Livres

A nous deux Paris ! / Paris le retour, J.P. Nishi

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Pourquoi ces livres ?

J’ai acheté le premier tome l’année dernière par hasard, car le sujet m’intéressait. Le deuxième tome, sorti très récemment, s’est vite retrouvé dans ma bibliothèque, puisque j’avais été conquise par le premier.

De quoi ça parle ?

L’auteur, J.P. Nishi, raconte sa vie de dessinateur japonais arrivant à Paris. Il découvre les us et coutumes, la façon de vivre des Français et s’étonne de tout ce qui contraste avec le Japon. Ce regard extérieur sur notre quotidien est croqué à la manière d’un manga “francisé” : il se lit de gauche à droite comme une BD classique.

Mon avis

Je n’avais pas prévu de parler de ces deux bandes-dessinées, mais après avoir constaté qu’elles n’étaient pas très connues ni médiatisées, j’ai finalement décidé d’écrire sur le sujet. Pas besoin de connaître le Japon pour apprécier A nous deux Paris ! et sa suite. C’est justement très amusant de voir comment les étrangers nous perçoivent, nous Français, nous Parisiens.jpnishi-tome2

Le rythme de vie, la façon de parler et d’interagir avec les autres semble si différente de ce que connaît l’auteur. On rit de nous-même et l’on remarque des choses que l’on fait pourtant spontanément, qui, en y réfléchissant bien, peuvent en effet surprendre les étrangers. Je pense par exemple à la bise systématique que l’on échange pour se dire bonjour. Cette habitude surprend beaucoup J.P. Nishi, qui rougit dès qu’une femme s’approche de sa joue. L’auteur est aussi étonné que les conducteurs de métro n’aient pas d’uniforme : il pense alors que c’est une personne lambda qui a pris le contrôle du métro et c’est la panique !

Les BDs sont découpées en chapitres thématiques, comme par exemple “Les Parisiens, des gens pas comme les autres”, “Le décolleté”, “Les Français et les animaux de compagnie”, “La pause déjeuner à Paris”, “La bande-dessinée française”… Le point de vue japonais sur la vie parisienne est toujours très drôle et étonnante ! J’ai, d’une certaine manière, redécouvert la façon de vivre des Français.

Si vous avez l’occasion de vous les offrir ou de les lire, n’hésitez pas ! Ces BDs très amusantes vous permettront de découvrir quelques habitudes japonaises tout en riant du quotidien des Français.

NISHI J.P., A nous deux, Paris ! et Paris, le retour !, Editions Philippe Picquier, 2012 et 2013, traduit du japonais par Corinne Quentin et Anaïs Koechlin, 191 pages et 143 pages

Livres

La marche du crabe, tome 1, Arthur de Pins

la-marche-du-crabe-1Pourquoi ce livre ?

Un autre cadeau d’anniversaire !

De quoi ça parle ?

Cette bande-dessinée, qui s’inspire d’un court-métrage original d’Arthur de Pins, met en scène les petits crabes carrés des plages de Gironde, qui ont un défaut majeur : celui de ne pas pouvoir tourner sur eux-mêmes. Ils ne peuvent donc se déplacer qu’en ligne droite durant toute leur vie. Jusqu’au jour où deux crabes décident de changer les choses et s’entraident pour pouvoir enfin tourner… et découvrir le monde !

Mon avis

Soyons simples et directs : La marche du crabe est une excellente bande-dessinée. Pour quelles raisons ?

1. D’abord, c’est léger, coloré et drôle, très drôle ! Ces petits crabes, à la fois touchants et idiots, subissent nombre de moqueries et de harcèlements de la part des autres crustacés. Ils sont aussi menacés par les humains : les enfants leur arrachent sadiquement les pattes quand les adultes les écrasent sans faire attention. La plage, loin d’être un lieu de détente, est un univers impitoyable pour ces petits crabes, qui se battent chaque jour pour leur vie.

2. Ensuite, l’histoire se passe sur les plages de Gironde, non loin de chez moi. Ma ville d’origine est même citée dans les pages, il ne m’en fallait pas plus pour être heureuse (c’est stupide, mais j’assume).

3. La fin de ce premier tome est tout simplement GÉNIALE ! Tellement surprenante ! A vous de la découvrir…

4. Les dessins d’Arthur de Pins sont très particuliers, proches de l’animé. Les contours sont nets, les couleurs resplendissent, rien ne dépasse. J’aime ce style de dessin !

Voici le court-métrage qui a inspiré cette bande-dessinée. Autant le dire, je préfère les livres, plus complets et surtout, plus joliment dessinés. On retrouve toutefois le même humour, ça vous donnera une petite idée, comme ça !

PINS (de) Arthur, La marche du crabe, “La condition des crabes” (tome 1), Editions Soleil Productions, collection Noctambule, 2010, 109 pages

Livres

La page blanche, Pénélope Bagieu et Boulet


boulet-bagieu-page-blanchePourquoi ce livre ?

J’ai reçu cette jolie BD en cadeau d’anniversaire, tout simplement.

De quoi ça parle ?

La première page présente une jeune fille, assise sur un banc parisien, le regard perdu et les cheveux au vent. Que fait-elle ici ? Depuis quand est-elle là ? On ne le sait pas, elle non plus. C’est le point de départ de sa quête d’identité.

Mon avis

Le livre lui-même est joli. Matelassé, coloré, doux… J’ai tout de suite eu envie de l’ouvrir et de feuilleter les premières pages. Au fil de la lecture, on découvre, en même temps que l’héroïne, son histoire et son identité. Elle suit un parcours du combattant pour savoir où elle vit, quel est son métier, qui sont ses proches et surtout, ce qu’elle faisait là, sur ce banc. C’est de manière amusante et touchante qu’elle pénètre, méfiante, dans son appartement. On s’identifie très bien à elle et ça en devient drôle ! Elle redécouvre ses goûts, ses vêtements, ses habitudes… Et constate amèrement qu’elle n’a pas vraiment de personnalité, de passion, de goûts affirmés. Sa perte totale de mémoire, paradoxalement révélatrice, lui permettra d’aller de l’avant.

Les dessins de Bagieu, plutôt simples, permettent une lecture fluide. Les traits sont arrondis, les couleurs pastel, on retrouve bien sûr la patte de la dessinatrice blogueuse. Ils ont une place importante dans le récit : les pages sont en effet souvent dépourvues de texte. Une lecture d’images, donc, qui détend et apaise.

Cette jolie bande-dessinée, légère et intelligente, pose plusieurs questions sur l’identité : finalement, qui sommes-nous vraiment ? Avons-nous de réelles passions ou sont-elles créées par la mode ? Qu’est-ce qui nous identifie ? Notre dernier achat, nos amis, nos lectures ? On ne peut s’empêcher de se mettre à la place de l’héroïne. Des questions que se posent le lecteur et qui prouvent bien que le défi a été relevé avec brio.

BAGIEU Pénélope et BOULET, La page blanche, Editions Delcourt, 2012, 201 pages