Livres

Le journal de Bridget Jones, Helen Fielding

bridget-jonesPourquoi ce livre ?

Il s’agit sans doute de ma première lecture “chick-lit”. La période actuelle n’étant pas toute rose, j’avais envie de lire quelque chose de plus léger que mes polars et thrillers. L’article d’Aniouchka m’a convaincue : il fallait que je lise Le journal de Bridget Jones pour rigoler un bon coup.

De quoi ça parle ?

Bridget Jones, trentenaire britannique, dresse un journal de ses aventures professionnelles et amoureuses : rien ne va plus dans sa vie. Indépendante, elle recherche plus ou moins l’homme de sa vie, mais c’est sans compter sur les réflexions de son entourage et sa maladresse légendaire. Bridget consigne tout dans son journal : ses excès (calories, alcool, cigarettes…) mais aussi ses regrets, ses souffrances et ses joies. On devient alors le/la confident(e) attitrée de ce personnage féminin haut-en-couleur.

Mon avis

Le journal de Bridget Jones est un vrai bol d’air frais : l’écriture, légère, spontanée et aérée, ainsi que la mise en page (nombreux retours à la ligne, découpage par date et par mois) permettent de lire sans aucune difficulté les aventures de l’héroïne. Il ne manque que l’écriture au stylo et les ratures pour que l’on y croit vraiment. Un bon point de la part de l’auteur, qui met ainsi en scène une jeune femme maladroite, joyeuse et préoccupée par des millions de choses, bref, une femme qui nous ressemble.

Pas de suspense insoutenable ou de renversement de situation incroyable dans ce roman. Mais ce n’est pas ce que l’on vient chercher. On suit les affres amoureuses de Bridget, on rencontre ses amis féministes, sa mère névrosée, son père dépressif. Les anecdotes font toute l’histoire et l’on s’y retrouve forcément : comme elle, on mange trop pendant les fêtes de Noël, on regrette de ne pas être aller faire du sport (mais l’on n’y va pas pour autant), on prend des bonnes résolutions qui tombent à l’eau une heure plus tard… Plus qu’un personnage, Bridget devient une copine. On aurait envie de se faire une soirée télé-vernis avec elle !

L’adaptation cinématographique est, je trouve, assez fidèle au bouquin. On y retrouve les mêmes catastrophes, les mêmes personnages et les mêmes mensonges. Lire le livre quand on connaît le film est donc une bonne façon de se replonger dans cette comédie. Rapide à lire et très joyeux, Le journal de Bridget Jones vous redonnera le moral un temps et vous fera rire, sans aucun doute !

FIELDING Helen, Le journal de Bridget Jones, éditions J’ai Lu, 2000 (1996 pour l’édition originale), traduit par Arlette Stroumza, 347 pages

Livres

Alex, Pierre Lemaitre

alex pierre lemaitrePourquoi ce livre ?

Une fois encore, ce fut un cadeau d’anniversaire !

De quoi ça parle ?

Ce thriller commence par l’enlèvement d’Alex, une jeune, jolie et mystérieuse femme, qui ne laisse aucun homme indifférent. Un soir, alors qu’elle rentre chez elle, un homme la frappe et l’entraîne dans sa camionnette. Qui est-il ? Que veut-il ? Elle ne le sait pas mais comprend que tout cela est organisé, prévu. Très vite, elle se retrouve nue, séquestrée dans une cage suspendue au dessus du vide, quelque part, dans un vieil entrepôt désaffecté. De son côté, la police enquête : en peu de temps, elle parvient à retrouver la trace du ravisseur et de sa victime. Mais quelque chose ne va pas. En effet, en arrivant sur les lieux, le commissaire Verhoeven découvre qu’Alex a disparu, sans l’aide de personne. Qui est-elle vraiment ?

Mon avis

Ecrire ce long résumé ne gâche rien au suspense : tout ceci est dit sur la quatrième de couverture. Ce n’est en réalité que le début de l’histoire d’Alex. Découpé en trois parties, ce roman noir dévoile petit à petit la personnalité et les motivations d’Alex, le personnage principal. Car cette femme n’est pas seulement victime : elle est aussi coupable. De quoi ? A vous de le découvrir !

Mon avis reste mitigé après avoir refermé la dernière page de ce livre. Les rebondissements de l’histoire et les révélations qui sont faites au fur et à mesure ont permis que je finisse ma lecture. Préoccupée par cet intriguant personnage féminin, finalement très peu dévoilé dans les 2/3 du roman, je voulais absolument en savoir plus. Une réussite de la part de l’auteur, donc, qui s’approprie les codes du suspense et du retournement de situation.

En revanche, durant toute ma lecture, j’ai vraiment été déstabilisée par le style de Pierre Lemaitre. D’abord, il utilise le présent simple tout le long du roman. Un choix, vous le savez, que je trouve insupportable à la lecture. Ensuite, les phrases sont courtes, très descriptives. Cela crée une distance entre le lecteur et les personnages : le premier ne sait que très rarement ce que ressentent les seconds. Bien que cela concorde avec l’histoire et l’ambiance, je ne me suis pas sentie assez “concernée”. A savoir, donc, si l’on entreprend la lecture d’Alex : le lecteur n’est ni complice ni confident, il est extérieur à tout ce qui se trame. Un sentiment assez particulier !

Malgré tout cela, je pense que je n’oublierai pas ce roman, qui fut tout de même assez imprévisible et surprenant pour que je m’en souvienne. Si vous cherchez un thriller glaçant, parfois gore ou effrayant, assez haletant pour vous interroger, assez court pour ne pas vous ennuyer, lisez Alex. Une seule condition : aimez lire au présent simple.

Infos complémentaires

Ce roman a obtenu le Prix des Lecteurs Policier du Livre de Poche en 2012.

LEMAITRE Pierre, Alex, éditions Le Livre de Poche, 2012 (d’abord édité chez Albin Michel en 2011), 397 pages

Livres

La Vérité sur l’Affaire Harry Québert, Joël Dicker

laveritesurlaffaireharryquebertPourquoi ce livre ?

Le succès et les retours élogieux de ce roman ont su me convaincre : j’espérais en secret le recevoir en cadeau de Noël. Par chance, ce fut le cas ! Mais ce n’est qu’au mois de mai que j’ai pu m’y plonger.

De quoi ça parle ?

Dès le début, on suit Marcus Goldman, écrivain à succès, s’apprêtant à écrire un nouveau roman pour son éditeur. Malheureusement, l’inspiration ne vient pas. Il reprend alors contact avec un vieil ami, Harry Québert, qui fut son professeur et son mentor. Leurs destins vont être bouleversés lorsque l’on retrouve dans le jardin de Québert le squelette de Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans assassinée en 1975, bien des années avant. Son maître et ami accusé de meurtre, Goldman va tout faire pour prouver son innocence, en interrogeant le voisinage et outrepassant les menaces qui lui sont proférées. Une expérience qu’il va vite coucher sur le papier, afin de rétablir la vérité.

Mon avis

La Vérité sur l’Affaire Harry Québert est un incroyable roman ! Difficile de le lâcher lorsque l’on commence la lecture. Aéré et rythmé, le texte est très accrocheur : la fin d’un chapitre donne irrémédiablement envie d’entamer le suivant. On ne s’ennuie jamais. L’enquête de Goldman et les découvertes qu’il fait au fil des pages sont étonnantes et mystérieuses. On chercher tout le temps le pourquoi du comment.

L’organisation du roman est aussi très intéressante : d’abord, les points de vue se multiplient. Ainsi, on revit plusieurs scènes, racontées par plusieurs personnages. Quelques détails diffèrent alors, des secrets sont percés à jour, le suspense est à son comble ! Ensuite, chaque chapitre est précédé d’une leçon d’écriture, dictée par Québert. En 31 points, on apprend donc quelle est la recette d’un bon roman. Car ce livre est aussi une réflexion sur l’écriture et sur l’acte d’écrire. L’objet livre en lui-même fait partie de l’histoire : celui que nous tenons entre nos mains n’est autre que le livre écrit par Goldman. Une très belle mise en abyme qui est un véritable tour de force de la part de l’auteur !

L’intrigue est elle aussi surprenante. Jamais je n’ai découvert les réponses par moi-même, car Joël Dicker sait nous mener par le bout du nez. Les rebondissements surviennent jusqu’aux derniers chapitres, impossible de s’arrêter ! Très cinématographique, ce roman a toutes ses chances pour être adapté sur grand écran : rythmé, mystérieux, riche en dialogues, impeccablement ficelé, rien ne manque pour que l’on passe un très bon moment. Le temps de quelques jours, j’ai retrouvé la frénésie littéraire qui m’habite de plus en plus rarement. N’ayez donc pas peur des 600 et quelques pages, elles vous fileront entre les doigts en un rien de temps ! Un Goncourt des lycéens amplement mérité.

DICKER Joël, La Vérité sur l’Affaire Harry Québert, éditions de Fallois / L’Age d’Homme, 2012, 667 pages

Livres

Bord cadre, Jean Teulé

bord-cadre-teulePourquoi ce livre ?

Je l’ai choisi par hasard en faisant mes courses. Un tout petit risque car il s’agit tout de même d’un Teulé.

De quoi ça parle ?

Très court, ce roman raconte l’histoire d’un couple, de sa naissance à sa rupture, en passant par la passion et la déchirure. Marc et Léone, qui se rencontrent chez le peintre Sainte-Rose, vont connaître l’amour fou avant d’entrer en guerre. Un conflit provoqué par leur ami commun, qui propose à Marc, écrivain fragile, d’écrire sur un couple heureux qui se déchirerait. Son but ? Que la fiction remplace la réalité. Marc incarne donc son héros moqueur et méchant pour mieux imaginer son histoire. Un dangereux jeu de rôle qui va mener son couple à la catastrophe.

Mon avis

Bord cadre est un roman rythmé, sur l’amour et la passion artistique. Peut-on détruire ce que l’on aime le plus au monde pour atteindre l’apogée de son art ? C’est en tout cas ce que croient Marc et Sainte-Rose, l’un manipulé, l’autre amusé par ce qui se crée sous ses yeux. Une fois le couple détruit, il pourra peindre le malheur qui se lit dans leurs yeux. Un regard impossible à imiter. Il faut donc qu’il soit sincère et pour cela, le couple doit être malheureux. Tordu, n’est-ce pas ?

Découpé en trois parties principales (Rencontre, Bonheur et Malheur), ce petit livre de Jean Teulé se lit facilement et rapidement. Les courts chapitres rythment la lecture : on observe en accéléré l’histoire d’amour des deux héros ainsi que le mécanisme qui va les mener à leur perte. D’abord tendres, admiratifs et amoureux, Marc et Léone deviennent ennemis. Les déclarations d’amour laissent place aux répliques assassines. Ce qu’ils aimaient chez l’autre devient insupportable. Mais il ne s’agit pas d’un ras-le-bol "ordinaire". Ils incarnent chacun les personnages du roman de Marc, mais se sentent toujours visés personnellement. Une double lecture intéressante et originale, qui fait de cette histoire d’amour une histoire "pas comme les autres".

Bord cadre est un joli petit roman, finalement assez sombre. La fin aurait peut-être pu être évitée. Bien sûr, elle comble et rassure le lecteur, mais elle change légèrement le discours principal du roman. L’amour triomphe-t-il toujours sur la passion ? Jean Teulé donne la réponse, à vous de la découvrir !

TEULÉ Jean, Bord cadre, Editions Pocket, 2011 (1999 pour la publication chez Julliard), 175 pages

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La Tristesse du Samouraï, Víctor del Árbol

A LA VOLTAIRE !Pourquoi ce livre ?

La Tristesse du Samouraï fait partie de la sélection du Prix de la Critique de Puteaux 2013. Dernière lecture imposée de l’année !

De quoi ça parle ?

L’histoire se passe en Espagne, à travers plusieurs périodes historiques : on suit d’abord Maria, avocate renommée des années 80 ; puis en 1941, Isabel, épouse d’un chef de parti d’extrême droite, éprise de liberté ; mais aussi Fernando et Andrès, fils d’Isabel, qui traversent les époques et relient les destins des autres personnages. Différentes familles, qui ont vu leurs destins basculer autrefois, doivent à nouveau faire face à leurs démons… en s’affrontant ou en s’entraidant. Un choix qui n’est pas toujours facile à faire.

Mon avis

Avouons-le tout de suite : j’ai pris peur en lisant la quatrième de couverture. Impossible de faire plus fouillis et démoralisant. J’ai cru un instant que je ne comprendrais rien, que les personnages seraient bien trop nombreux, que l’histoire serait absolument tordue et surtout, qu’en tant qu’inculte de l’histoire d’Espagne, je serais sans repères. Je vous rassure immédiatement, rien de tout cela n’est vrai. OUF.

Certes, les personnages sont nombreux, mais ils sont présentés petit à petit, et ont tous une histoire différente. On s’emmêle peut-être un peu les pinceaux au début mais très vite, on s’y fait. La faute, sans doute, aux prénoms espagnols choisis par l’auteur, qui ont parfois tendance à se ressembler (Marta, Maria…).

L’histoire, bien que complexe, est habilement déroulée. Chaque début de chapitre est introduit par un rappel du lieu et de l’époque qui va concerner ce qui va suivre. Très vite, hop, associations d’idées : 1981 = on suit Maria. Tout va bien.

L’histoire d’Espagne n’est qu’un décor aux péripéties du roman : elle a bien sûr une explication aux comportements de certains, aux combats, aux guerres et autres batailles, mais au fond, je n’y ai pas accordé d’importance, et cela n’a pas gâché ma lecture. Ce qui importe, au fond, ce sont les aventures et révélations humaines, les trahisons, les secrets, les douleurs des personnages, et les liens qui existent entre eux, malgré leur volonté.

Au final, l’auteur propose un récit bien ficelé, qui tient le coup jusqu’au bout. Les révélations parsemées au fil des pages entretiennent le suspense. Les personnages, ni blancs ni noirs, ont tous une part sombre en eux, quelque chose qui les ronge et les empêche d’avancer. La délivrance finale prend plusieurs formes : tuerie, suicide, disparition, solitude… Rien de très gai, je vous l’accorde, mais tout cela a le mérite d’apaiser tout le monde.

Seule déception : l’allusion au samouraï, qui apparaît un peu comme un cheveu sur la soupe dans ce récit espagnol. Le titre, bien que très joli, rappelle seulement quelques phrases du livre. Peut-être aurait-il fallu plus développer cet aspect, ou l’oublier totalement.

Cela dit, ce petit bémol reste un détail. Un bon roman, donc. Je dirais même plus : une bonne surprise ! Idéal pour les vacances à venir.

DEL ÁRBOL Víctor, La Tristesse du Samouraï, Editions Actes Sud, 2012 (2011 pour la version originale), traduit de l’espagnol par Claude Bleton, 351 pages

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La trilogie Millénium, Stieg Larsson

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Pourquoi cette trilogie ?

Par curiosité, tout simplement ! On m’a d’abord offert la version poche du tome 1, que j’ai vraiment dévoré ! Ensuite, il me fallait bien sûr lire la suite mais aussi compléter ma trilogie avec la même édition. C’est pourquoi j’ai préféré attendre la sortie poche des deux derniers tomes… Le 3 étant sorti fin janvier 2013, je me suis ruée dessus et ai fini par le lire en mars.

De quoi ça parle ?

Au début de la trilogie, on suit Mickael Blomkvist, journaliste pour "Millénium", qui vient d’être condamné pour diffamation dans une affaire financière. A la sortie de sa peine, il est contacté par Henrik Vanger, un vieil industriel qui ne se remet pas de la disparition de sa nièce, il y a plus de 40 ans. Celui-ci lui demande alors de mener l’enquête… Blomkvist va rapidement faire la connaissance de Lisbeth Salander, une jeune femme atypique, qui va lui venir en aide.

Le tome 1 se concentre donc sur cette histoire de disparition. Les deux tomes suivants s’intéressent plus aux deux personnages principaux, à leur passé. Quand Lisbeth est accusée de meurtres à tort, Blomkvist va tout faire pour lui venir en aide… C’est en farfouillant dans son passé qu’il va déterrer de vieilles histoires politiques, qui concernent même les plus hautes institutions. Tous deux vont donc se battre côte à côte pour rétablir la vérité et laver l’honneur de la jeune femme.

Mon avis

Il y aurait tant de choses à dire sur ces romans… Tous très épais (le tome 3 fait presque 900 pages poche), ils sont vraiment très détaillés. Chaque conversation ou presque est retranscrite. Le lecteur a donc vraiment accès à tout. On suit les différentes enquêtes, on comprend les pensées de chacun, on s’inquiète pour Lisbeth quand on sait ce qui l’attend, puis l’on est surpris par sa façon de riposter. Découvrant le passé de cette jeune femme courageuse en même temps que Mickael, on est très vite révolté par ce qu’elle a subi et ce qu’on lui reproche au fil des pages.

Le tome 3 est une véritable apothéose : après avoir mis à jour tous les mystères liés de près ou de loin à Lisbeth et sa famille, il se termine par un procès flamboyant, à la hauteur de mes attentes. Je n’en dis pas plus pour ceux qui ne connaitraient pas cette histoire.

Pour résumer, je dirais donc que Millénium est un formidable policier aux couleurs de la Suède. Entre révélations politiques, horreurs perpétuées au nom du secret d’Etat et outrages aux femmes, on ne s’ennuie jamais et l’on veut toujours en savoir plus. Le rythme effréné va de paire avec le suspense et les rebondissements qui ponctuent le récit.

Je n’ai maintenant qu’une hâte : convertir mon entourage à cette trilogie et voir enfin le troisième film, le seul qu’il me reste à découvrir aujourd’hui.

Et la suite ?

J’ai récemment appris qu’un quatrième tome avait été entamé par l’auteur avant qu’il meurt subitement d’un arrêt cardiaque. Concrètement, ce tome aura sans doute du mal à voir le jour, d’abord parce qu’il reste inachevé ; ensuite parce que les droits d’auteur appartiennent au frère et au père de Stieg Larsson, et que cela a créé une polémique monstre à la mort de l’écrivain, car Eva Gabrielsson, son amie (qui n’était pas son épouse, donc), ne disposait (et même aujourd’hui) d’aucun droit, aucun regard sur l’œuvre Millénium.

Je me suis un peu renseignée sur le net, il semblerait que Larsson avait prévu d’écrire une saga géante de dix tomes, dans laquelle il aurait notamment pu faire apparaître la sœur de Lisbeth qui n’existe pas dans la trilogie. Ca m’aurait bien plu je crois.

En tout cas, si vous n’avez pas ces trois tomes, soyez sans crainte, ils se suffisent à eux-mêmes et valent vraiment le coup !

LARSSON Stieg, Millénium, Editions Acte Sud, Collection Babel Noir, traduit du suédois par Lena Grumbach et Marc de Gouvenain, 2010, 2012 et 2013.

Livres

Le Montespan, Jean Teulé

Le-Montespan-livre-Jean-TeulePourquoi ce livre ?

N’étant jamais déçue par les romans de Jean Teulé, j’ai aussitôt rangé celui-ci dans mon sac après l’avoir aperçu traînant chez mes parents.

De quoi ça parle ?

Ce roman raconte l’histoire de Louis Henri de Pardaillan de Gondrin, soit le marquis de Montespan, qui a vécu pendant le règle de Louis XIV. On le suit dès sa rencontre avec sa future épouse Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, plus tard appelée Madame de Montespan, jusqu’à la mort du couple (soit sur une trentaine d’années il me semble). Malheureusement connu pour avoir été le cocu du Roi, le Montespan, amoureux transi de sa femme, fera tout pour la reconquérir et se venger de l’amant royal…

Mon avis

Il s’agit sans doute du meilleur roman que j’ai lu de Jean Teulé ! Pourtant, je n’en ai pas lu beaucoup, mais j’ai été particulièrement séduite par celui-ci. Relativement court (un peu plus de 300 pages poche), il a réussi à m’émouvoir, à me surprendre et surtout, surtout, à me faire rire. Pas seulement sourire, mais vraiment rire. En le lisant à la gare, je me suis surprise à rigoler parfois de certaines phrases, me reprenant aussitôt, de peur d’effrayer les gens qui m’entouraient.

En plus d’être drôle, donc, ce livre est touchant. Il creuse vraiment le personnage du Montespan, ce marquis fou d’amour pour sa belle, si malheureux de l’avoir perdue. A l’époque de Louis XIV, cela a de quoi interroger. Comme les autres personnages, on se demande pourquoi cet homme s’attache tant à cette femme, quand on sait qu’à la cour, il était plutôt flatteur d’être le cocu du Roi Soleil. Lui prend ça comme une déclaration de guerre. Naïf et trop gentil, le Montespan est surtout très courageux ! En l’honneur de ses souvenirs heureux, de son amour flamboyant et de ses enfants abandonnés par leur mère, le marquis s’infiltre à Versailles, crée des scandales, affronte le Roi sans trembler. C’est un homme admirable, qu’on aimerait tant aider et soutenir. Comme souvent chez Teulé, on suit un personnage peu connu ou même oublié, qui mériterait pourtant une récompense, après avoir lutter si durement pour sauver son amour. Sarcastique, il enterre même cet amour après une cérémonie religieuse tout à fait normale.

Parallèlement à l’histoire de la famille Montespan, l’auteur nous livre, je pense, un bon aperçu de la vie à cette époque, notamment à propos de l’hygiène. On imagine très bien les rues sales, les soirées versaillaises peu conventionnelles, où les femmes les plus raffinées à la Cour ne se gênent pas pour uriner ou déféquer au milieu d’une pièce. Les parties de jambes en l’air (comme celle du Roi et de sa maîtresse) sont elles aussi décrites sans pudeur. Tout comme le comportement odieux du fils des Montespan, le duc d’Antin, qui face à la mort de ses parents ne pense qu’à la gloire. L’écriture de Teulé rend ces situations drôles ou surprenantes, car les choses sont dites naturellement, sans fioritures.

Cette lecture est donc, pour le moment, ma meilleure lecture 2013. Je n’avais tout simplement pas envie que l’histoire se termine et croisait les doigts à chaque chapitre pour que Madame de Montespan reprenne ses esprits et retourne auprès de son époux amoureux. Quant au présent simple, choisi par l’auteur pour raconter cette histoire, il ne m’a pas du tout dérangé ! Etonnant, non ? Moi qui ne le supporte pas habituellement, je ne m’en suis rendue compte qu’au milieu du livre. Preuve que l’emploi de ce temps peut être justifié.

Infos complémentaires

Le Montespan a reçu le Prix Maison de la Presse et le Grand prix Palatine du roman historique. Il a aussi été élu parmi les 20 meilleurs livres de l’année 2008 par le magazine Le Point.

TEULÉ Jean, Le Montespan, Editions Pocket, 2011 (2008 pour l’édition originale chez Julliard), 307 pages