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La Belle et la Bête, Gabrielle-Suzanne de Villeneuve

labelleetlabete-mmedevilleneuvePourquoi ce livre ?

Après mon article sur le film et la comédie musicale, j’ai continué avec la thématique “La Belle et la Bête”, en me disant qu’il fallait quand même lire une bonne fois pour toutes le conte original.

De quoi ça parle ?

Une jeune femme prénommée Belle se sacrifie pour sauver son père, qui a maladroitement cueilli une rose dans le jardin d’un monstre effroyable. Ce dernier l’épargne et exauce tous ses désirs, en la maintenant prisonnière de son château. Mais Belle comprend que la Bête est soumise à un sortilège…

Mon avis

En lisant mon résumé, vous vous dites sans doute que l’histoire est la même que celle que vous connaissez, la plus répandue. Pourtant, cette première version est bien plus complexe et tarabiscotée que le dessin animé Disney et les autres adaptations qui ont suivies. Il n’est déjà pas question de rose qui s’étiole petit à petit, ni de monstre à tête d’ours/chat… Le prince est victime d’un mauvais sort de sorcière jalouse et est alors affublé d’une trompe d’éléphant. Charmant. La Bête n’est jamais vraiment sympathique : je ne me suis jamais attachée à elle et j’ai eu du mal à comprendre l’amour naissant de la Belle pour cette créature, qui ne fait rien d’autre que lui demander tous les soirs si elle veut “coucher avec elle” (dormir, quoi ! Clignement d'œil ). A ce niveau-là, c’est assez similaire au film de Christophe Gans.

L’écriture date du 18e siècle et cela se sent : les phrases sont assez complexes et le vocabulaire désuet, on est totalement immergé dans une autre époque. Cela a bien sûr un certain charme mais demande, en contrepartie, un peu plus de concentration. Cela m’a parfois fait défaut le matin, dans les transports en commun. Il m’aurait fallu une calèche pour moi toute seule, voilà !

L’histoire que l’on connait tous se déroule très rapidement. Dans la deuxième partie du livre, l’auteur part dans des explications féériques compliquées, qui révèlent la véritable histoire de la Belle, qui n’est pas ce que l’on croit. Ces révélations m’ont beaucoup étonnée car je n’en avais jamais entendu parler ! Ce retour en arrière sur les origines de la Belle, accompagné d’une langue presque obscure, a malheureusement atténué mon plaisir de lecture… J’avais envie d’en finir car cela devenait ennuyeux.

Au final, la version originale de “La Belle et la Bête” est très datée, dans son style d’écriture, sa manière de raconter, son ambiance antique/féérique/romantique. C’est toutefois la genèse d’une très belle histoire d’amour qui inspirera ensuite un grand nombre d’artistes et cela mérite d’être connu de tous. La prochaine étape : lire la réécriture de Madame de Beaumont.

VILLENEUVE (de), Gabrielle-Suzanne, La Belle et la Bête, éditions Gallimard, collection Folio 2€, 2014, 135 pages