Livres

Ecarlate, Hillary Jordan

ecarlate_hillary-jordanPourquoi ce livre ?

Il y a un an et demi, j’avais été très convaincue par l’avis d’Iluze sur ce roman, et l’avais aussitôt noté dans ma wish-list. Il a mis un certain temps à arriver sur mes étagères, puisque c’est Laura qui me l’a offert lors de notre swap. En ce début d’année et après un polar, j’avais envie d’un genre que je lis assez peu. J’ai tranché en faveur d’une dystopie.

De quoi ça parle ?

L’histoire se passe dans le futur, dans une société américaine intolérante et dirigée par l’Eglise. Effraction, crime, opposition au pouvoir… Tout cela implique un châtiment terrible, qui vous dénonce aux yeux du monde : avoir la peau teintée. Hannah Payne fait partie de ces parias. C’est une Rouge, la nouvelle couleur de sa peau. Son crime ? Avoir avorté, pour garder secrète une liaison avec un pasteur marié. C’est l’histoire de sa lutte et de sa fuite que nous allons suivre…

Mon avis

WHAHOU ! Quel roman ! Avant ma lecture, j’étais déjà convaincue par l’histoire et l’idée principale de l’auteure : colorer la peau des « criminels » pour qu’ils soient rejetés toute leur vie. A la lecture, l’impression s’est confirmée. L’idée était effectivement bonne et surtout bien amenée.

Le plus effrayant, c’est qu’elle est assez réaliste. Il est tout à fait possible que dans le futur, l’Eglise détienne à nouveau le pouvoir et applique des lois de ce type, non ? C’est en tout cas le sentiment que j’ai eu. Ecarlate est certes un roman avec une intrigue et une héroïne pleine de courage, mais c’est surtout une façon de réfléchir aux règles de la religion chrétienne, lorsqu’elles sont poussées à l’extrême. En cette époque de terrorisme et extrémisme religieux, je trouve que c’est une belle façon de se faire son avis sur la question.

Mais revenons à l’histoire : Hannah, l’héroïne, n’a rien d’une rebelle à la manière des filles de Divergente ou Hunger Games. C’est une jeune femme croyante, pratiquante, qui suit les ordres de sa famille sans se poser trop de questions. C’est l’amour qu’elle porte pour un homme qui va bouleverser sa vie. J’ai vraiment beaucoup apprécié ce personnage féminin qui n’a finalement rien d’extraordinaire, mais qui finit par se laisser porter par son instinct et ses sentiments. En revanche, je n’ai jamais fait confiance en Aidan Dale, le pasteur avec lequel Hannah a une relation. Bien qu’il soit lui aussi amoureux et compréhensif, il ne risque pas vraiment sa place et sa réputation pour défendre la femme qu’il aime. La fin, qui n’a rien d’un happy end amoureux, est donc une réponse très appréciable à ce manque de courage.

Pour résumer, je vous le conseille fortement ! Je l’ai lu rapidement et avec passion, j’ai aimé Hannah et sa détermination, j’ai adoré réfléchir à la question du pouvoir et de la religion dans un tel contexte… Bref, un bouquin qui mérite d’être beaucoup plus connu. Excellent !

Livres

La saga Divergente, Veronica Roth

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Pourquoi ces livres ?

Parce que je suis curieuse, tout simplement ! Mon amie V. m’a proposé de me prêter la trilogie et j’ai accepté avec plaisir avant de me plonger dedans début août.

De quoi ça parle ?

L’histoire se passe dans un lointain futur, dans une ville organisée par factions : selon leur personnalité, les habitants font partie des Altruistes, des Audacieux, des Sincères, des Erudits ou des Fraternels. Chacun a son rôle dans la société. Beatrice, une jeune fille de 16 ans, s’apprête à choisir la faction à laquelle elle va appartenir durant toute sa vie. Son problème ? Elle ne répond à aucune catégorie : c’est une Divergente. Elle ne sait pas encore qu’elle va jouer un rôle majeur dans la révolution qui se soulève discrètement…

Mon avis

Avant toute chose, pardon pour le désaccord entre les couvertures. Impossible de trouver la couverture du tome 3 accordée aux deux premiers, qui sont les éditions dans lesquelles j’ai lu Divergente.

Je lis finalement assez peu de sagas car j’ai tendance à me dire qu’il existe des millions de romans en un seul volume qui méritent aussi d’être lus. Cette fois, j’ai tapé fort : j’ai enchaîné avec les trois tomes de la trilogie Divergente durant le mois d’août, à la fois pour ne rien oublier d’un tome à l’autre et pour en être « débarrassée » (si l’on peut dire ça comme ça).

Que vaut donc cette saga, qui s’inscrit dans le genre Young Adult dystopique à la mode actuellement ? J’ai d’abord été frappée par le style d’écriture très pauvre de Veronica Roth. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple !? L’auteur semble adorer broder des phrases alambiquées qui ne veulent rien dire et des métaphores à l’eau de rose. Dommage. Car l’histoire reste prenante. Malgré le style, on s’accroche à l’intrigue.

Le premier tome est selon moi le plus intéressant : il permet de faire la découverte de ce monde complètement divisé, à l’aube d’une révolution sanglante. On suit également l’héroïne dans ses premiers pas d’adulte : la voilà qui découvre une faction inconnue, un futur groupe d’amis, un amoureux, une famille secrète… Tout cela fait que l’on tourne les pages sans hésitation !

Le deuxième tome est un peu plus lent. La première révolution a eu lieu et chacun vit dans ses retranchements, attendant le deuxième coup d’envoi. La fin, pleine d’action et de rebondissements, apporte son lot de consolation.

Le dernier tome, lui, est encore plus mou du genou. L’annonce finale du tome 2 retombe comme un soufflé au fromage (eh oui). Les révélations sont nombreuses et c’est sans doute ça que j’ai préféré. Enfin, on comprend certaines choses ! Pourtant, cela aurait mérité d’être encore plus creusé, plus accompli. Plus politique, peut-être ! Quelque chose d’un peu plus adulte, en somme. Tout reste en suspens : on connaît la vérité mais finalement, il ne se passe pas grand-chose. Beaucoup de bruit pour rien, quelle déception !

La fin de la saga, que je ne révèlerais pas évidemment, ne m’a rien procuré de particulier. Je ne me suis pas attachée aux personnages, je n’ai donc pas eu d’espoir, de regret, de déception ou de joie. Une fois le roman terminé, j’étais seulement soulagée de l’avoir fini pour passer à autre chose.

En conclusion, Divergente part sur de bonnes bases (mis à part le style de l’auteur !) puis dégringole. La bonne idée de départ aurait mérité plus de travail. Dans le même genre, préférez Hunger Games.

ROTH Veronica, Divergente, tomes 1, 2, 3, éditions Nathan, 2012, 2014, 2014, traduit par Anne Delcourt, 444 pages, 461 pages, 461 pages