Livres

Katiba, Jean-Christophe Rufin

Toujours pour le Prix de la Critique… Lu à l’Ile Maurice ! Mais oui, c’est la réalité ! Pas pour une lune de miel, juste une semaine de vacances que je n’ai pas du tout prévue mais qui a eu lieu grâce à des circonstances particulièrement bénéfiques ! Promis, bientôt, je vous poste un avis sur un livre qu’on ne m’a pas imposé. Sourire

katibaLe roman commence fort : des touristes sont assassinés dans le Sahara. Cet acte inutile est rapidement revendiqué par un groupe de terroristes islamistes implanté dans le désert, une katiba, comme on les appelle. Quel est leur objectif ? Leurs revendications ? On ne le comprend pas vraiment, pas immédiatement du moins.

Parce que Katiba est avant tout un « roman choral » : les chapitres s’entremêlent, suivant tour à tour des personnages différents, leurs objectifs, leurs états d’âme. Kader Bel Kader, le chef des islamistes, nous fascine dès le début : il est jeune, ambitieux, entêté. Le voilà qui fait alliance avec Abou Moussa, un autre chef. On le sent bien, ils manigancent quelque chose. Qu’ont-ils après la France ? On suit également une agence de renseignements, Providence, qui décide de mener l’enquête sur le meurtre des touristes. Elle envoie Dimitri, un médecin insouciant, en Mauritanie. Celui-ci interroge, observe.

Et puis l’élément principal du livre, celui qui lie tous les personnages les uns aux autres, c’est Jasmine. Une jeune Française d’origine algérienne, fonctionnaire au Ministère des Affaires Etrangères. Mystérieuse, forte et sûre d’elle, elle perturbe la lecture. Pourquoi accepte-t-elle de revoir Kader Bel Kader ? Et comment le connaît-elle ? Que s’est-il passé lorsqu’elle et son défunt mari ont vécu en Mauritanie, au consulat de France ?

Ils se croisent, se rencontrent, se lient les uns aux autres. On ne sait plus trop qui est fiable ou qui ne l’est pas. On veut croire en Jasmine mais elle cache tant de choses et agit avec tant de mystère. On s’attache à Dimitri, grand naïf qui finit par prendre les choses en main.

Le suspense reste haletant : un attentat suicide est prévu à Paris, au Quai d’Orsay, justement. Mais qui est de quel côté, voilà la question. Et c’est là toute l’intrigue. Parce que l’on veut savoir mais qu’on a peur de la réponse !

Jean-Christophe Rufin, par le biais de ce roman, traite du terrorisme avec brio. Il n’en fait pas un spectacle monstrueux mais interroge plutôt sur les motivations des kamikazes, sur les aprioris, sur la tentation de la vengeance, sur l’engrenage que le terrorisme peut entraîner. L’auteur, en mêlant aventure et suspense sur fond politique, nous fascine : on reste agrippé aux pages de Katiba, jusqu’à une fin insoupçonnable.

RUFIN Jean-Christophe, Katiba, Editions Flammarion, 2010, 392 pages.

2 réflexions au sujet de « Katiba, Jean-Christophe Rufin »

  1. Ah ! Katiba !
    Un roman bien éloigné de mes lectures habituelles. Le sujet ne m’intéressait pas plus que ça, et j’ai un peu acheté le livre sur un coup de tête.
    Et j’ai été prise dans l’histoire. Il est vraiment bien, et je ne regrette pas de l’avoir acheté !

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