Livres

Orgueil et préjugé, Jane Austen

orgueil-et-prejugePourquoi ce livre ?

Parce qu’il était temps !

De quoi ça parle ?

L’histoire se passe dans l’Angleterre du 18ème siècle, au temps des belles robes, des bonnes manières et de l’hypocrisie générale. On suit les aventures d’Elizabeth Bennet et de sa famille, principalement préoccupée par le mariage. L’arrivée d’un nouveau voisin, M. Bingley, va bouleverser l’ordre des choses…

Mon avis

Il m’aura fallu du temps pour découvrir la plume de Jane Austen mais c’est enfin chose faite et j’en suis ravie ! Elizabeth par ci, Darcy par là… Les deux héros de ce roman classique sont on ne peut plus admirés sur la blogosphère littéraire et il faut avouer qu’on se sent un peu perdu lorsque “Darcy” ne nous évoque que Bridget Jones. C’est pour cette raison, mais aussi par curiosité, qu’il était donc nécessaire que je découvre ces amoureux.

J’ai certes eu du mal à me lancer : il m’a fallu un temps d’adaptation à la langue de l’époque, aux formulations alambiquées et aux bons mots de l’auteur. Car on ne lit pas Jane Austen vite fait bien fait. La concentration est de mise, mais c’est pour mieux savourer chaque conversation, chaque réflexion. Après avoir plongé dans l’ambiance théâtrale du roman, on ne peut s’en défaire car il est évident que nous faisons nous aussi partie des bals, sorties dans les parcs, discussions de salon et autres confidences épistolaires.

L’héroïne, rebelle et féministe avant l’heure, affirme son caractère avec tant de verve et de répartie qu’on a envie de l’applaudir régulièrement. Mais elle est aussi pleine de préjugés et apprendra au fil des pages à dépasser les apparences. M. Darcy, cet homme si orgueilleux et malpoli, pourrait bien être un honnête et discret admirateur…

Orgueil et préjugé est un roman parfaitement mis en scène. Avec très peu d’action, l’auteur parvient à retranscrire une époque, une ambiance. On aimerait enfiler une longue robe à froufrous et se pavaner avec les sœurs Bennet, chuchoter d’incroyables rumeurs aux cousines, oncles et tantes, jouer à l’amoureuse résistant la tête haute. C’est un livre qui réveille en nous les envies de théâtre et de déguisements, tout en questionnant le monde d’hier et les priorités des bourgeois anglais du 18e.

J’aimerais maintenant découvrir les adaptations cinématographiques qui ont été faites de ce roman. Laquelle me conseillez-vous ? Le film avec Keira Knightley ou la série de la BBC ? Si vous n’avez pas encore lu ce roman et que vous avez besoin d’une bonne dose de classique et de talent, lancez-vous !

AUSTEN Jane, Orgueil et préjugé, éditions du Rocher, collection Motifs, 2004 (édition originale de 1813), traduit par Béatrice Vierne, 623 pages

Livres

Le singe de Hartlepool, Wilfrid Lupano et Jérémie Moreau

lesingedehartlepool-bdPourquoi cette BD ?

Le singe de Hartlepool trônait parmi les nouveautés BD de ma médiathèque. Intriguée par la couverture et par le dessin somme toute assez joli et original, j’ai décidé de l’emprunter. Une nouvelle session de lecture de bande-dessinée se dessinait à l’horizon !

De quoi ça parle ?

En 1814, un navire de la flotte napoléonienne s’échoue au large d’Hartlepool, un petit village du Royaume-Uni. Parmi les débris, les villageois découvrent un survivant : il s’agit du singe du navire, vêtu de l’uniforme français, dont le rôle était d’amuser la galerie. Les Anglais, qui détestent les Français et n’ont jamais vu de singe, n’ont alors qu’un seul but : se débarrasser de ce sale Français survivant.

Mon avis

Inspirée d’une légende d’Hartlepool, un véritable village anglo-saxon, l’histoire de ce singe a de quoi décontenancer. D’abord humoristique, elle prend lentement des couleurs plus sombres. Aveuglés par la haine, l’ignorance et le nationalisme, les villageois anglais ne verront jamais que ce survivant n’est qu’un singe. Cette aberration interroge vraiment à la lecture : jusqu’à quel point l’homme est-il capable d’aller lorsqu’il est motivé par la haine ? La bêtise peut-elle à ce point dominer ? Il est clair qu’au fur et à mesure, on se demande si cela a effectivement eu lieu. Impossible de savoir quelle est la part de vérité dans cette légende. Malgré cela, elle reste encore bien ancrée en Grande-Bretagne puisque les habitants de Hartlepool, encore aujourd’hui en 2013, sont surnommés “les pendeurs de singe” (monkey hangers).

Les dessins aux couleurs pastel et aux traits parfois doux, parfois agressifs, ne sont pas déplaisants. Ils illustrent très bien l’ambiance grise et pluvieuse de ce village, la violente tempête, la colère et la hargne des habitants, l’incompréhension de ce singe au regard doux et triste.

Loin d’être amusante, cette bande-dessinée originale a le mérite de faire connaître une légende inconnue par ici, en pointant du doigt la bêtise et la cruauté humaine. A découvrir !

LUPANO Wilfrid & MOREAU Jérémie, Le singe de Hartlepool, éditions Delcourt, 2013, 94 pages