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King Kong Théorie, Virginie Despentes

king-kong-theorie_virginie-despentesPourquoi ce livre ?

C’est après avoir visionné la vidéo de Sophie M sur King Kong Théorie que j’ai eu envie de découvrir ce petit bouquin et par la même occasion cette auteure féministe engagée.

De quoi ça parle ?

« J’écris de chez les moches, pour les moches, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf, aussi bien que pour les hommes qui n’ont pas envie d’être protecteurs, ceux qui voudraient l’être mais ne savent pas s’y prendre, ceux qui ne sont pas ambitieux, ni compétitifs, ni bien membrés. Parce que l’idéal de la femme blanche séduisante qu’on nous brandit tout le temps sous le nez, je crois bien qu’il n’existe pas. »

Mon avis

Nous sommes d’accord : la couverture est hideuse et ne promet rien de très intéressant. Et pourtant ! Ne vous arrêtez pas à ce dessin et plongez-vous dans ce court essai de la célèbre Virginie Despentes. Car en 145 pages, l’auteure fait valdinguer tous les préjugés, les discours bien-pensants autour du viol, de la prostitution ou de la pornographie. Personnellement concernée par ces trois sujets, elle prouve avec des mots crus que tout n’est pas blanc ou noir.

Despentes s’adresse au lecteur – plutôt à la lectrice – comme elle le ferait à une bonne copine : le tutoiement, les mots bruts, parfois violents, les phrases très « orales » ponctuent les chapitres de cet ouvrage. Pas de long discours historique ou scientifique, à la manière d’un essai classique. J’ai aimé être prise par la main de cette façon, et que l’auteure me mette sous les yeux, de gré ou de force, des scènes du monde d’aujourd’hui qui ne sont pas toujours belles à voir ou à vivre.

Si vous n’avez pas peur des mots, que vous voulez enrichir votre réflexion à propos de ce qu’est le féminisme et ce pour quoi chacun doit lutter, ou si tout simplement vous êtes curieux comme moi, lancez-vous ! C’est un beau petit livre très simple à lire, et qui, malgré tout, fait travailler les méninges.