Livres

Les Royaumes du Nord 1, Stéphane Melchior et Clément Oubrerie

royaumes-du-nord-bdPourquoi cette BD ?

Il y a un mois, j’ai vu Pénélope Bagieu la présenter sur Madmoizelle et là, j’ai eu un arrêt cardiaque (ou presque) : « QUOI ? On a adapté la série de romans A la croisée des mondes de Philipp Pullman et personne ne me dit rien ? » fut ma réaction. Quelques jours plus tard, de passage en librairie, je me la suis offerte et l’ai lue très rapidement.

De quoi ça parle ?

Lyra, jeune adolescente orpheline, vit dans un collège anglais. Un jour, elle découvre qu’il existe un monde parallèle que l’on peut rejoindre par le Nord, ainsi qu’une Poussière mystérieuse qui passionne tous les érudits qui l’entourent. Lorsque son ami Roger disparaît, comme beaucoup d’enfants, elle décide de partir à l’aventure et de rejoindre son oncle Lord Asriel dans les Royaumes du Nord.

Mon avis

J’avais adoré la trilogie A la croisée des mondes de Pullman lorsque j’étais jeune ado, qui, à mon sens, est de bien meilleure qualité que certaines séries actuelles (percevez-vous la référence à une certaine Divergente…?). Malgré cela, j’ai oublié une bonne partie de cette aventure magique : la BD de Stéphane Melchior et Clément Oubrerie fut un formidable moyen de m’y replonger.

Tous deux parviennent selon moi à recréer l’univers de Pullman : parfois sombre, parfois lumineux, dans un monde proche du notre mais aussi fantastique. Lyra a tout de la Lyra du roman, curieuse, imprudente, courageuse et impulsive. On y retrouve avec plaisir les « daemons » qui accompagnent les humains, sous de multiples formes animales. On aime se promener dans les couloirs du Jordan College, fuir la fascinante Mme Coulter, prendre la mer en compagnie des Gitans, déchiffrer l’aléthiomètre, cette sorte de boussole qui permet de découvrir la vérité… L’aventure commence !

Les dessins, quant à eux, m’ont aussi convaincue : très colorés, ils font renaître les lieux et les personnages que j’ai tant aimés. J’ai hâte de lire la suite, pour enfin découvrir le Nord en dessins. Le talent de Clément Oubrerie augure de magnifiques planches. Vivement !

MELCHIOR Stéphane et OUBRERIE Clément, Les Royaumes du Nord 1, d’après l’œuvre de Philip Pullman, éditions Gallimard, 2014, 78 pages

Livres

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Harper Lee

ne-tirez-pas-sur-loiseau-moqueur_harper-leePourquoi ce livre ?

Etant le livre préféré de Laura d’Aimer les Dimanches, j’avais prévu de le lire, un jour. C’est ma copine A. qui m’a fortement incité à le lire après m’avoir incité à l’acheter (je suis influençable). La phrase qui m’a convaincue ? « Quand tu l’auras lu, tu auras une surprise ! » Il ne m’en fallait pas plus pour attraper le livre sur mon étagère et commencer sa lecture !

De quoi ça parle ?

L’histoire se passe dans la petite ville de Maycomb, dans l’Alabama des années 1930. Atticus Finch, avocat respecté, élève ses deux enfants Jem et Scout. Il est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche : une décision qu’il accepte avec fierté, mais qui va faire jaser dans la ville, sous l’œil aiguisé de la jeune et maligne Scout.

Mon avis

Je dois l’avouer : je n’ai pas eu de coup de cœur pour ce roman pourtant apprécié par beaucoup de monde, et j’en suis désolée ! Après avoir laissé passer quelques jours pour que tout cela décante, j’admets que c’est un bon roman. Je comprends son succès auprès du public, son prix Pulitzer et reconnais le talent d’Harper Lee. Mais alors, qu’est-ce qui m’a chiffonné ?

D’abord, les longueurs, dans toute la première partie du roman. Mais cela équivaut à 200 pages… Il faut donc s’accrocher assez longuement pour apprécier la suite de l’histoire, qui contient notamment le fameux procès. On suit avec détail les péripéties de la jeune Scout, à travers son regard d’enfant. On s’attache à elle bien sûr, ainsi qu’à son frère Jem et son père Atticus. Pourtant, il ne se passe pas grand chose. Moi qui suis adepte de l’action romanesque, des rebondissements, c’est un roman qui va plutôt dans le sens contraire. Cette moitié de roman a pour objectif de dresser le portrait d’une petite ville américaine des années 30 et ses histoires de voisinage (ce qui est parfaitement fait d’ailleurs !).

Ensuite, parce que le procès, qui est l’action par excellence de ce roman avec les derniers chapitres, ne prend pas assez de place. Toute cette histoire d’accusation, de parole d’un Noir contre la parole d’un Blanc, passe beaucoup trop vite. J’en voulais plus !

C’est donc l’ennui qui fut prédominant, et qui a rendu ma lecture moins passionnante que prévu. En revanche, c’est un magnifique plaidoyer pour la tolérance : elle est incarnée par le formidable Atticus Finch, qui se donne pour mission d’apprendre à ses enfants à respecter les autres, malgré la méchanceté, la bêtise ou la violence. A lire, donc, simplement pour prendre une leçon d’humanité.

Informations complémentaires

ne-tirez-pas-sur-loiseau-moqueur_filmUn film a été tiré de ce roman classique, intitulé « Du silence et des ombres » et réalisé par Robert Mulligan. Gregory Peck y campe un Atticus droit et honnête qu’on ne peut qu’admirer. Il a d’ailleurs reçu l’Oscar du Meilleur Acteur pour cette interprétation.

Vous vous demandez quelle était la surprise promise par ma copine A. ? C’était le DVD bien sûr ! Je viens de le regarder et je le crie haut et fort : j’ai adoré ce film ! Il se concentre sur Atticus et sur le procès et m’a mis les larmes aux yeux. Je l’ai préféré au roman même s’il est moins riche. A voir absolument !

LEE Harper, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, éditions Le Livre de Poche, 2011 (première édition en 1960), 446 pages

Livres

Les Magiciens du Fer, Cétrix et Yuio

magiciens-du-fer_cetrix-yuioPourquoi ce livre ?

Croisé par hasard en librairie, il m’a été offert il y a quelques mois par mon amoureux, qui a vu l’étincelle briller dans mes yeux. J’ai attendu dimanche dernier pour me lancer dans l’aventure !

De quoi ça parle ?

Les Magiciens du Fer n’est pas un livre comme les autres : c’est une bande-dessinée dont vous êtes le héros. L’histoire se situe à Paris, au 19e siècle. La magie est devenue une source d’énergie et remplace la vapeur et le charbon, grâce aux cristaux de Mana. Etudiant en technomagie, le lecteur est engagé pour trouver 30 cristaux, qui permettront d’alimenter la Tour Eiffel, tour para-sortilège en cours de construction.

Mon avis

Admirons d’abord cette sublime couverture noire et dorée, qui charmera tout amateur de beaux livres ! Sachez qu’elle scintille à la lumière (rien que ça). Elle promet du steampunk, du mystère, de l’aventure… J’étais conquise avant l’heure !

Puisque c’est une bd dont vous êtes le héros, c’est vous qui construisez l’histoire en faisant des choix. Je ne pourrais donc pas m’attarder sur l’intrigue car elle est sans doute différente pour chacun. Vous commencez par choisir votre personnage, selon ses caractéristiques :

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Vous devez ensuite noter tous les objets que vous trouvez sur votre chemin, et combattre des ennemis à coup de lancer de roue, ou de dé si vous ne voulez pas découper le livre. Un vrai jeu, quoi, plein de suspense, de rebondissements, de surprises, de victoires et de défaites.

magiciens-du-fer_cetrix-yuio2J’ai beaucoup aimé suivre l’aventure de mon personnage et ne compter que sur mes choix pour avancer dans l’histoire. Se promener dans le Paris de la Belle Epoque et côtoyer des personnages historiques est assez insolite et amusant. Je dois aussi avouer que j’ai triché une fois, car j’étais bloquée dans un lieu sans issue, dont je ne pouvais me libérer qu’en ayant un objet bien précis en ma possession (objet que je n’avais pas évidemment).

Les dessins, quant à eux, sont assez jolis ! Il ne s’agit pas que d’un jeu, on sent que les auteurs ont aussi travaillé la bande-dessinée. Chapeau pour organiser toutes les cases, prévoir des réponses à chaque question… ça doit vraiment être un travail de fou !

Une bd parfaite pour les joueurs curieux et patients ! Je pense que je vais bientôt retenter l’aventure avec l’autre personnage, histoire d’essayer de nouvelles compétences et de visiter des lieux que je ne connais pas encore.

CETRIX et YUIO, Les Magiciens du Fer, la bd dont vous êtes le héros, éditions Makaka, 2014, 176 pages

Livres

La délicatesse, David Foenkinos

la-delicatesse_foenkinosPourquoi ce livre ?

Il m’a gentiment été offert par ma tutrice lors de mon dernier stage. J’en ai entendu tellement de bien que je n’ai pas tardé à le sortir de mes étagères.

De quoi ça parle ?

Nathalie vit heureuse avec François : depuis leur rencontre, ils ne connaissent que le bonheur d’être ensemble. Mariés, amoureux, ils sont pourtant frappés d’un terrible malheur… François meurt brutalement. Nathalie va devoir réapprendre à vivre seule. Jusqu’à sa rencontre avec Markus, l’un de ses collègues, effacé et ordinaire.

Mon avis

Si vous cherchez un roman plein de vie, rafraîchissant, léger et élégant, tentez celui-là ! La délicatesse est un de ces petits bijoux littéraires qui redonnent du baume au cœur, du courage en cas de difficultés. Lumineux, vraiment délicat et subtil, il contient tout ce qui me fait aimer la lecture : des personnages libres, insouciants, qui apprécient les petites choses sans vouloir à tout prix conquérir le monde ; une écriture rythmée, pleine d’humour, légère et fluide ; une histoire de rencontre amoureuse loin de tout stéréotype, sans eau de rose, sans réplique surfaite.

Nathalie, discrète et sensible, ne se plaint pas mais ne se confie pas non plus. C’est un personnage fort, solitaire et sauvage. Markus, ni beau ni laid, à l’allure quelconque, cache au creux de lui des talents insoupçonnés : drôle, malin, honnête, il séduit Nathalie et le lecteur sans le faire exprès. Ensemble, ils vont apprendre à s’apprivoiser hors des chemins battus et j’ai adoré les suivre au travail, au restaurant, chez eux, séparément puis ensemble.

David Foenkinos m’a aussi conquise grâce à son style d’écriture : les 210 pages se lisent à une vitesse éclair. Découpé en courts chapitres, aéré, plein d’anecdotes, ce roman est indiscutablement une parenthèse enchantée dans mes lectures plus noires, plus policières (même si j’adore cela aussi !). C’est une histoire qui pourrait avoir lieu, des personnages qui pourraient exister. Rien de mièvre ou de ridicule entre ces pages, tout ce que j’aime.

Le film tiré de ce roman me semble très bien adapté, particulièrement dans le choix des acteurs. François Damiens est assurément Markus et la délicatesse d’Audrey Tautou correspond à celle de Nathalie. Il ne manque que le style de l’auteur, difficile à retranscrire en images, qui fait tout le piquant de ce livre. A voir tout de même après avoir lu ce formidable roman plein d’espoir !

FOENKINOS David, La délicatesse, éditions Folio, 2013 (édition originale en 2009), 210 pages

Livres

La Confusion des sentiments, Stefan Zweig

confusion-des-sentiments_zweigPourquoi ce livre ?

Il fait partie du coffret des chefs d’œuvre de Stefan Zweig édité pour Noël par les éditions Le Livre de Poche, que j’avais gagné lors d’un concours. Besoin d’un classique ? Hop, j’ai pioché dans le coffret.

De quoi ça parle ?

Sous-titré « Notes intimes du professeur R de D », La Confusion des sentiments est une longue nouvelle. Le narrateur revient sur sa rencontre avec un professeur passionné et fascinant.

Mon avis

Cette nouvelle n’a rien d’anecdotique dans l’œuvre de Zweig. La quatrième de couverture la qualifie de chef d’œuvre et en effet, c’est un peu de cet ordre là. Le début de ma lecture, pourtant, n’augurait rien de bon. L’écriture dense de l’auteur demande une certaine concentration et l’on n’entre pas facilement dans le récit du narrateur. Rêveuse, je n’arrivais donc pas à m’intéresser à l’histoire. Pourtant, dès que le personnage principal rencontre son professeur, on devient, comme lui, fasciné par l’homme.

On est aussi porté par l’écriture de Zweig, poétique, presque musicale, que l’on a envie de murmurer à voix haute tant les mots s’enchaînent bien. Indiscutablement, l’auteur maîtrise sa plume. Il n’a pas seulement écrit un texte, il raconte.

Le narrateur, perturbé par ce professeur énigmatique, vit dans l’ombre de l’érudit. Il finit par découvrir le secret de cet homme sujet aux absences inexpliquées, parfois tendre et attentif, parfois brutal et sévère. Ce secret qui nous scotche. Zweig, précurseur, a le talent de parler de tout de manière sublime. Moi qui avais du mal à commencer le livre, j’ai absolument tenu à le terminer une fois prise dans le récit. C’est beau, tout simplement. Je ne demande pas grand chose de plus aux romans.

ZWEIG Stefan, La Confusion des sentiments, éditions Le Livre de Poche, 2011 (première publication en 1927), traduit par Olivier Bournac et Alzir Hella, traduction révisée par Brigitte Vergne-Cain et Gérard Rudent, 124 pages

Livres

Carrie, Stephen King

carrie_stephen-kingPourquoi ce livre ?

Parce qu’il m’a été offert par Anna, lors du swap « Born in the USA » qui a eu lieu en juin dernier. Mais aussi parce que j’avais besoin d’un court roman et qu’il était évidemment temps que je lise ce classique américain.

De quoi ça parle ?

Est-ce nécessaire de l’expliquer ? … Carrie White a 17 ans et vit dans une petite ville américaine sans histoire. Solitaire et mystérieuse, elle est le bouc émissaire de son lycée et doit supporter le fanatisme religieux de sa mère. Qui plus est, elle est dotée d’un don étrange qu’elle ne maîtrise pas assez : celui de déplacer les objets par la pensée. Bientôt arrive la date fatidique du bal de l’école et par miracle, elle est invitée par Tommy, le garçon le plus populaire du lycée, sincère et gentil. Pourtant, la soirée qui semblait si parfaite, va très mal tourner.

Mon avis

Eh oui, eh oui, c’est un sacrilège : aimer les thrillers et autres romans noirs et n’avoir jamais lu Carrie, le comble ! Bien sûr, je connaissais l’histoire. Il y a un certain nombre d’années que je l’ai découverte via l’adaptation cinématographique de Brian de Palma, qui m’avait littéralement scotchée. Surtout Sissy Spacek, qui y incarne l’héroïne avec brio (et a d’ailleurs reçu des prix pour cette interprétation).

J’ai aussi vu récemment la nouvelle adaptation de Kimberly Peirce avec Chloe Grace Moretz (une Carrie un peu trop belle à mon goût) et c’est aussi ce visionnage qui m’a donné envie d’en savoir plus.

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Le roman, donc. Ebouriffant. Intelligent. Ce n’est pas un roman d’horreur à proprement dit : l’auteur ne se satisfait pas de quelques terribles scènes sanglantes. Il construit autour du drame final une véritable réflexion. Si Carrie use violemment de son pouvoir, ce n’est pas seulement parce que sa mère est folle, parce qu’elle veut se venger ou parce que ce fameux don est incontrôlable. C’est aussi parce qu’elle a subit trop de harcèlements et de moqueries, qui l’ont détruite. Le comportement des autres, des gens « normaux » donc, a une incidence terrible sur cette jeune fille mal dans sa peau. La relation de cause à effet est parfaitement exploitée par l’auteur ! Si untel n’avait pas dit ça, fait ça, proposé ceci, cela ne serait pas arrivé.

Car le personnage de Carrie est très attachant : on aime cette jeune fille qui ne demande qu’à vivre comme tout le monde et l’on croise les doigts tout le long du roman pour que tout se passe bien pour elle, même si l’on connaît déjà l’issue de l’histoire (comme pour Titanic, tiens !). Au diable sa folle de mère ! Carrie est innocente, malgré les horreurs qu’elle commet.

Rassurez-vous ! Je parle librement de la fin de l’histoire mais Stephen King ne nous cache rien : dès le début et tout le long du roman, il nous livre de faux extraits de journaux et autres témoignages revenant sur la soirée du bal. La fin, d’ailleurs, est véritablement explosive. Tout cela va bien plus loin que dans les deux films et j’ai beaucoup apprécié cette folie furieuse qui mène à la destruction massive.

Enfin, est-il nécessaire de parler du style de l’auteur ? Stephen King est un écrivain, un vrai. Il alterne le récit au passé avec les pensées décousues de Carrie, placées entre parenthèses, surgissant de nulle part, au milieu des phrases. Cela transcrit parfaitement le mal-être de l’héroïne qui se bat constamment contre le désir de vengeance et l’éducation stricte et religieuse que lui a inculquée sa mère, au profit des plaisirs simples et de la vie sociale, qu’elle souhaite plus que tout.

Il y aurait des milliers de choses à dire sur ce roman brillant, qui mérite son succès et qui, je vous le rappelle, est le premier roman de l’auteur et date de 1974. Il est à lire, c’est certain. Un intense moment de lecture qui pose beaucoup de questions. Incontournable !

KING Stephen, Carrie, éditions Le Livre de Poche, 2013 (édition originale de 1974), traduit par Henri Robillot, 282 pages

Livres

Si je reste, Gayle Forman

si-je-reste_gayle-formanPourquoi ce livre ?

Je l’ai trouvé très peu cher en bouquinerie et sa couverture me faisait de l’œil : à la fois apaisante et mystérieuse. Sachant qu’il allait être adapté au cinéma, j’ai parié dessus en me l’offrant.

De quoi ça parle ?

Mia, une jeune fille de 17 ans, à tout ce qu’il faut pour être heureuse : une famille aimante et unie, un amoureux transi, une passion pour le violoncelle et de jolis projets musicaux. Tout cela va être détruit par un banal accident de voiture. Mia, seule survivante, est entre la vie et la mort. Elle doit choisir entre les deux.

Mon avis

Rien de très original dans cette histoire, pourtant, Si je reste est un joli petit roman qui se lit très vite et avec plaisir. La jeune Mia, qui observe son corps tel un fantôme et constate la tristesse de ses proches, va devoir prendre une décision peu banale : mourir, et rejoindre sa famille ; ou vivre, et se battre contre le chagrin.

Cela semble peu pour combler les 189 pages du roman, mais l’auteur a eu l’idée astucieuse d’insérer de nombreux flashbacks entre ces moments de « flottement » (c’est le cas de le dire). On fait donc la connaissance de Mia et de ses proches et l’on s’attache rapidement à eux, unis grâce à leur passion commune pour la musique. Omniprésente, cette dernière habille vraiment l’histoire. On est spectateurs de la vie de l’héroïne, telle une bande-annonce sur fond musical qui défilerait devant nos yeux.

Rien de transcendant, donc, mais une belle lecture calme et facile. Ce qu’il faut pour passer deux heures en bonne compagnie.

Informations complémentaires

Si je reste a été adapté au cinéma par R. J. Cutler. Il sort en salles françaises le 17 septembre 2014. Je pense que j’irai voir ce que ça donne ! En attendant, voici la bande-annonce.

FORMAN Gayle, Si je reste, éditions Pocket, 2010 (2009 pour l’édition originale), traduit par Marie-France Girod, 189 pages

Livres

La saga Divergente, Veronica Roth

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Pourquoi ces livres ?

Parce que je suis curieuse, tout simplement ! Mon amie V. m’a proposé de me prêter la trilogie et j’ai accepté avec plaisir avant de me plonger dedans début août.

De quoi ça parle ?

L’histoire se passe dans un lointain futur, dans une ville organisée par factions : selon leur personnalité, les habitants font partie des Altruistes, des Audacieux, des Sincères, des Erudits ou des Fraternels. Chacun a son rôle dans la société. Beatrice, une jeune fille de 16 ans, s’apprête à choisir la faction à laquelle elle va appartenir durant toute sa vie. Son problème ? Elle ne répond à aucune catégorie : c’est une Divergente. Elle ne sait pas encore qu’elle va jouer un rôle majeur dans la révolution qui se soulève discrètement…

Mon avis

Avant toute chose, pardon pour le désaccord entre les couvertures. Impossible de trouver la couverture du tome 3 accordée aux deux premiers, qui sont les éditions dans lesquelles j’ai lu Divergente.

Je lis finalement assez peu de sagas car j’ai tendance à me dire qu’il existe des millions de romans en un seul volume qui méritent aussi d’être lus. Cette fois, j’ai tapé fort : j’ai enchaîné avec les trois tomes de la trilogie Divergente durant le mois d’août, à la fois pour ne rien oublier d’un tome à l’autre et pour en être « débarrassée » (si l’on peut dire ça comme ça).

Que vaut donc cette saga, qui s’inscrit dans le genre Young Adult dystopique à la mode actuellement ? J’ai d’abord été frappée par le style d’écriture très pauvre de Veronica Roth. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple !? L’auteur semble adorer broder des phrases alambiquées qui ne veulent rien dire et des métaphores à l’eau de rose. Dommage. Car l’histoire reste prenante. Malgré le style, on s’accroche à l’intrigue.

Le premier tome est selon moi le plus intéressant : il permet de faire la découverte de ce monde complètement divisé, à l’aube d’une révolution sanglante. On suit également l’héroïne dans ses premiers pas d’adulte : la voilà qui découvre une faction inconnue, un futur groupe d’amis, un amoureux, une famille secrète… Tout cela fait que l’on tourne les pages sans hésitation !

Le deuxième tome est un peu plus lent. La première révolution a eu lieu et chacun vit dans ses retranchements, attendant le deuxième coup d’envoi. La fin, pleine d’action et de rebondissements, apporte son lot de consolation.

Le dernier tome, lui, est encore plus mou du genou. L’annonce finale du tome 2 retombe comme un soufflé au fromage (eh oui). Les révélations sont nombreuses et c’est sans doute ça que j’ai préféré. Enfin, on comprend certaines choses ! Pourtant, cela aurait mérité d’être encore plus creusé, plus accompli. Plus politique, peut-être ! Quelque chose d’un peu plus adulte, en somme. Tout reste en suspens : on connaît la vérité mais finalement, il ne se passe pas grand-chose. Beaucoup de bruit pour rien, quelle déception !

La fin de la saga, que je ne révèlerais pas évidemment, ne m’a rien procuré de particulier. Je ne me suis pas attachée aux personnages, je n’ai donc pas eu d’espoir, de regret, de déception ou de joie. Une fois le roman terminé, j’étais seulement soulagée de l’avoir fini pour passer à autre chose.

En conclusion, Divergente part sur de bonnes bases (mis à part le style de l’auteur !) puis dégringole. La bonne idée de départ aurait mérité plus de travail. Dans le même genre, préférez Hunger Games.

ROTH Veronica, Divergente, tomes 1, 2, 3, éditions Nathan, 2012, 2014, 2014, traduit par Anne Delcourt, 444 pages, 461 pages, 461 pages

Livres

L’arabe du futur, Une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984), Riad Sattouf

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Pourquoi cette bande-dessinée ?

Je m’étais promis, une fois mon salaire tombé, de m’offrir l’une des milles bandes-dessinées qui me font envie en ce moment. Chose promise, chose faite : quelques déambulations chez Cultura m’ont fait craquer pour celle-ci.

De quoi ça parle ?

Riad Sattouf, dessinateur et réalisateur connu pour La vie secrète des jeunes ou les films Les beaux gosses, Gainsbourg ou Camille redouble (que j’ai adoré !), raconte son enfance en Libye et en Syrie. D’origine franco-syrienne, il revient sur sa découverte de ces pays arabes : son installation avec ses parents, la rencontre avec la famille, les autres enfants, les règles de vie en société…

Mon avis

Superbe bande-dessinée autobiographique ! Riad Sattouf est un dessinateur de talent : il observe le Moyen-Orient des années 70-80 avec ses yeux d’enfant et le raconte avec beaucoup d’humour. Ainsi, les autres enfants ne cessent de s’insulter, haineux envers les Juifs dès leur plus jeune âge, et Riad décide d’apprendre les insultes « traditionnelles » de Syrie. Les adultes sentent la sueur et ne sont pas très chaleureux, mais lui préfère cette odeur à celle de l’air français. Le mode de vie des Libyens, qui n’ont pas le droit de propriété et prennent donc le risque de se faire piquer leur appartement s’ils le quittent, a l’air de le fasciner. On découvre tout cela à travers lui, avec la même curiosité, quoi qu’un peu plus méfiant puisque l’on connaît aujourd’hui les horreurs commises par Kadhafi (à ce propos, lisez Les proies, dans le harem de Kadhafi, d’Annick Cojean).

Riad est aussi entouré d’une famille originale : une mère française, finalement assez effacée, qui suit son mari fougueux sur les terres de son enfance ; un père politisé plein de contradictions qui a tout d’un héros pour le petit Riad ; deux grands-mères très opposées, l’une bretonne et charmante, l’autre syrienne et mystérieuse… On s’attache à tous ces personnages qui semblent n’avoir rien en commun, si ce n’est les liens du sang ou du mariage.

Les dessins, enfin, sont tout ce que j’aime : traits fins, formes arrondies… la simplicité est au rendez-vous. On se sent immergé dans la vie de la famille Sattouf et l’on imagine très bien les villes et campagnes arabes grâce aux quelques éléments dessinés et aux descriptions de l’auteur. Pas besoin de tout un tralala !

L'arabe du futur, Riad Sattouf, première page
L’arabe du futur, Riad Sattouf, première page

Une très chouette BD, donc, qui mérite d’être offerte, à vous-même ou à votre entourage. Très riche en texte, elle met un certain temps à se lire et l’on ne regrette aucunement son achat !

SATTOUF Riad, L’arabe du futur, Une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984), Allary Editions, 2014, 158 pages

Livres

L’appel du Coucou, Robert Galbraith

lappel_du_coucou-galbraithPourquoi ce livre ?

Parce que l’auteur, évidemment, qui n’est autre que J.K. Rowling, comme vous le savez sûrement. J’ai tellement été conquise par sa série Harry Potter étant plus jeune et par le dramatique Une place à prendre que je ne peux pas laisser passer un autre de ses romans.

De quoi ça parle ?

Une nuit d’hiver, à Londres, le célèbre mannequin Lula Landry est retrouvée morte au pied de son immeuble. La police déclare que c’est un suicide mais son frère persiste à croire qu’il s’agit d’un meurtre. Il contacte donc le détective privé Strike, fauché et bourru, qui va devoir mener l’enquête de A à Z, aidée de sa nouvelle secrétaire Robin.

Mon avis

Soit J. K. Rowling est très talentueuse, soit j’ai un avis tout à fait subjectif. En tout cas, et encore une fois, j’applaudis cette auteure pleine de surprises ! Après une saga jeunesse fantastique et un drame contemporain, elle nous livre là un policier parfaitement mené.

D’abord, quel plaisir de retrouver sa plume et sa manière de rendre les personnages plus vrais que natures. Strike, ce détective privé complètement à l’ouest, révèle une personnalité complexe. On a même envie d’en savoir plus sur son passé tant on s’attache à lui. Idem pour la jeune Robin, maligne et pleine de ressources.

Ensuite, l’intrigue policière s’inspire des romans policiers classiques : enquête en bonne et due forme, succession de témoignages, de rebondissements, de minuscules indices qui laissent le lecteur perplexe mais semblent évidents pour l’inspecteur solitaire.  J’aurais pu me lasser de ce schéma peu original mais mêlé à l’écriture de J. K. Rowling, il prend une tournure plus moderne, plus dynamique. On visualise les rues de Londres où boite notre héros, les vieilles pies qu’il interroge, les amis éplorés, la famille méfiante… Tous ont une personnalité, une histoire.

Enfin, le dénouement est surprenant : on lève un sourcil et l’on se délecte des explications finales de Strike, qui reprend le fil des événements en les éclairant de tous ces indices que l’on croyait futiles.

Une très belle lecture, donc. La suite des aventures de Strike est déjà sortie en anglais et sortira en France le 15 octobre sous le titre « Le ver à soie ». J’ai hâte ! Selon une rumeur, elle aurait peut-être prévu d’écrire 7 romans autour du détective. Youpi ! Avec de si belles couvertures, ça ferait une belle collection dans ma bibliothèque.

GALBRAITH Robert, L’appel du Coucou, éditions Grasset, 2013, traduit par François Rosso, 572 pages