Livres

L’abbaye de Northanger, Jane Austen

l-abbaye-de-northanger_jane-austenPourquoi ce livre ?

Il m’a été offert par Myrtille lors de mon swap Portrait chinois l’année dernière. Il attendait sagement que j’ai envie de roman classique.

De quoi ça parle ?

A 17 ans, Catherine Morland part dans la petite ville de Bath, en compagnie d’un couple d’amis de ses parents, pour découvrir la vie mondaine. Elle va y faire la connaissance de l’exubérante Isabella Thorpe, mais aussi de l’énigmatique Henry Tilney (et de sa sœur Eleanor). Des jeux d’amitié et de séduction vont rythmer son quotidien…

Mon avis

Jane Austen répond parfaitement à mon besoin de littérature classique lorsque j’en ai besoin ! J’ai retrouvé le plaisir de lecture que j’avais eu en découvrant Orgueil et préjugés : des jolis mots, de belles phrases, des personnages qui s’expriment avec grâce et douceur, qui maîtrisent l’art de la parole et de la tromperie. C’est jouissif de les observer vivre, comme une petite souris invisible.

Evidemment, ces gens ont des problèmes de riches : ce mariage rapportera-t-il assez d’argent ? Cette promenade aura-t-elle lieu ? Comment réagira untel ?  Pourquoi a-t-il tenu ces propos ?

Il faut aimer ce genre de considération, mais Jane Austen ouvre une fenêtre sur l’aristocratie anglaise du 18e siècle et ravit notre curiosité. C’est élégant, amusant, j’aime !

Les personnages sont bien construits et présentés : on se souvient de leurs noms, de leurs caractères, de leurs actions… Et l’auteur s’amuse avec l’écriture,  en apparaissant parfois en tant que narratrice, nous expliquant pourquoi elle écrit ou n’écrit pas cela sur son héroïne. L’ironie est aussi présente dans ses propos : elle joue avec son personnage, avec ce qu’elle devrait être en tant qu’héroïne, puis lui change son comportement, son destin.

La présence de l’auteure et la beauté des mots font de ce roman un délice de lecture. On a le même regard naïf et admiratif sur cette histoire que Catherine sur les mondanités qui l’entoure. C’est chouette !

Livres

Bel-Ami, Guy de Maupassant

bel-ami-maupassantPourquoi ce livre ?

Je l’avais acheté en occasion l’année dernière pour 2€, prise d’une envie subite de lire un classique. Il a un peu patienté dans mes étagères, jusqu’à ce que l’envie de visionner l’adaptation de 2012 (avec Uma Thurman et Robert Pattinson) me prenne. Il fallait bien sûr que je lise le roman avant…

De quoi ça parle ?

L’histoire se situe à Paris au 19e siècle, à l’ère des belles manières, des jolis costumes et des robes élégantes. On suit le parcours de Georges Duroy, fils de paysans ambitieux, prêt à tout pour « devenir quelqu’un ». Sans scrupules pour atteindre son but, Georges va trahir ceux qui l’entourent, quitte à séduire, flatter et blesser pour réussir.

Mon avis

C’est un roman qui se savoure ! J’aurai mis plus de deux semaines à lire ces 400 pages environ, mais j’ai été séduite par l’ensemble. L’écriture riche de Maupassant nous plonge immédiatement dans l’atmosphère de la Belle Epoque : nous arpentons les rues et cafés parisiens avec notre héros, nous admirons les appartements bourgeois des femmes qu’il côtoie. C’est cette ambiance que j’ai préféré !

L’histoire, quant à elle, n’est pas faite d’incroyables rebondissements. Elle suit progressivement l’ascension de Georges Duroy, à travers le milieu journalistique et politique parisien de l’époque. C’est pourquoi le roman se lit tranquillement et ne se dévore pas.

Finalement, je me suis plutôt attachée à Georges, malgré tout. J’étais bluffée par son sang-froid et ses choix. Peu importe le talent, c’est la gouaille et l’impertinence qui permettent l’ascension de l’ambitieux jeune homme. Grâce à cela, l’imposteur épouse l’une après l’autre les femmes qui ont le pouvoir de le rendre riche et célèbre ; il devient grand journaliste, même sans aucun talent d’écriture ; il flaire les bonnes affaires politiques et sait choisir son camp au bon moment. Menteur et égoïste, Georges Duroy est un personnage détestable mais l’on aime suivre ses aventures malgré tout, pour voir jusqu’où il est capable d’aller.

C’est donc un classique que je vous conseille, si vous avez envie de suivre un habile stratège mais aussi, et surtout, si vous êtes tenté par un petit voyage dans le Paris du 19e siècle. Je n’ai plus qu’à regarder le film, maintenant… Youpi !

Livres

Colomba, Prosper Mérimée

merimee-colombaPourquoi ce livre ?

Il m’a été prêté par ma copine Lulu, grande lectrice de classiques. Je me suis lancée aveuglément dans l’aventure !

De quoi ça parle ?

Le colonel anglais Nevil et sa fille Lydia arrivent en Corse et font la connaissance d’Orso  et de Colomba della Rebbia. Tous deux, frère et sœur, sont les derniers descendants d’une célèbre famille corse en guerre depuis des décennies avec une autre famille, les Barricini. Alors qu’Orso veut oublier la loi du talion qui régit les deux familles, Colomba n’a qu’un but : venger la mort de leur père, assassiné dans des circonstances mystérieuses.

Mon avis

Il faut parfois (voire souvent) faire confiance aux amis prêteurs de livres : l’histoire d’une vendetta corse et la couverture vieillotte du bouquin (pardon Lulu) ne me vendaient pas du rêve. Pourtant, j’ai beaucoup aimé cette histoire hors du commun : je n’avais jamais lu d’aventure pareille, ni de récit ayant lieu en Corse. Mérimée dresse son action dans un décor typique, celui d’un petit village corse dans lequel deux familles à fort caractère se font la guerre. Le maquis, la tradition et le dialecte corse sont omniprésents : on voyage donc avec Mérimée et c’est avec grand plaisir.

L’intrigue, quant à elle, a tout le charme des romans classiques : pas de grands rebondissements, de jolies scènes inattendues, du hasard, une pincée d’amour, une bonne dose de caractère… On se plait en compagnie de la sauvage Colomba, maligne et courageuse, un peu trop impulsive peut-être ; ainsi qu’avec Orso, un personnage au sang-froid, plus doux, plus apaisé. Les Nevil, eux, découvrent la Corse comme le lecteur et offrent un regard neuf sur ces traditions meurtrières.

Comment cette histoire va-t-elle finir ? La vengeance règnera-t-elle en maître ? La justice l’emportera plutôt ? Voilà ce que l’on se demande tout le long du roman, jusqu’à cette jolie fin, où Colomba reste fidèle à elle même, la tête haute. Quelle belle héroïne !

Besoin de voyage, d’aventure, de personnage féminin impétueux ? Colomba est fait pour vous !

MERIMEE Prosper, Colomba, éditions Le Livre de Poche, 1980 (paru initialement en 1840), p. 217 à p. 386 (169 pages)