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Barbe bleue, Amélie Nothomb

barbebleue-nothombC’est dans le cadre du Prix de la Critique Littéraire de Puteaux que j’ai lu Barbe bleue, le dernier roman d’Amélie Nothomb. Autant vous dire que je ne l’aurais pas acheté (ni lu) autrement. Je ne suis pas une adepte de sa plume et cette lecture n’a fait que confirmer mon avis.

Le Barbe bleue d’Amélie Nothomb reprend le brillant conte de Perrault, mille fois revisité sur scène, au cinéma, au théâtre, à l’opéra. Ayant toujours aimé les contes, j’étais plutôt emballée par cette adaptation contemporaine. Nous y découvrons une jeune femme prénommée Saturnine, à la recherche d’un appartement parisien digne de ce nom et au loyer abordable ; autant dire une chose impossible ou miraculeuse. Mais c’est la chance qui frappe à sa porte : elle est choisie comme colocataire par Don Elemirio, un riche espagnol, qui possède un luxueux appartement dans le 7e arrondissement. Pour 500 €, il accepte de le partager avec elle.

Sans hésiter, Saturnine signe le contrat et découvre le luxe : sa chambre est sublime, ultra-confortable, elle déguste avec le maître des lieux langoustes, caviar et champagnes hors de prix, la vie est belle. Le hic : elle a l’interdiction d’approcher la chambre noire, soi-disant destinée au développement des photos du propriétaire.

Le suspense est à son comble : va-t-elle, oui ou non, ouvrir cette porte interdite ? Que cache cette chambre noire non-verrouillée ? C’est sans compter sur la parfaite indifférence de la jeune femme, qui préfère mépriser son hôte à table plutôt que découvrir pareil secret.

En effet, lorsque les deux personnages se retrouvent pour dîner, ils échangent des conversations musclées, absolument anti-naturelles. Leur centre d’intérêt commun : l’or. Les voilà qui dévient sur le sujet, philosophent sur le repentir, le pardon, la morale, la noblesse, la “grandesse”, l’enfer, le péché… Ils se lancent sans cesse des piques, se défient, se cherchent. Sans conteste, Saturnine maîtrise la situation : c’est elle qui décide quand la conversation est finie, elle qui subjugue Don Elemirio par sa franchise. Il l’aime, elle le déteste.

Si peu crédible, résigné et apathique, le “méchant” de l’histoire déçoit au plus haut point. Loin d’être un monstrueux personnage, il apparaît plutôt vieillissant et bougon, isolé du monde depuis vingt ans. D’abord déstabilisé par le caractère de la jeune femme qui vit avec lui, il finit par se prendre au jeu et se laisse alors dominer.

Même si le roman est court, on ne comprend pas bien l’intérêt de ces discussions hachurées qui animent les repas des personnages. L’écriture est d’une simplicité déconcertante, on stagne donc pendant les trois quarts du roman, jusqu’à ce que l’héroïne agisse enfin. En tombant à son tour amoureuse de son hôte, par on ne sait quel prodige, Saturnine prend les choses en main et parvient à faire dire à Don Elemirio son secret, absolument décevant, cela va sans dire.

Ce Barbe bleue semble inachevé : a-t-il été écrit en quelques heures ? On le croirait. L’histoire est rapidement résolue, l’action quasi-inexistante, les personnages peu intéressants. On a le sentiment de s’être fait berner par un ouvrage vite fait bien fait, incohérent et assez décevant. Retravailler le mythe de Barbe bleue était pourtant une bonne idée… mais Amélie Nothomb n’a pas su rendre sa version attractive.

Comme je le pressentais, l’écriture est bien trop simpliste. J’attends toujours d’un auteur qu’il soit plaisant à lire, que ses mots me charment et me convainquent, qu’ils me passionnent et me troublent. Chez Amélie Nothomb, je ne ressens malheureusement rien. A lire à la plage ou dans une salle d’attente, donc, pour passer le temps, tout simplement.

NOTHOMB Amélie, Barbe bleue, Editions Albin Michel, 2012, 170 pages

3 réflexions au sujet de « Barbe bleue, Amélie Nothomb »

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