Livres

Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan

rien-ne-soppose-a-la-nuit_delphine-de-viganPourquoi ce livre ?

Je crois que je me suis offert ce livre il y a quelques temps… Convaincue dès sa sortie, j’ai attendu sa sortie poche pour me le procurer, puis le moment opportun pour le lire.

De quoi ça parle ?

Delphine de Vigan dresse le portrait de sa famille, haute en couleurs, et particulièrement de la famille de sa mère. On suit le parcours chaotique de cette femme, bipolaire et suicidaire, qui est finalement passée à l’acte. Une blessure à l’origine de cet ouvrage dense et riche en émotions.

Mon avis

J’étais sûre d’adorer ce bouquin et ça n’a pas manqué. C’est un livre qui m’a  fascinée, transportée. Difficile de le lâcher tant je me suis sentie impliquée dans cette lecture. La famille de l’auteure a ce petit truc envoûtant des familles nombreuses : une tripotée d’enfants, des parents aimants, une grande maison de campagne… On s’attache très vite aux frères, sœurs et parents de Lucile, la mère de Delphine de Vigan. Chacun pourrait être un personnage de roman, et le devient tout d’un coup. La vie familiale resplendit, on les admire de les voir vivre ensemble de manière si unie.

Pourtant, de nombreux drames vont venir entacher ce parfait portrait de famille : suicides, accidents mortels… Lucile, au milieu de tout ça, reste une enfant bien mystérieuse, qui continue à fasciner une fois adulte. Victime, elle est aussi bourreau avec ses propres enfants : on perçoit dans chaque page la souffrance de l’auteure et de sa sœur, qui ont dû affronter dès leur plus jeune âge la bipolarité de leur mère.

Au-delà de cette histoire de famille, c’est un carnet d’écriture que l’auteure partage avec nous. Dévastée par le suicide de Lucile, elle se lance à corps perdu dans l’écriture de ce livre. Mille fois, elle aborde les entretiens qu’elle a eus avec ses oncles et tantes, pour essayer de mieux connaître sa mère disparue. Elle livre les difficultés d’écriture, les tourments qui l’ont gagnée la nuit, les remises en question, les doutes et les blessures rouvertes…

C’est un livre splendide : un hommage à sa mère, un questionnement intérieur, une histoire de famille… Même si elle démêle les souvenirs, révèle les non-dits, dévoile les secrets pour réaliser ce portrait de famille torturé, Delphine de Vigan reste discrète. Ses propos n’ont rien de blessant, d’impudique, d’irrespectueux. Ce n’est pas un témoignage qui sert à faire pleurer dans les chaumières, c’est un roman bouleversant qui présente une femme et sa famille hors norme, aussi bien du côté lumineux que du côté obscur.

A lire, bien sûr ! C’est un ouvrage qui m’a bouleversée et que je n’oublierai pas de sitôt.

Livres

No et moi, Delphine de Vigan

no-et-moi-delphine-de-viganPourquoi ce livre ?

C’est un cadeau de Mélanie, du blog Lis-moi si tu veux. Rappelez-vous, elle me l’a offert dans le cadre du swap que j’avais organisé !

De quoi ça parle ?

Lou, lycéenne surdouée, rencontre No par hasard, à la gare d’Austerlitz. No, c’est Nolwenn, une jeune sans-abri paumée. Lou va se prendre d’affection pour elle et tenter de l’apprivoiser…

Mon avis

J’ai maintes fois entendu parler du talent de Delphine de Vigan et déjà pu constater que No et moi est particulièrement apprécié des blogueurs littéraires. Mélanie a eu raison de me confier la lecture de ce court roman, qui mérite amplement son succès.

Vrai, plein de poésie et de tendresse, mais aussi brutal et sans chichis, ce livre décrit parfaitement le monde dans lequel nous vivons : l’indifférence générale face à la pauvreté et à la brutalité, la tristesse ambiante qui rythme nos journées, l’individualité… No et moi est finalement assez sombre. Heureusement, la relation forte qui se tisse entre Lou et No apporte une once d’humanité à ce récit dramatique.

Le style de l’auteur, simple et efficace, permet d’aller à l’essentiel : les phrases sont courtes, les chapitres rythmés. Lou est la narratrice, on s’identifie donc très rapidement à elle et à son regard critique sur la société. Observatrice, curieuse, elle ne comprend pas comment l’immense pauvreté peut côtoyer de si près la richesse. Notre regard est biaisé : on est de son avis ! Comment peut-on passer indifféremment devant un homme ou une femme de la rue ? Pourquoi en est-on là ?

No et moi pose donc beaucoup de questions et nous interpelle à propos de nos choix, nos comportements. Ni gaie, ni drôle, cette histoire n’en est pas moins belle. A lire !

Informations complémentaires

Le livre a obtenu le Prix des Libraires 2008 et a été adapté au cinéma par Zabou Breitman en 2010. Je n’ai pas encore vu cette adaptation mais j’en ai bien envie ! Si j’en ai l’occasion, je ne me priverai pas. Si vous la connaissez, qu’en avez-vous pensé ? Fidèle ou fantaisiste ?

VIGAN (de) Delphine, No et moi, éditions Le Livre de Poche, 2012 (première édition en 2007), 250 pages