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1Q84, Livre 1 (avril-juin), Haruki Murakami

1q84Comment prononcer ce titre de roman improbable ? C’est LA question que je me suis posée, jusqu’à découvrir qu’apparemment, on dit “One Q [kiou] eighty four” en anglais, et “un Q [ku] quatre-vingt quatre” en français. Bref, ça ne veut rien dire. Ce “Q” vient tout bouleverser : est-ce un “mille” ? Est-ce un “un” ? Je vous le dis, ça m’a travaillée.

Pendant tout ce temps, j’essayais également de lire ce fameux roman. Long, indéniablement. Trop long. Avec quelques centaines de pages en moins, j’aurais sans doute plus apprécié. Car chez Murakami, on ne rigole pas avec les descriptions, les réflexions philosophiques, l’observation du présent. Tout est matière à poésie. Tout est matière à somnifère.

Pour vraiment profiter de ce livre, un conseil : soyez en pleine forme, à 150 % de batterie rechargée. Un trop-plein d’énergie sera évidemment nécessaire à votre survie. Faute de quoi, vous sombrerez sans doute dans un profond sommeil.

Pour ceux qui ignorent encore l’histoire de ce best-seller (eh oui), on suit deux personnages qui ne se connaissent pas, ne se voient pas, ne se rencontrent jamais. Il s’agit d’abord d’Aomamé, une jeune femme traumatisée par les hommes, qui tuent discrètement et avec une efficacité redoutable ceux qui brutalisent la gente féminine. Une sorte de super-vengeresse sexy, féministe mais non-féminine.

D’un autre bord, on observe Tengo, un professeur de maths en mal d’écriture, qui se lance dans une “aventure” (pas du genre chevaleresque rassurez-vous) “ouhlala-très-très-louche” : il réécrit le roman d’une adolescente qui a des chances de gagner le super-prix des jeunes auteurs, mais ça doit rester un secret. En gros, l’histoire de cette fille est vraiment géniale mais elle ne sait pas écrire correctement, il va donc se charger de la syntaxe.

Comme ça, vous le confirmerez sans doute, ça n’a pas l’air passionnant. C’est un fait : ça ne l’est pas. Deux grosses frustrations m’ont achevée : d’abord, on ne connaît jamais l’histoire de l’ado ! Elle est si passionnante que Tengo en est bouleversé, mais nous, on peut se frotter, on ne saura rien, à part que ça parle d’une chèvre et des Little People, des choses inexpliquées (lutins vengeurs ? Esprits malheureux ? Gentilles fées ? Où est ma brosse ?).

Deuxième frustration : les deux héros ne se rencontrent JAMAIS. On dirait bien qu’ils ne vivent pas dans le même monde, même s’il existe quelques similitudes dans leurs vies.

D’accord, ce n’est que le premier livre d’une trilogie. D’accord, tout doit forcément être expliqué par la suite, et c’est la raison pour laquelle je lirai les autres tomes (ma volonté littéraire est sans limites !). Mais assommer un nouveau lecteur, comme ça, dès le début, en lui baragouinant une intro de 500 pages qui ne pose que des questions, c’est lui rappeler ses souvenirs de dissertations philosophiques de lycée qui savaient uniquement lui faire fumer le cerveau.

Concluons en quelques mots : 1Q84 est un amas de questions et de longues descriptions. Parfait pour les obsédés du détail, ennuyeux pour ceux qui aiment l’action, le suspense, les bouleversements de scénario !

PS : J’ai mis UN mois à lire ce roman. Sans rien lire d’autre. Murakami a tué mon envie de lire pendant un instant. Pour info.

MURAKAMI Haruki, 1Q84, Livre 1, avril-juin, Editions Belfond, 2011 (2009 pour l’édition originale), 534 pages.

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