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Le fantôme de l’Opéra, Gaston Leroux

Le fantôme de l'Opéra, Gaston Leroux, éditions MaxiLivresPourquoi ce livre ?

Voilà presque un an que ma copine A. insistait pour que je lise Le fantôme de l’Opéra, qui avait été un coup de cœur pour elle. Voyant que je ne prenais pas le taureau par les cornes et après avoir acheté le roman pour sa bibliothèque personnelle, elle me l’a gentiment prêté ! Il est enfin lu !

De quoi ça parle ?

On murmure dans les couloirs de l’Opéra Garnier qu’un fantôme aurait élu domicile en ces lieux… Meurtres et disparitions ne sont pas rares dans les environs. Bizarre ! Justement, voilà que la jeune cantatrice Christine Daaé se comporte mystérieusement : elle disparaît et fuit sans cesse le vicomte Raoul, fou d’amour pour elle. Courageux et résolu, il veut à tout prix savoir ce que cache la chanteuse. A ses dépends ! Car il va apprendre qui est vraiment le fantôme de l’Opéra et de quoi il est capable !

Mon avis

Avant tout, pardon pour cette photo amateure de la couverture de mon édition, que je ne trouve nulle part sur le web en qualité minimale. Je tenais toutefois à vous montrer l’édition dans laquelle j’ai lu cette histoire.

Le fantôme de l’Opéra… Une histoire mythique, un titre connu de tous, un personnage énigmatique… Un roman plein de promesses, donc, qui fait partie de la littérature française classique. Voilà sans doute pourquoi j’appréhendais cette lecture. Et le début m’a un peu déroutée : pas vraiment d’actions, mais plutôt un tableau de l’Opéra Garnier et de l’agitation provoquée par les rumeurs. C’est pourquoi j’ai mis du temps à me plonger dans l’histoire de ce fantôme, absent pendant une bonne moitié du livre. Cela manque de rythme et de suspense.

Heureusement, le style et l’humour de Gaston Leroux nous font toujours revenir au livre. J’avais adoré Le fauteuil hanté et j’ai ici retrouvé cette écriture si particulière. Car l’auteur joue sans cesse avec le lecteur, lui donne à lire de faux témoignages, étaye ses propos par de fausses preuves rocambolesques… tout en s’appuyant sur une légende sans réponse. Brouiller les pistes est un de ses talents. Avec une imagination débordante et un talent certain d’écrivain, il construit autour du mythe du fantôme de l’Opéra un roman fantastique très théâtral ! Rien d’étonnant à ce qu’il été adapté au théâtre, au cinéma et en comédie musicale, car il s’y prête parfaitement.

Une quatrième lecture de cet auteur, qui me confirme que j’aime décidément sa plume ! Le plaisir d’errer dans les sous-sols sombres de l’Opéra aux côtés des héros, l’apparition maligne et effrayante du Fantôme et le langage du 19e-début 20e donnent une saveur particulière à ce bouquin. Un classique à lire, sans aucun doute !

Livres

Le singe de Hartlepool, Wilfrid Lupano et Jérémie Moreau

lesingedehartlepool-bdPourquoi cette BD ?

Le singe de Hartlepool trônait parmi les nouveautés BD de ma médiathèque. Intriguée par la couverture et par le dessin somme toute assez joli et original, j’ai décidé de l’emprunter. Une nouvelle session de lecture de bande-dessinée se dessinait à l’horizon !

De quoi ça parle ?

En 1814, un navire de la flotte napoléonienne s’échoue au large d’Hartlepool, un petit village du Royaume-Uni. Parmi les débris, les villageois découvrent un survivant : il s’agit du singe du navire, vêtu de l’uniforme français, dont le rôle était d’amuser la galerie. Les Anglais, qui détestent les Français et n’ont jamais vu de singe, n’ont alors qu’un seul but : se débarrasser de ce sale Français survivant.

Mon avis

Inspirée d’une légende d’Hartlepool, un véritable village anglo-saxon, l’histoire de ce singe a de quoi décontenancer. D’abord humoristique, elle prend lentement des couleurs plus sombres. Aveuglés par la haine, l’ignorance et le nationalisme, les villageois anglais ne verront jamais que ce survivant n’est qu’un singe. Cette aberration interroge vraiment à la lecture : jusqu’à quel point l’homme est-il capable d’aller lorsqu’il est motivé par la haine ? La bêtise peut-elle à ce point dominer ? Il est clair qu’au fur et à mesure, on se demande si cela a effectivement eu lieu. Impossible de savoir quelle est la part de vérité dans cette légende. Malgré cela, elle reste encore bien ancrée en Grande-Bretagne puisque les habitants de Hartlepool, encore aujourd’hui en 2013, sont surnommés “les pendeurs de singe” (monkey hangers).

Les dessins aux couleurs pastel et aux traits parfois doux, parfois agressifs, ne sont pas déplaisants. Ils illustrent très bien l’ambiance grise et pluvieuse de ce village, la violente tempête, la colère et la hargne des habitants, l’incompréhension de ce singe au regard doux et triste.

Loin d’être amusante, cette bande-dessinée originale a le mérite de faire connaître une légende inconnue par ici, en pointant du doigt la bêtise et la cruauté humaine. A découvrir !

LUPANO Wilfrid & MOREAU Jérémie, Le singe de Hartlepool, éditions Delcourt, 2013, 94 pages