Livres

Jamais seule, Sandrine Dureuil

jamais-seule_sandrine-dureuilPourquoi ce livre ?

Sandrine tient le blog Vu de mes Lunettes depuis quelques temps et au fil des échanges, elle est devenue une vraie copine. Nous avons eu l’occasion de nous rencontrer autour d’un thé, mais au-delà, c’est une nana dont je me sens assez proche et qui ne manque jamais de me réconforter quand ça ne va pas ou de prendre de mes nouvelles, voire de m’envoyer des petits mots.

Quand elle a enfin publié son roman en numérique chez Librinova, j’ai évidemment sauté dessus et me le suis procuré ! Le vrai défi était de le lire sur mon smartphone.

De quoi ça parle ?

Agathe, atteinte de mucoviscidose, décède brutalement. Sa jumelle Alicia doit affronter le présent et l’avenir sans son âme sœur… Un défi qui semble insurmontable. Pourtant, l’amour qui unit les deux sœurs va lui venir en aide, même de l’au-delà.

Mon avis

Je l’avoue : le plus difficile fut de me lancer, freinée par la lecture sur smartphone. Il faut dire que cela n’est pas très confortable… Pourtant, un aller-retour en train et quelques weekends m’ont permis de me plonger dans ce roman numérique et d’oublier, un temps, le support de lecture.

Très vite, je me suis pris d’affection pour Alicia, jeune femme introvertie toujours inquiète pour sa sœur, qui, une fois seule, se retrouve perdue et abandonnée. Pourtant bien entourée par ses proches, elle perd tout espoir au décès de sa sœur et l’on croise très fort les doigts pour qu’elle trouve le moyen de rebondir. Je me suis aussi beaucoup attachée aux parents des jumelles, qui sont, à tort, mis de côté par Alicia. Prévenants mais aussi meurtris par la disparition de l’une de leurs filles, ils essayent tant bien que mal de mener leur deuil en accompagnant Alicia. On les sent désemparés, cela m’a plu. Des personnages très émouvants, qui ont su me toucher à plusieurs reprises !

L’histoire se concentre sur le deuil d’Alicia. L’émotion est présente à chaque page, et cela remue, bien évidemment. Heureusement, elle progresse petit à petit et retrouve l’espoir, accompagnée par son ami Ludovic. J’aurais aimé un peu plus d’action et de rebondissements : on se concentre peut-être un peu trop sur les pensées et sentiments d’Alicia. Les derniers chapitres prennent toutefois un peu d’envergure et reprennent vie avec notre héroïne, finalement plus forte qu’il n’y paraît !

Je me suis donc laissée séduire par ce roman sur le deuil, qui décrypte avec justesse et précision toutes les étapes à traverser dans un tel moment : déni, colère, tristesse, abandon, acceptation. Ajoutez à cela une relation entre jumelles fusionnelles et vous obtenez un concentré d’émotions !

Bravo Sandrine, pour ce joli travail. On sent que tu y as mis tes tripes. A quand le prochain ? 🙂

Livres

Si je reste, Gayle Forman

si-je-reste_gayle-formanPourquoi ce livre ?

Je l’ai trouvé très peu cher en bouquinerie et sa couverture me faisait de l’œil : à la fois apaisante et mystérieuse. Sachant qu’il allait être adapté au cinéma, j’ai parié dessus en me l’offrant.

De quoi ça parle ?

Mia, une jeune fille de 17 ans, à tout ce qu’il faut pour être heureuse : une famille aimante et unie, un amoureux transi, une passion pour le violoncelle et de jolis projets musicaux. Tout cela va être détruit par un banal accident de voiture. Mia, seule survivante, est entre la vie et la mort. Elle doit choisir entre les deux.

Mon avis

Rien de très original dans cette histoire, pourtant, Si je reste est un joli petit roman qui se lit très vite et avec plaisir. La jeune Mia, qui observe son corps tel un fantôme et constate la tristesse de ses proches, va devoir prendre une décision peu banale : mourir, et rejoindre sa famille ; ou vivre, et se battre contre le chagrin.

Cela semble peu pour combler les 189 pages du roman, mais l’auteur a eu l’idée astucieuse d’insérer de nombreux flashbacks entre ces moments de « flottement » (c’est le cas de le dire). On fait donc la connaissance de Mia et de ses proches et l’on s’attache rapidement à eux, unis grâce à leur passion commune pour la musique. Omniprésente, cette dernière habille vraiment l’histoire. On est spectateurs de la vie de l’héroïne, telle une bande-annonce sur fond musical qui défilerait devant nos yeux.

Rien de transcendant, donc, mais une belle lecture calme et facile. Ce qu’il faut pour passer deux heures en bonne compagnie.

Informations complémentaires

Si je reste a été adapté au cinéma par R. J. Cutler. Il sort en salles françaises le 17 septembre 2014. Je pense que j’irai voir ce que ça donne ! En attendant, voici la bande-annonce.

FORMAN Gayle, Si je reste, éditions Pocket, 2010 (2009 pour l’édition originale), traduit par Marie-France Girod, 189 pages

Livres

Troubles et Conséquences, Jean-François Legrand

troubles-et-consequences_jean-francois-legrandPourquoi ce livre ?

C’est Jean-François Legrand lui-même qui m’a proposé la lecture de son roman. Deux arguments de taille m’ont convaincue : sa taille (roman court, j’accours) et son envoi papier (lire des pdf sur l’ordi, très peu pour moi). A peine commandé, déjà reçu ! Ca c’est de l’efficacité !

De quoi ça parle ?

Adrien vit avec Laure et leur fils David. Leur vie de famille semble normale, pourtant, elle va être bouleversée par la fragilité et la paranoïa du héros, qui ne supporte pas que ses projets prennent l’eau…

Mon avis

On applaudit fort ce roman et son auteur ! Efficace, original, passionnant, voilà comment je le résumerais.

Efficace, puisqu’il est court et bien écrit. J’aime beaucoup lire avec autant de rapidité et d’énergie. L’ennui et la lassitude n’ont pas leur place ici et ça fait beaucoup de bien de tourner les pages sans jamais ralentir le rythme. L’écriture, fluide et nette, loin d’être énigmatique ou « conceptuelle » (comme j’ai déjà pu le lire dans des premiers romans), laisse la place à l’action et la pensée du narrateur, bref, pas d’accrochage ou d’interrogation de la part du lecteur.

Original, car le narrateur ne s’exprime pas de manière habituelle (je ne peux pas vous en dire plus car je risquerais de dévoiler ce qui fait la saveur de ce texte…). Pourquoi Adrien n’agit jamais ? Pourquoi décrit-il ses proches de façon si distante ? On comprend au fur et à mesure ce qu’il est devenu, à l’heure où il s’exprime, mais cela est distillé de manière délicate. Cette ambiance brumeuse et énigmatique apporte un plus à cette histoire de famille.

Passionnant, car j’ai lu ce roman en un aller-retour en RER, et 30 minutes en arrivant chez moi. Ayant deviné ce qui se tramait pour le personnage principal, j’avais toutefois très envie de savoir comment l’auteur allait amener la fin. Résultat : je suis convaincue ! Et en plus, la couverture est jolie !

Si vous hésitez encore, sachez que l’auteur est très accessible (@Djeffbyjeff) et saura sans doute vous convaincre. Un vrai plaisir de lire ce premier roman.

Merci à Jean-François Legrand pour la proposition de lecture et à Books on Demand GmbH pour l’envoi postal rapide.

LEGRAND Jean-François, Troubles et Conséquences, éditions Books on Demand Gmbh, 2014, 119 pages

Films

Alabama Monroe, un hymne à l’amour

alabama-monroe-affichePourquoi ce film ?

C’est avant tout le bouche-à-oreille qui m’a donné envie de découvrir “Alabama Monroe”, dernier film en date de Felix van Groeningen. En lisant des bons retours de blogueurs/cinéphiles, j’ai eu envie de découvrir ce qui se cachait derrière cette très jolie affiche. Rien à voir avec Marylin Monroe, comme je le pensais au début (*honte*) !

De quoi ça parle ?

L’histoire se passe en Belgique, aujourd’hui (je préfère préciser, car je m’attendais à un film de cowboys dans l’Ouest américain, je n’avais vraiment rien compris, moi !). Les personnages principaux ? Didier, chanteur de Bluegrass country, et Elise, tatoueuse tatouée. Ils se rencontrent, se plaisent et s’aiment. De cette union naît une petite fille, Maybelle. Tout semble parfait. Pourtant, à l’âge de six ans, l’enfant développe un cancer de la moelle épinière…

Mon avis

Depuis quelques jours, j’hésite à vous parler de ce film, mais finalement, je me rends compte qu’il m’a vraiment bouleversée et émue. J’y pense encore plusieurs jours après l’avoir vu au cinéma. C’est pourquoi je me dois de vous en parler ici. “Alabama Monroe” est avant tout une formidable histoire d’amour : les deux personnages principaux, incarnés par deux magnifiques acteurs (dès le début, j’en suis tombée amoureuse !), s’aiment à la folie. Ils vivent d’amour et d’eau fraîche, dans une caravane rafistolée en attendant que la ferme de Didier soit habitable. Les regards, caresses et sourires parlent d’eux-mêmes, on les sent heureux, on voudrait être eux !alabama-monroe-didier-elise

Puis le drame arrive : leur bonheur s’étiole lorsque leur enfant meure (ce n’est pas une révélation, vous le sentez dès le début du film). Comment vont-ils aborder cela ? Cet événement si triste bouleverse leur couple. Elise s’attache à tout ce qui lui rappelle sa fille, un oiseau, une photo, un bijou… Didier, lui, est révolté par le retard de la recherche scientifique sur les cellules souches (qui aurait pu sauver Maybelle), freinée par les “pro-life” catholiques. Alors que nous les comprenons tous deux, eux se déchirent. C’est infiniment triste et douloureux. On a envie de leur dire : “Aimez-vous ! Allez, tenez le coup ! Vous formez un couple parfait, vous allez y arriver !”… Je me sentais tellement concernée.

L’autre bon point de ce film incroyable, c’est la musique. Elle est omniprésente : déjà parce que Didier est musicien et chanteur, mais aussi parce qu’Elise rejoint son groupe et apporte une touche de douceur aux chansons de cowboys ; ensuite parce que la musique est belle, parfois douce et amoureuse, parfois festive, parfois tristounette. On a tellement envie de taper des mains ! Retenez-moiiii ! Enfin, parce que la musique est un personnage à elle seule. Elle parle à la place des personnages, exprime leurs sentiments, tente de les réunir. En rentrant chez moi après avoir quitté le cinéma, j’ai immédiatement acheté la musique du film, c’est vous dire à quel point elle m’a enchantée !

Bien sûr, “Alabama Monroe” est un film triste. On pleure, on renifle, on ne veut pas y croire. On en ressort même le moral à zéro, oui. Les yeux rouges et embués, les mouchoirs pliés dans le sac, tout ça. Malgré cela, c’est un BEAU film. L’image est belle, les personnages aussi, l’histoire semble si réelle, si vraie. C’est un petit bijou de cinéma, tout simplement.

N’y allez pas si vous avez le cœur lourd, mais retenez ce titre de film, et décidez, un jour, de passer 2h en compagnie de Didier et Elise. Ils vous transporteront. En attendant, vous pouvez toujours écouter cette belle chanson  :

Alabama Monroe – The boy who wouldn’t hoe corn – de KinoCheck