Livres

127 heures, Aron Ralston

127heuresPourquoi ce livre ?

J’ai découvert l’histoire d’Aron Ralston au cinéma, quand le film tiré du livre est sorti en 2011. Bluffée par le courage de cet homme, je n’en suis pas sortie indemne. Encore aujourd’hui, je garde un incroyable souvenir de ce film. C’est bien sûr ce qui m’a décidé à acheter le livre original, sorti en poche l’année dernière.

De quoi ça parle ?

L’auteur, alors âgé de 27 ans, raconte dans les détails la randonnée qu’il a entrepris dans les Gorges de l’Utah en 2003. Cet alpiniste expérimenté, ayant déjà frôlé le danger et la mort de près, ne pensait pourtant pas vivre une telle aventure : au fond d’un canyon, Aron Ralston n’avait pas prévu qu’un rocher se détache et lui emprisonne le bras droit. Coincé dans cet endroit désert et peu fréquenté, constatant que les secours n’arriveraient pas (ou du moins pas à temps), il s’est donc auto-amputé afin d’avoir une petite chance de survivre.

Mon avis

Je suis vraiment en admiration devant ce livre, mais aussi cet homme et sa force de caractère. Plus qu’un récit de voyage, c’est un récit de survie. 127 heures, c’est la durée totale de sa randonnée, du départ en VTT jusqu’à son évacuation en hélicoptère. En 5 jours, Aron Ralston est passé par toutes les étapes, toutes les émotions, et c’est de manière détaillée qu’il raconte ses errances, d’abord physiques puis mentales : son départ, motivé et efficace ; son accident, brutal et inquiétant ; sa confiance, solide puis réduite à néant ; ses adieux et ses prières.

A chaque page, on croit avec lui à la libération, même si l’on connaît déjà la fin. Ses vaines tentatives pour bouger ne serait-ce que de quelques centimètres la pierre qui l’emprisonne sont déjà admirables. Grâce à ses connaissances en alpinisme et en survie, il a sans doute pu tenir un peu plus longtemps qu’une personne lambda. Mais son mental d’acier, même s’il fut parfois vacillant, a permis sa lutte effrénée et son auto-amputation.

Durant la lecture, on s’interroge : moi, qu’aurais-je fait ? Me serais-je laissé(e) mourir ? Aurais-je vraiment pu me casser les os du bras puis m’amputer, sous le coup de l’adrénaline ? Je suis stupéfaite par ce dont l’homme est capable pour sa survie !

aron-ralston-rocherAron Ralston, emprisonné dans un canyon à cause d’un rocher

L’écriture, elle, est avant tout descriptive. Aron Ralston nous fait part de ses états d’âme, ses réflexions, ses sentiments. Il se livre. Les chapitres sur l’accident s’alternent avec ceux sur la vie de l’auteur et ses aventures sportives. Surprise, j’ai ainsi appris qu’il avait survécu à une avalanche mortelle, à l’attaque d’un ours affamé, à plusieurs chutes dangereuses… Passionné et irresponsable, Aron Ralston a sans doute une bonne étoile qui lui permet de vivre ses rêves – et d’y survivre.

Plus qu’un simple récit, c’est donc une réflexion sur la survie, sur ce qui compte vraiment dans la vie, sur la passion et l’amour de la montagne. Comme pour Into the wild, une fois le livre refermé, on a envie de prendre son courage à deux mains et de vivre ses rêves à fond. Une lecture indispensable !

RALSTON Aron, 127 heures, éditions Pocket, 2012 (2011 pour l’édition brochée chez Michel Lafon, 2004 pour l’édition originale), traduit par Yves Forget-Menot, 384 pages

Livres

Alex, Pierre Lemaitre

alex pierre lemaitrePourquoi ce livre ?

Une fois encore, ce fut un cadeau d’anniversaire !

De quoi ça parle ?

Ce thriller commence par l’enlèvement d’Alex, une jeune, jolie et mystérieuse femme, qui ne laisse aucun homme indifférent. Un soir, alors qu’elle rentre chez elle, un homme la frappe et l’entraîne dans sa camionnette. Qui est-il ? Que veut-il ? Elle ne le sait pas mais comprend que tout cela est organisé, prévu. Très vite, elle se retrouve nue, séquestrée dans une cage suspendue au dessus du vide, quelque part, dans un vieil entrepôt désaffecté. De son côté, la police enquête : en peu de temps, elle parvient à retrouver la trace du ravisseur et de sa victime. Mais quelque chose ne va pas. En effet, en arrivant sur les lieux, le commissaire Verhoeven découvre qu’Alex a disparu, sans l’aide de personne. Qui est-elle vraiment ?

Mon avis

Ecrire ce long résumé ne gâche rien au suspense : tout ceci est dit sur la quatrième de couverture. Ce n’est en réalité que le début de l’histoire d’Alex. Découpé en trois parties, ce roman noir dévoile petit à petit la personnalité et les motivations d’Alex, le personnage principal. Car cette femme n’est pas seulement victime : elle est aussi coupable. De quoi ? A vous de le découvrir !

Mon avis reste mitigé après avoir refermé la dernière page de ce livre. Les rebondissements de l’histoire et les révélations qui sont faites au fur et à mesure ont permis que je finisse ma lecture. Préoccupée par cet intriguant personnage féminin, finalement très peu dévoilé dans les 2/3 du roman, je voulais absolument en savoir plus. Une réussite de la part de l’auteur, donc, qui s’approprie les codes du suspense et du retournement de situation.

En revanche, durant toute ma lecture, j’ai vraiment été déstabilisée par le style de Pierre Lemaitre. D’abord, il utilise le présent simple tout le long du roman. Un choix, vous le savez, que je trouve insupportable à la lecture. Ensuite, les phrases sont courtes, très descriptives. Cela crée une distance entre le lecteur et les personnages : le premier ne sait que très rarement ce que ressentent les seconds. Bien que cela concorde avec l’histoire et l’ambiance, je ne me suis pas sentie assez “concernée”. A savoir, donc, si l’on entreprend la lecture d’Alex : le lecteur n’est ni complice ni confident, il est extérieur à tout ce qui se trame. Un sentiment assez particulier !

Malgré tout cela, je pense que je n’oublierai pas ce roman, qui fut tout de même assez imprévisible et surprenant pour que je m’en souvienne. Si vous cherchez un thriller glaçant, parfois gore ou effrayant, assez haletant pour vous interroger, assez court pour ne pas vous ennuyer, lisez Alex. Une seule condition : aimez lire au présent simple.

Infos complémentaires

Ce roman a obtenu le Prix des Lecteurs Policier du Livre de Poche en 2012.

LEMAITRE Pierre, Alex, éditions Le Livre de Poche, 2012 (d’abord édité chez Albin Michel en 2011), 397 pages

Blabla

La révolution est en marche

Chaque mois, que dis-je, chaque semaine, je découvre sur des blogs ou autres sites liés à la lecture (éditeurs par exemple) des concours formidables, tout simples, tout gentils, qui offrent des bouquins au(x) gagnant(s). Toute personne normalement constituée et aimant la lecture souhaite donc y participer, tant que cela reste rapide à faire.

Mais dans tous les cas (SANS EXCEPTION), le dernier paragraphe expliquant les conditions de participation a toujours le chic pour me plomber le moral et surtout, me mettre un tout petit peu en colère. Il est ainsi indiqué qu’il faut soit :

– cliquer sur "J’aime” sur la page facebook du blogueur/éditeur
– laisser un commentaire sur la page facebook du blogueur/éditeur
– suivre la page facebook du blogueur/éditeur

Il arrive même souvent que ces critères se cumulent.

Et là, je dis NON.

Quelle est donc cette dictature qui impose au participant d’avoir un compte facebook ? Pas de compte, hop, pas de participation. Le livre te passe sous le nez, alors que tu n’as même pas dit un mot.

Mais alors, me direz-vous, pourquoi la révolution est-elle en marche ? Aujourd’hui, j’ai fait part de mon indignation sur Twitter. J’ai alors découvert que je n’étais pas seule à trouver ce système de concours via facebook discriminant. Un groupe se crée, les amis. Bientôt, tout le monde pourra participer à tous les concours de la Terre. Vous aurez une chance (même si elle est infime) de gagner des livres ! N’est-ce pas formidable !?

Rejoignez-nous, faites part de votre colère et surtout, boycottez les concours via facebook ! Ca suffit comme ça !

NB : Ceci est un article humoristique, merci de ne pas tout prendre au sérieux.

Livres

Les proies, dans le harem de Kadhafi, Annick Cojean

CV-Les ProiesOK.qxp:301,3x205Pourquoi ce livre ?

Je n’en avais entendu que du bien. Lorsque ma grand-mère l’a reçu pour Noël, je me suis empressée de lui demander de me le prêter quand elle le voudrait. Ce fut chose faite il y a un mois environ.

De quoi ça parle ?

Il s’agit d’une enquête menée par la journaliste Annick Cojean sur les horreurs commises par Kadhafi et ses sous-fifres : le Guide libyen, depuis des années, a en effet séquestré, violé, torturé et tué des centaines de femmes et jeunes filles, qui composaient son harem personnel au sous-sol de sa villa. Horrifiée par les rumeurs, Annick Cojean a enquêté et obtenu quelques témoignages, dont celui de Soraya, détruite mais courageuse, qui raconte dans le détail l’enfer qu’elle a vécu alors qu’elle n’avait que 13 ans.

Mon avis

Difficile d’écrire sur le sujet tant il est terrible… Je ne sais pas par où commencer, car je suis encore bouleversée par ce que j’ai lu. Le livre est découpé en deux parties : d’abord, on découvre le récit de Soraya, l’une des esclaves sexuelles de l’ancien dictateur libyen. La jeune fille, qui a aujourd’hui mon âge, raconte tout dans le détail : son enfance, la visite du Guide dans son école, comment elle fut choisie puis enlevée, sa vie d’esclave, ses humiliations, sa descente en enfer… Dès le début, on est happé par son histoire : elle semble irréelle, impensable. Pourtant, c’est bien la vérité qui éclate au grand jour : fou, dangereux, pervers et meurtrier, Kadhafi n’a pas seulement mené une dictature extrême en Libye, il a commis d’horribles méfaits, protégé par sa toute-puissance et par les traditions de son pays.

Car les viols, les crimes et les séquestrations subis par toutes ces femmes ne sont que sources de souffrance et de honte. Là-bas, le sujet est tabou, bien plus encore qu’en France. Détruites, honteuses et rongées par le désespoir, les victimes ne sont pas encouragées à parler de leur histoire. La deuxième partie du livre est dédiée à l’enquête de l’auteur, qui a rencontré d’autres femmes. Sous couvert d’anonymat, les voici qui racontent elles-aussi les horreurs qu’elles ont vécues, en priant la journaliste de ne pas ébruiter leurs témoignages.

Certains hommes, aussi, sont appelés à donner leur avis : des employés, qui savaient et ne disaient rien, ou ne pouvaient rien dire ; des victimes, aussi, eux-aussi violés et séquestrés par le Guide ; des responsables de l’armée, qui faisaient semblant de tout ignorer mais protégeaient tout de même les femmes de leur famille.

A la lecture de ce livre ressort deux grandes idées : Kadhafi était un monstre sans foi ni loi, prêt à tout pour assouvir ses pulsions sexuelles morbides. Le sexe fut le moyen pour lui de tout contrôler et d’avoir un droit de vie ou de mort sur quiconque. Savoir qu’il a côtoyé d’autres chefs d’Etat et des personnalités du monde entier, alors qu’en son sous-sol croupissaient des filles et des femmes, est une pensée insupportable. Moi-même, je me suis souvent demandé ce que je faisais durant ces instants… L’autre idée qui ressort du livre, c’est bien sûr que la Libye, encore rongée par ces années terribles, n’ignorait rien de ces horreurs. Encore aujourd’hui, tout cela semble connu des Libyens, mais ils n’en parlent pas. On préfère étouffer ces sombres années plutôt que de faire hommage aux victimes et de les libérer d’un poids qui les étouffe.

Sur ce, je vous laisse avec un petit mot écrit par ma grand-mère, qui résume très bien mon opinion :

Il est bon parfois de se pencher sur le sort des femmes esclaves sexuelles de dictateurs fous, ou otages d’hommes de guerre ou même de paix. Souvent exclues de la société, certaines meurent de honte et de désespoir. D’autres osent dire leur calvaire et dénoncent leurs tourmenteurs, qui seront rarement poursuivis. Il est des femmes qui lèvent la tête et tissent, ensemble, un avenir meilleur pour leurs petites filles, souvent à leurs risques et périls. Femmes Courage, Femmes Résistantes, que puis-je faire pour vous aider ? Parler de vous.

COJEAN Annick, Les proies, dans le harem de Kadhafi, éditions Grasset, 2012, 324 pages

Livres

Nos gloires secrètes, Tonino Benacquista

Nos gloires secrètesPourquoi ce livre ?

Je l’ai reçu en cadeau d’anniversaire et c’est durant un voyage en train que je me suis plongée dans les nouvelles de Benacquista.

De quoi ça parle ?

Ce livre rassemble six nouvelles, chacune dédiée à un personnage qui garde en son for intérieur un secret, un exploit, une faute inavouable, une fierté.

Mon avis

J’avais découvert Benacquista avec Malavita, un de ses romans les plus connus il me semble. Déjà, j’avais été enchantée par son écriture et son humour. Dans Nos gloires secrètes, on retrouve l’écriture fine et poétique de l’auteur, qui dresse à chaque fois le portrait d’un personnage énigmatique. Ces six héros, tous masculins, gardent en eux un souvenir, une heure de gloire ou une vérité qui n’est pas toujours bonne à dire. Pourtant, ces secrets leur donnent une raison d’être ou expliquent leurs parcours.

Il ne serait pas très correct de vous révéler les petites gloires secrètes des personnages. C’est leur découverte qui fait la saveur du livre. Ainsi, la révélation finale faite dans la deuxième nouvelle, intitulée “L’origine des fonds”, est une belle revanche pour le riche parolier ; l’enfant mutique de “Patience d’ange”, qui se laisse dépérir aux yeux de ses parents, n’est pas si amorphe que ça… A chaque nouvelle ou presque, on est surpris par le dénouement.

Très vite lues, les nouvelles de Nos gloires secrètes sont de jolies histoires tendres, de courts portraits d’hommes révélant leur secret. Un bel ouvrage qui mérite d’être lu, dans les transports ou ailleurs !

BENACQUISTA Tonino, Nos gloires secrètes, éditions Gallimard, 2013, 219 pages

Livres

La Vérité sur l’Affaire Harry Québert, Joël Dicker

laveritesurlaffaireharryquebertPourquoi ce livre ?

Le succès et les retours élogieux de ce roman ont su me convaincre : j’espérais en secret le recevoir en cadeau de Noël. Par chance, ce fut le cas ! Mais ce n’est qu’au mois de mai que j’ai pu m’y plonger.

De quoi ça parle ?

Dès le début, on suit Marcus Goldman, écrivain à succès, s’apprêtant à écrire un nouveau roman pour son éditeur. Malheureusement, l’inspiration ne vient pas. Il reprend alors contact avec un vieil ami, Harry Québert, qui fut son professeur et son mentor. Leurs destins vont être bouleversés lorsque l’on retrouve dans le jardin de Québert le squelette de Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans assassinée en 1975, bien des années avant. Son maître et ami accusé de meurtre, Goldman va tout faire pour prouver son innocence, en interrogeant le voisinage et outrepassant les menaces qui lui sont proférées. Une expérience qu’il va vite coucher sur le papier, afin de rétablir la vérité.

Mon avis

La Vérité sur l’Affaire Harry Québert est un incroyable roman ! Difficile de le lâcher lorsque l’on commence la lecture. Aéré et rythmé, le texte est très accrocheur : la fin d’un chapitre donne irrémédiablement envie d’entamer le suivant. On ne s’ennuie jamais. L’enquête de Goldman et les découvertes qu’il fait au fil des pages sont étonnantes et mystérieuses. On chercher tout le temps le pourquoi du comment.

L’organisation du roman est aussi très intéressante : d’abord, les points de vue se multiplient. Ainsi, on revit plusieurs scènes, racontées par plusieurs personnages. Quelques détails diffèrent alors, des secrets sont percés à jour, le suspense est à son comble ! Ensuite, chaque chapitre est précédé d’une leçon d’écriture, dictée par Québert. En 31 points, on apprend donc quelle est la recette d’un bon roman. Car ce livre est aussi une réflexion sur l’écriture et sur l’acte d’écrire. L’objet livre en lui-même fait partie de l’histoire : celui que nous tenons entre nos mains n’est autre que le livre écrit par Goldman. Une très belle mise en abyme qui est un véritable tour de force de la part de l’auteur !

L’intrigue est elle aussi surprenante. Jamais je n’ai découvert les réponses par moi-même, car Joël Dicker sait nous mener par le bout du nez. Les rebondissements surviennent jusqu’aux derniers chapitres, impossible de s’arrêter ! Très cinématographique, ce roman a toutes ses chances pour être adapté sur grand écran : rythmé, mystérieux, riche en dialogues, impeccablement ficelé, rien ne manque pour que l’on passe un très bon moment. Le temps de quelques jours, j’ai retrouvé la frénésie littéraire qui m’habite de plus en plus rarement. N’ayez donc pas peur des 600 et quelques pages, elles vous fileront entre les doigts en un rien de temps ! Un Goncourt des lycéens amplement mérité.

DICKER Joël, La Vérité sur l’Affaire Harry Québert, éditions de Fallois / L’Age d’Homme, 2012, 667 pages

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Visite des Studios Harry Potter à Londres

Si vous n’avez pas suivi mes aventures sur Twitter, sachez que la semaine dernière, je suis partie quelques jours à Londres, avec l’objectif principal de visiter les Studios Harry Potter, précisément situés à Leavesden, donc à à peu près une heure de la capitale britannique. Les réservations étant faites depuis belle lurette, il était temps, pour mon amie V. et moi, de sauter dans l’Eurostar et de nous replonger dans l’univers d’Harry Potter, ce héros à lunettes, compagnon de notre adolescence.

Je mets de côté mes balades londoniennes pour me concentrer sur la visite des Studios. Car oui, il s’agit bien des studios ciné où ont été tournées de nombreuses scènes des films Harry Potter. Le parcours est bien sûr aménagé pour les visiteurs mais tous les décors et objets présentés ont bel et bien servis durant les tournages.

Mardi matin, donc, c’est le grand jour. Nous quittons notre auberge de jeunesse bien en avance, pour être sûres de ne pas rater notre car. La veille, heureusement, nous avons fait du repérage et trouvé l’arrêt de bus où nous devons aller, proche de Baker Street. L’attente est interminable. Finalement, le voici qui arrive ! Un car tout bleu, typiquement anglais. Est-ce le Magicobus ?! Nous bondissons de joie et nous empressons d’y entrer, en constatant qu’il est déjà plein…

Une heure de somnolence plus tard, nous arrivons enfin aux Studios. Une petite vidéo diffusée dans le car nous explique que le lieu fut autrefois une usine Rolls Royce. Toutes excitées, nous descendons du car et admirons les lieux. Pas spécialement beaux, certes, mais renfermant des milliers d’objets fantastiques.

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A l’intérieur, des centaines de gens fourmillent dans tous les sens. Nous sommes un peu en avance sur notre heure d’entrée, alors nous commençons par visiter la gigantesque boutique, immédiatement accessible (évidemment). Déjà, nous retrouvons les objets qui nous ont marquées : baguettes magiques, chocogrenouilles, dragées de Bertie Crochue, livres, vêtements, bannières… On a tellement hâte de découvrir les décors ! Toutes ces choses nous mettent l’eau à la bouche !

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Il est enfin temps de rejoindre la file d’attente qui donne accès aux Studios. Au bout de 20 minutes environ, nous entrons. La visite commence par la projection d’un petit film, dans lequel Daniel Radcliffe, Emma Watson et Rupert Grint (les trois acteurs principaux) présentent rapidement les lieux. Quand l’écran s’éteint et se relève, une magnifique porte apparaît : nous allons entrer dans la Grande Salle. Difficile de faire des photos droites, centrées et sans personne dessus… Il y a du monde, malheureusement.

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Trois visiteurs sont invités à pousser les portes dorées… Nous y sommes ! L’endroit est vaste, on se croirait dans le film ! Comme l’indique la jeune fille qui nous guide au début, les constructions sont bien réelles : la pierre du sol est de la vraie pierre, les statues ne sont pas en carton pâte… Tout est vrai. Je trouve tout cela très beau, je m’attends presque à voir surgir Harry et ses amis.

Après un peu de blabla, la guide nous abandonne et nous laisse gambader joyeusement parmi les décors. Nous commençons donc par le coin maquillage/costumes/postiches. Tout cela est très surprenant !

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La suite de la visite se fait dans le dortoir des garçons de Gryffondor. L’espace est réduit, mais un panneau confirme que c’est bien ici que les caméras ont filmé les acteurs. Les lits sont si serrés les uns aux autres ! Ensuite, il est temps de découvrir la salle commune de Gryffondor, un lieu calme et chaleureux. Je revois alors quelques scènes, lorsque Harry et ses amis se confient ou font des découvertes incroyables. On s’y croit, c’est ça le plus important !

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L’aventure continue dans le bureau de Dumbledore, resplendissant, construit de A à Z. Il ne manque rien, les tableaux ornent les murs, les livres poussiéreux sont sur les étagères, la Pensine est bien rangée, le Choixpeau également. C’est un endroit parfait, qui donne envie de s’y blottir accompagné d’un bon roman. Un peu plus loin, beaucoup (beaucoup beaucoup) d’objets utilisés dans les films sont rassemblés dans une cage géante ou dans des vitrines. J’admire notamment le Vif d’Or, jaune et brillant.

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Hop ! Direction la Salle des Potions, remplie de centaines de fioles et pots en tous genres, renfermant de nombreuses potions colorées. Je suis prête pour le cours, professeur ! Sur notre gauche, quelques tableaux sont accrochés. Il ne s’agit que d’une partie, bien sûr. Surprise, j’apprends qu’ils ont tous été peints un par un, par de véritables artistes formés dans des écoles d’art. Il y a de quoi être étonné !

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C’est l’heure ensuite de découvrir quelques effets visuels et effets spéciaux conçus pour les films Harry Potter. Ainsi, j’apprends que les portes (notamment celles de Gringotts) s’ouvrent réellement comme dans les films. Les mécanismes sont réels ! Je n’en reviens pas ! Pas de magie ou d’effets numériques là-dedans ! Il en est de même pour l’escalier mouvant, qui peut vraiment tourner, ou pour la malle qui s’ouvre toute seule. Des boutons permettent d’activer les mécanismes et d’assister aux mouvements de ces objets presque magiques.

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L’un des lieux les plus jolis est sans aucun doute le Terrier, maison chaleureuse de la famille Weasley. Là encore, des boutons sur lesquels on peut appuyer activent le couteau coupant une carotte tout seul, la brosse faisant la vaisselle, l’aiguille cousant une écharpe. Ce décor est lumineux, on retrouve l’ambiance des films et des livres. Tout comme Harry, on s’y sent simplement bien. En comparaison, je suis déçue par la cabane de Hagrid, trop encombrée pour que l’on distingue vraiment ce qui s’y cache.

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Nous admirons par la suite les costumes et masques des Mangemorts, parfaitement réalisés et assez effrayants. Tout près, on découvre aussi les vêtements de Dolorès Ombrage ainsi que son magnifique bureau rose bonbon. Dans un coin, une gigantesque vitrine rassemble tous les papiers créés pour le film : courriers de Poudlard, cartes, lettres, tickets, journaux, livres… Ce que je préfère, sans doute, car tous ces détails donnent du corps à l’imagination de JK Rowling.

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La première partie est terminée. Nous nous retrouvons dehors, où nous attendent les plus gros décors et constructions. Avant de les admirer, surprise ! On peut goûter à la Bièraubeurre. Evidemment, nous nous empressons de faire la queue : comment ne pas goûter à cette boisson mythique ? Le verdict ? Ca n’est pas de la bière, plutôt une sorte de caramel pétillant à boire. Très sucré et moussant, ça ne ressemble à rien que je connaisse. Accompagnée d’un bon hotdog, nous nous octroyons une petite pause avant de repartir de plus belle !

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Il fait un froid glacial alors nous reprenons la visite assez vite. Nous voici dans une grande cour rassemblant plusieurs décors mythiques : à gauche, une statue qui fait froid dans le dos, qui rappelle le lieu où Voldemort prend vie. Au centre, le formidable Magicobus, composé de plusieurs bus anglais, qui a réellement roulé dans Londres pour le tournage. Au fond, Privet Drive. Une véritable maison, qui rappelle surtout les débuts d’Harry Potter. A droite, Godric’s Hollow, la maison des parents de Harry en ruines.

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Après ce petit tour dehors, retour à l’intérieur. Le temps nous presse : le car repart dans moins d’une heure, et il reste beaucoup de choses à voir (ainsi qu’un tour à la boutique qui s’impose). Nous nous empressons donc d’observer toute la partie dédiée aux machines. On y retrouve bien sûr les gobelins aux mille visages, mais aussi des créatures sous-marines, Dobby, Buck l’hippogriffe, Aragog, des mandragores animées, le basilic, Voldemort à l’état de fœtus, et plein d’autres choses encore !

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Enfin, miracle ! Nous voici sur… le Chemin de Traverse !! Là aussi, je suis bluffée : l’endroit est intact, je me crois dans les films. Je n’ai d’ailleurs qu’une envie : entrer dans les boutiques et les dévaliser. Malheureusement, on ne peut voir que leurs devantures.

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La visite se termine par une maquette géante de Poudlard, ayant servi aux vues d’ensemble de l’école. Nous tombons des nues : c’est beau et merveilleux. On reconnaît certains lieux : le fameux pont où se retrouvent Harry, Ron et Hermione, l’escalier menant à l’entrée du château… Tout est somptueux. Une allée tournoyant autour de la maquette permet de la voir de différents angles. Le temps nous presse, malheureusement, nous ne prenons pas le temps de la regarder en détails. (Les gens que vous voyez dessus sont bien des vrais gens. Ca vous montre bien l’échelle !)

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Nous arrivons directement dans la boutique, car bien sûr, le parcours est parfaitement pensé. Toutes les baguettes sont là, même celles de personnages dont j’ignorais l’existence. On se croirait presque chez Ollivander ! Youpi !

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Il nous reste ensuite dix minutes pour choisir un souvenir, l’acheter et courir vers le car en espérant trouver des places assises. Un parcours du combattant que nous traversons sans embûches ! Je me suis offert une Chocogrenouille (tout de même !) et une très joli livre matelassé dédié à l’univers des films Harry Potter. Il renferme des petites surprises, comme une carte du Maraudeur par exemple. Je vous laisse regarder.

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Alors ? Qu’en pensez-vous ? Comme vous pouvez le voir, j’ai gagné la carte de Godric Gryffondor, qui est en 3D (on le voit pas sur la photo). Super chouette, non ?

En résumé, je dirais donc que j’ai particulièrement apprécié le bureau de Dumbledore et le Chemin de Traverse, tout simplement magiques ! Quant aux points négatifs, je pense à la durée limitée imposée par le car : 3h pile poil pour faire le tour, c’est à peine assez quand on veut tout regarder. Nous avons dû nous presser pour la dernière heure et avons sans doute raté des choses. Dommage ! Autre point négatif : la foule. Elle empêche elle aussi de tout regarder, de prendre son temps et de faire de jolies photos.

Enfin, si vous choisissez d’y faire un tour, oubliez le guide audio en français (qui coûte à peu près 5£ si je me souviens bien). Il propose de nombreuses vidéos et bandes sons explicatives, mais tout n’est pas intéressant. La plupart du temps, les choses à savoir sont expliquées sur des panneaux en anglais, de manière simple (si c’est moi qui vous le dis, n’ayez crainte !).

Une visite formidable qui donne avant tout envie de se replonger dans l’univers de JK Rowling : relire les livres et/ou revisionner les films, voilà ce qui m’attend.

Livres

A nous deux Paris ! / Paris le retour, J.P. Nishi

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Pourquoi ces livres ?

J’ai acheté le premier tome l’année dernière par hasard, car le sujet m’intéressait. Le deuxième tome, sorti très récemment, s’est vite retrouvé dans ma bibliothèque, puisque j’avais été conquise par le premier.

De quoi ça parle ?

L’auteur, J.P. Nishi, raconte sa vie de dessinateur japonais arrivant à Paris. Il découvre les us et coutumes, la façon de vivre des Français et s’étonne de tout ce qui contraste avec le Japon. Ce regard extérieur sur notre quotidien est croqué à la manière d’un manga “francisé” : il se lit de gauche à droite comme une BD classique.

Mon avis

Je n’avais pas prévu de parler de ces deux bandes-dessinées, mais après avoir constaté qu’elles n’étaient pas très connues ni médiatisées, j’ai finalement décidé d’écrire sur le sujet. Pas besoin de connaître le Japon pour apprécier A nous deux Paris ! et sa suite. C’est justement très amusant de voir comment les étrangers nous perçoivent, nous Français, nous Parisiens.jpnishi-tome2

Le rythme de vie, la façon de parler et d’interagir avec les autres semble si différente de ce que connaît l’auteur. On rit de nous-même et l’on remarque des choses que l’on fait pourtant spontanément, qui, en y réfléchissant bien, peuvent en effet surprendre les étrangers. Je pense par exemple à la bise systématique que l’on échange pour se dire bonjour. Cette habitude surprend beaucoup J.P. Nishi, qui rougit dès qu’une femme s’approche de sa joue. L’auteur est aussi étonné que les conducteurs de métro n’aient pas d’uniforme : il pense alors que c’est une personne lambda qui a pris le contrôle du métro et c’est la panique !

Les BDs sont découpées en chapitres thématiques, comme par exemple “Les Parisiens, des gens pas comme les autres”, “Le décolleté”, “Les Français et les animaux de compagnie”, “La pause déjeuner à Paris”, “La bande-dessinée française”… Le point de vue japonais sur la vie parisienne est toujours très drôle et étonnante ! J’ai, d’une certaine manière, redécouvert la façon de vivre des Français.

Si vous avez l’occasion de vous les offrir ou de les lire, n’hésitez pas ! Ces BDs très amusantes vous permettront de découvrir quelques habitudes japonaises tout en riant du quotidien des Français.

NISHI J.P., A nous deux, Paris ! et Paris, le retour !, Editions Philippe Picquier, 2012 et 2013, traduit du japonais par Corinne Quentin et Anaïs Koechlin, 191 pages et 143 pages

Films

Les Croods, une famille de Cro-Magnons cinglés

Avant de vous parler des Croods, je voulais vous expliquer vite fait bien fait mon absence durant ces deux semaines : j’ai terminé un contrat de 3 mois, et paradoxalement, j’ai alors eu moins de temps pour écrire des chroniques. Rangement, rendez-vous divers et surtout, week-end prolongé de l’Ascension, durant lequel j’ai randonné aux abords de la Loire. Pendant quatre jours, je me suis déconnectée et ai retrouvé la nature et son silence avec plaisir. Désormais, j’ai de nouveau des choses à vous raconter !

Retour aux Croods.

les_croods_affichePourquoi ce film ?

Les quelques images aperçues ici et là et les critiques m’ont simplement donné envie de découvrir ce nouveau film d’animation. J’ai attendu d’avoir le temps pour aller le voir au cinéma, mais pas en 3D malheureusement.

De quoi ça parle ?

Une famille d’hommes des cavernes, appelée les Croods, doit faire face à l’écroulement du monde : les cavernes disparaissent, les volcans crachent, la terre tremble… Il va falloir fuir et s’adapter à l’extérieur pour survivre. C’est sans compter sur le caractère de chacun : la jeune ado a besoin de liberté quand le père a peur de l’inconnu ; la grand-mère résistante perd un peu la boule quand l’enfant sauvage ronge tout ce qui lui passe sous la dent ; la mère veille sur la tribu et le fils bêta n’ose rien… Comment avancer rapidement et efficacement avec ces énergumènes ? Heureusement, ils vont croiser la route de Guy, un jeune homme très malin, qui va les mener en lieu sûr.

Mon avis

L’histoire des Croods n’a rien de très original, certes. Elle rappelle parfois L’Age de Glace, car de la même manière, les personnages fuient un monde en déclin et frôlent la catastrophe à chaque instant. Heureusement, la force de ce film d’animation est l’humour ! Chaque membre de la famille Croods a de la matière. Leurs caractères, dévoilés au fur et à mesure, sont complémentaires, leurs objectifs différents. Ils doivent malgré tout se serrer les coudes et avancer ensemble.

croods-familleOn se marre du début à la fin ! Leur manière de vivre est hilarante : ainsi, la petite Sandy est lâchée comme un chien après leur proie, prête à mordre à tout va. La grand-mère inépuisable refuse d’être lavée : elle veut garder sa “couche de protection”. Le père a peur de tout ce qu’il ne connaît pas : découvrir le monde extérieur est pour lui très anxiogène. Quelle est cette plante ? Cet animal ? Cette couleur ? Cette matière ?

Car il faut aussi souligner la beauté de l’animation : même si je ne suis pas fan des personnages, un peu trop “carrés” pour moi, j’ai été enchantée par les paysages et les dizaines de créatures, à la fois drôles et sublimes, qui peuplent le monde sauvage de ce film.

croods-paysage1

Un très bon film d’animation, donc, qui vaut la peine d’être vu si vous aimez ce genre cinématographique. Pas besoin d’avoir un enfant sous le bras, allez-y entre adultes, ça vous plaira aussi !

Les Croods, film d’animation réalisé par Chris Sanders et Kirk DeMicco, sorti le 10 avril 2013 en France

Livres

Pourquoi être heureux quand on peut être normal ?, Jeanette Winterson

pourquoi-etre-heureux-wintersonPourquoi ce livre ?

C’est grâce au magazine Causette (excellent, par ailleurs !) que j’ai eu envie de m’offrir cette autobiographie. Ils n’en disaient que du bien, ça m’a convaincue. Ne connaissant pas du tout l’auteur, je me suis lancée sans arrière-pensée dans cette lecture.

De quoi ça parle ?

Jeanette Winterson, auteur féministe anglaise contemporaine, raconte par chapitres thématiques des moments de sa vie. Elle se focalise notamment sur son enfance : en tant qu’enfant adoptée, elle a passé 16 ans auprès d’une mère pieuse, malheureuse, méchante et incapable d’aimer, qui a paradoxalement forgé son caractère, sa personnalité et son talent. Une relation amour-haine dans un contexte ouvrier des années 1960, au Nord de l’Angleterre.

Mon avis

En refermant le livre, je suis bluffée. Admirative. Moi qui ne connaissais rien de la vie de Jeanette Winterson, j’ai l’impression d’avoir rencontré quelqu’un. Une femme très sensible, courageuse et ambitieuse, qui a su réaliser son rêve – celui de devenir écrivain – malgré les embûches qu’elle a croisées : une mère terrible, qui brûle tous ses livres quand elle les découvre cachés sous le lit ; une petite ville ouvrière qui vit au rythme des prières et événements religieux ; la découverte de son homosexualité, qui provoque la colère et la honte des parents et voisins ; des mensonges sur son identité et celle de sa mère biologique. Une vie difficile, menée à la baguette, où l’amour, quel qu’il soit, n’a pas de place.

Les pensées de l’auteur ne sont pas toujours développées de manière chronologique : elles sont plutôt organisées par thématiques : “A la maison”, “L’église”, “Accrington”, “Littérature anglaise de A à Z”… La vie de Winterson est découpée. On sent que l’auteur a couché ses idées sur le papier telles quelles. L’écriture est nette, précise. On va à l’essentiel : une phrase, une citation, une anecdote qui changera sa vie… Jeanette Winterson a l’air de se dévoiler autour d’un café, face à nous. On se sent bienvenu, prêt à écouter ses récits.jeanette-winterson

A travers son histoire, l’auteur aborde la question de l’identité et de l’adoption, mais aussi celle du destin. Les années passées auprès de sa famille adoptive ont-elles forgées ce qu’elle est devenue – un écrivain récompensé, une féministe ? Que serait-elle aujourd’hui si elle avait vécu avec sa mère biologique ? Elle ne serait sans doute pas autant battue pour lire en cachette les plus grands auteurs anglais, pour entrer dans une école d’Oxford, pour publier son premier roman. Comme elle, je suis persuadée que l’enfance forge l’adulte. C’est d’ailleurs un très beau témoignage que nous livre Winterson dans ce livre.

Quant au titre, il s’agit d’une phrase cruelle de sa mère adoptive, lorsqu’elle a compris que sa fille était heureuse et amoureuse. Une réplique qui définit parfaitement cette femme seule, infiniment blessée et blessante.

Comme vous le voyez, je suis très heureuse de cette lecture ! Je n’ai maintenant qu’une envie : découvrir les autres écrits de Jeanette Winterson, notamment son premier roman autobiographique intitulé Les oranges ne sont pas les seuls fruits. Vous avez envie d’une autobiographie sensible, sincère et particulièrement bien écrite d’un auteur actuel ? N’hésitez pas, lisez Pourquoi être heureux quand on peut être normal ?.

WINTERSON Jeanette, Pourquoi être heureux quand on peut être normal ?, Editions de l’Olivier, 2012 (2011 pour la version originale), traduit de l’anglais par Céline Leroy, 267 pages