmes maléfices. Je regrette un peu ce côté-là mais après tout, c’est un choix !

Le spectacle est incroyablement mis en scène : les décors tournants, les costumes flamboyants, les chorégraphies et la musique, parfaitement coordonnées, mettent des paillettes plein les yeux ! Tout est très coloré, joyeux, virevoltant. C’est donc un spectacle haut en couleurs qui émerveille les fans mais aussi les novices. Bien joué !

Les comédiens/chanteurs/danseurs incarnent très bien les personnages Disney : l’espièglerie de Lumière, la stature de l’Armoire, la douceur de Mme Samovar, l’honnêteté de Belle et la douce folie de son père… Tout cela fait indéniablement le charme de cette mise en scène.

Le bémol majeur de cette comédie musicale : la Bête. C’est dommage puisqu’il s’agit d’un personnage-clef… Malheureusement, je n’ai pas du tout été séduite par cette Bête, ni monstrueuse, ni charismatique. On attendrait un costume plus impressionnant, une voix grave et puissante, un jeu d’acteur plus mystérieux… Qu’est-ce donc que ce bélier enrhumé gigotant comme une sauterelle ?

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Quand la Bête geint en silence dans les coulisses, rassurez-vous, le reste est parfait ! Tous savent chanter et danser, on est à la fois surpris, émerveillé, ému et amusé et l’on ne voit pas passer les 2h30. Mention spéciale aux musiciens et au chef d’orchestre qui étaient juste devant nous et qui parviennent à se faire oublier tout en magnifiant l’ensemble. Bravo !

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Un beau cadeau à offrir ou à s’offrir. J’en profite pour remercier ma chère V. et son adorable maman.

Après ces trois jours thématiques, devinez-quoi ?! Je me suis acheté le conte original ! Faut pas se laisser aller les amis. Je vous en reparlerai quand il sera lu. En attendant, je vous conseille de comparer une œuvre et ses adaptations de cette manière, c’est très enrichissant !

Spectacles

Théâtre sans animaux, l’absurde de Jean-Michel Ribes au Théâtre du Rond-Point

 

theatre-sans-animaux_affichePourquoi ce spectacle ?

Je garde un formidable souvenir d’un autre spectacle mis en scène au Théâtre du Rond-Point, à Paris, en 2006, intitulé "Boulevard du boulevard du boulevard". Conçu par Daniel Mesguich, ce spectacle hilarant et très foufou figure encore aujourd’hui en première place de mes coups de cœur théâtraux. En écrivant cette chronique, je réalise que Jean-Michel Ribes n’a rien à voir là-dedans… J’étais pourtant persuadée qu’il était le metteur en scène de ce spectacle, tant l’absurde y était présent. Bref ! Tout ça pour vous dire que j’avais envie de découvrir "Théâtre pour animaux" pour les raisons suivantes :

1. l’absurde ;

2. Jean-Michel Ribes ;

3. le Théâtre du Rond-Point, un lieu chargé de souvenirs pour moi, y étant venue en expédition lorsque j’étais lycéenne.

De quoi ça parle ?

"Théâtre sans animaux" est un spectacle découpé en plusieurs petits sketches, qui mettent chacun en scène une situation absurde, une conversation, une engueulade, une confidence… L’humour est bien sûr présent, à la fois dans le texte et dans l’interprétation. Ainsi, un père demande à sa fille quel est son prénom, un idiot annonce à son frère érudit qu’il est plus intelligent que lui, une femme supplie son époux de dire "bravo" à sa sœur comédienne, une famille s’interroge sur la présence d’un stylo bille géant disposé au milieu du salon… Les histoires sont simples, elles sont toujours dues à un mot, une expression, un détail, et prennent des proportions démesurées.

Mon avis

On sent par l’introduction de cette chronique que j’ai été séduite par cette soirée. Le concept même de ces sketches tordus m’a rappelé Ionesco et sa Cantatrice chauve. De la même manière, les personnages s’entêtent à expliquer aux autres des choses très simples, avec des mots compliqués. A moins que ce ne soit l’inverse… La mise en scène de Jean-Michel Ribes est intéressante, dénuée d’objets et de constructions. Le seul décor ? De grandes silhouettes cartonnées représentant des immeubles, donnant vie, scène après scène, à une rue, un salon de coiffure, une chambre, un musée… Des assistants, vêtus de chapeaux et manteaux noirs, viennent ainsi entre chaque histoire déplacer les silhouettes et créer un nouvel espace de jeu.

Les costumes, bien sûr, ont un rôle important. Ils informent aussitôt sur le personnage : cet homme, si mal fagoté, a l’air bien moins malin que son frère, portant une veste de velours ; cette jeune fille en pyjama est bien sûr une ado bêtasse, qui se transforme en épouse révoltée dans sa petite robe à la scène suivante. Enfin, n’oublions pas le talent des acteurs, qui incarnent, au sens propre du mot, le texte de l’auteur. Ils paraissent si naturels, sont si drôles, si vrais… Chapeau bas à Annie Gregorio, qui habille la langue française d’un délicieux accent du sud, mais aussi à Philippe Magnan et Marcel Philippot (vous le connaissez, c’est le client mécontent de la MAAF).

Même si j’ai été un peu déçue par certains sketches (notamment le tout dernier, plus philosophique qu’amusant), j’ai globalement beaucoup ri devant "Théâtre sans animaux". La tendresse y côtoyait l’humour, et ce tandem était, je dois le dire, parfait.

Un bémol, tout de même : les lycéens assis derrière nous, qui n’ont jamais respecté les autres spectateurs, commentant à tout va les répliques et les costumes. Insupportable. Dommage !

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Spectacles

Les Chœurs de l’Armée Rouge

Choeurs-armee-rouge-affichePourquoi ce spectacle ?

J’ai tout simplement été invitée par mon amoureux. Héhé !

De quoi s’agit-il ?

Les Chœurs de l’Armée Rouge est un ensemble militaire mondialement connu pour ses spectacles mêlant chant, danse et musique traditionnelle russe. Il reprend aussi des airs d’opéra, de musiques sacrées ou populaires. La puissance vocale des chanteurs, l’accompagnement d’instruments traditionnels russes et les danses colorées et rythmées font de ce spectacle un show spectaculaire.

Mon avis

C’est sans doute un spectacle qu’il faut voir une fois dans sa vie. Car plus que des militaires en costume, ce sont avant tout des chanteurs brillants qui m’ont fait vibrer hier soir, sur la scène du Palais des Congrès de Paris. La salle, gigantesque, a su m’impressionner dès le départ. Sans fioritures, la soirée a commencé par l’hymne national russe puis La Marseillaise. Un peu de patriotisme qui m’a plutôt amusée, la salle entière étant debout, à l’écoute de ces chants sérieux mais néanmoins très beaux.

Ensuite se sont enchaînés des airs très connus, comme “l’International”, “Kalinka”, “Ah si j’étais riche” ou “Les trois cloches” de Piaf (mais si, vous connaissez). A chaque fois, les voix puissantes et profondes des chanteurs m’ont fait frissonner ! Accompagnés d’un petit orchestre, ils propageaient une énergie folle, qui donnait très envie de danser et virevolter. Tous les spectateurs applaudissaient alors en rythme.

Parfois accompagné par le ténor français Vincent Niclo, le Chœur a aussi repris “Ameno” et “Carmina Burana” (vous connaissez aussi). Frissons garantis ! J’ai aussi beaucoup aimé la puissante reprise de “Tri Martolod”, chant traditionnel breton très connu.

En alternance avec ces chants, nous avions droit à une danse traditionnelle. Et les danseurs étaient eux aussi très impressionnants ! Vêtus de costumes colorés et bouffants, ils faisaient de véritables performances physiques : danse à genoux, en rampant, en faisant des acrobaties inattendues… Novice en la matière, j’ai trouvé ces danses très belles, très joyeuses et balalaikapleines d’humour. Car ce ne sont pas seulement des danses : elles racontent une histoire. Des situations burlesques se créaient sous nos yeux. Ainsi, une demoiselle s’amusait à repousser six prétendants, arrivés l’un après l’autre. Cinq jeunes femmes, tournoyant dans leurs robes légères, taquinaient les hommes alentour.

J’ai donc ri durant cette soirée ! Qui l’eut crû ! Et je n’étais pas la seule. Autre situation très amusante : les Chœurs ont repris la chanson “Sex Bomb” de Tom Jones, un air plutôt récent et vraiment différent du registre habituel. Le résultat n’en fut que meilleur : la foule, en liesse, applaudissait à tout rompre et saluait joyeusement le militaire qui osait s’agiter comme un rigolo sur la scène.

Les musiciens, eux, avaient aussi beaucoup de talent. Mon instant musical préféré fut sans doute celui où cinq joueurs de balalaïka (la grande guitare triangulaire russe !) ont interprété plusieurs airs traditionnels en version accélérée, réunis en petit groupe sur le devant de la scène. Là encore, ils s’amusaient à créer des “conversations” entre leurs instruments, ce qui déclenchait parfois le rire du public.

Ce que je retiens de cette soirée : les Chœurs de l’Armée Rouge reprennent des chants très joyeux, dynamiques et colorés. Le spectacle fut amusant, impressionnant et plein de découvertes. Théâtral, imposant, drôle, solennel, puissant et léger à la fois. Une véritable performance, en somme !

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Et vous, les avez-vous déjà vus ? Avez-vous été autant impressionnés que moi ? Dites-moi tout ! En tout cas, si vous trouvez encore des places, profitez de leur tournée française qui a lieu en ce moment. Toutes les infos par ici. Ca vaut vraiment le coup.

Spectacles

Les derniers jours de Stefan Zweig, au Théâtre Antoine

derniersjoursStefanZweig-theatrePourquoi cette pièce de théâtre ?

J’ai reçu deux places à Noël pour y assister. Aimant l’écriture de Stefan Zweig, le théâtre et Patrick Timsit, ça tombait pile poil !

De quoi ça parle ?

Il s’agit d’une adaptation théâtrale d’un roman éponyme de Laurent Seksik. L’histoire raconte les derniers mois du célèbre auteur autrichien. Il les a passés au Mexique avec sa seconde femme, Lotte, avant de se donner la mort, déprimé et écœuré par la nature humaine.

Mon avis

Quand on connaît un peu Stefan Zweig, on sait d’avance que la pièce ne sera ni drôle ni légère. Mieux vaut être prévenu en tout cas, car les plus déprimés risquent d’être déçus. Cela étant dit, le drame n’empêche pas la réussite et l’émotion ! Le metteur en scène, Gérard Gélas, et les acteurs ont parfaitement relevé le défi : rendre compte des états d’âme de Zweig, cloîtré dans son appartement mexicain, et de son épouse Lotte, joyeuse et pleine de vie.

Les deux acteurs principaux incarnent parfaitement ce couple dépareillé. Patrick Timsit campe un auteur défait, sombre et absent, quand Elsa Zylberstein sautille, chante, rit et supplie l’amour de sa vie de lui sourire, ne serait-ce qu’une minute. Difficile entreprise… Car les Allemands nazis tuent des milliers de juifs, là-bas, en Europe, c’est la radio qui le dit.

Même si les Américains nous viennent en aide, qu’importe, le genre humain est mauvais, l’avenir est noir, la vie inutile… voilà comment raisonne Zweig. C’est pourquoi, terriblement conscient du malheur des autres, il décide de se suicider. Une affreuse décision pour nous, spectateurs du 21e siècle, qui savons ce qui s’est ensuite passé. La libération, la chute d’Hitler… Finalement, le bien a combattu le mal. Zweig s’est donc trompé et on le regrette. On a alors envie de lui crier “non, vis, vis ! Tu verras !”, mais on ne le peut pas. Une très belle et néanmoins cruelle manière d’interpeller le spectateur, donc, de lui montrer qu’il a raison, que le personnage a tort, mais que le destin est ainsi fait.

Le personnage de Lotte, quant à lui, est parfaitement interprété par Elsa Zylberstein. Torturée entre son envie de vivre et son amour immense pour Zweig, elle ne sait sur quel pied danser. Pourtant, il lui faudra prendre une décision. Laquelle, je ne vous le dis pas !

timsit-zylberstein-photode-BernardRichebePhoto de Bernard Richebe, tirée du site Agoravox.fr

Stefan-ZweigUn petit salut amical pour Jacky Nercessian, qui joue le rôle d’Ernst Feder, ami intime du personnage principal. Il apporte quelques pointes d’humour au triste spectacle qui se joue devant nous, essaye tant bien que mal de remonter le moral de Zweig en lui lançant des piques et en se passionnant pour son écriture.

Un jeu d’acteur impeccable, donc, pour un texte très émouvant. La mise en scène, lumineuse et simpliste, traduit le contraste permanent qui existe entre Zweig et sa femme. Quand Lotte ouvre la fenêtre pour respirer, Zweig la referme aussitôt. Lui, exilé et favorisé, il ne s’autorisera pas la vie !

Le seul point négatif de cette soirée : le Théâtre Antoine. Etriqué et étouffant, il mériterait un bon dépoussiérage et un aménagement digne de notre époque, c’est-à-dire plus de place pour les jambes. Tous les spectateurs se sentaient vraiment écrasés entre les fauteuils, chacun se tordait dans tous les sens en essayant de maintenir ses genoux en vie… C’est un fait, être mal installé nuit au bon déroulement d’un spectacle ! Cher M. Ruquier, enlevez quelques rangs, pitié.

Quand à la pièce et à la mise en scène, je ne peux que vous les conseiller, même si j’ai assisté à la dernière date. Ils la rejoueront peut-être, qui sait !

Les derniers jours de Stefan Zweig, écrit par Laurent Seksik, mise en scène de Gérard Gélas au Théâtre Antoine, avec Patrick Timsit, Elsa Zylberstein, Jacky Nercessian, Bernadette Rollin et Gyselle Soares.