Livres

Séquestrée, Chevy Stevens

sequestree-chevy-stevensPourquoi ce livre ?

Il faisait partie d’une sélection de thrillers gagnée sur Internet. Comme j’en ai toute une collection qui m’attend, j’en lis un de temps en temps. Cette fois, c’est Séquestrée qui a attiré mon attention.

De quoi ça parle ?

Annie, jeune agent immobilier, vit sur l’Ile de Vancouver. Lors d’une visite, elle se fait enlever et se retrouve séquestrée dans une cabane perdue dans la forêt. Elle va rester un an ici, avec son agresseur, et vivre les pires horreurs… Jusqu’au jour où elle parvient à s’échapper et découvre alors le vrai fond de l’histoire.

Mon avis

Séquestrée est un de ces romans qui m’attirent irrémédiablement. Ce genre d’histoire, pourtant parfaitement horrible, a quelque chose de fascinant. Une fois de plus, je me suis régalée ! Une bonne partie du roman est dédiée à l’enfermement de l’héroïne et à ce qu’elle subit. Une partie peut-être un peu longue, car on a vraiment envie d’en savoir plus : qui est cet homme ? Pourquoi l’a-t-il délibérément choisie ? Pourquoi la connait-il si bien ? Il faudra attendre la deuxième partie pour éclairer toutes ces zones d’ombre.

J’ai particulièrement été charmée par la façon dont le roman est construit : durant 26 séances de psy, soit 26 chapitres, l’héroïne raconte son histoire à un personnage invisible, la fameuse psy, c’est-à-dire nous, les lecteurs. L’auteur parvient très bien à insérer les actions et dialogues dans ce discours à sens unique. On ne sent pas le glissement narratif, qui passe de la confidence agressive à la narration classique. Les conversations entre Annie et ses proches sont retranscrites au style direct, ce qui n’est pas très “logique” puisqu’il s’agit d’une séance médicale, mais pourtant, cela passe très bien. Un point de vue qui a sans doute été difficile à conserver tout le long du roman, ce qui mérite donc d’être souligné.

Le personnage principal est aussi un bon point : Annie est une femme simple qui doit apprendre à vivre avec l’enfer qu’elle a connu, c’est un cas de figure qui n’a rien de surréaliste malheureusement. J’ai aimé sa manière de refuser le dialogue, de fuir l’indécence des médias et la pitié de ses proches… Annie ne pleure pas, ne crie pas, ne se plaint pas, mais elle parvient à parler.

Un petit point négatif cependant : les révélations finales. Je les ai trouvées assez grossières (dans le sens “pas assez creusées”) et finalement très peu surprenantes, puisque les indices sont semés tout le long du roman. C’est une suite logique et on aurait aimé un renversement de situation.

Après tout, j’ai passé un bon moment de lecture en dévorant Séquestrée. A lire en vacances peut-être, pour frissonner !

STEVENS Chevy, Séquestrée, éditions Pocket, 2013 (édition originale publiée en 2010), traduit par Sebastian Danchin, 383 pages

Livres

La Belle et la Bête, Gabrielle-Suzanne de Villeneuve

labelleetlabete-mmedevilleneuvePourquoi ce livre ?

Après mon article sur le film et la comédie musicale, j’ai continué avec la thématique “La Belle et la Bête”, en me disant qu’il fallait quand même lire une bonne fois pour toutes le conte original.

De quoi ça parle ?

Une jeune femme prénommée Belle se sacrifie pour sauver son père, qui a maladroitement cueilli une rose dans le jardin d’un monstre effroyable. Ce dernier l’épargne et exauce tous ses désirs, en la maintenant prisonnière de son château. Mais Belle comprend que la Bête est soumise à un sortilège…

Mon avis

En lisant mon résumé, vous vous dites sans doute que l’histoire est la même que celle que vous connaissez, la plus répandue. Pourtant, cette première version est bien plus complexe et tarabiscotée que le dessin animé Disney et les autres adaptations qui ont suivies. Il n’est déjà pas question de rose qui s’étiole petit à petit, ni de monstre à tête d’ours/chat… Le prince est victime d’un mauvais sort de sorcière jalouse et est alors affublé d’une trompe d’éléphant. Charmant. La Bête n’est jamais vraiment sympathique : je ne me suis jamais attachée à elle et j’ai eu du mal à comprendre l’amour naissant de la Belle pour cette créature, qui ne fait rien d’autre que lui demander tous les soirs si elle veut “coucher avec elle” (dormir, quoi ! Clignement d'œil ). A ce niveau-là, c’est assez similaire au film de Christophe Gans.

L’écriture date du 18e siècle et cela se sent : les phrases sont assez complexes et le vocabulaire désuet, on est totalement immergé dans une autre époque. Cela a bien sûr un certain charme mais demande, en contrepartie, un peu plus de concentration. Cela m’a parfois fait défaut le matin, dans les transports en commun. Il m’aurait fallu une calèche pour moi toute seule, voilà !

L’histoire que l’on connait tous se déroule très rapidement. Dans la deuxième partie du livre, l’auteur part dans des explications féériques compliquées, qui révèlent la véritable histoire de la Belle, qui n’est pas ce que l’on croit. Ces révélations m’ont beaucoup étonnée car je n’en avais jamais entendu parler ! Ce retour en arrière sur les origines de la Belle, accompagné d’une langue presque obscure, a malheureusement atténué mon plaisir de lecture… J’avais envie d’en finir car cela devenait ennuyeux.

Au final, la version originale de “La Belle et la Bête” est très datée, dans son style d’écriture, sa manière de raconter, son ambiance antique/féérique/romantique. C’est toutefois la genèse d’une très belle histoire d’amour qui inspirera ensuite un grand nombre d’artistes et cela mérite d’être connu de tous. La prochaine étape : lire la réécriture de Madame de Beaumont.

VILLENEUVE (de), Gabrielle-Suzanne, La Belle et la Bête, éditions Gallimard, collection Folio 2€, 2014, 135 pages

Livres

La passe-miroir, 1. Les fiancés de l’hiver, Christelle Dabos

la-passe-miroir-tome1-christelle-dabosPourquoi ce livre ?

Encore une blogueuse à l’origine de cette lecture jeunesse ! Décidément ! Manon, de la chaîne Youtube QuietManon, a été la manipulatrice du jour. Ah bravo !

De quoi ça parle ?

Ophélie est une jeune fille solitaire et sauvage aux passe-temps étranges : d’abord, elle traverse les miroirs pour se déplacer ; ensuite, elle a le pouvoir de “lire” les objets et connaître ainsi leur passé. Elle vit sur l’arche d’Anima, où les objets vivent et réagissent autant que les humains. Un mariage forcé avec le bourru Thorn va bouleverser sa vie… La voilà obligée de le suivre sur la Citacielle, dans le grand Nord, où tout n’est qu’illusion et complots.

Mon avis

Ce premier tome de la trilogie La passe-miroir a su me charmer, bien assez pour que j’ai envie de lire les tomes qui suivront. D’abord parce que je me suis immédiatement sentie proche d’Ophélie, affublée de ses lunettes et son écharpe. Elle ne demande rien à personne, et pourtant, elle va se retrouver, malgré elle, embarquée dans une histoire abracadabrante, dans un monde très mystérieux, entourée de gens loufoques ou dangereux. Bref, on se prend d’amitié pour cette jeune fille, qui semble avoir plus d’influence qu’elle en a l’air.

Le monde imaginaire que dresse Christelle Dabos est ensuite très intéressant : il fourmille d’idées et a déjà l’étoffe d’un univers à la Poudlard (Harry Potter) ou Gwendalavir (La quête d’Ewilan). On l’imagine sans problème adapté au cinéma, même si cela semble complexe à réaliser (en réalité, on l’espère plus qu’on ne l’imagine…). La Citacielle, majestueuse et pleine de surprises, est une capitale flottante miraculeuse, où les décors sont illusoires, où les clans et familles se divisent… L’héroïne évolue avec nous dans les ruelles, les palais et autres constructions fantastiques, et c’est sans conteste un véritable plaisir de lecture.

Enfin, l’histoire est assez relevée et épicée pour nous mettre l’eau à la bouche : que va-t-il arriver à Ophélie ? Quelles décision va-t-elle prendre ? Sera-t-elle finalement bien entourée ou doit-elle rester vigilante ? On veut savoir, c’est donc gagné pour l’auteur. Ce premier roman, lauréat du concours du premier roman jeunesse Gallimard / RTL / Télérama, mérite son prix et son succès.

Je salue aussi l’illustrateur de la couverture, Laurent Gapaillard, qui a su mettre son talent au service de l’univers de Christelle Dabos. Cette Citacielle est tout simplement splendide ! A lire et à suivre dans les années qui viennent !

DABOS Christelle, La passe-miroir, 1. Les fiancés de l’hiver, éditions Gallimard Jeunesse, 519 pages

Livres

Méto, 1. La Maison, Yves Grevet

meto-la-maison-yves-grevetPourquoi ce livre ?

Il y a bien longtemps, j’avais lu une très bonne chronique de cette trilogie d’Yves Grevet sur le blog Les lectures de Kik, qui m’avait vraiment convaincue. Moi qui lis pourtant peu de romans jeunesse (mais pourquoiiii !?), j’avais noté le titre et l’auteur dans mon carnet. Et puis le miracle eut lieu : il est apparu devant moi en janvier, l’air de dire : “eh oh, il serait temps que tu m’achètes, tu crois pas ? Regarde, je suis sorti en poche !” L’argument était en béton, j’ai craqué.

De quoi ça parle ?

Méto est un jeune garçon qui ne sait rien de lui et du monde extérieur. Avec 63 autres garçons, il vit dans la Maison, un lieu clos mystérieux régi par des règles strictes. Chaque geste, chaque moment de la journée est prévu, organisé. Ici, pas de place à l’improvisation ! Les enfants ne savent qu’une chose : en grandissant, ils devront partir. Oui mais où ? Que cache la Maison et ses défenseurs ?

Mon avis

Je suis déjà prête à bondir pour m’offrir le tome 2 lorsqu’il sortira en poche (le 3 avril 2014) ! Oui, Méto est un très bon roman jeunesse, je l’affirme haut et fort ! On est un peu perdus au tout début, car l’univers nous est inconnu. Quelles sont donc ces règles bizarres, où il faut compter 50 secondes entre chaque bouchée, où, lorsqu’il est l’heure de dormir, il faut se comprimer sous les draps jusqu’à ne plus pouvoir bouger… ? Heureusement, très vite arrive un petit nouveau, comme c’est le cas lorsqu’un grand s’en va. Méto va donc expliquer le fonctionnement de la Maison au petit Crassus.

On est donc assez rapidement happé par cette Maison maléfique et autoritaire, où aucun faux pas n’est possible sans finir au Frigo, la pièce froide où l’on enferme les récalcitrants. Méto, en y passant 4 jours, va découvrir qu’il est possible de percer tous ces mystères à jour. C’est donc lui, l’élément perturbateur et le héros à la fois, qui va tout chambouler. Comme lui, on a hâte de savoir ce qu’il se passe dehors ! Où sont les femmes (on se le demande tous !) ? Ces enfants ont-il des parents à l’extérieur ? D’où sortent-ils ? Que deviennent les grands ?

Intriguant, haletant et passionnant : voilà les maîtres-mots de ce court roman, qui donne assurément envie de lire la suite. Il est l’heure de déjouer les complots et autres manigances ! Si comme moi vous êtes un peu paranoïaque dans les romans et soupçonnez tout le monde, que votre raison de lire est de résoudre des énigmes, emparez-vous de Méto, vous serez vite conquis !

GREVET Yves, Méto, tome 1 “La Maison”, éditions Pocket Jeunesse, 2013 (édité chez Syros en 2008), 237 pages

Films·Spectacles

La Belle et la Bête : film et comédie musicale

Cette dernière semaine de février aura été dédiée à La Belle et la Bête sous toutes ses coutures. Mon amie V. est venue chez moi avec, dans son sac, des places pour le spectacle parisien. C’était l’occasion pour nous de passer trois jours sur cette thématique, en visionnant d’abord le dessin animé Disney, puis la dernière adaptation cinématographique de Christophe Gans, avant d’aller au Théâtre Mogador, où se tenait la représentation.

Plutôt que de vous faire plusieurs chroniques répétitives, je préfère les rassembler en une seule, même si je ne suis pas sûre de rédiger une chronique parfaitement construite.

La Belle et la Bête, le film de Christophe Gans

la-belle-et-la-bete-christophe-gans-afficheJ’étais plutôt sceptique à propos de cette nouvelle adaptation, notamment à cause des deux acteurs principaux (Léa Seydoux et Vincent Cassel) que je ne porte pas particulièrement dans mon cœur. Heureusement, j’ai su dépasser cet apriori ! Car le film a de très bons côtés : avant tout, il est beau. Les scènes sont majestueuses, les décors, costumes et lumières parfaitement réussis. L’univers est sombre mais crédible. On y croit et comme Belle, on se méfie de cette nature et ce château maléfiques. Pas d’aspect “gnangnan” propre à Disney qui a tendance à me faire fuir, un très bon point !

Les acteurs sont aussi bien choisis : ils incarnent les personnages avec grâce et crédibilité, sauf peut-être Audrey Lamy, qui reste elle-même. On ne voit pas la sœur de Belle mais bien l’actrice. Dommage !

Autre point positif : le respect de l’histoire originale. Même si je n’ai pas lu le conte de Mme de Villeneuve (pas encore !), c’est dans mon souvenir la véritable histoire de La Belle et la Bête. J’ai particulièrement apprécié ce parti pris !

Enfin, je salue l’apparence de la Bête, qui m’a semblée tout à fait crédible : effrayante, mystérieuse et attirante à la fois, un trio gagnant !

Notons toutefois une faiblesse qui, a mon sens, rend le film bancal : l’amour naissant entre les deux personnages principaux n’est pas assez exploité. On ne perçoit pas l’évolution de leur relation, qui reste glaciale jusqu’à la scène finale, où ils s’embrassent amoureusement. Entre temps, leurs regards n’ont pas évolués, leurs gestes ne se sont pas adoucis… Finalement, ce qu’on attend le plus n’est pas maîtrisé. Cette incohérence frustre malheureusement le spectateur romantique.

Malgré cela, je vous conseille tout de même cette belle adaptation magique. Elle ravira les admirateurs de parcs fleuris et enchantés, les amateurs de fantastique, les amoureux des belles robes et les puristes du conte. Ca fait quand même du monde !

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La Belle et la Bête, la comédie musicale

labelleetlabete-mogadorSachez d’abord que je ne suis pas une inconditionnelle des films Disney. Je n’ai pas été biberonnée à ces dessins animés comme une grande partie de ma génération. Mes héroïnes étaient plutôt Solange et Delphine des “Demoiselles de Rochefort”, ou Peau d’Ane du film de Jacques Demy, et je m’en porte très bien !

Avant d’aller assister au spectacle, j’ai donc visionné le dessin animé. Quelle différence avec l’histoire originale ! C’est cela qui m’a le plus marqué. J’ai compris ensuite pourquoi il plaît à tant de gens : romantique, enfantin, mignon, il met en scène une jeune fille comme les autres et de nombreux personnages foufous.

La comédie musicale se base donc sur le dessin animé : on y retrouve les mêmes personnages, la même intrigue, les mêmes maléfices. Je regrette un peu ce côté-là mais après tout, c’est un choix !

Le spectacle est incroyablement mis en scène : les décors tournants, les costumes flamboyants, les chorégraphies et la musique, parfaitement coordonnées, mettent des paillettes plein les yeux ! Tout est très coloré, joyeux, virevoltant. C’est donc un spectacle haut en couleurs qui émerveille les fans mais aussi les novices. Bien joué !

Les comédiens/chanteurs/danseurs incarnent très bien les personnages Disney : l’espièglerie de Lumière, la stature de l’Armoire, la douceur de Mme Samovar, l’honnêteté de Belle et la douce folie de son père… Tout cela fait indéniablement le charme de cette mise en scène.

Le bémol majeur de cette comédie musicale : la Bête. C’est dommage puisqu’il s’agit d’un personnage-clef… Malheureusement, je n’ai pas du tout été séduite par cette Bête, ni monstrueuse, ni charismatique. On attendrait un costume plus impressionnant, une voix grave et puissante, un jeu d’acteur plus mystérieux… Qu’est-ce donc que ce bélier enrhumé gigotant comme une sauterelle ?

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Quand la Bête geint en silence dans les coulisses, rassurez-vous, le reste est parfait ! Tous savent chanter et danser, on est à la fois surpris, émerveillé, ému et amusé et l’on ne voit pas passer les 2h30. Mention spéciale aux musiciens et au chef d’orchestre qui étaient juste devant nous et qui parviennent à se faire oublier tout en magnifiant l’ensemble. Bravo !

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Un beau cadeau à offrir ou à s’offrir. J’en profite pour remercier ma chère V. et son adorable maman.

Après ces trois jours thématiques, devinez-quoi ?! Je me suis acheté le conte original ! Faut pas se laisser aller les amis. Je vous en reparlerai quand il sera lu. En attendant, je vous conseille de comparer une œuvre et ses adaptations de cette manière, c’est très enrichissant !

Blabla

Swap littéraire : le colis est arrivé !

Rappelez-vous : j’ai organisé un swap littéraire début janvier, car j’avais envie de tenter l’expérience. Suite au tirage au sort, je me suis retrouvée en duo avec Mélanie, du blog Lis-moi si tu veux, une blogueuse que je suivais déjà avant. J’ai particulièrement adoré préparer le colis, réfléchir au contenu et aux emballages, déposer le tout à La Poste… Je suis toujours ravie de faire des cadeaux surprises !

Mélanie a elle aussi conçu un colis qu’elle m’a envoyé en début de semaine. Deux jours plus tard, il était chez moi ! J’ai bondi de joie en le voyant et me suis empressée de l’ouvrir. Elle a parfaitement respecté les règles et le délai d’envoi, alors merci à toi ! Comme je sais que vous êtes des petits curieux, voici tout de suite le contenu de son colis :

Le livre qui correspond à mes envies et celui qu’elle me conseille…

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La surprise (MIAM !)…

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Tout cela était accompagné d’un petit mot tout gentil. J’étais très heureuse et n’arrêtais pas de sourire bêtement ! J’adore les surprises, c’est officiel ! Merci à toi, Mélanie, d’avoir parfaitement pensé ce colis. J’ai d’ailleurs déjà testé le thé Lipton, héhé.

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Je réorganiserai peut-être un autre swap dans l’année car j’ai adoré cet échange. Merci à ceux qui y ont participé et j’espère que vos échanges et vos cadeaux vous ont plu ! Voici les articles de blogs des participants (liste que je vais mettre à jour au fur et à mesure) :

L’article de ma binôme, Mélanie, pour découvrir mon colis : Swap Littéraire – De ma Plume à vos Oreilles

Duo 1
Gwenlan : Mon premier Swap
Erika :
Swap littéraire

Duo 3
Charlotte :
Swap littéraire

Duo 4
Nelly : Le swap que j’ai reçu de la part de Miss Alfie
Miss Alfie : Le retour des swaps sur le blog

Duo 5
Vu de mes lunettes :
So Swap ?!
Alison : Swap Littéraire by De ma Plume à vos Oreilles

Duo 6
Sev : Le swap littéraire « De ma Plume à vos Oreilles »

Duo 7
Mylou : Swap chez Critéïne
Virginy :
Swap “De ma Plume à vos Oreilles”

Duo 8
Ashtray Girl : Dis-moi ce que tu lis, je t’enverrai ce que je lis
Madimado : Swap littéraire

Duo 9
Guillaume : Swap littéraire

Duo 10
La Critiquante : SWAP littéraire

Livres

Orgueil et préjugé, Jane Austen

orgueil-et-prejugePourquoi ce livre ?

Parce qu’il était temps !

De quoi ça parle ?

L’histoire se passe dans l’Angleterre du 18ème siècle, au temps des belles robes, des bonnes manières et de l’hypocrisie générale. On suit les aventures d’Elizabeth Bennet et de sa famille, principalement préoccupée par le mariage. L’arrivée d’un nouveau voisin, M. Bingley, va bouleverser l’ordre des choses…

Mon avis

Il m’aura fallu du temps pour découvrir la plume de Jane Austen mais c’est enfin chose faite et j’en suis ravie ! Elizabeth par ci, Darcy par là… Les deux héros de ce roman classique sont on ne peut plus admirés sur la blogosphère littéraire et il faut avouer qu’on se sent un peu perdu lorsque “Darcy” ne nous évoque que Bridget Jones. C’est pour cette raison, mais aussi par curiosité, qu’il était donc nécessaire que je découvre ces amoureux.

J’ai certes eu du mal à me lancer : il m’a fallu un temps d’adaptation à la langue de l’époque, aux formulations alambiquées et aux bons mots de l’auteur. Car on ne lit pas Jane Austen vite fait bien fait. La concentration est de mise, mais c’est pour mieux savourer chaque conversation, chaque réflexion. Après avoir plongé dans l’ambiance théâtrale du roman, on ne peut s’en défaire car il est évident que nous faisons nous aussi partie des bals, sorties dans les parcs, discussions de salon et autres confidences épistolaires.

L’héroïne, rebelle et féministe avant l’heure, affirme son caractère avec tant de verve et de répartie qu’on a envie de l’applaudir régulièrement. Mais elle est aussi pleine de préjugés et apprendra au fil des pages à dépasser les apparences. M. Darcy, cet homme si orgueilleux et malpoli, pourrait bien être un honnête et discret admirateur…

Orgueil et préjugé est un roman parfaitement mis en scène. Avec très peu d’action, l’auteur parvient à retranscrire une époque, une ambiance. On aimerait enfiler une longue robe à froufrous et se pavaner avec les sœurs Bennet, chuchoter d’incroyables rumeurs aux cousines, oncles et tantes, jouer à l’amoureuse résistant la tête haute. C’est un livre qui réveille en nous les envies de théâtre et de déguisements, tout en questionnant le monde d’hier et les priorités des bourgeois anglais du 18e.

J’aimerais maintenant découvrir les adaptations cinématographiques qui ont été faites de ce roman. Laquelle me conseillez-vous ? Le film avec Keira Knightley ou la série de la BBC ? Si vous n’avez pas encore lu ce roman et que vous avez besoin d’une bonne dose de classique et de talent, lancez-vous !

AUSTEN Jane, Orgueil et préjugé, éditions du Rocher, collection Motifs, 2004 (édition originale de 1813), traduit par Béatrice Vierne, 623 pages

Musique et concerts

Ben Mazué, le poète charmeur

BEN-MAZUE-CREDIT-Romain-OsiJe continue mes chroniques musicales, puisque ça avait l’air de vous plaire ! J’ai donc choisi Ben Mazué pour inaugurer l’année 2014, découvert par hasard en 2011. Mes parents et moi avions alors décidé d’aller assister à son concert le jour même, dans un village près de chez moi. Pas encore d’album, ni de radio, ni de passage à Taratata. Seul sur scène avec son guitariste, il a réussi à me charmer, me faire rire, m’émouvoir ! J’ai senti le coup de cœur en sortant de la salle et je n’avais alors qu’une envie, acheter son album ! Mais il a fallu attendre quelques mois avant de pouvoir me le procurer. Un certain nombre de chansons interprétées en concert ne sont pas sur le cd mais celles qui en font partie sont tout simplement géniales ! album-ben-mazué

Mais qui est Ben Mazué ?

Un trentenaire mince et discret, affublé de cheveux roux et d’yeux bleus, tout mignon, tout souriant. Influencé par le rap, lui ? Sans déc’ ? Oui, oui. On le sent mélomane et talentueux. Il l’est, c’est une certitude. Car sa musique ne ressemble à aucune autre : le phrasé rappé est accompagné d’instruments de tous types, le texte poétique raconte de vraies histoires, souvent celles de Ben Mazué, justement. Enfin, la voix douce et cassée est absolument charmante ! Comment ne pas résister !?

Son prochain album sort en septembre 2014, ENFIN ! Vous avez donc quelques mois pour tomber sous son charme incontestable (si, si). Pour cela, je vous conseille d’écouter “Case départ” (qui vous présente le bonhomme), “Confessions d’un rap addict” et “L’homme modeste”. Pour fondre sur place, commencez par “La valse” ! Cliquez ici pour écouter tout ça.

Consultez aussi son site internet pour voir d’autres vidéos, en savoir plus sur sa vie, les prix qu’il a reçus, les festivals où il est allé ou ses concerts à venir.

NB : La photo portrait appartient à Romain Osi.

Livres

La fille de l’hiver, Eowyn Ivey

la-fille-de-lhiverPourquoi ce livre ?

Je l’ai acheté sur un coup de tête début janvier, après avoir lu de bons avis sur ce roman. Incroyable mais vrai, je l’ai déjà lu ! L’objectif étant, à l’origine, de le lire durant l’hiver…

De quoi ça parle ?

Mabel et Jack, un couple de 40/50 ans, viennent de s’exiler en Alaska, loin de tout. Leur but ? Fuir pour oublier la mort de leur bébé. Distants et malheureux, ils s’adaptent difficilement au grand Nord. Jusqu’au jour où ils décident de faire un bonhomme de neige à l’allure enfantine. Le lendemain matin, une petite fille en chair et en os a pris sa place. Miracle ou hallucination ? La fille de l’hiver va peut-être bien les aider à avancer…

Mon avis

Inspiré par un conte folklorique russe intitulé Snégourotchka, La fille de l’hiver est un très beau roman. L’Alaska, parfaitement décrit par l’auteur (qui y habite), joue un rôle essentiel dans cette histoire. Les paysages enneigés, omniprésents, ne sont pas hostiles aux personnages : les baies de canneberge décorent subtilement la blancheur des sous-bois, les renards et autres animaux se faufilent entre les arbres, la rivière gèle… Les hommes et le monde sauvage vivent en harmonie. Cela procure au lecteur un sentiment de bien-être et d’apaisement immédiat !

L’histoire est aussi charmante et délicate : ce couple rongé par la tristesse retrouve peu à peu le sourire, grâce à l’étincelle qu’est la petite fille. Mystérieuse, elle apparaît de temps en temps puis retourne sans un mot dans la forêt. Avant même que l’on ait le temps de se lasser, le récit prend une autre tournure : l’enfant grandit et se confronte aux proches du couple ; elle se dévoile petit à petit, pour notre plus grand plaisir. C’est avant tout une histoire familiale parsemée de magie que nous raconte Eowyn Ivey.

Inutile d’attendre une explication rationnelle, il n’y en aura pas. La structure d’origine du conte est conservée. L’auteur n’a fait que broder autour d’elle, en y apportant une touche de modernité, et cela est réussi. Les 450 pages défilent sans problème !

On referme le livre le cœur triste, désolé de devoir quitter Mabel et Jack, mais ravi d’avoir plongé dans cette si belle aventure. Pour les amateurs de grands espaces et de jolies histoires !

Informations complémentaires

J’ai appris, en fouinant un peu, que l’auteur portait se prénom en hommage au personnage féminin du Seigneur des anneaux de Tolkien. Je n’ai pu qu’admirer le choix de ses parents. Hihi !

IVEY Eowyn, La fille de l’hiver, éditions 10-18, 2013 (édition originale en 2012), traduit par Isabelle Chapman, 450 pages

Livres

L’ultime secret du Christ, José Rodrigues dos Santos

lultime-secret-du-christPourquoi ce livre ?

Ce roman fait partie de la sélection imposée du Prix de la Critique Littéraire de Puteaux, auquel je participe.

De quoi ça parle ?

Dès le début de l’histoire, une paléographe reconnue est retrouvée égorgée dans la bibliothèque vaticane de Rome. A côté d’elle, les enquêteurs trouvent un étrange message codé. Ils font alors appel à Tomás, cryptologue particulièrement doué pour déchiffrer la Bible, afin d’expliquer cet horrible meurtre. Mais l’enquête ne va pas s’arrêter là : d’autres meurtres sont commis ailleurs en Europe et ils semblent trop similaires au premier pour être de simples coïncidences…

Mon avis

Le début de L’ultime secret du Christ commençait bien : Patricia Escalona, paléographe espagnole, venait d’être retrouvée égorgée dans la bibliothèque vaticane de Rome, près d’un étrange message codé. Le contexte parfaitement dressé, l’histoire allait pouvoir se dérouler. C’était sans compter sur l’invasion régulière de l’auteur, brutale et fastidieuse, qui semblait alors venir volontairement déconstruire le récit et réduire le suspense à néant.

Car c’est bien cela qui pose majoritairement problème à ce roman historique : de longues analyses de textes bibliques ponctuent le livre et empêchent inévitablement le déroulement de l’histoire. On sent, derrière ces lignes richement documentées, la passion de l’auteur pour l’histoire de Jésus. L’enquête policière, prétexte à ces révélations historiques, n’est alors qu’affaiblie et perd de l’intérêt.

Mais parce qu’il faut bien une histoire pour appuyer la parole de l’auteur, celui-ci s’empresse d’utiliser un procédé littéraire connu de tous les amateurs de thrillers, qui consiste à terminer chaque chapitre d’une phrase révélatrice, à la fois lourde de sens et énigmatique. C’est notamment ce qui fait le charme des « page-turners », qu’on ne peut s’empêcher d’arrêter de lire. L’ultime secret du Christ n’en est malheureusement pas un : répéter ce schéma à chaque chapitre, après une longue étude de la Bible, apporte finalement un côté artificiel au récit. José Rodrigues dos Santos aurait peut-être dû écrire tout simplement un essai sur Jésus…

Cet aspect stylistique mis à part, l’enquête policière finit néanmoins par attirer l’attention. Même si leurs personnalités ne sont pas assez creusées, Valentina, l’enquêtrice italienne, et Tomás, le héros cryptologue, relancent habilement la narration. Les cent dernières pages, bien qu’un peu tirées par les cheveux, ont aussi le mérite de maintenir le suspense et d’accrocher le lecteur – enfin !

Rendons aussi hommage à l’aspect scientifique du roman et aux nombreuses recherches documentaires effectuées par l’auteur. La vie de Jésus est intelligemment décortiquée et toujours étayée de preuves, elles-mêmes certifiées par l’écrivain à la fin du livre. On aurait tendance à se lancer dans d’autres lectures à ce propos afin d’en savoir un peu plus… Eveiller la curiosité du lecteur, même s’il n’est a priori pas séduit par le sujet, est, avouons-le, une réussite.

Il est donc nécessaire d’être averti : L’ultime secret du Christ se lit avant tout comme une démonstration historique et scientifique. Les amateurs de romans policiers risquent d’être déçus…

SANTOS, José Rodrigues dos, L’ultime secret du Christ, éditions Hervé Chopin, 2013 (2011 pour l’édition originale), traduit par Carlos Batista, 493 pages