Livres

A contretemps, Jean-Philippe Blondel

A contretempsCa y est, j’ai terminé un autre livre. Ma lecture m’a semblée assez longue, je doute que ce soit bon signe.

À contretemps est un roman assez particulier, baigné de nostalgie. Un jeune étudiant récemment bachelier monte à Paris pour poursuivre ses études de lettres. Il se retrouve colocataire d’un homme mystérieux, absent, flou même. Hugo (le fameux étudiant) rencontre des gens, se crée un petit groupe d’amis, bref, jusque là, rien de spectaculairement original. Mais un jour, son coloc’ lui reproche la présence d’un certain livre chez eux, un livre que le jeune a lu et adoré. Tout part de là. Il s’avère (et on le comprend rapidement, donc je ne dévoile rien) que “l’homme flou” est l’auteur du roman. S’ensuit alors une relation complice entre les deux hommes, l’un écrivain raté et blessé, l’autre étudiant passionné par les lettres.

Tout le roman décrit, développe, travaille, démèle cette relation. Et ça en devient ennuyeux, par moments. J’aurais préféré suivre la vie d’Hugo et ses états d’âme à Paris comme le fait le premier chapitre. En commencant ma lecture, je me suis dit : “Tiens, ça me plaît, ça.” ou “J’ai ressenti la même chose !”. Et puis une fois l’élément déclencheur posé, badabouuum. Ca devenait long à lire. Le problème, c’est que le fameux élément déclencheur se pose au bout de la soixante-septième page (sur 240! Arg.). Vous me direz, c’est normal pour un roman, pour qu’une histoire démarre, etc., mais bon. Ca a tout cassé.

J’en suis un peu désolée parce que l’histoire n’est pas trop mal. Durant les trois derniers chapitres, on assiste au récit de l’histoire de l’écrivain déchu, puis aux états d’âme d’Hugo, obsédé par son coloc’. Parfois, hop, je me réveillais et étais attentive à ce que je lisais, parfois, ça m’ennuyait et je prêtais plutôt attention à mes voisins de transports en commun. Ca en devient problématique, non ?

Je crois que ce bouquin ne restera pas longtemps dans ma mémoire, même si je me suis identifiée au héros au début (et j’avoue que j’aime bien m’identifier aux personnages). Trop mélancolique, trop lent, trop mou. Et moi, j’aime l’action et le suspense (en lecture) !

BLONDEL Jean-Philippe, À contretemps, Editions Robert Laffont, 2009, 240 pages.

Livres

Vagabondages, Michèle Rozenfarb

VagabondagesJe viens à l’instant (il n’y a même pas cinq minutes) de terminer ce drôle de roman. En sortant du métro, je n’ai pas pu m’arracher aux dix dernières pages, que j’ai lu avidement en marchant, puis assise sur mon lit, les chaussures encore aux pieds. C’est vous dire à quel point ce bouquin m’intrigue. Je crois que c’est une bonne chose!

Disons que Vagabondages est un petit roman curieux : dès qu’on commence à lire, on se dit : “ouhlà, mais qu’est-ce que c’est que ça!?”. Parce que c’est très épuré, visuellement. Un tiret, une phrase ou un paragraphe, une ligne blanche. Et rebelote. Un peu comme dans les pièces de théâtre, sauf que là, il n’y a ni noms, ni didascalies. Rapidement, on comprend qui parle à qui, où et pourquoi. Je ne vous en dis pas trop (sans doute trop peu mais c’est fait exprès), toutefois, je crois que je peux préciser : un homme complètement fou, ou du moins qui semble vraiment dérailler, répond plus ou moins aux questions sèches et directes d’un enquêteur de police. L’homme vagabond jongle avec les mots, les points de suspension, les exclamations. Il ne sait pas où il va, il ignore ce qu’il dit et ce qu’il a vécu. Il mélange tout. J’avoue alors avoir eu des difficultés à me lancer dans les vingt premières pages, parce qu’on ne saisit pas grand-chose et que tout ce capharnaüm verbal est plutôt perturbant.

Et puis j’ai compris : on est dans le même état que le fameux inspecteur. On découvre cet homme qu’on imagine misérable, les yeux vagues et on ne le comprend vraiment pas. Mais au fil des pages et des balbutiements, quelques informations surgissent. Une histoire de meurtre, de fille, de famille. Et c’est (aussi) là que Michèle Rozenfarb est douée : le suspense nous tient. Alors qu’on a en face de nous un incapable des phrases logiques.

J’ai lu ce livre très rapidement, il est aéré et entraînant, je crois que ça aide aussi. Je suis encore intriguée par la fin, j’hésite entre deux possibilités. Peut-être que je l’ai lue trop vite, pressée de tout comprendre (et maintenant, paradoxalement, je suis hésitante).

En tout cas, je crois que ce roman est destiné au théâtre /je viens de voir que ça a déjà été adapté au théâtre/ : en le lisant, j’imaginais tout sur une scène. Je pense qu’avec un bon metteur en scène un peu inventif, ça serait superbe. Mais je comprendrais Michèle Rozenfarb de vouloir à tout prix conserver ces dialogues en suspens, comme un petit monde à part qui disparaîtrait une fois le livre fermé.

Je vous souhaite une bonne lecture et vous conseille Vagabondages ; que ce soit pour le métro, la plage ou votre lit douillet, ce roman est idéal !

ROZENFARB Michèle, Vagabondages, Editions Gallimard, Collection Série Noire, 2000, 224 pages